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N° 167
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Juan Goytisolo en fidèle amoureux

(DR)
Elle. Ce beau texte écrit par l’écrivain espagnol Juan Goytisolo sur son épouse, Monique Lange, le lendemain de sa disparition tragique en 1996, vient d’être traduit par l’excellent Brahim Al Khatib. Outre le fait que Lange était également écrivain, auteur d’une biographie d’Edith Piaf et de romans salués par la critique, elle était celle qui a accueilli Goytisolo à la maison Gallimard en 1955, alors qu’il fuyait le régime de Franco. Elle a tout de suite cherché à savoir s’il était un carriériste de l’écriture ou un homme habité par sa passion, raconte Goytisolo avec son honnêteté habituelle. Le livre qu’il lui consacre est celui d’un fidèle amoureux. Il ne retrace pas leur histoire commune, mais
se contente de dresser le portrait psychologique, humain, comportemental, littéraire, d’une femme souriante et d’une écrivaine exigeante. Ecrit en trente fragments, ce texte-hommage, exceptionnel par sa concision, est un fourre-tout. On y retrouve des citations de Monique sur l’humilité, d’autres empruntées à Jean Genet, avec lequel elle partageait la passion des marginaux, des impressions sur sa manière d’écrire et de se faire lire par les autres par perfectionnisme, sur la solitude que son mari lui a inculquée, sur le peu d’amis fiables qu’elle comptait autour d’elle, etc.
À la manière d’un tableau impressionniste, peint par touches superposées, Elle est une belle surprise littéraire. D’autant qu’Al Khatib, déjà primé en 1995 pour sa version arabe d’un roman de Goytisolo, La Quarantaine, vous saisit avec son arabe limpide, ciselé sans fioritures. L’arabe d’un esthète.


Poésie.
Une revue "électron libre"


En voilà une initiative cohérente. Sous l’impulsion du poète Jalal Hakmaoui, et d’autres passionnés du verbe, convaincus que la poésie,"ça peut quand même marcher", une nouvelle revue est née. Première caractéristique d’Electron libre (nom de la revue), ses fondateurs ne se réclament d’aucun courant. Deuxième caractéristique, aucune nationalité n’y détient le monopole de la publication. Troisième caractéristique, les poètes marocains y acceptent volontiers d’accueillir et de se confronter à leurs pairs venus d’ailleurs, avec lesquels ils partagent dorénavant ce monde-village qui se rétrécit. Enfin, avis aux traducteurs, les poèmes viennent de toutes les langues mais la revue paraît en français. Le pari est de montrer qu’on n’est pas fatalement indifférent au beau.

N°1, réalisé par Marsam, 40DH



Philosophie.
Le Maroc, musulman et moderne


Le philosophe Abdeslam Haïmeur nous invite à comprendre, via l’histoire, les fondements de la religiosité au Maroc et la perception de la modernité en son sein. Maroc : Islam et modernité établit un parallèle très instructif entre la vitesse d’assimilation de l’islam par les structures de la société et le choc que cela leur fait d’accepter les termes d’une modernité importée. Entre littérature de voyage, aperçus sur l’image de l’Autre, difficultés d’assimilation de concepts universels, ce livre, au contenu disparate, tente d’éclairer les Marocains sur leur sempiternelle schizophrénie, Al Asala wal mouassara (tradition et modernité).

Ed. Azzaman, en arabe (35 dh)

 
 
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