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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Tunisie. Ben Ali invite Sharon, la rue gronde

Zine El Abidine Ben Ali (AFP)
Ben Ali a-t-il poussé le bouchon trop loin ? La Tunisie est en ébullition depuis qu’elle a appris que son président avait invité Ariel Sharon à participer au Sommet mondial sur la société de l’information, prévu à Tunis en novembre prochain. C’est un quotidien israélien, le Yediot Aharonot, qui a vendu la mèche, le 25 février. Reprise en boucle sur Al Jazeera, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe sur les campus. Des manifestations ont été violemment réprimées, notamment à Sfax, où huit étudiants auraient été blessés. Avocats, militants des droits de l’homme, responsables politiques de l’opposition et syndicalistes, encore sonnés par la réélection "à la soviétique" du chef de l’état
tunisien, en octobre 2004 - Ben Ali avait obtenu "94 %" des voix - ont sauté sur l’occasion pour donner de la voix.
Une figure respectée du barreau de Tunis, Mohamed Abbou, qui avait dénoncé avec virulence cette "trahison à la cause" et s’était hasardé à comparer le parcours et les méthodes de torture de Ben Ali et Sharon, a été arrêté. Officiellement, il est accusé de "harcèlement sexuel" sur une de ses consoeurs. Le 4 mars, une marche de soutien à l’avocat embastillé a été interdite, et le centre-ville de la capitale bouclé par les forces de l’ordre. Plusieurs manifestants ont été molestés par des policiers en civil, dont l’avocate Radhia Nasraoui, qui souffre de plusieurs fractures au visage.
Les autorités, elles, se retranchent derrière le caractère purement protocolaire de l’invitation : s’agissant d’un sommet mondial organisé par les Nations unies, elles ne pouvaient pas ne pas inviter le dirigeant israélien. Une excuse qui ne convainc personne à Tunis, où l’on pense plutôt que Ben Ali a voulu faire une fleur aux Américains. Sans vraiment mesurer les conséquences politiques de son geste…

Tunis, K.A.N



Russie. Moscou liquide Maskhadov

Le pouvoir avait promis dix millions de dollars pour sa capture. C’est dire le prix qu’il attachait à Aslan Maskhadov, le président indépendantiste de la Tchétchénie qui sans relâche avait appelé Moscou au dialogue. Mardi, les autorités russes ont annoncé la mort du leader de 53 ans, lors d’une opération spéciale près de Grozny.
À Moscou, la mort de Maskhadov est une victoire pour le président russe, Vladimir Poutine, empêtré depuis plus de cinq ans dans le bourbier tchétchène. Mais Moscou s’est ainsi privé d’un interlocuteur modéré, sans résoudre la question tchétchène. Le champ est libre pour les chefs de guerre radicaux, comme Chamil Bassaïev, qui promettent une guerre totale. Ce dernier a déclaré que "le djihad continuait" et a désigné comme successeur à Maskhadov, le cheick Abdoul Khalim, personnalité peu connue. Sale temps pour Moscou à moyen terme.


Liban. La riposte des pro-syriens

Omar Karamé est bien parti pour succéder à… Omar Karamé. Après avoir obtenu la faveur des parlementaires pro-syriens (69 voix sur 127), le Premier ministre démissionnaire a été chargé jeudi par le président Emile Lahoud, de former le gouvernement. L’opposition s’est abstenue de désigner quiconque en restant ferme sur ses conditions : la vérité sur la mort de Rafic Hariri et le départ des chefs des six services de sécurité.
C’est le succès des manifestations des partisans pro-syriens - galvanisés par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah - qui est venu à la rescousse du régime libanais. Le raz de marée humain de mardi a sonné les adversaires de Damas et le leader druze Walid Joumblatt. Ce dernier avait déclaré au lendemain du meurtre de Hariri, "Je préfère de loin des forces internationales au maintien des forces syriennes". Réponse du berger à la bergère, le leader du Hamas plaide pour la formule inverse.



Vite !

Dans leurs cauchemars, les diplomates n’avaient pas rêvé pire. John Bolton a été désigné comme ambassadeur américain à l’ONU. Ce sous-secrétaire d’état chargé du désarmement s’est taillé la réputation d’un faucon ultra conservateur, qui a passé une bonne partie de sa vie à dénigrer l’ONU. En charge du dossier nucléaire, il prône la ligne dure face à l’Iran et a été un ardent partisan de l’intervention en Irak.

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Accusé de crimes de guerre, le Premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, a annoncé mardi sa démission et se rendra à la prison du Tribunal pénal international de La Haye. Alors qu’il commandait en 1998/1999, l’UCK (Armée de libération du Kosovo) dans la région de Peja, il aurait couvert ou ordonné les massacres d’une centaine de civils serbes.


France. La nouvelle dissidence

"La France reste un état colonial !". C’est ce qu’affirme l’appel lancé sur le site oumma.com depuis le mois de janvier à l’initiative des "indigènes de la République". Ces derniers, Africains et Maghrébins, appellent à la tenue "d’assises de l’anti-colonialisme" pour lutter contre la discrimination et établir "une démocratie sociale véritablement égalitaire et universelle". Les initiateurs du mouvement ne mâchent pas leurs mots : "La loi anti-foulard est une loi d’exception, discriminatoire, sexiste, raciste". Parmi les signataires, des universitaires et des militants d’associations musulmanes et d'extrême-gauche. Les réactions fusent déjàdans la presse, les accusant de vouloir mettre la République à genoux et d’adopter une posture d’éternelles victimes.

Paris, I.B.A



Hugo Chávez. "Bush veut ma mort"

Il se déplace sur l’estrade, interpelle son auditoire, lève les épaules, rit et parle de sa mère : le dirigeant du cinquième exportateur mondial de pétrole est un homme politique atypique. De passage à Paris, Hugo Chávez, le président du Venezuela, a déclaré que son pays allait augmenter sa production de pétrole et a fustigé les états-Unis pendant une grande partie de son discours. "Oui, nous accusons et nous en sommes sûrs : les états-Unis préparent une tentative d’assassinat contre moi. S’il m’arrive quoi que ce soit, une personne en sera responsable : George W. Bush". Chávez, qui à son arrivée au pouvoir avait décrété la "révolution bolivarienne", du nom du "Libertador" Bolívar, est à couteaux tirés avec Washington. Ses bonnes relations avec Cuba et les pays arabes ne devraient pas arranger la situation.

Paris, I.B.A



Mémoire. La France et son terrorisme

Pour la première fois depuis 1962, la France reconnaît le massacre du 8 mai 1945 dans le Constantinois en général, et à Sétif en particulier. Devant 400 étudiants et professeurs de l’université Ferhat Abbas de Sétif, Hubert Colin de Verdière, l’ambassadeur de France à Alger, a reconnu que "ce fut un drame et une tragédie inexcusables". à Sétif, ce 8 mai 1945, une manifestation pacifique allait dégénérer. Suite au meurtre de quelques Européens, la répression fut impitoyable. Bilan : entre 10.000 et 45.000 morts, selon les sources, et surtout la naissance du nationalisme algérien.
Parallèlement, Paris va lancer, en mai, une base de données sur le terrorisme. Ouverte au grand public, cette base traitera des attentats ou tentatives d’attentat (corse, basque, islamiste etc.) qui ont visé la France ou ses intérêts depuis la fin des années 60. L’internaute pourra y accéder en passant par le site de la FRS (www.frstrategie.org) et celui du ministère de l’Intérieur (www.interieur.gouv.fr).



Lu pour vous.
La fin des amalgames
(El Watan du 9 mars 2005)

Par Tayeb Belghiche

Chaque jour qui passe donne de plus en plus raison aux forces démocratiques , aux services de sécurité et à la majorité des Algériens qui ont combattu avec détermination le terrorisme islamiste. En effet, à l’ouverture de la conférence internationale sur le terrorisme, le prince Felipe a affirmé que "la démocratie et le terrorisme sont inconciliables". Nul n’est mieux placé que les Algériens pour le comprendre. Avant de passer à la violence aveugle, l’intégrisme, avec à sa tête le FIS, avait déclaré la guerre à la démocratie. Les enfants, les femmes n’échapperont pas à sa politique de terreur. Ce n’était qu’une étape, disaient nos islamistes, dans la guerre sainte qui se développera dans le monde entier.
L’Algérie était mise à feu et à sang. Elle avait beau appeler à l’aide. Elle prêchait dans le désert. Pire, on lui recommandait de laisser accéder au pouvoir les futurs criminels, c’est-à-dire offrir l’état au FIS après sa victoire aux élections législatives de décembre 1991. "C’est ça la démocratie", martèle l’Occident devant les officiels algériens.
Mais les islamistes vont tenir leur promesse et porteront le djihad en Europe et en Occident. Le réveil sera brutal avec les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Paradoxalement, c’est la période que choisit l’Algérie pour parler de Rahma, de concorde civile, d’amnistie générale, alors que le terrorisme islamiste était à l’agonie depuis 1997. La politique ambiguë du président Bouteflika a redonné du poil de la bête à nos Khmers verts qui revendiquent un statut spécial alors que leur place est en prison.

 
 
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