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N° 168
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Sahara. La télé qui dérange

(DR)
à Laâyoune, une étrange pétition rédigée par quelques élus circule depuis quelques jours. Grosso modo, elle "descend" la toute nouvelle télé régionale du Sahara et l’accuse de "desservir la cause nationale n°1". à l’origine, un fâcheux incident survenu en fin de semaine où deux journalistes de la télé régionale ont été séquestrés dans les abattoirs de la ville, pendant trois heures, alors qu’ils tournaient un banal reportage sur un conflit social entre vétérinaires et chevillards. Motif, selon Hamdy Khelli Henna, vice-président du conseil communal de Laâyoune, "la télé ne disposait pas d’autorisation. En plus, cette télé s’attelle depuis sa création à détruire ce qu’on a bâti en 30 ans. Elle
véhicule des idées anti-patriotiques et puis la liberté de Casablanca n’est pas la liberté de Laâyoune". Réponse de Mohamed Laghdaf Eddah, directeur de la station régionale : "comme tous les journalistes, ce sont les trains qui arrivent en retard qui nous intéressent. Cela dit, nous donnons systématiquement la parole aux responsables pour répondre. Nous alertons contre la dilapidation de l’argent public et contre la corruption. Nous donnons plus de visibilité aux jeunes élites, et forcément, cela fait peur". Et la "liberté de Laâyoune" ? "Il n'y a aucune distinction. Nous ne disons même plus Sahara marocain parce que sinon, il faudrait désormais dire Fès la marocaine aussi".


Armement. Le Maroc achète russe

Les Forces Armées Royales passent commande chez les Russes. Un contrat d’une valeur dépassant le milliard de dirhams a été conclu avec des fournisseurs russes. Ces derniers céderont au Maroc 112 systèmes de défense aérienne Tunguska M1. Le Tunguska M1 est un système qui englobe deux canons de 30 mm et 4 missiles 9M311-M1 (Sam16) le tout guidé par un radar d’une portée de 18 km. Rappelons que chaque année, l’armée dispose dans le cadre de la loi des finances d’une enveloppe avoisinant les 4 milliards de dirhams pour ses besoins en armement. Cette enveloppe figure parmi les crédits alloués pour l'année et dans les engagements fermes pour l’année suivante. Il faut donc s’attendre à d’autres contrats de ce genre.


Espionnage. Des Marocains au FBI

Un bon paquet de cadres du ministère de l’Intérieur, pour la plupart des responsables de la DAG (Direction des Affaires Générales), ont pris l’avion en début de semaine pour Washington, où ils devraient suivre des séances de formation organisées par les agents du "Federal Bureau of Investigation", plus connu sous le sigle FBI. Au menu, lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, le trafic de drogue et la criminalité organisée. Le briefing devrait se tenir au centre de Quantico, en Virginie. Le FBI y propose notamment une formation à caractère international qui est assurée par la National Academy du FBI (FBINA) et qui reste plus orientée vers le management, le commandement et les techniques policières spécialisées.


Rabat/Alger. Normalisation en vue

La visite du roi en Algérie prévue à partir de lundi 21 mars, est perçue par les milieux d’affaires marocains comme un pas vers la normalisation économique. Plusieurs observateurs estiment en effet que le royaume opère un revirement avec l’éventualité de dissocier le dossier du Sahara de celui des échanges commerciaux. C’est le dossier du gaz naturel qui revient très souvent comme argument dans cette analyse. Un regain de compétitivité des entreprises nationales passe nécessairement par l’utilisation de cette énergie. Cette thèse n’a pas été confirmée par le ministère des Affaires étrangères. Elle demeure toutefois fortement soutenue dans les salons casablancais.


Drogue. Des militaires derrières les barreaux

Le tribunal militaire de Rabat a eu la main lourde avec les militaires accusés de couvrir un important trafic international de drogue dans le nord du pays. Deux capitaines ont été condamnés à 8 ans de prison ferme, un lieutenant à 7 ans, un adjudant à 6 ans et les 13 autres militaires à des peines variant entre 1 et 2 ans. L’affaire remonte à la nuit du 30 juillet 2004, date à laquelle on avait découvert deux militaires baignant dans leur sang sur une plage située à dix kilomètres de Tanger. L’un d'eux a trouvé la mort peu après et l’enquête a débouché sur un règlement de compte sur fond de trafic de drogue qui a conduit à l’arrestation de plusieurs militaires dont ceux qui ont été jugés.


Alternatives. Le choix de la laïcité

"Alternatives opte clairement pour une véritable séparation du politique et du religieux". Voilà qui est sans équivoque. Que propose l’association dirigée par Driss Ben Ali, qui vient de faire son auto-critique et d’édicter un "Manifeste pour un Maroc émergent" ? Primo, mettre en évidence les valeurs universelles, ne pas s’accrocher à la globalité de nos valeurs ancestrales et favoriser l’ijtihad pour rénover nos spécificités. Deuxio, attribuer au monarque un rôle d’arbitre au-delà de l’exécutif pour qu’il puisse, seul, chapeauter l’autorité religieuse. Enfin, ne pas diaboliser la référence "musulmane" des partis mais le contenu de leurs programmes à chaque fois qu’il cesse de respecter les valeurs universelles de droits de l’homme et les règles de fonctionnement démocratique. En voilà, une suggestion argumentée ! À méditer.


Tindouf. Poursuite contre les tortionnaires

L'association des familles des victimes et disparus à Tindouf (des militaires, essentiellement), dont le siège est à Sidi Slimane, vient de rendre public un communiqué dans lequel elle livre les noms des tortionnaires. Le document comporte au total 66 noms, dont 10 dirigeants du Polisario, 51 gradés algériens et, surtout, 5 ralliés. Les ralliés en question sont Omar Hadrami, actuel wali de Settat, Lahbib Ayoub, ancien chef de guerre, et trois inconnus au bataillon : Brahim Salem, Haddou Nafaâ et un certain Seddik. Nous n’avons pu joindre aucun des intéressés. "Le document, explique Brahim Hajjam, le S.G de l’association, sera envoyé à des ONG internationales, mais aussi au Premier ministre et au ministre de la Justice marocains". Une plainte sera aussi déposée, respectivement à Rome, Paris, et Madrid. Des avocats marocains, qui ont requis l’anonymat, et d’autres avocats européens ont été saisis. La liste des tortionnaires a été établie, pour l’essentiel, selon les témoignages des rescapés de l’enfer de Tindouf.


Syndicat. Amine attaque Benseddik

Abdelhamid Amine, le secrétaire général du Syndicat National des agriculteurs (et président de l’AMDH par ailleurs) a adressé une lettre au patron de l’UMT El Mahjoub Benseddik dans laquelle il lui demande expressément d’organiser, de toute urgence, le 10ème congrès de la centrale. Derrière la lettre, l’objectif réel de la démarche serait de déposer, enfin, Benseddik. Pour rappel, le dernier congrès en date remonte à 1995. Depuis, l’inamovible Ben Seddik rechigne à en organiser un autre, pour éviter les critiques qui ne manqueront pas de s’abattre sur sa gestion stalinienne des affaires de l’UMT. Est-ce le début d’une fronde réelle dans l'histoire du syndicat, qui n'a pas renouvelé ses instances depuis près de quatre décennies ?


Médicaments. Le Di-Antalvic en danger

Le Di-antalvic, puissant antalgique, vient d’être retiré du marché en Grande-Bretagne où on lui impute l’apparition de nouveaux effets secondaires (amnésie, notamment). L’agence européenne du médicament, qui suit le dossier de très près, devrait trancher à son tour dans les jours qui viennent. Quelle que soit la décision prise par les Européens, elle devrait beaucoup influencer le sort de ce médicament au Maroc, où il figure, d’après une source médicale, parmi le Top 10 des produits les plus utilisés par le consommateur marocain.


Insolite. Le cheikh et les "ikramiate"

à chaque fois que le prince saoudien Sultan Ibn Abdelaziz quitte son palais d’Agadir, il fait généreusement distribuer aux agents de l’aéroport (gendarmerie, police, forces auxiliaires, douanes)… une enveloppe de 2000 dirhams chacun ! Les bénéficiaires appellent ces largesses "ikramiate" ("actes de générosité"). Depuis le temps, tout le monde a fini par trouver cela normal. Pire : floués de leur "droit", des membres de l’un des 4 corps cités plus haut ont alerté la presse. Accusé : le chef du corps en question, qui garderait tout pour lui plutôt que de redistribuer les enveloppes à ses hommes !


Patrimoine. Casablanca regagne des points

Bonne nouvelle : Le passage souterrain de la place des Nations-Unies, situé dans le centre-ville de Casablanca, sera bientôt remis à neuf. En effet, les travaux de réaménagement de ce symbole de la ville blanche devenu, au fil des années, un "dépotoir-urinoir", ont déjà commencé et s’étaleront sur quatre mois. Restauration des canalisations, reconstruction des escaliers, amélioration de l’éclairage, installation d’un système régulier de nettoyage et poste de police permanent sont prévus par les initiateurs du projet ; à savoir la wilaya, la Commune Urbaine de Casablanca, la Lydec et la BMCI.


Epidémie. La méningite à Fès

Deux cas de méningite viennent d’être signalés à Fès. Il s’agit de deux écoliers, qui dépendent de la délégation de Zouagha Moulay Yacoub. Dès l’annonce de ces deux cas, les services du ministère de la Santé ont hospitalisé les deux enfants à l’hôpital Ghassani de Fès, avant de procéder à la vaccination de tous les élèves des établissements de la délégation précitée. Rappelons que la maladie (méningite à méningocoque C) a fait auparavant cinq morts, âgés entre 1 et 30 ans, dont trois à la commune de Ouezgane dans la province de Chefchaouen.
Parallèlement, les équipes médicalisées dépêchées sur place et les équipes relevant de la délégation de Chefchaouen avaient procédé à la vaccination de la quasi-totalité de la population concernée, soit 7.000 personnes sur 7.500.


Grands Taxis. Les "vaches folles" en rogne

Le port obligatoire de la ceinture de sécurité a provoqué la colère des chauffeurs de grands taxis, communément appelés "vaches folles", qui voulaient même organiser une série de manifestations pour protester contre cette décision. Pour les chauffeurs de "vaches folles" à Casablanca, "le port obligatoire de la ceinture de sécurité pourrait nous empêcher de se lancer à la poursuite d’éventuels resquilleurs, qui prennent la poudre d’escampette sans payer, une fois le taxi arrêté !". Pour ne pas déranger les chauffeurs en rogne, un comité interministériel planche sur ce problème ô combien complexe. Le décret ministériel du 17 janvier qui institue le port obligatoire de la ceinture de sécurité, et publié au Bulletin officiel du 3 février, entrera en vigueur le 3 avril.


3 questions à Larbi Messari (Rapporteur général des Assises de la presse écrite)

Les Assises nationales de la presse ressemblent à un remake de l'"infocom", tenu il y a plus d’une décennie. à quoi ça sert, finalement ?
À l’époque, on parlait de tout (audiovisuel, publicité, formation...). Aujourd’hui, il est juste question de la presse écrite. à l’époque, on avait mis en place une base communément admise par tous. Aujourd’hui, on réalise d’où l’on vient : on passe d’une presse rigide, purement politique, à une autre, encadrée par la loi, qui n’a d’engagement qu’envers le lecteur.

L’état augmente la subvention publique et l’offre aussi à la presse indépendante. La
contrepartie n’a-t-elle pas été, auparavant, des concessions sur la liberté de la presse ?
Il n’y a jamais eu une exigence de contrepartie, ni dans les textes ni dans les pratiques. Il y a eu un appel moral au consensus et personne n’était obligé de s’y astreindre. Al Ahdath Al Maghribya ne s’est pas compromis en acceptant cette dotation.

Vous dites dans le rapport final des assises que "rien n’est définitivement acquis". Qu’entendez-vous par là ?
Si l’on devait s’en tenir aux déclarations du ministre de la Communication, Nabil Benabdellah et Driss Jettou, il est dit que "c’est la profession qui devrait s’auto-réguler". Ils disent aussi qu’en matière de liberté de la presse, le but est de fonctionner comme un état de droit. On les prend au mot, mais on reste vigilants.



Billet : H'rig administratif (par Driss ksikes)

Le départ volontaire est en train de virer au cauchemar. L’administration y a pensé pour se débarrasser des tire-au-flanc. Elle a fait son compte. Elle a vu que les Marocains étaient prêts à déguerpir même dans une barque de fortune. Alors, pour les inviter à prendre le large, elle leur a proposé une fortune, dont la valeur paierait bien une barque. Résultat, entre candidats au départ, le "h'rig administratif" est dorénavant un nom de code usuel. Ces fonctionnaires, longtemps protégés par les attributs de la fonction, l’effet imposant de la veste et de la cravate, ou encore le pouvoir infime d’une signature, sentent qu’ils vont passer à la clandestinité. Pour beaucoup, c'es préférable à rester là où ils sont, sans progresser. Mais ceux qui désirent monter à bord ne sont pas tous des bras cassés, comme prévu au départ. L’administration a choisi d’axer son spot de communication sur l’Eldorado privé qui attend les déçus de l’administration publique. Du coup, plusieurs fonctionnaires doués, soufrant d’une marginalisation injuste empruntent à leur tour la voie ouverte des départs volontaires. Certains de ces partants au profil rare veulent relever le défi et prouver que l’état les a lésés en leur refusant tout accès à la prise de décision, ou au moins le droit à la prise d’initiative. à terme, les départs volontaires risquent de se transformer en fuite des cerveaux. Ce serait le comble. Mais ce serait aussi le reflet d’une réalité double. Les Marocains ne partent pas seulement parce qu’ils sont sans ressources ni espoir, mais aussi parce qu’ils sont talentueux et non reconnus. Et entre les cerveaux qui partent et les corps qui brûlent, quel gâchis…



Billet : Le pays des artistes (par Karim Boukhari)

Que faut-il faire pour aimer son pays ? Voici une série de réponses possibles : apprendre par cœur les discours royaux, lire les éditos musclés de Khalil Hachimi Idrissi, aimer le golf et les innombrables semaines du cheval, croire sur parole tout ce que nous dit Abbès El Fassi, prendre un pot avec Jamal Berraoui, adhérer à l’UC ou au PND, apprécier les tableaux et la poésie de Mahjoubi Aherdane, décorer sa chambre à coucher avec les éditoriaux de feu Moulay Ahmed Alaoui dans "Le Matin du Sahara (et du Maghreb)", envoyer une carte postale à l’ONU au nom de Watanouna, etc. Toutes ces perspectives sont franchement intéressantes. Moi, j’en choisis une autre, beaucoup plus anecdotique : aimer le (nouveau) cinéma marocain. Il n’est pas si nul qu’on veut bien nous le faire croire. C’est sérieux. Le Maroc nouveau a produit au moins quatre ou cinq films d’excellente facture : "Les fibres de l’âme" de Hakim Belabbes, "Mille mois" de Fawzi Bensaïdi, "Les yeux secs" de Narjiss Nejjar, et le formidable "à Casablanca les anges ne volent pas" de Mohamed Asli. De vrais morceaux de cinéma, qui percutent et secouent quelque chose de très profond en nous. Oui, oui, ce quelque chose que l’on peut appeler l’amour de son pays… Moi, j’ai aimé l’Amérique grâce aux films de Sam Peckimpah et de John Ford. J’ai adoré l’Italie de Fellini et de Visconti, l’Inde de Satyajit Ray, l’Espagne de l’immense Luis Bunuel, la France de Truffaut, l’égypte de Chahine et d'Abou Saif (le seul "Abou" que je digère !), la Bosnie de Kusturica, le Japon de Kurosawa, etc. Et j’avais un problème pour lequel je n’ai jamais osé consulter un psychiatre : je n’aimais pas mon pays. à cause des films de certains amis cinéastes, personnes attachantes dont les films ressemblaient à des tunnels sans fin… De Nass El Ghiwane à Hajja Hamdaouiya, en passant par tant d’autres, merci à tous les artistes qui nous font aimer ce pays via une note, une image, une émotion sincère.



Vite !

"J'espère une normalisation prochaine des relations entre mon pays et Israël", c’est ce qu’aurait déclaré en substance le prince Moulay Rachid à l’adjoint de l’ancien Premier ministre travailliste, Shimon Pérès, à Madrid le 10 mars dernier. C’est du moins ce que rapporte le quotidien israélien Arouts 7 qui s’est félicité par ailleurs de la déclaration.

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Des sources généralement bien informées font état de la possible révision des procès de certains salafistes, condamnés dans les suites du 16 mai. La mesure concernerait une vingtaine de détenus, dont les Kettani et Abou Hafs. Aucune des sources officielles contactées n’a confirmé l’information. Conclusion : soit l’information est erronée soit, plus probable, attend-t-on le retour du roi pour un feu-vert (ou un passage à la trappe !).

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Après Al Akhwayn, place aux Malikayn. C’est le nom que devrait porter une future université maroco-espagnole à Tétouan. Les deux rois sont Juan Carlos et Mohammed VI, l’inspiration est l’université d’Ifrane, mais le projet est l’aboutissement du travail mené par des académiciens des deux bords. On retiendra, tout de même, que le roi préfère l’Andalousie à l’Arabie.

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Le petit fils de François Mitterrand sera marocain, du moins à moitié. On connaît l’histoire d’amour de Mazarine (la fille illégitime du président français) et du cinéaste marocain Mohamed Ulad Mohand. Un bébé va naître bientôt de cet union. Dommage que Mazarine refuse que son enfant porte le nom de Mitterrand…

 
 
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