Tunisie. Du rififi chez Ben Ali
Environnement. La mafia de la Maâmora
Reportage. Motards dorés, motards rouillés
Grand prix. Hymne à la nouvelle
Micro-trottoir. C'est quoi "l'fen" pour vous ?
N° 168
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Rachid Talbi Alami(DR)
Consommateurs. Une loi et des inquiétudes

Le projet de loi sur la consommation entamera bientôt le circuit de l’adoption. Ce chemin est long et semé d’embûches. Actuellement, le projet est à l’étude au niveau du Secrétariat général du gouvernement. Après, il passera en conseil du gouvernement puis en celui des ministres, avant d’aboutir au parlement. Ce parcours prendra plus d’une année, malgré la bonne volonté de son tuteur, Rachid Talbi Alami, ministre délégué en charge des Affaires économiques. Et encore, il faudra que les parlementaires fassent preuve de beaucoup de
célérité pour le faire accéder à la sphère publique. Entre temps, il aura suscité des inquiétudes, dans le milieu des affaires et chez tous ceux qui se sentent concernés par la problématique de la consommation. Les premiers craignent que les forces du lobbying ne vident le texte de sa substance. Une loi sur la consommation, c’est des règles sur l’information du consommateur, les obligations des producteurs et des prestataires de services…Tout manquement est puni par des amendes. Ce qui renvoie à la deuxième crainte. Certains observateurs estiment que le temps que prendra l’adoption de la loi devrait servir à former les magistrats et les hommes qui veilleront sur le contrôle à sa conformité. Une loi, mal comprise, mal appliquée, n’a pas d’effet sur la société. Cette crainte est justifiée dans la mesure où des années après l’entrée en vigueur du droit des affaires, des lois bancaires et des normes de contrôle et d’audit, les milieux d’affaires continuent à soutenir qu’une mise à niveau de la justice est nécessaire. Pourquoi ne pas anticiper pour la bonne protection du consommateur ?


Logistique. Les grands arrivent

Le lancement de Logesta Maroc sera officialisé le 6 avril prochain. Le numéro un espagnol de la logistique cherche à s'introduire au Maroc. Et il a l'intention de le faire en grand. Le spécialiste de la logistique table sur le trafic de 2.000 camions au Maroc. C’est modeste comme objectif, vu la taille de l’opérateur. à titre indicatif, Logesta peut facilement déployer une logistique qui surpasserait celle de tous les opérateurs marocains réunis. Il est vrai que le secteur de la logistique est faible au Maroc. Les opérateurs marocains ont de quoi s’inquiéter, malgré l’assurance affichée par l’espagnol. Seules des concentrations ou des arrimages à des mastodontes du secteur au niveau international peuvent leur assurer une part de marché. Logesta pourrait dans ce cas constituer une opportunité.


CGEM. Les statuts divisent

Mardi 22 mars, le bureau de la confédération patronale tient une réunion sur la réforme des statuts. Des sources bien informées avancent l’éventualité de l’adoption du projet de statuts dans sa mouture actuelle. La confédération adoptera le système proportionnel. Plus l’entreprise est grande, plus elle aura de poids dans le vote des instances. La Fédération de la PME voit rouge. Elle se prépare de son côté à mener une fronde. D’ailleurs, elle vient de lancer son site Internet (www.fpme.ma). Un outil qui ne manquera pas de mobiliser les adhérents de petite taille autour de la position de la fédération. La semaine s’annonce donc chaude et Hassan Chami, président de la CGEM, devra prendre une décision. Au risque de perdre la fédération des PME, certes dynamique, mais qui n’est pas de taille à contre-balancer l'influence des grands groupes.



Les off

Le ministère de l’Intérieur prend en charge le dossier de l’emploi. Les réunions se suivent pour déterminer le rôle des walis et des gouverneurs dans la promotion de l’emploi. La grande nouveauté est que le ministère semble évoluer vers une solution participative. Les walis feront appel à des associations professionnelles au lieu de décréter l’emploi à partir de leurs bureaux feutrés.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La Samir lancera un appel d’offres en juin pour ficeler son dossier sur la construction d’un pipeline pour le transport du gaz naturel de Ouezzane à Casablanca. c'est le 3ème projet du genre, après ceux d’Akwa et de l’ONE. Le ministère de l’énergie fait actuellement circuler un avant-projet sur le gaz naturel qui ne fait pas l’unanimité.


Pêche. Les quotas dépassés

Mercredi 16 mars, des marins ont déposé plainte auprès de la délégation régionale du ministère de la Pêche à Agadir. Ils dénoncent les agissements de deux capitaines de bateau qui ont jeté à la mer des cargaisons de poulpes. La pratique serait pourtant assez courante. En effet, les capitaines ne peuvent pas savoir à l'avance si les quotas individuels seront atteints à la fin de la marée. Ils pêchent jusqu'à atteindre - et souvent même, dépassent - les quantités autorisées. Ils procèdent alors à une sélection par la taille des poulpes, ne retenant que les plus gros. Les autres sont rejetés à la mer. Cette manière de procéder qui ne respecte pas les quotas, ne permet pas la sauvegrade des ressources. Encore un revers pour Laenser.


Assurance. Fin du bras de fer

La Fédération des assureurs (FMSAR), la Fédaration Nationale des Agents et des Courtiers d'Assurance (FNACAM) et le patronat sont parvenues à un accord au sujet du règlement des primes d’assurance. Le principe du fractionnement des primes d’assurance a été retenu. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises de petite taille ne disposant pas d’une marge de trésorerie conséquente. Les modalités du fractionnement ne sont pas encore arrêtées de manière définitive. Tout laisse croire que les deux parties convergent vers le fractionnement justifié. Et les tranches de règlement dépendront des justificatifs présentés au moment de la réalisation du contrat d’assurance. Les anciens clients auront donc à renégocier leurs contrats. Et le traitement différera selon les arguments de chacun. Les mauvais payeurs seront donc sur la sellette.


Forêts. Enfin une stratégie !

C'est inédit : le Haut commissariat aux Eaux et Forêt fait parler de lui. Son patron compte utiliser tous les moyens de communication modernes pour sensibiliser la population et l’ensemble des partenaires sur le patrimoine naturel national. Il a même initié une rencontre à Casablanca sur la sauvegarde du patrimoine naturel du pays. La rencontre qui s’est tenue sur le thème "les aires protégées au Maroc : un défi pour la conservation et la valorisation du patrimoine naturel et culturel national" a esquissé la stratégie à venir dans toute sa globalité. Il s’agit de jouer la carte du partenariat pour propulser ce secteur, demeuré à la traîne, et ce malgré les ressources humaines dont il dispose. Le haut commissariat dispose de 750 millions de dirhams pour mettre en valeur les parcs et les réserves que compte le pays. Bon courage.



Khalid Tritki
Réinventons nos patrons

"Quand il s’agit de discourir sur la gestion des ressources humaines, les dirigeants des entreprises sont des avant-gardistes. Dans la réalité il n’en est rien". La phase est d'un grand spécialiste en la matière. Elle me rappelle un autre témoignage, celui d’un exilé ayant figuré parmi le top management d’un grand groupe national. "Faites des plans de développement des ressources humaines, des programmes de formation, un système de motivation, me disait-il, tout finira à la poubelle". Sur ce chapitre, les grands
et les petits se valent. La proximité dans une PME vous forcera à vous incliner devant un "c’est moi le patron". Dans un groupe, l’oubli et l’indifférence se chargeront de vous briser. Dans l’un comme dans l’autre, l’entreprise est la grande perdante. Que cherche un patron ? Gagner de l’argent. Un salarié également. Les deux cohabitent dans un même espace pour la réalisation d’un même objectif. Chacun donne le meilleur de lui-même, pour le bien de tous. Les deux parties s’allient pour faire fructifier un patrimoine qui appartient à la collectivité. Dès qu’une entreprise prend forme, elle échappe à son créateur. Elle est le bien de tous et sa survie est la responsabilité de tous. C’est le principe de la cogestion qui doit prévaloir, mais aussi celui du partage. La gestion des ressources humaines sert à ça. Bénis soient ceux qui l’ont compris.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2005 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés