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Grand prix. Hymne à la nouvelle
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N° 168
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Micro-trottoir. C’est quoi "l'fen" pour vous ?

Par Driss Ksikes

Grand prix. Hymne à la nouvelle

(AIC Press)
En un an, TelQuel a publié dans son supplément mensuel, Nouvelles choisies, 25 textes d’auteurs en herbe. Le mercredi 16 mars, le Grand Prix de la nouvelle a soufflé sa première bougie et célébré ses premiers lauréats.


Il est 9h. Dans le hall feutré de l’Hôtel Royal Mansour, le très sobre Abdelfattah Kilito, président du jury de la première édition du Grand prix de la nouvelle, étudie studieusement le profil des candidats. "Ils ont entre 20 et 68 ans. On compte parmi eux très peu d’enseignants de français, des ingénieurs, quelques
journalistes et une gynécologue", dira-t-il plus tard dans la soirée, par souci de rigueur. Depuis trois semaines, chacun des membres du jury a eu le temps de disséquer les 25 nouvelles en compétition (parues dans le supplément mensuel de TelQuel, Nouvelles choisies). "J’ai été agréablement surprise par la qualité des écrits. En plus, il y a de beaux textes dans le lot", confie la jurée Rajae Benchemsi en entrant dans une salle mitoyenne pour délibérer.
12h30. Les jeux sont faits. Entre l’idylle tangéroise d’Armandine Penna, Je n’apprendrai pas l’arabe avec toi, et l’ambiance mortifère de La dernière nuit de Mounir Mossadak, les jurés ont eu du mal à trancher. Le prix d’encouragement leur sera finalement décerné, ex-aequo. Quant à la rencontre inopinée entre un chien errant et un enfant abandonné, Les bâtards de Fadel Ataallah, le jury n’y est pas resté insensible. La nouvelle remportera le grand prix, "pas forcément à l’unanimité", reconnaîtra de manière allusive Kilito devant la presse.
13h. Moment de trêve. Les organisateurs et le jury se retrouvent au restaurant. Pour les nourritures terrestres, mais pas seulement. Le militant du livre, Bichr Bennani (Tarik éditions), est au téléphone. Il s’assure que les lauréats seront de la fête. La méticuleuse Adiba Lahbabi (BMCI) ne décolle pas de son portable pour s’assurer que tout est au beau fixe. Entre deux appels, elle fait part au jury de sa nouvelle préférée. Mahi Binebine, quoique juré, ne se prend pas au sérieux. La marraine du projet, Marie-Louise Belarbi, est en discussion complice avec Kilito. Au bout de quelques amabilités, tout le monde se ressaisit pour répéter et ne rien laisser au hasard. Le déroulement de la cérémonie est passé au crible.
16h30. Les journalistes affluent à la conférence de presse. Abla Ababou (2M) insiste pour que Kilito fasse une déclaration. L’auteur de La querelle des images est un homme secret. Il dira quelques minutes plus tard, tout le bien qu’il pense des auteurs en compétition, et rappellera que " le roman n’est pas forcément le genre majeur dans tous les pays". La conférence est animée. Les journalistes y ont appris que Tarik éditions avait initialement reçu plus de 320 nouvelles et que son comité de lecture a joué un rôle de sas ; que TelQuel a contribué à la sélection finale et à la valorisation d’auteurs anonymes écrivant dans la solitude ; que la BMCI ne s’est pas contentée de financer l’opération, mais a suivi le processus de bout en bout ; que l’ambassade de France permet au gagnant d’être invité à un festival spécialisé (Ici et ailleurs, Festival de la nouvelle littéraire, à Colmar) et d’y suivre, aux côtés d’illustres nouvellistes, une formation adéquate. Deux questions clés surgissent dans la salle : "Et pourquoi pas en arabe ?" Plusieurs propositions fusent alors pour que les journaux arabophones en prennent l’initiative. "Et si les critères de sélection étaient moins stricts ?". "Les textes peuvent alors ressembler à tout et à rien", rétorque Rajae Benchemsi. Pour le reste, l’initiative est applaudie. Ce qui n’était pas sans nous flatter.
19h30. C’est le moment de l’apothéose. Les invités répondent à l’appel en masse. Les candidats attendent avec impatience le résultat final. "Alors, qu’avez-vous fait de mon texte ?", demande ce nouvelliste, angoissé. D’autres cachent bien leur trac. Dans la foule compacte, l’écrivain le plus timide et le moins mondain côtoie un dirigeant de banque ou un conseiller royal décontracté (André Azoulay). La cérémonie est ouverte. Mustapha Faris (BMCI) ouvre le bal et affiche son amour de la culture. Bichr Bennani (Tarik Ed.) démontre son militantisme en rêvant de plus de lecteurs, de bibliothèques et d’auteurs talentueux. Ahmed R. Benchemsi (TelQuel) est réjoui de voir les yeux de jeunes talents anonymes briller une fois reconnus. Les jurés sont séduits. Les lauréats sont émus. On dirait un conte de fées. "Mais si vous le faites aussi en arabe, vous prendrez tout le monde à contre-pied", suggère Mohamed Tozy. Cela revient comme une antienne. En attendant, il fallait faire la fête, et en français. Entre buffet, rires, accolades, photos-souvenirs, blagues juteuses, discussions enflammées, la soirée se prolonge dans l’allégresse. C’est le dénouement d’une année pleine et l’avant-veille d’une seconde édition qui commence déjà.



Le grand prix. Un écrivain chez la police

Fadel Atallah a 39 ans. Il est commissaire de police depuis 10 ans. Actuellement à la direction générale à Salé, il aime raconter des histoires que lui inspire l’horreur de la réalité. "L’écriture m’est venue avec les premiers boutons de l’adolescence". Outre la nouvelle, Les Bâtards (TelQuel, supplément n°3, mai 2004), qui lui a valu Le Grand prix de la nouvelle, il a un roman policier dans son tiroir.

 
 
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