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N° 169
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Basri. Jamais sans ma fille (Soukaïna)

Driss Basri (DR)
avec le dossier Driss Basri, on doit s’attendre à tout, et aujourd’hui plus que jamais ! Confirmation avec ce qui vient de se passer il y a près de deux semaines quand l’ancien ministre de Hassan II a obtenu, enfin, son passeport marocain. Le document, d’après nos sources, aurait été obtenu après la "mission" effectuée en France par le secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi. C’est donc sur instruction directe de Majidi (qui était mandaté par le roi) que l’ambassadeur du Maroc en France, Fathallah Sijilmassi, a remis le précieux document à Basri. À la case "profession", le document indiquerait la mention "professeur universitaire", et non pas ministre d’état comme
Basri aurait pu l’espérer. Pourquoi et comment cela a-t-il été possible ? À quel prix ? Que compte faire Basri à présent ? La seule réponse qui semble être fiable pour le moment est la suivante : l’ancien vizir souhaite rendre visite à sa fille Soukaïna (et non pas Wydad, comme cela a été partout annoncé), qui vient de mettre au monde un enfant, son premier. L’accouchement a eu lieu aux états-Unis, alors que Soukaïna, la benjamine de la petite famille Basri, réside habituellement au Maroc. Mais tout cela date de quelques semaines déjà, la date du "baptême" (7ème jour) est largement dépassée. Alors…
Jusqu’en début de semaine, Basri se trouvait toujours à Paris, alors que Soukaïna et son nouveau-né s’apprêtaient à rentrer au Maroc. Où est-ce qu’ils se retrouveront : en France, aux états-Unis, ou au Maroc ? Nul ne sait.


Années de plomb. Le procès arrive

L'AMDH prépare le "procès symbolique des tortionnaires", dont la date a été arrêtée au 14 mai, mais pas le lieu, le choix devant se faire entre Casablanca et Rabat. Les noms des tortionnaires, dont l’association fait actuellement la collecte auprès de différentes victimes, devront être proclamés et des peines seront prononcées. Pour le symbole, bien sûr. "Nous lancerons des invitations nominatives pour les tortionnaires afin qu’ils assistent à leur procès, nous indique cette source à l’AMDH. Ceux qui y répondront sont les bienvenus. Quant aux absents, ils seront jugés par contumace !". Le procès-symbole sera précédé, le 30 avril, par des audiences publiques que l’association dédiera, cette fois, aux avocats qui ont exercé pendant les années de plomb.


Blanchiment. Les ministres aussi

Selon des sources espagnoles réputées proches du CNI (les services espagnols), le démantèlement récent d’un réseau international de blanchiment d’argent sur la Costa del Sol, portant sur au moins 250 millions d’euros, risque de faire de grosses vagues de ce côté-ci de la Méditerranée. Parmi les gros bonnets mis en cause, des Russes, des Français, des Espagnols. Et des Marocains. Des ex-ministres, politiciens, députés et autres barons de la drogue issus notamment du nord du royaume, auraient été épinglés par les enquêteurs. Aucune arrestation n’a encore eu lieu parmi les Marocains, mais certaines familles très connues dans le nord commencent à s’inquiéter. Jusqu’où l’enquête, menée depuis un an par 300 policiers espagnols, s’arrêtera-t-elle ?


Gouvernement. Le PJD affûte ses armes

C'est Lahbib Choubani qui a conduit la délégation du Parti de la Justice et du Développement qui s’était rendue en Turquie la semaine dernière en réponse à l’invitation du "PJD turc". Le député d’Errachidia, et président du groupe au Parlement, était à la tête d’une trentaine de conseillers communaux. Les élus islamistes qui ont rencontré notamment le maire d’Istambul se sont frottés aux réalités de la gestion communale et à l’exercice de la politique sur le terrain. Ce qui conforte une idée qui revient en force, celle de la volonté du PJD de se lancer sérieusement dans la course au pouvoir. Dans la perspective des élections de 2007, bien entendu.


Terrorisme. Mohammédia l’a échappé belle

La police de Mohammedia a procédé à l’arrestation de 7 salafistes, le 18 mars dernier. Les islamistes, qui feraient partie du groupe dirigé par Abdelkrim Mejjati (recherché depuis le 16 mai 2003) se préparaient à commettre des actes armés dans la ville. La nouveauté, c’est qu’ils avaient déjà, en 2003, quelque temps avant les attentats de Casablanca, essayé de commettre un attentat à Mohammédia à l’aide d’un téléphone portable. Une opération qui aurait été abandonnée à la dernière minute en raison d’une panne de l’appareil. Les services des Renseigenements généraux de l’ancienne Fédala sont d’ailleurs en train d’établir la cartographie des quartiers sensibles. Pourvu que ça marche.


Feuilleton. Lmrabet a son récépissé, mais…

"Chers amis, plus le moment approche de mon retour imminent au pays des mille contrastes et la publication de mes journaux satiriques, plus la campagne de diffamation se durcit". C’est avec ces mots que Ali Lmrabet annonce, via un communiqué, l’obtention de son récépissé pour la publication d’un nouveau titre de presse et la série de procès auquel il devra, de nouveau, faire face et dont le motif sera le même : diffamation (le premier de ces procès, prévu début avril, sera vraisemblablement reporté à une date ultérieure). Lmrabet compte rentrer au Maroc et lancer, effectivement, un nouveau titre. "Si on m’en laisse le temps", commente-t-il en faisant allusion aux procès potentiels qui pourraient surgir à son encontre, aux quatre coins du royaume (lire aussi 3 questions à Younes Moujahid).


Amendes. 6000 euros par clandestin

Des patates et des clandestins dans un conteneur. C’est ce qu’ont découvert les policiers du port de Marseille, il y a une semaine, alors que le navire porte-conteneurs marocain "Ezzahra" débarquait.. Dès l’ouverture du premier conteneur, l’un des deux clandestins s’est échappé après avoir blessé un policier à l’arme blanche. Le fugitif qui s’était cassé la jambe a été admis en urgence dans un hôpital de la ville et la compagnie IMTC, propriétaire du bateau, a été obligée de payer les frais de son hospitalisation. Avant de s’acquitter d’une amende de 6000 euros par tête de pipe pour "transport d’immigrés clandestins" ! Une amende qui aurait pu s’élever à 250 000 euros s’il était établi que l’équipage était "complice" des clandestins. Les malheurs du navire ne se sont pas arrêtés là, puisque les conteneurs de patates, sans doute endommagés par les clandestins, ont été interdits de débarquement… En fait, le phénomène est plutôt récurrent, et il ne touche pas uniquement les bateaux de transport de marchandises. Le prestigieux Marrakech lui-même a été contraint de faire demi-tour la semaine dernière pour débarquer à Tanger une quinzaine de clandestins découverts en cours de route.


Visite. Sarkozy à Essaouira

Pour Nicolas Sarkozy, le chemin de l’Elysée passera peut-être par Essaouira. Le président du parti au pouvoir en France, l’UMP (droite), sera reçu ainsi, lundi prochain à Rabat par le Roi Mohammed VI, dans le cadre d’une visite de deux jours au Maroc. Sarkozy, qui devrait s’entretenir avec le ministre de l’Intérieur Mostafa Sahel, donnera dans la même journée une conférence sur le thème "Maroc-Europe: quel partenariat?", à l’école Mohammadia des ingénieurs .La veille, le dimanche 27 mars, il devra inaugurer l’alliance franco-marocaine d’Essaouira, et aller à la rencontre de la communauté française, avant de dîner avec le Premier ministre, Driss Jettou. Pour Sarko, la campagne (pour les présidentielles) bat son plein.


Hommage. Derkaoui fêté par les siens

Mercredi dernier, les amis du réalisateur Mustapha Derqaoui lui ont rendu hommage au centre Noor de rééducation et de réadaptation (à Bouskoura) où il séjourne depuis quelque trois mois, date de l’accident cérébral dont il a été victime. Une soirée a ainsi été organisée, lors de laquelle Hassan El Fad a généreusement offert une représentation de son dernier one man show Docteur Escargot à Derkaoui et aux pensionnaires du centre, géré par l’Association marocaine des handicapés. Derkaoui, dont l’état de santé est en amélioration, aurait encore besoin, selon les médecins, de six mois de rééducation.


Publication. Le pluralisme marocain

Faut-il parler de pluralisme politique ou partisan au Maroc ? Le Cercle d’Analyse politique, initié par les fondations, Friederich Ebert et Abderrahim Bouabid, vient de publier un livret sur la question. Le politologue Abdelhay Moudden, auteur de l’exposé principal, estime que tant que les partis politiques ne produisent pas de propositions plurielles et ne les traduisent pas en programmes pour gouverner, le multipartisme restera un faire-valoir pour la monarchie. Serait-ce une fatalité ? Sans élite moderne forte au sein des partis, Moudden prévient que "la monarchie consacrera et renforcera les organes consultatifs pour relever les défis qui s’imposent".


Hashish. Le Maroc toujours le meilleur

Le hashish marocain caracole toujours au hit-parade de la consommation européenne puisque les 29 millions d’euro-consommateurs l’apprécient particulièrement. Selon le Rapport 2005 sur la stratégie internationale de lutte contre les stupéfiants, fourni par le département d’état américain, le Maroc a produit environ 47.400 tonnes de cannabis brut en 2003. Une production qui donne environ 3.080 tonnes de haschisch. Environ 800.000 Marocains (soit 2,7 % de la population) y sont impliqués !


Armes à feu. Les poulets pêchent

Vous en avez peut-être entendu parler, un policier s’est donné la mort après avoir tué sa femme. L’accident aurait pu passer pour un simple fait divers si l’homme n’avait pas utilisé son arme à feu en public. Ce n’est pourtant pas une première. à tel point que la DGSN a ouvert une enquête sur l’usage fait pas les agents de leurs armes. En 2003, un échange de coups de feu avait eu lieu à Ain Diab à Casablanca entre deux policiers et un agent avait été traduit en conseil de discipline après s’être fait voler son arme par une "jeune fille". Cette semaine, un autre incident a été signalé au Sahara. Pour une sombre affaire de trafic de gasoil, un militaire a tué son collègue et a dissimulé son corps sous les dunes. Les mouvements de sable ont fini par le dévoiler et l’enquête a permis de remonter la piste des complices. Inquiétant.


Marrakech. Les capotes sont des produits sionistes

A Marrakech, un militant de l’ALCS a été interpellé par la police pendant qu’il discutait avec quatre jeunes hommes, avant de les convaincre de l’importance de l’usage des préservatifs pour se prémunir contre le sida. Motif de l’interpellation : "incitation à la débauche" ! Cette information, qui a été rapportée dans la dernière livraison de la publication de l’association (Sida-solidarité), a une suite encore plus surprenante. Le militant associatif a été embarqué en compagnie des quatre jeunes, copieusement insulté, son téléphone cassé. Et l’ALCS a été traitée d’"association sioniste" ! Qui a dit que la prévention était une activité sans risque au Maroc ?


3 questions à Younes Moujahid (Secrétaire.Général du syndicat de la presse marocaine)

Pourquoi avez-vous choisi de dénoncer Ali Lmrabet pour l’un de ses articles parus dans "El Mundo", et qu’il assure avoir été mal traduit ?
Pour défendre l’honneur des journalistes de la MAP, qui ont été traités d’informateurs de la police. Nous n’avons rien contre Lmrabet. Il est et restera notre confrère, mais il n’est pas "sacré". Il se trouve qu’il a écrit un article qui, à notre sens, porte préjudice à des journalistes faisant partie de notre syndicat, et qui l'ont d’ailleurs défendu quand il le fallait. Notre rôle est de défendre les journalistes quand ils sont mis à mal.

Pourquoi ne pas défendre le journaliste, justement, quand il attendait son récépissé ?
Mais on l’a fait, demandez à l’AMDH, demandez au ministre de la Communication. Je vous rappelle aussi qu’on n’a pas émis un communiqué pour dénoncer Lmrabet, mais on a envoyé une lettre à El Mundo pour défendre les journalistes de la MAP. Nous ne menons campagne contre personne. Le syndicat ne fait pas de politique, mais il défend les intérêts des journalistes.

Par son timing, votre réaction a laissé penser à certains que vous vous positionnez par rapport aux négociations officielles sur le devenir de la presse au Maroc…
Cela n’a rien à voir. Nous négociions avec l’état, et d’autres partenaires, bien avant cette malheureuse histoire. Et si nous le faisons, c’est pour défendre notre métier : le journalisme.-



Billet : Au souvenir du roi omniscient (par Driss ksikes)

L'hebdomadaire Al Ayyam m’a replongé cette semaine dans les années Hassan II. Des musiciens, paroliers et chanteurs parlent de lui comme d’un dieu de la muse, un compositeur-né qui orientait leurs choix mélodiques. Dans la même livraison, l’un des virtuoses du football marocain parle de ses talents de tacticien inspiré qui guidait les lions de l’Atlas à distance. Ces récits ne comportent pas de contre-vérités historiques, juste des bouffonneries habituelles. Mais à chaque fois que ce mythe du roi omniscient est réactivé, je me pose les mêmes questions : pourquoi un Marocain lambda qui en connaît beaucoup plus que la moyenne et peut-être même plus que Hassan II n’aurait pas droit aux mêmes honneurs ? Au mieux, on le traite de éfrit -un génie étrange-, et au pire (s’il est démuni) de Mister F'hamat –un crâneur. Pourquoi fallait-il, à chaque fois, s’efforcer d’ériger le roi en premier cuisinier, premier boucher, premier tout ? C’est comme s’il fallait consacrer sa suprématie, métier par métier, pour qu’il n’y ait pas de tête qui dépasse. à force, Hassan II était devenu une ombre écrasante. Je n’oublierai jamais l’embarras de cet animateur de jeu télévisé qui n’a pas su quoi dire à un enfant convaincu que "c’est Hassan II qui a construit les pyramides". Comme si c’était une Lapalissade. Comme si Hassan II avait l’omnipotence d'un pharaon. À la longue, les Marocains avaient perdu toute ambition de se mesurer à lui. Quand quelqu’un en savait trop, il préférait garder son savoir pour lui, le monnayer à l’étranger ou n’en révéler qu’un bout. Hassan II a finalement laissé à son fils un peuple d’éternels seconds, d’intellectuels exilés, d’esprits cadenassés et de courtisans obligés. Et quelques exceptions qui confirment la règle, mais pas assez pour nous faire oublier le mythe du roi omniscient.



Billet : La guerre de l'alcool (par Karim Boukhari)

Cette anecdote : à Béni Mellal, les clients du premier supermarché Acima de la ville préfèrent y aller tôt le matin pour faire leurs courses. C'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour éviter la queue et les désordres sans fin causés par l'aile réservée à l'alcool, continuellement prise d'assaut par des pelotons de fidèles. L'exemple de Béni Mellal n'est pas unique en son genre. Partout où Acima s'est installé, les valeurs familiales en ont pris un coup. Le phénomène est d'ailleurs régulièrement dénoncé par les imams d'Attajdid, d'Al-Asr, et de dizaines de petites mosquées. Le royaume se trouve donc devant un problème, un de plus. Il découvre que le pays est divisé en deux : les fidèles de Dieu et les fidèles de la bouteille. La loi donne raison aux premiers, les règles universelles de la consommation donnent raison aux seconds. Allah d'un côté, Bacchus de l'autre. Acima fait de bonnes affaires, mais la chaîne sait qu'elle pourrait davantage arrondir ses chiffres si la religion restait à l'écart des lois du marché. Elle applique à merveille une règle toute simple, et qui ne devrait, selon une logique industrielle pure, souffrir d'aucune discussion : vendons aux Marocains ce qu'ils veulent consommer. Les imams et les bons pères de famille appliquent à leur tour une règle qu'on leur a inculquée à l'école et à la maison : ne vendons pas aux Marocains ce que Dieu leur a interdit. La problématique, pour faire plaisir aux amoureux de la rhétorique, peut se réduire à la caricature suivante : deux armées en guerre, gonflées à bloc et convaincues d'avoir raison. Reste à trouver un arbitre, l'homme au sifflet, qui ferait un bien fou au peuple de Béni Mellal et aux nombreux fidèles qui se pressent, d'un côté comme de l'autre du comptoir (des supermarchés).



Vite !

La gendarmerie royale s’apprête à connaître, d’après des sources fiables, un "mouvement" général, qui pourrait être l’un des plus importants de son histoire. Des mutations à la pelle, des mises à la retraite, sans compter des mises au placard de certains officiers. S’agit-il d’un mouvement routinier ou d’une opérations "manu pulite" ?

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"L'affaire de la télévision régionale de Laâyoune" continue de défrayer la chronique au Sahara et dans les rangs des responsables à Rabat. Dans le sud, la fièvre des élites en colère (installées depuis 1975, et de plus en plus contestées) a atteint des villes comme Smara, Dakhla et Boujdour. Sur le terrain, la télé, elle, continue d’enregistrer les mêmes taux élevés d’audience.

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Le département de la Défense américain vient de créer une véritable armée secrète, le "Strategic Support Branch". De petites unités qui oeuvrent déjà secrètement en Irak, en Afghanistan et ailleurs, où le Pentagone le juge nécessaire. D’autres missions sont prévues à l'étranger. Le Maroc ne serait pas exclu. Même "l'ambassadeur US en place doit être tenu dans l'ignorance la plus complète", si l’on en croit certaines confidences.

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Fabien Barthez risque six mois à un an de suspension pour avoir craché sur l'arbitre Achiri, lors du WAC – OM du 12 février. Les Marocains n’ont donc pas abdiqué, le "divin chauve" non plus, d'ailleurs : "Non, je ne le regrette pas. On est des hommes, et, comme on dit, on en a entre les jambes… a déclaré Barthez à RFI, jeudi dernier". Barthez, tais-toi !

 
 
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