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N° 169
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Hammad Kassal, président
de la fédaration des PME (DR)
Patronat. Les statuts dans la ligne droite

La confédération patronale a tenu mardi 22 mars une réunion sur la réforme des statuts. La réunion s’est tenue dans un cadre serin. Le président a décliné encore une fois les axes principaux de la réforme tout en tenant à rassurer sur les raisons profondes du changement. D’ailleurs, la CGEM a programmé une assemblée générale mi avril qui sera suivie d’une autre réunion sur les statuts en septembre. La dernière étape est fixée, sauf imprévu, en décembre 2005. à cette date, les statuts seront quasiment finalisés. L’entrée en vigueur de la
nouvelle mouture se fera probablement en deux temps. Tous les aspects qui touchent aux entreprises adhérentes, seront opérationnels après le vote des statuts en assemblée générale. Les autres réformes qui touchent la présidence et le fonctionnement de son bureau attendront l’élection du nouveau président en juin 2006. Entre temps, la question de la cotisation en fonction de la taille et de la répartition du vote en fonction du chiffre d’affaires sera définitivement validée et appliquée. Le système égalitaire reposant sur une entreprise-une voix aura disparu. Est-ce que la PME y perdra ? C’est la thèse que défend la fédération des PME, ainsi que quelques associations sectorielles. Les promoteurs de la réforme se veulent cependant rassurants. La réforme ne pénalisera pas la PME au moment crucial des élections des instances. Les simulations effectuées en interne ont démontré que la nouvelle mouture accordera pratiquement plus de 70% de la force de vote à la PME.


Energie. Microsoft s’en mêle

Microsoft, le Centre des énergies renouvelable (CDER) et le Programme régional des technologies de l’information pour les pays arabes (ICDTAR) du PNUD ont conclu un partenariat le 18 mars à Marrakech. L’objectif est la création d’un centre d’appui au profit des entrepreneurs des maisons d’énergie. Il s’agit d’un centre de formation et d’une plate-forme technologique de mise en réseau qui regroupera dans le futur quelque 2.000 maisons d’entrepreneurs. Le centre sera hébergé au CDER dont le siège est à Marrakech. ICDTAR apporte un soutien financier, alors que Microsoft fournit les logiciels et la formation des informaticiens et du Web masters. Rappelons que le concept des maisons d’énergie s’inscrit dans le cadre du programme d’encouragement des entreprises opérant dans l’énergie renouvelable.


Piratage. Benabdellah se réveille

Nabil Benabdallah, le ministre de la Communication, veut s’attaquer au piratage. C’est ce qu’il a déclaré mardi 22 mars à Rabat. Selon lui, son département "a fait de la lutte contre le piratage l’une de ses priorités en 2005, en raison des dégâts économiques et des préjudices moraux causés par ce phénomène au Maroc". Avec un taux moyen de plus de 70% pour les secteurs du logiciel, de la musique et du cinéma, le piratage engendre des pertes économiques de près de 2 milliards de DH au Maroc. Facile à dire, mais difficile à faire. En tout cas, il n’a pas le choix. L’accord de libre-échange conclu avec les états-Unis en fait une priorité. Il reste à savoir comment le ministre compte s’y prendre. Le bureau en charge des droits d’auteurs se réveille de temps à autre. Mais pour l’essentiel, il regarde faire.



Les off

Le conseil d’administration de la CNIA tenu mercredi 23 mars a coopté Moulay Hafid El Alami en tant qu’Administrateur président directeur général de la compagnie. Techniquement, ce dernier n’est pas encore le propriétaire de la compagnie puisque le transfert des titres de Arig vers Saham n’a pas encore été réalisé. Rappelons qu’Arig dispose toujours de 5 voix au conseil contre 3 pour les minoritaires dont la CDG et la CIMR.

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Le comité régional de Casablanca pour la création d’entreprise a présidé une réunion pour la sélection des projets porteurs. Plus de 120 projets ont été présentés par des jeunes de tous les coins du pays. Aucun n’a été retenu. La cause : la banque partenaire a refusé de financer. à ce rythme, la nouvelle stratégie d’aide à la création d’entreprise tournera à la mascarade.


Phosphate. Un coup de maître

Mourad Cherif, directeur général de l'Office chérifien des phosphates (OCP), a signé, le 21 mars 2005 à New Delhi, un accord pour l'introduction de Tata Chemicals Ltd (TCL) dans le capital d' Indo Maroc Phosphore SA (IMACID). Cette dernière, joint-venture de production d'acide phosphorique à Jorf Lasfar (Maroc), est née en 1997 d'un partenariat, à parts égales, entre le groupe OCP et le groupe indien KK Birla. Elle réalise actuellement un chiffre d'affaires de plus de 140 millions de dollars. L'actionnariat d'IMACID sera réparti entre les 3 partenaires. Le nouveau tour de table de IMACID lui permettra de sécuriser son marché. Surtout après l’intégration au capital d’un géant qui réalise 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires et dispose de gisements propres en phosphate.


Conjoncture. 2005 : pronostics positifs

L'enquête du Haut commissariat au plan sur les pronostics industriels pour le 1er trimestre 2005 table sur une augmentation de 18% de la production énergétique, imputable à la hausse de la production du pétrole raffiné. Le BTP suivrait sa tendance haussière grâce notamment aux activités du bâtiment, surtout de la peinture et des gros œuvres. Les effectifs en main d’œuvre devront augmenter pour ce secteur. Pour l’industrie manufacturière, les pronostics, basés sur des réponses d’un échantillon de chefs d’entreprise, tablent sur une augmentation de la production de 1%. Les mines évolueront également à hauteur de 2%. En revanche, l’industrie manufacturière connaîtra une baisse d’effectifs. Des pertes d’emplois sont donc en vue.


Banque. BAM fait des bénéfices

La Banque centrale a tenu son conseil d’administration mardi 22 mars à Rabat. Il en ressort que la banque a réalisé un résultat net à fin 2004 de 1,4 milliard de dirhams, soit en hausse de 0,8% par rapport à 2003. Et ce en dépit de l’augmentation des charges, particulièrement liée à la régulation monétaire et aux actions de mise à niveau. Le conseil d’administration a également relevé que les interventions de la banque sur le marché monétaire n’ont pas eu un impact sur la sur liquidité qui le caractérise. Mais au moins, cela a permis de conserver la tendance baissière des taux d’intérêt. Enfin, la Banque centrale a adopté son nouveau code éthique qui s’appliquera à tous les collaborateurs de Abdellatif Jouahri.



Khalid Tritki
Stratégie et mise à niveau

Faisons la part des choses. La stratégie industrielle n’a rien à voir avec la mise à niveau. C’est clair. Les recommandations de Mckinsey n’ont même pas effleuré cette question. Et tout laisse croire, des opérateurs convaincus le répètent aussi, que l’effort du gouvernement se focalisera sur la réalisation de la stratégie Mckinsey. Les autres, qu’ils se démerdent tous seuls. Driss Jettou, lors de sa rencontre avec la presse, le mois dernier, avait affirmé que son engagement dans la mise à niveau est irréversible. Mais qu’il lui fallait
les résultats de la stratégie. Cette dernière n’a porté que sur quelques secteurs. Qu'adviendra-t-il de tout le reste ? La mise à niveau a été mise en veilleuse depuis pratiquement neuf mois. Tout le monde avait arrêté sa respiration en attendant la grande révélation. Cette dernière a eu lieu. Mais elle n’apporte pas de réponse aux recalés de l’industrie (parce qu’ils ne figurent pas dans les choix d’avenir). Ils sont plusieurs, la chimie et parachimie en premier en passant par les industries des matériaux de construction et autres filières. Dans mon for intérieur, j’ose croire que le silence prolongé du gouvernement n’aboutira pas à l’oubli. Peut-être que Mezouar daignera nous expliquer un jour que sa stratégie ne consiste pas à créer 600.000 emplois en passant sur le cadavre, aussi puant soit-il, de 40 ans de capitalisme marocain.

 
 
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