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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Jérusalem. La mauvaise foi d’Israël

Ariel Sharon (AFP)
Ariel Sharon vient de donner un coup de frein à la "feuille de route", le plan de paix soutenu par la communauté internationale. En contradiction totale avec le gel des constructions israéliennes dans les territoires occupés, son gouvernement a confirmé son intention d’autoriser la réalisation de 3 500 nouveaux logements dans la colonie de Maalé Adoumim, à dix kilomètres à l’est de Jérusalem.
But affiché de la manœuvre : relier cette colonie aux quartiers juifs de la ville sainte, afin de parfaire le concept de "Grand Jérusalem", et "garder pour l’éternité des positions importantes". Bref, rendre définitivement impossible le partage
futur de la capitale.
Cette annonce, qui intervient alors que l’évacuation de 8 000 colons de la bande de Gaza est en bonne voie, a provoqué l’indignation des responsables palestiniens. Le premier ministre, Ahmed Qoreï a mis en garde "le monde entier du danger pour le processus de paix de ce genre de mesures israéliennes unilatérales".
Israël a aussi fait preuve de mauvaise foi, au sommet d’Alger, en rejetant l’offre de paix de la Ligue arabe. Un haut responsable israélien, sous l’anonymat, a déclaré : "Malheureusement, la Ligue arabe préfère se donner l’illusion de l’unité de surface en adoptant des résolutions, en contradiction avec toutes les avancées faites notamment par l’égypte et la Jordanie, et qui sont totalement irrecevables". Ecoeuré, le SG de la Ligue arabe, Amr Moussa, estime que l’état hébreu "ne mérite pas qu’on lui tende la main".


Irak. Chiites et Kurdes gagnent les élections

Les chiites et les Kurdes, grands gagnants des élections du 30 janvier, se sont attribué l’essentiel des portefeuilles ministériels du futur cabinet irakien, à la suite de longues tractations. Les chiites obtiendraient 16 à 17 des portefeuilles, dont ceux de l’Intérieur, des Finances et du Conseil de la sécurité nationale.
Les Kurdes, arrivés en deuxième position lors du scrutin, auraient entre sept et huit ministères, dont celui des Affaires étrangères. Ils souhaiteraient aussi celui du pétrole. Les sunnites, minoritaires mais grands perdants de l’élection qu’ils ont boycottée, hériteraient de quatre à six ministères, dont peut-être celui de la Défense. Les chrétiens et les Turcomans en recevraient chacun un. Selon une négociatrice chiite, la présidence reviendrait au Kurde Jalal Talabani et le poste de Premier ministre au chiite Ibrahim Al-Jaâfari.


Jordanie. Brouille avec Bagdad

Question : pourquoi le roi Abdallah n’a pas assisté au sommet d’Alger ? Selon des fuites de la presse israélienne, le monarque hachémite s’est livré à une attaque en règle contre Damas, accusée d’être "la principale menace pour la stabilité du Proche-Orient" avec l’Iran et le Hezbollah. à Amman, le Palais a démenti les comptes rendus du Yédiot Aharanot et de Haaretz. Pour Damas et Téhéran, la sortie de Abdallah est très offensante, car elle a été faite devant des représentants de la communauté juive américaine.
Par ailleurs, le même Abdallah a ordonné, lundi dernier, le retour immédiat à Bagad de son chargé d’affaires, pour désamorcer la crise diplomatique avec l’Irak. La veille, son retour en Jordanie avait été décidé pour des raisons de sécurité, à la suite des manifestations chiites antijordaniennes, provoquant le rappel en Irak de l’ambassadeur irakien à Amman.



Vite !

Fusillade dans un lycée américain. Jeff Weise, un adolescent de 17 ans, a tué 9 personnes lundi dans la réserve indienne de Red Lake (Minnesota). Le lycéen était un admirateur d’Hitler. Il a d’abord tué son grand-père et sa compagne. Puis, armé d’un fusil et de deux pistolets, il s’est dirigé vers son lycée, où il a tué le gardien, cinq élèves et leur professeur, avant de se suicider.

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Mercredi, au sommet d’Alger, le chef de l’état libyen Kadhafi a dit qu'il était hors de question de libérer les cinq infirmières bulgares condamnées à mort en mai 2004 par un tribunal libyen, pour avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants. "Je jure par Dieu que je ne libérerai pas les Bulgares", s’est écrié Kadhafi.


Kirghistan. Révolution en vue

Le pouvoir kirghize a décidé de changer de méthode face à la montée de la contestation. La manifestation de mercredi dans la capitale Bichkek, a été dispersée sans ménagement par les autorités. En début de semaine, l’opposition s’était emparée de plusieurs localités du sud et de l’ouest de cette ex-république soviétique, coincée entre la Chine et le Kazakhstan. Elle réclame le départ du président Askar Akaïev au pouvoir depuis 1990, qu’elle accuse d’avoir truqué les dernières élections législatives.
Les forces de l’ordre sont intervenues à la suite du limogeage du ministre de l’Intérieur et du procureur général, remplacés par deux proches du chef de l’état. Des barrages ont été installés sur la route qui relie la capitale au sud du pays, pour empêcher les opposants de gagner Bichkek. Et Moscou veille au grain.


Bruxelles. Chirac, pompier de service

Face à la montée du non en France au référendum sur la Constitution, tous les regards étaient tournés vers Jacques Chirac, mardi à Bruxelles. Après avoir obtenu une première victoire avec l’assouplissement du pacte de stabilité, Jacques Chirac a obtenu de ses pairs l’engagement de modifier le projet de directive Bolkestein sur la libéralisation des services.
Jacques Chirac a calmé le jeu tout en restant ferme. Il a plaidé pour "la remise à plat complète de la directive", en ajoutant que "ce texte est inacceptable pour la France, comme pour d’autres partenaires européens". La directive sera donc amendée lors de l’examen parlementaire en septembre, mais elle ne sera pas retirée.
La directive Bolkestein prévoit que, quel que soit le pays où une entreprise de services s’implante, ce soit le droit de son pays d’origine qui s’applique. Les récents membres de l’Union y étaient favorables mais la France et l’Allemagne, farouchement opposées.


Internet. AFP contre Google

ça bugge sur le net. L’AFP a intenté un procès qui a débuté jeudi à Washington, à "Google News". Selon l’agence de presse, Google a reproduit des dépêches d’information à partir des sites Internet de certains de ses abonnés. Suivant les principes des agences de presse, L’AFP offre en échange d’un abonnement à ses clients (journaux, télévisions, radios, sites webs etc.), une alimentation permanente en articles et photos qu’ils ont le droit d’utiliser à leur guise.
Mais voilà, Google ne paie aucun droit à l’agence. Dans ses résumés d’articles, le moteur de recherche renvoie aux sites des abonnés de l’AFP sans autorisation. Ses dirigeants prétendent faire un "usage justifié" du copyright de l’AFP en ajoutant de la valeur au contenu de l’agence. "Cette plus-value est fortement limitée", répond l’AFP. Cherchant à éviter le procès, Google a annoncé son intention de retirer de son site "Google News", les articles et photos provenant de l’AFP. À suivre.



Lu pour vous.
Logiques
(Libération du 23 mars)

Par Gérard Dupuy

Les responsables de Bruxelles s’inquiètent de la montée des intentions de vote hostiles à la Constitution de l’Union et se demandent quelle mouche a piqué la France, ce vieil artisan de la construction européenne. Les tréfonds de l’exception nationale méritent examen. Mais, pour expliquer une bonne partie de la méfiance rencontrée par l’Union européenne, les acteurs de cette dernière doivent aussi regarder devant leur porte. Par exemple, trouvent-ils que cette "stratégie de Lisbonne" (…) conforte des vocations européennes ? Tant de fanfaronnades noyées dans tant de vacuité ne peuvent pas faire une bonne publicité pour la future Constitution.
Idem pour la directive Bolkestein. Quoi qu’il en soit de son contenu, la manière maladroite dont Barroso et la Commission se sont embrochés dans sa défense n’aura guère aidé le oui à briller dans les sondages. La circulaire n’a rien à voir avec le vote ? Certes. Sauf que c’est l’électeur qui choisit quoi a à voir avec quoi, et aussi quoi il ne veut pas voir. Il ne sert à rien de le chapitrer comme un petit enfant. De la part des tenants du non, la Constitution fait l’objet de critiques imméritées et d’imputations gratuites. Mais ils seraient moins entendus si Bruxelles n’avait si souvent donné l’impression d’un pouvoir soustrait aux règles ordinaires de la responsabilité et imperméable à la censure populaire. L’ironie, c’est que la future Constitution pourrait améliorer (un peu) les choses. Ainsi, s’ils étaient logiques, les tenants du non devraient voter oui.

 
 
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