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Histoire. Casablanca, le 23 mars 1965
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Affaire. Qui a tué l'hakem ?
Cinéma. Wake up Morocco, ça tourne !
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Histoire. Casablanca, le 23 mars 1965
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Affaire. Qui a tué l’hakem ?
Cinéma. Wake up Morocco, ça tourne !

Par Maria Daïf

Cinéma. Wake up Morocco, ça tourne !

Narjiss Nejjar dirigeant
Hassan Skalli et Raouya
(Alexandre Chevillard)
Narjiss Nejjar a entamé, la semaine dernière, le tournage de Wake up Morocco. Un film sur la Coupe du Monde, les espoirs et les rêves d’un peuple. Coulisses et photos de tournage, en exclusivité.


Sidi Abderrahmane, une curieuse et minuscule île à quelques kilomètres du centre-ville, séparée de la côte à marée haute par un petit bras de mer, où des familles entières habitent et vivent grâce à des femmes qui lisent l’avenir dans les lignes de la main ou dans du métal, prédisent le bonheur mais jamais le
malheur, promettent à coups de grisgris et de rituels maris riches et affectueux… C’est là que la réalisatrice Narjiss Nejjar a entamé, il y a presque deux semaines, le tournage de Wake up Morocco (inhad ya Maghrib), son second long-métrage. Depuis, l’équipe du film partage la vie des gens de l’île. Une quarantaine de personnes, techniciens de plateau, costumière, maquilleuse, machinistes, comédiens et réalisatrice s’affairent sous le regard curieux des enfants du coin, des chouwafate, des musiciens de fortune, et des visiteurs. La communauté du lieu semble définitivement acquise à la cause du film et les deux mondes se retrouvent tous les jours, dans une ambiance bon enfant.
"C’est, quelque part, cette île qui a été le déclic du film… le jour où, me promenant sur la Corniche, j’ai vu ce bout de terre suspendu entre ciel et mer et qu’on m’a parlé de ces gens, presque coupés du monde, que l’idée que j’avais déjà en tête m’est apparue plus claire. J’ai revu l’image de Blatter prenant son temps pour annoncer les résultats des votes pour l’organisation de la Coupe du Monde, et nous suspendus à ses lèvres, voulant croire que c’était possible. à l’annonce de l’éviction du Maroc, j’ai été profondément marquée par l’état de choc dans lequel s’est retrouvé mon pays, état que j’ai vécu moi-même. Je savais que je voulais en faire un sujet de film, mais je ne savais pas encore comment". Ainsi est donc née l’idée du scénario de Wake up Morocco. Nous sommes en 2004. Sur un îlot au large de Casablanca, un vieux footballeur (Hassan Skalli), reconverti dans le rapiéçage de filets de pêche, partage ses jours avec sa petite-fille Alia (Fatéma-Zohra Ibrahimi) et rêve en silence de cette finale qu’il aurait pu gagner s’il n’avait pas passé la nuit dans les draps d’une femme, qu’il tient depuis pour responsable de sa carrière brisée. Pourtant, cette femme, une chouwafa (Raouya déjà remarquée et remarquable dans Les yeux secs, de la même réalisatrice Narjiss Nejjar), lui avait prédit qu’il planterait haut le drapeau marocain. Devenue vieille comme lui, habitant le même îlot, elle continue elle, de rêver de son amour. Alia a ses rêves aussi, et un seul ami, Jade (Qassem Benhayoun), footballeur en devenir, qui de l’orphelinat où il a grandi est farouchement convaincu qu’il offrira à son pays une grande victoire. à la veille de l’annonce des résultats de l’attribution de la Coupe du Monde, le village est en liesse. Sidi Abderrahmane ne sera plus cet îlot oublié de tous : "Il paraît que pour la coupe du Monde en 2010, ils vont raser Sidi Abderrahane et construire un grand supermarché à la place… Moi, je sais d’avance que je vais faire une grosse affaire en vendant ma maison", dit la vieille chouwafa au vieux footballeur ; "On va devenir un grand pays… et peut-être que cette fois pour de vrai on va trouver du pétrole… le surveillant dit qu’on n’a juste pas les moyens de forer comme il faut… et que maintenant avec tout l’argent qui va rentrer ce sera possible", dit Jade à Alia… "J’ai aimé le scénario pour deux raisons : d’abord parce que l’écriture de Narjiss est très éloquente, presque littéraire, ensuite, et le titre du film en dit déjà long, il y a quelque chose de citoyen dans cette histoire. C’est un message d’espoir auquel je ne peux qu’adhérer", confie Hassan Skalli. Raouya, que Les Yeux Secs ont fait fouler le tapis rouge de Cannes (le film avait été sélectionné à la quinzaine des réalisateurs), parle de la réalisatrice entre deux scènes à tourner : "Narjiss est une dentelière de l’image. Elle est audacieuse et va au bout de ses challenges. C’est pour cela que je serai toujours prête à la suivre"…
Pour Wake up Morocco, Narjiss Nejjar a vu grand. 12 semaines de tournage, le Stade d’honneur à remplir par quelques 10000 figurants, une semaine à Johannesburg, et quelques 12 millions de dirhams à boucler (coût du film) : "J’ai eu des réactions assez étonnantes quand j’ai annoncé la couleur. Vous êtes fous, vous voulez faire un film américain ? m’a-t-on dit une fois. Je réponds tout simplement que non, c’est un film marocain et que oui, nous sommes capables de le faire". Dans le film, Blatter annonce l’éviction du Maroc… Le rêve et l’espoir s’arrêteront-ils pour autant à Sidi Abderrahmane ? La réponse avant la fin de l’année, à la sortie du film . Le rendez-vous est pris.

 
 
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