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Par Maria Daïf
Cinéma. Wake up Morocco, ça tourne !
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Narjiss Nejjar dirigeant
Hassan Skalli et Raouya
(Alexandre Chevillard)
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Narjiss Nejjar a entamé, la semaine dernière, le tournage de Wake up Morocco. Un film sur la Coupe du Monde, les espoirs et les rêves dun peuple. Coulisses et photos de tournage, en exclusivité.
Sidi Abderrahmane, une curieuse et minuscule île à quelques kilomètres du centre-ville, séparée de la côte à marée haute par un petit bras de mer, où des familles entières habitent et vivent grâce à des femmes qui lisent lavenir dans les lignes de la main ou dans du métal, prédisent le bonheur mais jamais le |
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malheur, promettent à coups de grisgris et de rituels maris riches et affectueux
Cest là que la réalisatrice Narjiss Nejjar a entamé, il y a presque deux semaines, le tournage de Wake up Morocco (inhad ya Maghrib), son second long-métrage. Depuis, léquipe du film partage la vie des gens de lîle. Une quarantaine de personnes, techniciens de plateau, costumière, maquilleuse, machinistes, comédiens et réalisatrice saffairent sous le regard curieux des enfants du coin, des chouwafate, des musiciens de fortune, et des visiteurs. La communauté du lieu semble définitivement acquise à la cause du film et les deux mondes se retrouvent tous les jours, dans une ambiance bon enfant.
"Cest, quelque part, cette île qui a été le déclic du film
le jour où, me promenant sur la Corniche, jai vu ce bout de terre suspendu entre ciel et mer et quon ma parlé de ces gens, presque coupés du monde, que lidée que javais déjà en tête mest apparue plus claire. Jai revu limage de Blatter prenant son temps pour annoncer les résultats des votes pour lorganisation de la Coupe du Monde, et nous suspendus à ses lèvres, voulant croire que cétait possible. à lannonce de léviction du Maroc, jai été profondément marquée par létat de choc dans lequel sest retrouvé mon pays, état que jai vécu moi-même. Je savais que je voulais en faire un sujet de film, mais je ne savais pas encore comment". Ainsi est donc née lidée du scénario de Wake up Morocco. Nous sommes en 2004. Sur un îlot au large de Casablanca, un vieux footballeur (Hassan Skalli), reconverti dans le rapiéçage de filets de pêche, partage ses jours avec sa petite-fille Alia (Fatéma-Zohra Ibrahimi) et rêve en silence de cette finale quil aurait pu gagner sil navait pas passé la nuit dans les draps dune femme, quil tient depuis pour responsable de sa carrière brisée. Pourtant, cette femme, une chouwafa (Raouya déjà remarquée et remarquable dans Les yeux secs, de la même réalisatrice Narjiss Nejjar), lui avait prédit quil planterait haut le drapeau marocain. Devenue vieille comme lui, habitant le même îlot, elle continue elle, de rêver de son amour. Alia a ses rêves aussi, et un seul ami, Jade (Qassem Benhayoun), footballeur en devenir, qui de lorphelinat où il a grandi est farouchement convaincu quil offrira à son pays une grande victoire. à la veille de lannonce des résultats de lattribution de la Coupe du Monde, le village est en liesse. Sidi Abderrahmane ne sera plus cet îlot oublié de tous : "Il paraît que pour la coupe du Monde en 2010, ils vont raser Sidi Abderrahane et construire un grand supermarché à la place
Moi, je sais davance que je vais faire une grosse affaire en vendant ma maison", dit la vieille chouwafa au vieux footballeur ; "On va devenir un grand pays
et peut-être que cette fois pour de vrai on va trouver du pétrole
le surveillant dit quon na juste pas les moyens de forer comme il faut
et que maintenant avec tout largent qui va rentrer ce sera possible", dit Jade à Alia
"Jai aimé le scénario pour deux raisons : dabord parce que lécriture de Narjiss est très éloquente, presque littéraire, ensuite, et le titre du film en dit déjà long, il y a quelque chose de citoyen dans cette histoire. Cest un message despoir auquel je ne peux quadhérer", confie Hassan Skalli. Raouya, que Les Yeux Secs ont fait fouler le tapis rouge de Cannes (le film avait été sélectionné à la quinzaine des réalisateurs), parle de la réalisatrice entre deux scènes à tourner : "Narjiss est une dentelière de limage. Elle est audacieuse et va au bout de ses challenges. Cest pour cela que je serai toujours prête à la suivre"
Pour Wake up Morocco, Narjiss Nejjar a vu grand. 12 semaines de tournage, le Stade dhonneur à remplir par quelques 10000 figurants, une semaine à Johannesburg, et quelques 12 millions de dirhams à boucler (coût du film) : "Jai eu des réactions assez étonnantes quand jai annoncé la couleur. Vous êtes fous, vous voulez faire un film américain ? ma-t-on dit une fois. Je réponds tout simplement que non, cest un film marocain et que oui, nous sommes capables de le faire". Dans le film, Blatter annonce léviction du Maroc
Le rêve et lespoir sarrêteront-ils pour autant à Sidi Abderrahmane ? La réponse avant la fin de lannée, à la sortie du film . Le rendez-vous est pris. |
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