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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Irak. La consécration de Jalal Talabani

(AFP)
Après deux mois de marchandages, l’Irak s’est choisi un président kurde en la personne de Jalal Talabani. Le leader de l’ l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a été propulsé mercredi, par un vote au Parlement, à la tête du pays. Mais conformément au fragile équilibre entre les trois grandes communautés, les deux postes de vice-président ont été alloués à un sunnite, Ghazi Al Yaouar, le chef de l’état sortant, et à un chiite, Adel Abdel Mahdi. Une fois installé, ce trio doit nommer dans la foulée le Premier ministre, en remplacement d’Iyad Allaoui. Sauf surprise, le poste devrait revenir à Ibrahim Al-Jaâfari.
À 72 ans, Talabani goûte ainsi une belle revanche. Vieux routier de la politique, cet ancien Peshmerga a rompu en 1975 avec le Parti démocrate du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani et créé sa propre formation, l’UPK. Après des décennies de luttes sanglantes, les deux groupes kurdes rivaux ont formé une liste unique pour le scrutin du 30 janvier. Ils constituent aujourd’hui, avec 77 élus, le deuxième bloc le plus important derrière les chiites. Même si la fonction de Président est surtout honorifique, Talabani devra peser de tout son poids lors du débat constitutionnel pour faire adopter les revendications des Kurdes, notamment l’adoption d’un régime fédéral et le rattachement de Kirkourk à leur province. "Je participerai de toutes mes forces à l’établissement d’un régime démocratique, qui garantisse la liberté pour tous, pour déraciner le terrorisme criminel", promet-il.


Italie. Cinglant revers pour Berlusconi

C'est une déroute. Pire, pour Berlusconi et sa majorité, le résultat des élections régionales partielles du 3 et 4 avril est une "hécatombe". Sur les 13 régions en jeu, la coalition au pouvoir n’a pu en conserver que 2 : La Lombardie et la Vénétie.
Le centre-gauche a gagné les 11 autres confrontations et dirige au total 15 des 20 régions du pays. À un an des législatives, Berlusconi se sait maintenant fragilisé, face au chef dopé de l’opposition, Romano Prodi, qui ne s’attendait pas à pareille victoire.
La débâcle électorale fait resurgir les divisions de l’intérieur de la coalition au pouvoir. Les centristes de l’UDC et de l’AN reprochent au Cavaliere sa politique économique et son soutien aux intérêts de la Ligue du Nord. Ce parti populiste et xénophobe fustige le Sud italien, moins développé. Un discours qui a poussé de nombreux électeurs à se détourner de la coalition centre-droit.


Angleterre. Blair annonce les législatives

Mardi dernier, Tony Blair a annoncé que des élections législatives anticipées auront lieu le 5 mai. Le leader du Labour n’aura pas la tâche facile face aux conservateurs, car il sait que la bataille ne se jouera pas seulement sur les sujets de fond mais aussi sur son image passablement dégradée. On lui reproche son arrogance, ses certitudes, ses contre-vérités sur l’Irak, son engagement dans les défis internationaux…
Alors que les conservateurs mettent l’accent sur la sécurité et la baisse de la fiscalité, Blair sillonne les plateaux télé, défendant la nécessité d’investir dans les services publics. Les travaillistes veulent faire une campagne au plus près du terrain pour redorer le blason de leur chef. La plupart des commentateurs voient le Labour passer comme en 1997 et 2001, mais pour eux, la marge sera cette fois très étroite.



Vite !

Sharon a répété lundi à la Knesset qu’il voulait agrandir la colonie de Maale Adoumim par 3 500 logements qui la relieront à Jérusalem. La Maison Blanche a exprimé son mécontentement. à l’heure de l’évacuation de Gaza, Sharon sait qu’il doit montrer patte blanche. "Il est impossible de s’attendre à un accord explicite des Américains", a-t-il affirmé.

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La Chine furieuse contre le Japon ! Indigné, le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur nippon après la réédition d’un manuel scolaire édulcorant les brutalités de l’impérialisme nippon pendant la première moitié du XXe siècle. Pékin et Séoul dénoncent une "distorsion de l’Histoire". Une fédération chinoise a même appelé au boycott de certains produits nippons.


Irlande. L’IRA pourrait déposer les armes

Gerry Adams, le président du Sinn Fein, l’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), a appelé mercredi ses chefs à prendre la décision "historique" d’abandonner définitivement la lutte armée pour "reconstruire le processus de paix", en panne depuis décembre. "La lutte peut désormais être conduite par d’autres moyens". Adams n’a pas annoncé la fin de l’IRA, bras armé du camp républicain dont le Sinn Fein est la face politique. Ses propos ont été salués par Downing Street.
Le calendrier n’est évidemment pas neutre : Adams a choisi le début de la campagne des législatives, qui aura lieu le 5 mai dans tout le Royaume-Uni. Adams a également fait une tournée américaine, mais il a subi la pression de ses soutiens historiques pour que cessent les activités paramilitaires de l’IRA.


Monaco. Le Rocher en deuil

Le prince Rainier III est mort mercredi à 81 ans. "L’infection broncho-pulmonaire" pour laquelle il a été hospitalisé a eu raison de lui. L’ère Rainier s’achève après 56 ans de règne sans partage, laissant désormais le prince Albert seul maître à bord d’un Etat confetti transformé en paradis pour milliardaires.
Finie donc la bronzette nudiste sur les yacht et les compét de bobsleigh. Albert passe aux choses sérieuses. Mais à 47 ans, le nouveau souverain n’a guère l’expérience de la gestion de la principauté, même s’il y a effectué des stages de formation. Jusqu’à sa mort, Rainier III n’a laissé à son fils que la charge de représenter le Rocher à l’étranger. Un travail dont ne se plaignait pas Albert. Le jeune monarque va maintenant hériter de vraies responsabilités : la gestion d’une multinationale , le gouvernement d’un Etat, confronté à des défis politiques, notamment l’adhésion au conseil de l’Europe. Désormais, c’est lui le "boss".


Cote D’ivoire. La cessation des combats

Au terme d’un huis-clos de 4 jours, les protagonistes de la crise ivoirienne, réunis à Pretoria autour de Thabo Mbeki, se sont engagés à la "cessation immédiate et définitive des hostilités". Le rapport indique que "les parties ivoiriennes déclarent la fin de la guerre dans toute la Côte d’Ivoire". La Côte d’Ivoire est divisée en deux depuis la tentative de coup d’état de septembre 2002 contre le président Laurent Gbagbo. La partie nord est depuis aux mains des Forces Nouvelles.
L’accord de Prétoria prévoit que les chefs d’état major des deux camps se rencontrent le 14 avril à Bouaké pour s’assurer du désarmement des rebelles mais aussi des milices d’Abidjan. Les Nations-Unies superviseront la scène.
Concernant le point-clé de la crise, les conditions d’éligibilité des candidats à la présidentielle, le texte souligne que Thabo Mbeki se prononcera "d’ici une semaine", après avoir consulté le président de l’Union Africaine et l’ONU.



Lu pour vous.
De nouvelles formules palestiniennes
(Al Ahram Hebdo du 6 avril 2005)

Hassan Abou Taleb

Depuis la mort de Arafat, la Palestine connaît d’importantes évolutions. Certaines témoignent de la détérioration de l’action de l’Autorité nationale ou du Fatah. D’autres, en revanche, sont positives : comme le dialogue interpalestinien qui a réuni, au Caire, toutes les factions palestiniennes ou encore la décision de deux mouvements (le Hamas et le Djihad) de participer aux élections législatives de l’été prochain. Cela prépare leur entrée à l’OLP.
Le Hamas a accepté le principe d’accalmie pour donner à Mahmoud Abbas la chance de poursuivre les négociations politiques. Le mouvement prouve ainsi qu’il s’adapte aux changements régionaux et internationaux, et au désir palestinien de renouer le dialogue rompu depuis quatre ans (…)
L’adhésion à l'OLP est le seul moyen pour faire du Hamas la plus grande référence. Car on sait que le Hamas et le Djihad ont toujours refusé d’adhérer à l’OLP. Ce changement de cap est important. Il est la preuve d’une souplesse politique qu’imposent les changements sur les scènes palestinienne et régionale. Cette participation épargnera au Hamas d’être qualifié d’organisation terroriste.
L’OLP a porté plus d’un quart de siècle l’empreinte de Arafat. Si le Fatah avait alors la mainmise sur l’organisation, les règles du jeu vont changer. Le Fatah ne sera plus le mouvement leader à l’avenir. Il est dans un état critique et traverse des conflits de générations graves. Il risque d’y perdre son aura politique. La présence du Hamas à ses côtés bouleversera un peu plus les choses.

 
 
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