|
Par Khalid Tritki
Enquête. À quoi sert Driss Jettou ?
Il aimerait bien jouer pleinement son rôle de Premier ministre. Mais entre la jalousie du Palais, les cabales des courtisans et les rancurs des partis politiques, il en est réduit à jouer aux équilibristes
Samedi 2 avril 2005, Mohammed VI effectue une visite surprise à lorphelinat de Aïn Chock. Il y découvre les aberrations financières que lon sait. Scandale, audit, procès, etc. Encore un coup déclat du "roi des pauvres". Et Driss Jettou, dans tout ça ? Les finances des orphelinats relèvent du gouvernement, |
|
pourtant, on na pas vu lombre du Premier ministre durant toute laffaire. Encore un désaveu royal du chef de lexécutif ? Voire
Selon des sources bien informées, Jettou (avec son ministre du Développement social Abderrahim Harouchi) nest pas étranger à la visite surprise de Mohammed VI. Il laurait même directement inspirée, soufflant au roi les informations alarmistes qui lont poussé à se déplacer. Mais puisque le Premier ministre "savait", pourquoi na-t-il pas agi lui-même ? Tout simplement parce quil nen avait pas le pouvoir. Tout Premier ministre quil soit, il nétait pas de taille à faire face à des lobbies mafieux comme ceux des "associations musulmanes de bienfaisance" (sic !). Cest en tout cas le message quon martèle à Rabat, dans les travées du pouvoir. Alors, faible ou astucieux, notre Premier ministre ? Est-il marginalisé par le Palais, ou est-il son discret auxiliaire ? En un mot, Driss Jettou a-t-il du pouvoir ?
Tout dépend de ce que lon entend par le mot "pouvoir". Au Maroc, cela renvoie en fait à la marge de manuvre dont on dispose par rapport au Palais. Et cette marge de manuvre dépend étroitement des dossiers à traiter. Le Premier ministre nest jamais plus à laise que dans les dossiers économiques où il sagit de négocier avec plusieurs partenaires. à son actif, notamment, le fait davoir "fait passer" le code du travail, après un blocage qui avait duré 20 ans (!!). Comment a-t-il fait ? Il a transposé au gouvernement les techniques de gestion qui lui avaient permis, dans une autre vie, de devenir un businessman prospère. "Noublions pas que Jettou est un commerçant, rappelle un homme daffaires qui le connaît bien. Il est dans sa nature de travailler par objectifs, de se fixer une marge de gain et de concéder du terrain à ses vis-à-vis (sil le faut) pour arriver à ses fins". Jettou le commerçant simpose aussi une logique dévolution. "Aujourdhui, il est vendeur de chaussures, demain, il en devient le fabricant. La notion de développement du patrimoine est très présente dans son esprit", ajoute la même source. Cette méthode la fortement servi face aux partis politiques et aux syndicats. Mais elle a aussi ses limites : elle ne sapplique pas aux bastions du Makhzen. Le Premier ministre la appris à ses dépends quand, en mai 2003, il avait prétendu négocier le budget de larmée. "Larmée avait ses ordres de grandeur, lui avait ses contraintes budgétaires", rapporte ce haut fonctionnaire qui avait participé à lélaboration de la loi de Finances 2004. "Il a tenté une négociation, mais larmée a très peu apprécié. On ne négocie pas les impératifs de la défense nationale. On les exécute". Du coup, le Premier ministre aurait été sèchement rappelé à lordre par le Palais et le budget des Forces Armées Royales serait passé, sans un dirham de moins que prévu. Et le brave "Premier manager" sest fait des ennemis parmi les sécuritaires ce qui, au Maroc, nest pas une situation enviable.
Moins enviable encore est sa situation de chef dune majorité gouvernementale (issue des urnes) à laquelle il nappartient pas. Son statut dapolitique continue à lui coller à la peau comme une malédiction. Contrairement à ce qui se disait à sa nomination, cela ne lui facilite pas la tâche pour gérer un gouvernement hétéroclite strié dirréductibles haines inter-partisanes. Du coup, explique cet ancien ministre socialiste, "lexécutif est formé de quatre groupes dont deux échappent au Premier ministre, un troisième ne lui est daucune utilité et un quatrième qui regroupe sa jeune garde et dans lequel figurent des ministres ayant lappui du Palais" (lire encadré ci-dessous). Cest donc avec la "jeune garde" que Jettou travaille le mieux dautant plus quelle soccupe de dossiers que le roi suit personnellement. Cest le cas de Karim Ghellab pour les infrastructures (port de Tanger-Med, autoroutes
), de Adil Douiri pour le tourisme, de Taoufiq Hjira pour lhabitat
Les "grands politiques", comme on pouvait sy attendre, restent hors jeu : El Yazghi "réfléchit" à laménagement du territoire depuis 1998 sans rien produire de notable, Laenser gère les affaires courantes à lagriculture, Abbas Fassi tourne en rond sans objectif
ce nest pas vraiment ce que lon peut appeler un gouvernement cohérent et efficace.
Les ennemis de Jettou ne ratent jamais une occasion de le brocarder sur ce thème. Comme le note méchamment lun deux, "le Palais la utilisé pour maîtriser le jeu politique et exécuter un plan de développement, mais Jettou nest que le soldat qui monte au front, une sorte de marionnette mue par des fils invisibles".
Dans lantichambre du roi
Aussi étrange que cela puisse paraître, cette situation ingrate nest pas pour déplaire au Premier ministre. "Jettou se plaît dans ce jeu, car lui aussi tire profit de la carte royale", poursuit notre source. Les négociations qui ont précédé le remaniement gouvernemental de juin 2004 en attestent. "à chaque bout de phrase, Jettou nhésitait pas à marteler que cétait le désir du roi de placer telle personne et den écarter telle autre", se souvient un ministrable déçu. Or, de source sûre, le remaniement a été piloté par Jettou de manière (quasi) autonome. Il a bien sûr présenté les nouveaux noms à lapprobation royale, mais il avait largement linitiative. Entre complicité et servitude, la frontière nest jamais vraiment claire
Tout dépend des dossiers. Certains, normalement de son ressort, lui échappent clairement. Ainsi du projet de loi sur les partis, clairement attribué par Mohammed VI à Fouad Ali El Himma. Sur ce dossier, le Premier ministre (avec le ministre de lIntérieur El Mostafa Sahel) nest donc que lexécutant dune politique décidée par le ministre délégué à lIntérieur. évidemment, Driss Jettou ne pense pas une seconde à protester. Le plus probable est quil sen accommode sans problème
Cette répartition des tâches pourrait sembler, après tout, idoine. Limportant nest-il pas que les choses avancent ? Mais il y a une ombre au tableau : tout cela est, très largement, implicite. Et pour tout dire, jamais clair, aussi fin connaisseur du Makhzen que puisse être le Premier ministre. Contrairement à son père, Mohammed VI ne reçoit que rarement ses ministres en audience, la règle sappliquant autant au Premier dentre eux. Plusieurs sources saccordent à soutenir que le "ould eddar" quil est ne peut accéder à "moul eddar" que par lentremise des maîtres de lantichambre. Lesquels ? Cest probablement un des secrets les mieux gardés du sérail. Sous Hassan II, paradoxalement, les choses étaient beaucoup plus simples. Mais Mohammed VI, une fois intronisé, na pas mis longtemps à barricader sa porte. En labsence de contact direct, Driss Jettou en est réduit à sonder, à tâtonner, à essayer de deviner les intentions du roi par des moyens détournés. "Cela transparaît dans son attitude, confie lun de ses proches. Parfois, il affiche une confiance sereine et dautres fois, il se montre hésitant, irrésolu". La variable est évidemment son degré de connaissance de la volonté royale. "Parfois, poursuit notre source, il en arrive même, faute de relais, à demander à certains de ses amis personnels de faire jouer leurs propres contacts avec le sérail pour voir ce que pensent les courtisans royaux de tel ou tel dossier". Triste
On le disait plus haut, le degré de "connexion" de Jettou avec lentourage royal est cyclique. Lui aussi traverse des périodes de mise au ban, voire de désaveu flagrant, à la limite de lhumiliation. Au lendemain du tremblement de terre dAl Hoceima, la première impulsion du Premier ministre avait été de se rendre sur le site pour réconforter les sinistrés. Lordre de ne pas bouger de Rabat est tombé avant quil nait eut le temps de remuer un orteil. Le Premier ministre ne saurait montrer sa compassion avant le roi. Même si le roi, en loccurrence, a mis plus de quatre jours avant de débarquer sur le site de la catastrophe par crainte de répliques sismiques, avait-on expliqué à lépoque. Résultat : le pauvre Jettou na été autorisé à se rendre à Al Hoceima quune dizaine de jours après le séisme. Et encore, dûment chaperonné par Zoulikha Nasri, conseillère royale ès solidarité. évidemment, le "sale boulot" consistant à organiser laide gouvernementale aux sinistrés avec une enveloppe budgétaire nettement insuffisante, a été confié au Premier ministre. Aujourdhui encore, à Al Hoceima, il nest pas rare dentendre : "Le roi était là avec nous au moment du drame, mais le gouvernement, en nous accordant des budgets ridicules, na pas appliqué ses instructions". Dur dur, dêtre Premier ministre au Maroc
Son crime : être populaire
"Pour comprendre les rapports du roi avec ses Premiers ministres, il suffit dobserver les rapports des walis avec les maires. Les seconds se démènent pour améliorer la situation, mais ils ne doivent en retirer aucune popularité", analyse un homme daffaires proche du gouvernement. Cest peut-être le crime majeur de Driss Jettou : malgré son absence de base partisane, malgré les chausse-trappes des courtisans, il est indiscutablement populaire. Ses rondeurs diplomatiques, sa politesse instinctive et son contact permanent avec la société civile, le patronat et les syndicats, lui ont valu un appui populaire indéniable. Il organise des dîners chez lui une fois par mois en moyenne et adore mélanger les invités : journalistes, hommes daffaires, cadres associatifs influents... Lhôte est jovial, humble et toujours à lécoute. Sa gestuelle et sa manie de prendre les gens par la main, voire de les enlacer, en séduisent plus dun. Pur équilibriste, Driss Jettou est devenu le centre dun petit monde qui croit fort en lui. Son réseau sest affermi et sa toile sétend désormais à toutes les sphères, économique, sociale et politique. Son intention de faire de ce réseau une source de légitimité nest pas avérée. Et pourtant, elle est présumée réelle par les courtisans, très agacés par la popularité du Premier ministre. Daprès lun deux, "le roi napprécie pas que le Premier ministre se cherche une légitimité autre que celle quil lui a octroyée". Tout est dit. Et voila comment son aptitude à fédérer, normalement la première qualité demandée à un chef de gouvernement, sest retournée contre Driss Jettou.
Cest son implication dans les élections patronales qui a mis le feu aux poudres. Nous sommes en juin 2003, Hassan Chami, un très proche ami de Jettou, ravit la présidence de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) à Adnan Debbagh, soutenu par Mounir Majidi, "Monsieur portefeuille royal", ainsi quune brochette de patrons proches dEl Hima (Akhennouch, Bensaleh
). "Cétait une bataille pour éliminer lun des plus forts soutiens de Jettou, explique ce patron qui a suivi le scrutin de près. Il sagissait moins de récupérer le patronat franchement, le Palais en avait-il besoin ? que de couper le cordon entre Driss Jettou et son fief traditionnel". Mais Chami passe malgré les intrigues, Jettou se renforce, et lidée dune CGEM légitimant Jettou fait son chemin. "Cet été là, témoigne notre source, la relation entre Jettou et le Palais sest fortement détériorée et la presse aux ordres dEl Himma et dautres courtisans a enclenché une véritable campagne de déstabilisation du Premier ministre. Cétait petit et irresponsable". Circonstance aggravante : pour témoigner son affection à la CGEM, Jettou avait inauguré le forum entreprises-associations organisé par le patronat, allant même jusquà féliciter pour son action le célèbre militant associatif Abdellah Zaâzaâ, un des principaux artisans du forum. Le hic, cest que Zaâzaâ est un républicain convaincu. Cela navait strictement rien à voir avec son engagement associatif, mais largument a été largement repris par les ennemis de Jettou. Et la cabale avait enflé de plus belle
Mais tout cela est aujourdhui dépassé. Et Jettou a retenu la leçon. Sollicité pour parrainer une initiative comparable du patronat en faveur des sinistrés dAl Hoceima, il y a quelques mois, Jettou avait fait comprendre à ses amis, discrètement, quil était de leur côté, mais quil était sage quil ne se mette pas, cette fois, personnellement en avant
Sur ses dossiers fétiches, le Premier ministre a clairement repris du poil de la bête. "Depuis la signature, fin 2004, de laccord sur lAssurance Maladie Obligatoire, il semble confiant et ses relations avec le Palais sont au beau fixe", observe un proche. La preuve : la non interférence de lentourage royal dans lélection du président de la première chambre du Parlement, la semaine dernière. Selon toute vraisemblance le roi a laissé carte blanche au Premier ministre. Et ce dernier a réussi à maintenir Abdelouahed Radi au perchoir, suite à un accord avec lUSFP. Au détriment de lIstiqlal, principal trublion de cette élection, et tout particulièrement de son secrétaire général. Abbas El Fassi en veut énormément à Driss Jettou. Il estime que ce dernier la berné lors de la formation du gouvernement, en 2002. Cest en effet Jettou qui, pour calmer lambition irraisonnée dEl Fassi, lui avait proposé le poste de ministre détat sans portefeuille, lui promettant de limpliquer sur des dossiers denvergure, voire de lui confier régulièrement "lintérim de la primature". Il na évidemment pas tenu ces promesses ce qui, connaissant El Fassi, était la seule chose sensée à faire. Le Premier ministre, du coup, est contraint de cohabiter avec un n°2 (protocolaire) qui lui voue une haine tenace. Ce nest ni la première, ni la dernière de ses contraintes
Que deviendra-t-il en 2007 ?
Que deviendra Jettou après les législatives de 2007 ? Personne ne se pose la question, peut-être même pas lintéressé lui-même. A Priori, sa seule issue serait de se mettre en réserve de la monarchie et dattendre une nomination royale à un poste honorifique quelconque
à moins que les islamistes du PJD ne lemportent - éventualité très probable. Tout aussi probable est lhypothèse que Mohammed VI leur refusera les rênes du gouvernement. Dans cette perspective, faute dimagination du Palais, et faute dhommes de son envergure (hormis peut-être le conseiller royal Meziane Belfqih), il nest pas exclu que Jettou rempile
Connaissant le personnage, il est plus que possible que cette perspective, au fond, lennuie. Et quil fantasme, en secret, sur un retour sans fanfare à son métier dindustriel de la chaussure
|
 |
Un gouvernement, quatre clans
Comment le Premier ministre gère ses hommes, en fonction de leurs chapelles
Les "souverains"
Les Ali El Himma, Taïb Fassi Fihri, Mohamed Benaissa et autre Ahmed Toufiq, ministres "de souveraineté" nayant de comptes à rendre quau roi. Par la nature des dossiers quils gèrent, ils échappent au contrôle du Premier ministre. Un seul politique intègre ce club fermé : Mohamed Bouzoubaâ dont le département, la Justice, relève directement du roi. Les dossiers de la Moudawana, de laccord de libre-échange avec les états-Unis ou encore du Sahara sont suivis à ce niveau. Jettou nest que rarement consulté.
Les ténors
Les ministres-leaders de partis politiques, que le Premier ministre ne peut se permettre de bousculer : Mohamed El Yazghi, Mohand Laenser, Abbès El Fassi. Jettou les ménage autant quil peut. Quand il a quelque chose à négocier avec eux, il préfère les voir en dehors des conseils de gouvernement, pour ne pas avoir à les contredire en public. Par ailleurs, ils ne produisent rien de vraiment notable. Leur présence garantit le maintien de la majorité, sans plus.
Les "bof"
Les ministres qui siègent au gouvernement
parce quils devaient y siéger. Il sagit de personnalités partisanes que Jettou a été obligé daccepter dans son équipe au moment des négociations sur la formation du gouvernement. Selon cette lecture, ils ne sont daucune utilité. Les Mustapha Mansouri, Saâd El Alami, Mohamed Boutaleb
et dautres, que Jettou est obligé de tolérer parce quil a une coalition partisane à maintenir.
Les technocrates
La garde rapprochée de Driss Jettou : Karim Ghellab, Mohamed Bousaïd, Adil Douiri et Toufiq Hjira. Ils prennent en charge des dossiers très techniques que le roi cite expressément dans ses discours. Leur rythme de travail est infernal. Mohammed El Gahs vient dintégrer ce groupe de forçats : lancien protégé dEl Yazghi concrétise des projets à partir de rien et avec des ressources très faibles. |
 |
Match. Les 2 "Premiers" de M6
Impossible déchapper à la comparaison entre les deux Premiers ministres qui ont servi Mohammed VI, Abderrahman Youssoufi et Driss Jettou. Le premier avait débuté son mandat sous Hassan II, qui lui laissait les coudées franches
tout en le laissant se colleter à lomniprésent Driss Basri. Une fois Mohammed VI arrivé et Basri parti, le champ dintervention de Youssoufi a été sensiblement réduit par le jeune roi, déçu de lexpérience de lalternance. Cest à partir de là que lidée du "gouvernement de lombre" a commencé à simposer.
La situation a changé avec larrivée de Jettou aux affaires. Sur un plan technique, le Premier ministre a carte blanche (pour appliquer les orientations royales). Mais quil émane du Palais ou non, aucun projet économique gouvernemental néchappe à Jettou. En revanche, des dossiers comme celui de la Moudawana, dans lesquels Youssoufi osait mettre son grain de sel, sont clairement hors de la compétence de Jettou. En résumé, le partage des tâches entre le roi et son deuxième Premier ministre, sil nest pas optimal, est relativement plus clair que sous le mandat Youssoufi. |
 |
Dernier mot.
Compétence et marge de manuvre (par Khalid Tritki)
Au fond, pourquoi existe-t-il tant de zones dombres dans la relation entre notre roi et son Premier ministre ? Est-ce le poids de lHistoire, la nature des hommes ou tout bonnement un calcul politique ? Personne ne peut répondre à cette question. Le fait est quau lieu dengendrer des relations de travail claires et efficientes, le jeu politique au Maroc est amoureux de la complexité
pour la complexité.
Pour le commun des mortels, il y a ceux qui travaillent et ceux qui engraissent à force de ne rien faire. Pour les observateurs avisés, il y a ceux qui aboutissent à des résultats par des méthodes rationnelles et ceux qui semmêlent les pinceaux, sobligeant à linertie. Pour les journalistes, il y a un roi qui veut avancer, et un Premier ministre qui se creuse les méninges pour le satisfaire. Populaire ou pas, cela ne compte pas, pour cette drôle de démocratie quest le Maroc. Ce ne sont pas les urnes qui ont choisi Driss Jettou, ni la moitié des ministres qui gravitent dans son sillage. Le jour où on arrivera (ou plutôt où on reviendra, si lon retient le précédent Youssoufi) à une primature tirant sa légitimité des urnes, le premier des ministres aura plus de poids
mais peut-être pas la compétence de Driss Jettou. Entre les deux, que choisir ? La compétence, évidemment. Pourvu quon la laisse sexprimer et quon ne lui mette pas des bâtons dans les roues, sous prétexte quelle se cherche une légitimité auprès du patronat ou de la société civile, bref, en dehors du Palais. Le roi restera le roi. Espérons juste que le Premier ministre pourra, enfin, être le Premier ministre. |
|