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Par Hassan Hamdani
Entreprises et NTI. Les enjeux du logiciel libre
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Linus Torvald,
inventeur de Linux (AFP)
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Les entreprises marocaines sont frileuses face au logiciel libre. Une solution informatique libre d'exécution, de copie, de distribution, d'étude, de modification et d'amélioration. Elles auraient pourtant beaucoup à y gagner.
Le logiciel libre est devenu un débat de fond philosophique et économique dans les pays du Tiers-Monde. Philosophique, car il permettrait de réduire la fracture numérique qui sépare les pays développés des pays sous-développés. économique, car cest un moyen de lutter contre la dépendance technologique |
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vis-à-vis des pays producteurs de logiciels payants. Des états comme le Brésil, le Mexique, le Chili, le Pérou, lInde ou la Chine, ont déjà opté pour des solutions informatiques issues du logiciel libre afin de développer le secteur des NTI. LEurope elle-même, loin dêtre dans le cas économique de ces pays, voit se multiplier les villes et les administrations qui migrent vers les solutions alternatives au logiciel payant. à titre dexemple, la gendarmerie française utilise Openoffice, un logiciel de bureautique sans licence. économie pour le contribuable, 2 millions deuros. Plus près de nous, la Tunisie sest dotée dun secrétariat détat au logiciel libre pour encourager le développement du secteur informatique. Et au Maroc ?
Absence de politique de létat
Le Maroc nage à contre-courant du phénomène. Les appels doffres de létat marocain ne sont toujours pas ouverts aux solutions informatiques alternatives. Ces derniers portent même la mention de marques de fabricants de logiciels payants, en contradiction avec la loi régissant les marchés publics. létat dépense largent du contribuable dans des solutions informatiques coûteuses pour le contribuable. Ainsi, le ministère de léconomie sest équipé dun système de gestion des ressources humaines quil a payé 3 milliards de centimes. Il existait le même logiciel libre de tout droit. Un exemple entre autre de la gabegie de létat, doublée dune absence de vision à long terme. Les accords de libre-échange signés avec les états-Unis ont entériné ipso facto la législation américaine sur la propriété intellectuelle. En Europe, cette législation est sujette à polémique car, appliquée stricto sensu, elle autorise même le dépôt de brevet sur des idées. Si lon sen tient aux lois américaines, même Einstein aurait pu breveter son célèbre E=MC2. "Avec le système des brevets américains, le Maroc est condamné à être un éternel consommateur dinformatique et pas un créateur de logiciels", explique Hicham Faivre, lun des membres de lassociation de développement du logiciel libre. Ainsi, plus de 50 % du chiffre daffaires des NTI provient de la revente de matériel informatique importé par 5 grossistes, sans aucune création de valeur ajoutée pour le Maroc. Pourtant les compétences sont là. Au Maroc, les cerveaux fuient le pays, trouvent du travail dans des grandes sociétés informatiques fabriquant des logiciels payants que le Maroc importe. Développer le libre par une politique incitative serait un moyen de retenir ces ingénieurs hautement qualifiés, selon certains spécialistes du secteur des NTI. Leur raisonnement est le suivant : la technologie du libre est ouverte (open source) . On vous donne les clés du logiciel : les codes sources. Le logiciel payant, non. Un peu comme si on vous vendait une voiture avec un capot scellé, donc sans possibilité daccéder au moteur. Or, avec le logiciel libre, nimporte qui a le droit de mettre ses doigts dans la graisse. Et améliorer ce moteur ou le faire évoluer pour ladapter aux besoins spécifiques de nimporte quelle entreprise ou administration. Cest autant de sources demplois possibles ou pistes pour la création dentreprises pour toutes ces grosses têtes qui migrent. Mais le marché sy prête-t-il ?
Des entreprises encore frileuses
"Quand jai crée ma société, je visais essentiellement le marché des PME PMI qui est sous équipé en solutions informatiques", explique Mouna Abakaria, dirigeante dune petite société de services informatiques ,spécialisée dans les solutions open source. Le chiffre daffaires du marché des logiciels ne dépasse pas les 500 millions de dirhams. Soit seulement 10 % du chiffre daffaires du secteur des NTI ( hors opérateurs de télécommunications). Sa marge de progression est donc énorme, mais se heurte à lécueil du piratage. Le logiciel libre victime de Derb Ghallef ? Un paradoxe qui nen est pas un au fond. Le piratage des logiciels payants par les entreprises nuit aussi au logiciel libre en tuant lun de ses avantages marketing : sa gratuité. "Le logiciel libre, cest comme le sexe, cest meilleur quand cest gratuit" déclarent, péremptoires, plusieurs sites pro-logiciel libre. Certes. Mais cette notion même de gratuité a mauvaise réputation auprès des sociétés marocaines. On la confond avec mauvaise qualité. De plus, les sociétés informatiques spécialisées dans le logiciel open source sont des petites structures dune dizaine de personnes. Elles ont du mal à obtenir la confiance des entreprises. Ces dernières sinquiètent pour la maintenance et préfèrent se rabattre sur les grands noms du logiciel payant du type de Microsoft au service marketing très performant. "Les cadres informatiques de beaucoup de sociétés préfèrent se décharger ainsi de toute responsabilité. Pourtant, avec un logiciel open source, nimporte quel problème informatique peut être réglé via internet. Les solutions existent et sont consultables en ligne" précise un développeur de logiciels libres. De fait, le principal débouché des solutions open source se trouve être du côté des grandes sociétés de la place. Akwa Group ou Lynna Holding utilisent des serveurs tournant sur des systèmes de ce type. Mais leur choix est davantage dicté par des questions de sécurité et de fiabilité que par un souci déconomies déchelle, à limage de grandes multinationales comme IBM ou Procter & Gamble. Avoir les clés du moteur, cest pour elles, le moyen de faire évoluer ce moteur en fonction de leurs besoins. Contrôler les codes sources de son système, cest aussi contrôler sa sécurité. |
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Richard Stallman. Le gourou du libre
En visite au Maroc en décembre 2004, il a été accueilli par les quelques centaines de personnes sintéressant à lenjeu du logiciel libre comme le Christ du logiciel "free". Fondateur de la Free Software Foundation, Richard Stallman prend régulièrement son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole à travers le monde. Richard Stallman est le père du projet GNU linux. Ce système dexploitation libre dutilisation est basé sur linux, créé à lorigine par le Finlandais Linus Torvald en 1991 comme une alternative libre et gratuite aux noyaux pour système dexploitation de type unix existant à lépoque. Linvention de ce système a coincidé avec le boom dInternet, ce qui a contribué à populariser aussi bien la solution informatique alternative que son auteur : Richard Stallman. Aujourdhui, le système dexploitation bâti sur le linux est utilisé par tous les secteurs de lindustrie du fait de sa gratuité et de son adaptabilité. Du linux, on en trouve partout désormais. Dans les programmes de machines à laver, dans des téléphones portables, etc. |
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