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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Proche-orient. Dialogue de sourds entre Sharon et Abbès

(AFP)
Les relations israélo-palestiniennes s’empoisonnent. Lors de sa visite au ranch texan de G. W. Bush, Ariel Sharon a indiqué ne pas se satisfaire de "solutions temporaires à propos du terrorisme". Sharon reproche à Abbas de ne pas agir assez face aux attaques anti-israéliennes et aux groupes armés. Pas question pour lui de reprendre les négociations sur la feuille de route. "Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a pris certaines mesures. Mais le terrorisme continue".
Bush s’est empressé de réitérer son soutien au retrait israélien de Gaza et à l’établissement d’un état palestinien "viable, continu, souverain et indépendant". Il a demandé à son hôte de
stopper le développement des colonies en Cisjordanie, de démanteler les implantations illégales, sans rejeter pour autant "les nouvelles réalités sur le terrain". Manière d’avaliser la revendication israélienne des "blocs de colonies", lors d’un règlement définitif du conflit. Pour Sharon en effet, "les centres majeurs de population juive de Judée et de Samarie resteront une partie de l’état d’Israël". En revanche, aucune allusion n’a été faite à la construction annoncée des 3 500 logements dans la colonie de Maalé Adoumim.
Les Palestiniens ont immédiatement réagi. Mahmoud Abbas a dénoncé "la campagne de propagande israélienne contre l’Autorité palestinienne.". D’après lui, "les tergiversations d’Israël dans l’application des arrangements convenus à Charm el-Cheikh (…) sont autant d’obstacles susceptibles de compromettre l’accalmie".


Santé. Boulette dans les éprouvettes

C'est une bourde monumentale. Un labo américain a envoyé, par erreur, des échantillons du virus de la grippe de 1957-58 à plus de 3 700 laboratoires de 18 pays, dont l’Arabie Saoudite, le Liban, la France, la Belgique, l’Italie et le Canada. Ce virus, nommé H2N2, a été expédié en octobre dernier suite à une erreur d’étiquetage. Cette boulette grave n’a été découverte que le mois dernier par un labo canadien. Pressé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le labo américain a été prié par Washington de demander à tous ses laboratoires tests de détruire immédiatement l’échantillon mystère. L’OMS rassure : "la probabilité d’une infection de grippe contractée en laboratoire est faible quand les précautions de sécurité adéquates sont respectées. Le risque pour la population dans son ensemble est également considéré comme faible".


Arabie Saoudite. Le prince Abdallah à Paris

Le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz était mercredi à Paris pour une visite officielle de deux jours, avant un séjour à partir du 24 avril aux états-Unis, puis au Canada. à Paris, le prince a été reçu par Jacques Chirac qu’il qualifie "d’ami très cher (…) et d’homme étrange qui se distingue par sa morale, sa fidélité et sa sincérité". Le conflit israélo-arabe, le Liban et l’Irak étaient les principaux sujets à l’ordre du jour de la visite. Au plan bilatéral, le prince est venu rassurer. Il a insisté sur la coopération dans la lutte antiterroriste. Dans un entretien mardi au Monde, il s’est dit prêt à combattre les terroristes "dix, vingt, trente ans s’il le faut (…) qu’ils soient de confession musulmane ou non". De nouveaux accords de coopération devaient être signés entre les deux pays. La dernière visite du prince en France remonte à juin 2001, quelques mois avant le 11 septembre.



Vite !

Un otage américain, enlevé lundi en Irak par un groupe armé, a exhorté les états-Unis de retirer leurs troupes d’Irak pour lui sauver la vie. Al Jazira a diffusé mercredi une séquence dans laquelle l’otage montre ses documents d’identité. Le ressortissant américain a appelé l’administration américaine à engager le dialogue avec la résistance irakienne.

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En Haïti, au moins dix personnes ont été tuées le week-end dernier lors d’affrontements avec des unités spéciales de la police. Mercredi, une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU est arrivée à Port-au-Prince, pour évaluer la situation dans l’île et confirmer le soutien de la communauté internationale au pays le plus pauvre du continent.


Nationalité. Comment devenir Français ?

Désormais si vous voulez acquérir la nationalité française, vous serez soumis à un jeu de questions du genre : "En France, peut-on obliger un enfant à se marier ? Peut-on manifester une croyance dans un endroit public ? Le vote est-il obligatoire ?".
Le code civil exige que toute personne voulant être naturalisée ait "une connaissance suffisante, selon sa condition", non seulement du français, mais aussi des droits et devoirs que confère la nationalité française. Dorénavant, chaque demandeur se verra remettre un Guide des droits et devoirs du citoyen français au moment de retirer le formulaire de naturalisation à la préfecture. Et dans les mois qui suivront le renvoi de ce formulaire, il sera convoqué à un examen linguistique et désormais civique. Le guide présente "les grands principes et les valeurs qui fondent la République" et porte l’empreinte du récent débat sur la laïcité. Le principe de la liberté religieuse y est affirmé.


UE. Feu vert à la Roumanie

Les Eurodéputés ont laborieusement donné mercredi leur feu vert à l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne, prévue le 1er janvier 2007. Les députés pressent toutefois les deux pays de multiplier leurs efforts pour se mettre au niveau des standards européens, notamment en matière de lutte contre la corruption, des droits civils, de la protection des minorités ethniques et du contrôle aux frontières.
Au vu de ces manquements, le chef de file des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, a proposé de reporter le vote du Parlement au 1er janvier 2006, ce qu’ a rejeté une large majorité de l’hémicycle. La décision finale, concernant l’adhésion des deux pays, sera rendue par les Vingt-Cinq, après un dernier rapport d’évaluation sur l’état de préparation des pays, en novembre 2005.


Armenie. La main tendue d’Ankara

La Turquie veut normaliser ses relations avec l’Arménie. Ankara a adressé une lettre à Erevan proposant la création d’une commission conjointe pour enquêter sur les massacres des Arméniens de 1915. Abdullah Gul, ministre des Affaires étrangères, a appelé la communauté internationale à faire pression sur Erevan pour qu’elle accepte la proposition turque.
Ce génocide de 1915 aurait fait 1,3 million de morts, selon les Arméniens, et jusqu’à 300.000, selon les Turcs. Selon Abdallah Gul, "la Turquie n’a jamais ordonné une extermination systématique et massive de la population arménienne sur son territoire". Ankara reconnaît que des massacres ont été perpétrés, mais affirme qu’il s’agit là d’une répression dans un empire en déclin, contre une population qui collaborait avec l’ennemi russe. Chose que dément l’Arménie. La Turquie a reconnu à l’Arménie son indépendance en 1991, mais sans établir de relations diplomatiques en raison de ce profond différend.



Lu pour vous.
“Des hommes castrés et saignés à mort”
(The independent 1er avril 2005)

Éditorial

Les massacres du Darfour se poursuivent depuis 2003. Tandis que les grandes puissances débattent pour savoir si les crimes de guerre perpétrés dans cette région sont un génocide et comment les punir, les milices arabes continuent les massacres de la population noire africaine. (…) C'est un conflit unilatéral : 90 % des attaques sont le fait du gouvernement et des milices arabes alliées. Le nombre annoncé de 70 000 morts est absolument ridicule. 400 000 est probablement une bonne estimation. (…) Lorsque nous sortions en patrouille, nous pouvions voir des villages totalement brûlés et des centaines de cadavres. Nous avons interviewé des femmes violées, parfois par plusieurs soldats. Nous avons pu voir des preuves de torture sur les corps trouvés. Souvent, lors d’un raid, les gens courent se réfugier dans la brousse, mais ils sont poursuivis et tués par les assaillants. Lorsqu'ils rattrapent un homme qui tente de se cacher, ils le castrent et parfois le laissent mourir d'hémorragie. Et quand ils brûlent les villages, il leur arrive souvent d’enfermer les gens dans leurs huttes avant d’y mettre le feu. (…) Ce qui me désespère, ce sont les discussions à l’ONU pour savoir s'il faut déférer ceux qui ont perpétré ces crimes devant la Cour pénale internationale. La question ne devrait même pas se poser. Quand on voit une vieille femme attaquée dans la rue, on ne se demande pas si c'est un meurtre ou une agression, on intervient. Je pense que c'est ce qu'on doit faire au Darfour.

 
 
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