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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Théâtre. Une pièce, deux faces

Samia Akariou, Mohamed Zouhir
"B'nat lalla Mennana" est la première pièce de Tacon (talon aiguille en espagnol), une toute nouvelle troupe de théâtre. Un symbole féminin pour une troupe à 100% féminine, de la costumière à l’auteur du texte, puisque seul l’éclairagiste porte des slips kangourous. Nora Skalli a écrit le texte, Fatima Loukili a révisé les dialogues, Samia Akariou s’est attelée à la mise en scène, en dirigeant les 5 comédiennes qui lui donnent la réplique sur scène. "B’nat lalla Mennana" est une adaptation de "La maison de Bernarda Alba" de Federico Garcia Lorca. L’auteur espagnol racontait l’histoire d’une mère tyrannique qui imposait la réclusion à ces 4 filles pour les protéger du grand méchant
loup : le désir, le leur comme celui des hommes. La pièce de Lorca date de 1936 et dépeignait l’Espagne conservatrice de l’époque. Elle est toujours d’actualité dans le Maroc de 2005, tel qu’il est encore vécu dans certaines contrées du nord du Maroc, selon Samia Akariou originaire de Chaouen. L’adaptation allait donc de soi. Lorca encore d’actualité ? Il semblerait que oui, puisque la dernière pièce de Mohamed Zouhir ( "Dar Lamane") est aussi une adaptation de "La Maison de Bernarda Alba". Sur scène, 6 femmes dirigées par un homme de thèâtre -l’un des rares. Sans tomber dans le jeu des comparaisons, on pourra juger le regard de chacun sur le désir féminin, puisque "that is the question" posée par Lorca.
"Dar Lamane", le 28 avril à 20h, théâtre Mohammed V de Rabat. "B’nat lalla Mennana", les 29 et 30 avril à 20h salle Bahnini à Rabat.


Rock. Voilà voilà Rachid Taha !

L'enfant terrible du rock métisse et engagé is back ! Fusionneur au sang chaud et au bagou intarissable, artiste déjanté à la palette artistique riche et convaincante, Rachid Taha, le troubadour franco-algérien, revient en terre marocaine offrir au public son nouvel opus qui revisite son parcours musical de nomade. A commencer par les mythiques années Carte de Séjour, dans lesquelles s’est plongée et reconnue toute la génération beur de l’Hexagone. "Tékitoi ?", mis en boîte à la rentrée 2004 entre Paris, Londres et Le Caire, explore les charmes de la transe électro sans jamais délaisser les éternels combats de Taha contre l’injustice dans tous ses états. Parmi les titres de cet album, "Rock El Casbah", hommage électrisant rendu à Joe Strummer des Clash a déjà laissé son empreinte indélébile dans les têtes. Le 10 mai au terrain de Hand-ball Bir Anzarane de Kenitra. Le 14 mai au complexe culturel Mohamed Zaf Zaf à Casablanca.


Peinture. El Hayani se met à nu

La nouvelle exposition de Bouchta El Hayani, inaugurée le 19 avril à Bab Rouah, est un tournant. Au bout d’une trentaine d’années de pratique picturale, l’artiste se met à nu. Décidant, comme Mohamed Kacimi autrefois, de mettre en scène le corps de l'homme (le sien ou celui de tous les autres autour de lui), il dépeint un être au regard hagard, encadré mais indéfini. Jouant sur un effet pictural de montré-caché, El Hayani traîne dans cette grande exposition qui lui a demandé deux années de travail, des ombres, des signes de travaux précédents et surtout des hommes debout et ligotés, libérés de tout mais immobilisés. L’effort vaut le détour.


People. Nancy Ajram au Maroc

Nancy Ajram donnera une halqa sur la place Jemaâ El Fna le 23 avril à 21h. Les organisateurs attendent 100.000 personnes au minimum. Les rues adjacentes seront d’ailleurs interdites à la circulation, d’importantes forces de l’ordre seront mobilisées et les marchands ambulants déplacés. Ce sera le premier concert donné au Maroc par la star libanaise qui, à 22 ans, a un emploi du temps de ministre (technocrate). Elle est bookée jusqu’en 2007, mais devait deux concerts à Coca-Cola dans le cadre de son contrat publicitaire signé avec la marque. Selon une étude menée par Coca-Cola auprès des jeunes Marocains, la star libanaise est number one au top de la popularité. D’où sa présence. Le cachet de Nancy ? Secret défense, mais un accueil de chef d'état. Limousine blanche et escorte de motards de la police, de Casablanca à Marrakech.


Goethe. Le cinéma pour tous

"Cinérail" reprend. Après le succès de la tournée 2004, où 4.000 élèves ont pu bénéficier de projections dans un wagon aménagé en cinéma, quatre voyages sont prévus pour l'année 2005. Le wagon s’arrêtera à la gare de Aïn Sebaa sur son trajet Casablanca-Mohammédia-Rabat du 26 au 30 avril. L’année dernière, 80% des élèves assistaient à leur première séance de ciné et 50% prenaient le train pour la première fois. Ce n’est pas tout. Samedi 23 avril à 21h, à l’association Hay Riad, "Goodbye Lenin" sera projeté en plein air. L’histoire de l’attachement d’une mère convalescente à la RDA, qui a disparu pendant qu’elle était dans le coma. Pour elle, son fils Alex recrée la vie d’avant la chute du Mur, un Berlin-Est drôle et tendre. À ne pas rater.


Album. Ovni musical

DJ américain d’origine juive pied noir, Cheb i Sabbah était au Maroc en mars pour présenter son nouvel album (La Kahena) aux B’net Marrakech, aux Haddarate et Oulad Ben Aguida. Ces derniers ont tous participé à l’enregistrement du dernier opus du Cheb en décembre 2004. Sortie prévue en mai 2004. Installé aux états-Unis, Cheb i Sabbah fait danser depuis des années les amateurs d’ovnis musicaux dans les clubs de San-Francisco sur des remix de Najat Aâtabou, de musique indienne et de raï. Cousin d’Enrico Macias, le Cheb est pourtant aux antipodes du chanteur des " jolies filles de mon pays." Mémoire vivante des années 60, le Cheb a vécu le Paris yéyé, le swinging London, en passant par le Living Theater et les chemins de Katmandou.


Édition. Les Laâbi chez Marsam

Après la publication du récit autobiographique de Jocelyne Laâbi, "La liqueur d’aloès", Marsam accueille un recueil de poésie, signé Abdellatif Laâbi, "Les Fruits du corps". Le premier, commence par une description attachante de l’enfance et l’adolescence de l’auteur dans le Meknès des années 50. La rupture avec le père, ancien milicien, annonce la prise de conscience politique et précipite sa rencontre avec Abdellatif, son mari. La deuxième partie de l’ouvrage, plutôt inégale, laisse le lecteur sur sa faim. La bonne surprise vient du livre du mari, un recueil de poèmes érotiques, déjà parus aux éditions de la Différence en 2004. Le petit bonus de la réédition marocaine de l'ouvrage : une version bilingue arabe français des vers de Laâbi.


Rencontre. Lawnouna, la métisse

L'association Lawnouna( notre couleur) mêle Camerounais, Sénégalais, Français et Marocains. Le concept de Lawnouna est aussi spontané que généreux : faire se rencontrer les jeunes de tous horizons et de toutes couleurs en cassant les cloisons. L’association tisse des partenariats, organise des séances de contes africains et des "maquis" (grands "gueuletons" ou chacun amène un plat de son pays). La soirée inaugurale, à Rabat, en décembre dernier, avait déjà fait un carton : 350 personnes se sont mêlées sur des sons de djembe, hip hop, flamenco et merengue. Prochainement, l’association devrait organiser un concert de gospel à Rabat, à la mi-mai. Contact : O62 87 03 50.


Recueil. La rigolade de Laâroussi

De L’économiste à Police magazine, en passant par Le journal hebdomadaire, Mohamed Laâroussi le chroniqueur a fait du chemin. Pour s’en apercevoir, facile. Y a qu’à lire son livre-recueil, Que personne ne rigole. Le style ne varie pas du tout ou alors varie tout le temps. Normal, l’auteur-publicitaire est un trapéziste qui passe son temps à sautiller sur la corde raide du style. Inutile de s’attarder sur le fond, il n’en a cure. évidemment, comme tout chroniqueur qui saute sur tout ce qui bouge, il a besoin de prétextes. Mais ce n’est pas cela qu’on retient à la lecture. Parce que ses textes sont solubles, comme écrits à la gomme. A force de jouer sur les mots.


Histoire

Tariq édition vient de rééditer le livre-événement du rabbin anti-sioniste, Yakov M. Rabkin. Disponible dorénavant en librairies à 90 DH. Une histoire de l’opposition juive au sionisme permettra à plusieurs lecteurs d'y voir plus clair entre le judaïsme et l'iéologie qui soutient Israël.


Farida Bourquia is back

Après un break de 22 ans, Farida Bourquia tourne son deuxième long-métrage : un road movie. Mouna Fettou tente de rejoindre le nord où son mari est emprisonné pour une affaire de drogue, accompagnée par une vielle dame interprétée par Aïcha Mahmah qui veut récupérer le corps de son fils mort en franchissant le Détroit. Sortie prévue en octobre.


Freud à Aïn Diab

Chaque mercredi, une vingtaine de personnes viennent écouter et interroger les grands textes fondateurs de la psychanalyse à la Fondation Al Saoud à Casablanca. Jusqu’en juin, on y parlera de symptômes et bien sûr de sexe... au son quelquefois du muezzin de la mosquée attenante à la bibliothèque. De 18H30 À 20H.



Humeur : Bof art (par Hassan Hamdani)

La circoncision princière a eu donc lieu en présence d'un zizi, de milliers d’invités et d’une pléthore d’artistes. Qu’allaient donc faire ces derniers dans ces agapes officielles ? Certainement pas les zouaves. Ils venaient rendre leur hommage comme les autres corps constitués : militaires, ministres, oulémas etc….Ces artistes fêtaient la quéquette princière comme ils honoraient hier la Marche verte, la fête du Trône et la foultitude d'autres fêtes nationales. Il est vrai, à la décharge des ces artistes, qu’ils auraient eu beaucoup à perdre à mordre la main qui les nourrissait. Hassan II était un Médicis à sa façon, il distribuait enveloppes et grimate aux artistes venus faire les bouffons à la Cour. Et il emprisonnait les autres. Les règles de l’art étaient d’une simplicité qui frisait le zen. Aujourd’hui, times are changing, comme chantait un barbu à guitare sèche. Les Marocains, qu’ils soient journalistes ou pas, s’expriment plus ou moins librement. Pendant ce temps, ces artistes spécialisés dans les fêtes de patronage continuent de gérer leur fond de commerce, avec les principes d’un épicier pour qui le client a toujours raison. Pourtant, le nouveau client royal n’est plus aussi généreux avec eux. Ce doit, donc, être la peur de ne plus passer à la télé qui les fait courir à la première sollicitation. Qu’ils se rassurent, plus personne ne les regarde.



Le livre

Abdellah Zrika est en même temps un poète sobre et surprenant. Son dernier recueil, l’insecte de l’infini, est un voyage décapant dans les détails infimes des faits ordinaires qui prennent, sous sa plume, l’allure de faits révélés. Posant côte à côte des vers taillés comme des aphorismes, Zrika va du corps au ciel, du moi au monde, comme un funambule. Avec ses formules minimales, son érotisme à peine suggéré, son rapport élégant au sordide et sa capacité à rappeler la face ignoble du sublime, ce poète discret séduit. Le recueil, une somme de textes épars mais cohérents, comporte aussi des passages plus prosaïques ponctués par les reliefs de la nature (l’eau, la forêt, la terre …) qu’emprunte l’auteur pour distiller le sens.

Abdellah Zrika. L’insecte de l’infini, Ed. Le Fennec, 35 dh.




Agenda

Conférence-débat. Antoine Sfeir, directeur de la revue Les Cahiers de l’Orient, donnera une conférence intitulée "Le Moyen-Orient au regard de la stratégie politique internationale". L’avis d’un spécialiste de l’islamisme, sur les derniers développements en Irak, au Liban… Avec, en arrière plan, une réflexion sur les stratégies américaine et européenne dans la région. Mardi 26 avril à 19h – Institut Français de Casablanca.

Le Lion se meurt. Hassan Darsi rugit au parc de l’Hermitage à Casablanca du 25 avril au 6 mai. Au programme, la spécialité de l’artiste : un happening autour du thème du Lion. Projection vidéo, diffusions sonores, collection du lion, journal du lion, ateliers de peinture du lion ( adultes et enfants) et rencontres avec l’artiste.

Le printemps des Alizés d’Essaouira du 5 au 8 mai. Le rendez-vous des amateurs de musique classique. Smoking non obligatoire.

Hassan El Fad fait l’escargot au Rialto, à Casablanca, le 23 avril à 21H. C’est son premier one man show depuis "Tortue Ninja".

Vernissage de l’exposition de Francesca Brenda le 22 avril à 19 h à la galerie des Atlassides à Marrakech.

Le premier album de Ferdaouss est d’inspiration classique. Chanteuse à voix, la jeune meknassie a grandi dans le culte des icônes vivantes de la chanson arabe : Oum Kaltoum, Abdelwahab et Asmahan. Son premier clip est en boîte, réalisé par Nabyl Ayouch. Diffusion prévue en mai.

 
 
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