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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Le Maroc a honte de ses prisonniers de guerre"

Antécédents
Brahim Hajjam, SG de l’Association
pour les prisonniers du Sahara
1969. Naissance à Ben Slimane
1978. Mort de son père lors de la bataille de Smara
1989. Interrompt ses études au niveau du Baccalauréat
1999. Membre fondateur puis SG de l’Association Nationale des Familles de Martyrs, des Disparus et des Prisonniers du Sahara Marocain (ANFMDPSM)
2005. L’association publie une liste de tortionnaires du Polisario.
Smyet bak ?
Abdellah Ben Ahmed.

Smyet Mok ?
R’kia Bent Omar.

Nimirou d’la carte ?
GA 18 217.

Votre association s’appelle ANFMDPSM. On dirait une erreur de frappe…
Pas du tout. C’est une association qui milite pour trois dossiers à la fois. Les mettre tous réunis dans l’appellation de l’association avait pour objectif de renseigner tout de suite sur la nature des dossiers que nous traitons. Tenez-vous bien, avant il y avait aussi association nationale sociale et en plus des familles, il y avait les enfants. Faites le compte (rires).

Avec ça, vous présentez à plusieurs instances internationales une liste de tortionnaires appartenant au Front Polisario, dont des ralliés et des Algériens. Vous avez les reins solides pour ça, au moins ?
C’est un principe international qui nous anime, celui de la détermination des responsabilités des atteintes aux droits humains. Ces gens ont torturé sauvagement leurs prisonniers pendant des décennies. Ils doivent rendre des comptes. Nous avons conscience de la difficulté de la chose, de la sensibilité du dossier, mais nous sommes décidés à aller jusqu’au bout.

Et vous en avez les moyens ?
Il y a la volonté et la détermination. Le problème des moyens matériels existe, c’est un véritable handicap. Il faut couvrir les frais de nos déplacements, des poursuites judiciaires que nous comptons entamer. Mais nous les trouverons, ces moyens.

Il reste encore 408 prisonniers à Tindouf. Vous ne risquez pas de prolonger leur séjour de cette manière ?
Je crois plutôt le contraire. Le Front Polisario fait aujourd’hui l’objet de pressions "droit de l’hommistes" importantes afin qu’il relâche ses prisonniers.

Beaucoup de ceux qui ont été relâchés disent que ce n’était même pas la peine, vu leurs conditions de vie actuelles…
Mettez-vous à leur place. Vous êtes fait prisonnier alors que vous défendez votre pays, ce dernier ne reconnaît même pas votre captivité, et pire, vous bannit. De retour, alors que vous espériez être accueilli en héros, vous suscitez l’indifférence, si ce n’est le mépris. Alors…

Un bon soldat ne doit pas se rendre, c'est ça ?
C’est exactement ça. Le Maroc a honte de ses prisonniers de guerre. Il n’a jamais accepté que 2400 de ses soldats aient été capturés.

Que veulent dire ces prisonniers quand ils affirment qu’ils ont été "vendus" ?
Le peuple marocain doit savoir toute la vérité sur la gestion de la guerre du Sahara. Pourquoi, à ce jour, le nombre de martyrs qu’on estime à 25.000, de prisonniers à 2400, et de disparus à 600, n'a-t-il pas été rendu pubic ? C’est énorme, beaucoup de questions restent posées et les responsables de l’état doivent y répondre. La guerre du Sahara n’a pas été archivée, pour la mémoire.

 
 
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