Sujet
Actu Économie
Télévision. Good morning Sahara !
Mineurs. Le bout du tunnel
Portrait. Les mille vies de Zakya Daoud
Animation. "mikhi" dans tous ses états
N° 173
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Tunisie. Le rapport qui accable

Zine El Abidine Ben Ali (AFP)
Human Rights Watch (HRW) a encore frappé. L’organisation des droits de l’homme a présenté mercredi un rapport demandant l’arrêt "immédiat" de la détention en isolement cellulaire d’une quarantaine de prisonniers de la mouvance islamiste Ennahda (interdite).
Dans ce rapport de 39 pages, l’association produit des témoignages de détenus récemment libérés pour dénoncer le maintien de dizaines d’autres dans un isolement cellulaire durant plus de dix ans pour certains. "Le gouvernement tunisien doit cesser sa politique visant à écraser des prisonniers politiques en les jetant dans l’isolement cellulaire pour des
années", estime le rapport. La Tunisie compte 500 prisonniers, presque tous islamistes, et plusieurs d’entre eux ont mené des grèves de la faim pour dénoncer leur condition. Témoignages à l’appui, HRW affirme que les détenus sont interdits de contact avec la population carcérale, d’activités socioculturelles et physiques. Leur communication avec le monde extérieur et l’accès aux livres sont extrêmement réduits.
La Tunisie a réagi illico en promettant de faire cesser immédiatement l’isolement cellulaire et de faire contrôler les prisons. "Des responsables nous ont affirmé qu’à partir de ce jour (mercredi), il n’y aura plus de prisonniers en isolement", a déclaré Eric Goldstein, directeur de recherches de HRW. C’est un geste encourageant et favorable sur un dossier épineux. HRW surveillera l’application de l’engagement verbal du gouvernement et visitera régulièrement les prisons.


Iran. Al-Jazira, l’indésirable

Le gouvernement iranien a décidé la fermeture du bureau d’Al-Jazira à Téhéran. Les autorités accusent la télévision qatarie d’avoir fomenté les affrontements ethniques, au Khouzistan, dans le sud du pays, qui ont fait trois morts. 200 personnes ont été arrêtées à la suite des heurts entre la majorité arabe d’Ahvaz et les autorités.
Al-Jazira a été l’une des seules chaînes à traiter ces heurts. Elle a parlé de trois morts, présenté les troubles comme séparatistes. La télévision a cité le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz, établi à Londres, qui a parlé des 80 années "d’occupation iranienne" du Khouzistan. Le ministre des renseignements iranien, Ali Younessi, a accusé Al-Jazira d’avoir provoqué ces incidents par sa couverture des faits. Selon lui, les instigateurs des troubles "sont liés aux groupes et aux télévisions subversifs".


Benoît XVI. Le salafiste du catholicisme

Rarement pape aura autant plongé les catholiques dans l'incertitude. Ancien gardien du dogme fondateur de l'église catholique romaine (pas de prêtres mariés, pas de femmes prêtres…), le ci-devant cardinal Joseph Ratzinger (allemand, 78 ans) avait été à l'origine des encycliques les plus extrémistes de son prédécesseur et ami Jean Paul II. Il a choisi pour son pontificat le nom de Benoît, en référence à Benoît XV, le premier pape moderne selon l'expression d'un connaisseur de l'église ; il n'en reconduit pas moins le "gouvernement" du Vatican, celui-là même qui avait soutenu Jean Paul II dans ses positions les plus radicales. Benoît XVI proclame son attachement à Vatican II (concile ayant consacré la modernisation de l'église), mais un jour avant son élection, il fustigeait la "dictature du relativisme". Il est vrai qu'on ne peut déjà préjuger de son action, mais un assouplissement de ses positions serait pour le moins étonnant.



Vite !

L'ex-Premier ministre irakien, Iyad Allaoui a échappé mercredi à une tentative d’assassinat. Selon son porte-parole, "Iyad Allaoui participait à une réunion sur la composition du gouvernement et rentrait chez lui lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser près du convoi, alors qu’il s’approchait du barrage menant chez lui". Des gardes du corps ont été tués.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Condoleezza Rice est arrivée mardi à Moscou pour préparer la rencontre entre les présidents Bush et Poutine lors des cérémonies du 60e anniversaire de la victoire de 1945. Elle compte épingler Poutine sur le respect de la démocratie et de la sécurité nucléaire . Une alerte à la bombe dans son hôtel a cependant bouleversé son programme.


Liban. Enfin un nouveau gouvernement

Le nouveau Premier ministre, Nagib Miqati a formé mardi un gouvernement après deux mois de vide ministériel. Un gouvernement "restreint et de courte durée chargé de tenir les élections législatives le plus vite possible", a précisé le Premier ministre, ami personnel de Bachar Al-Assad.
Deux ténors de l’opposition, le chef druze, Walid Joumblatt et le général Michel Aoun, en exil à Paris, ont émis des réserves sur la composition de ce gouvernement de 14 membres, dont huit sont de courants prosyriens Miqati s’est engagé à coopérer à l’enquête des Nations Unies sur l’assassinat de Rafic Hariri. Quant au renvoi des six chefs de services de renseignements, Miqati a indiqué qu’il "est personnellement en faveur de cette mesure, mais que sa mise en application dépend du Conseil des ministres".


Espagne. Perpétuité pour tortures

640 années de prison ! C’est la peine à laquelle l’ancien capitaine de corvette argentin, Adolfo Scilingo, a été condamné en Espagne pour crimes contre l’humanité, commis pendant la dictature argentine (1976-1983). Les avocats des parties civiles ont exprimé leur "grande satisfaction" devant un procès "historique".
Dans la pratique, Scilingo sera incarcéré en Espagne pendant 30 ans, limite fixée par le code pénal. Il a été accusé de 30 assassinats, 93 cas de coups et blessures, 255 de terrorisme et 283 de tortures. Au cours de son séjour à l’Esma, un centre de détention et de torture par où sont passés 5.000 disparus, Scilingo aurait été "parfaitement informé" des crimes qui s’y commettaient. Touché par le remords, il avait tout raconté dans le détail. Un procès pour l’exemple.


Italie. Berlusconi démissionne

Après avoir joué la montre lundi, le Cavaliere a bien présenté sa démission mercredi au président Ciampi. Ce retrait est une conséquence directe de la débâcle électorale subie par la droite lors des élections régionales du 3 et 4 avril. "Le pays a envoyé un signal, j’ai compris ce signal et je lui donne une réponse politique".
Confronté à la plus grave crise politique depuis son élection de 2001, lâché par ses amis centristes, qui critiquent sa politique libérale et son soutien à la Ligue du nord, Berlusconi aura donc décidé de se plier à la volonté de ses alliés. Soit démissionner pour former un nouvel exécutif. "Pour relancer notre action, j’ai l’intention de remettre à jour notre programme, en augmentant nos efforts pour défendre le pouvoir d’achat des familles, pour accroître de manière nouvelle et décidée le développement du Sud". Un discours bien rôdé qui l’a rabiboché avec les leaders des formations politiques amies.



Lu pour vous.
Benoît XVI l’orthodoxe
(Le Monde du 21 avril)

Éditorial

En choisissant un cardinal allemand, Josef Ratzinger, réputé pour la fermeté de son conservatisme, l’église catholique a donné la priorité à la continuité. De ce conclave express est sorti l’ami fidèle de Jean-Paul II : Ratzinger, l’homme qui, depuis plusieurs années, dans la phase déclinante du pontificat précédent, présidait de facto aux destinées de l’église.
Benoît XVI, ce pape âgé de 78 ans, qui a fait l’essentiel de sa carrière à la curie romaine, loin du terrain, devrait s’efforcer de sécuriser, de rassurer les catholiques, de les inciter à défendre et à réaffirmer leur identité. Le nouveau pape, dans l’homélie qu’il a prononcée, a fustigé "la dictature du relativisme", en estimant que "plus une religion s’assimile au monde et plus elle devient superflue". Au lendemain des 26 ans de pontificat de Jean-Paul II, qui a ouvert le dialogue avec les autres religions, ce discours augure mal de l’œcuménisme.
Déjà, des déceptions se font entendre, comme en Amérique latine, où se trouve la moitié du milliard de catholiques. Benoît XVI est l’adversaire des dérives modernistes, du "nihilisme" ambiant, de la confusion des religions. Sa ligne est présentée parfois comme celle de la restauration, avec un catholicisme qui s’oppose au "laïcisme agressif".
Benoît XVI, qui expliquait que le non de l’Eglise au sacerdoce des femmes était "pour toujours", ne sera pas le pape de l’audace réformatrice. Il reste à espérer qu’il ne sera pas le pape du repli identitaire ou du retour en arrière.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés