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N° 174
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Driss Jettou (AFP)
Dirham. Dévaluation bientôt ?

Mardi 26 avril, les textiliens étaient les invités de Driss Jettou. Au menu, le plan de relance du secteur. Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, et Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports étaient présents. Et pour cause, le plan de relance concerne les deux départements. Au lieu d’aboutir à des mesures concrètes en partant des propositions de l’association coiffant les textiliens, la réunion a été presque un remake de celle du 12 janvier : présentation des mesures et d’un tableau comparatif où le Maroc est mal loti en terme de
compétitivité. Surtout en ce qui concerne les coûts de production et la logistique. Le premier volet est très délicat. Il s’agit en gros des salaires et du coût de l’énergie. L’Amith (Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement) voulait reconduire les largesses accordées par l’Etat après la signature du contrat programme en 2003. Jettou a tranché : c'est niet. S’il reconduit les mêmes avantages, il devra le faire pour tous les secteurs. Chose quasi impossible actuellement. En revanche, sur la régionalisation du SMIG, la porte n’est pas complètement fermée. La réflexion suit son chemin. La dévaluation du dirham pourrait être inévitable sur ce chapitre. Le Premier ministre ne la rejette pas, mais ne peut l’annoncer officiellement dans le contexte actuel. Selon des experts des exportations, si dévaluation il y a, elle irait au minimum jusqu’à 15% de la valeur de la monnaie nationale.


Sécurité. Contrôler l’information bancaire

L'association marocaine de cryptographie, née en mars 2004, organise les 7, 14 et 21 mai 2005 le forum de cryptographie et de sécurité de l’information. Objectif : ouvrir le débat sur le transfert de l’information (bancaire, Data…) dans un environnement sécurisé. Ce qui implique le développement d’applications spécifiques pour chaque transaction. Des scientifiques marocains veulent apporter leur touche. Ils ont même séduit des opérateurs comme Maroc Telecom et Atijariwafa Bank, deux grands consommateurs de solutions sécurisées, qui seront présents au forum. Mieux encore, deux diplômes d’études supérieures (DESA) seront créés à Fès pour l’enseignement de la cryptographie et le développement des application de sécurisation. Faudra-t-il encore sortir le texte sur les transactions et la signature électroniques des tiroirs.


Emploi. Mansouri tancé par Jettou

Mustapha Mansouri, ministre de l’Emploi, a passé un sale quart d’heure, jeudi 28 avril. Le Premier ministre accueillait les représentants de la CGEM. Objectif, discuter de la compétitivité du Maroc. Le patronat souligne que la généralisation de la réduction des horaires de travail prévue par la loi est une aberration que les inspecteurs de travail ne se gênent pas à imposer à tout le monde. Mansouri, qui cherche à sauver sa peau s’enfonce : "La loi est ainsi faite et on ne peut pas la changer". Faux, rétorque Jettou. Ce dernier explique à son ministre que la mesure ne s’applique pas aux salariés payés à l’heure. Et du coup, les représentants du patronat ont pris conscience que le ministre de l’Emploi n’a aucune idée sur la philosophie de réforme qu’a entrepris son premier. Bel exemple de cohérence.



Les off

L'association coiffant le secteur de l’audiovisuel prépare une étude sur le potentiel de croissance de ses métiers. Production télé et radio y passeront. L’étude a été confiée à un cabinet international et financée par le programme d’appui aux associations professionnelles (PAAP). L’étude sera prête en juin prochain et servira de base à un programme d’action pour développer les industries de l’audiovisuel.

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Savola s’aventure sur le terrain de l’ONA. Après des investissements dans l’huile de table et une bonne percée sur le marché interne, l’opérateur saoudien, partenaire de Mustapha Amhal, se prépare à investir le sucre et la grande distribution.
La stratégie du groupe est de devenir leader sur les marchés où il opère. L’avenir sera donc dur pour le holding royal.


Prix. Hausse de 0,2% en mars

Le syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière prépare un sit-in pour jeudi 28 avril devant le siège du ministère de la Pêche à Rabat. L’objectif est de réitérer une revendication qui date de 2003. Les marins veulent un fonds de prévoyance social pour les indemniser pendant la période de l’arrêt biologique. Rappelons que pendant les arrêts de pêche, plus de 9000 marins se retrouvent sans salaire. Le syndicat avait déjà proposé d’instaurer une taxe à l’export pour alimenter le fonds de prévoyance. Mohand Laenser avait promis d’étudier la mesure, mais, lors d’un débat télévisé, il a précisé que ce que "demandait le syndicat était illogique car contre les accords de l’OMC". Le hic est que ces accords interdisent les taxes sur l’import et non pas sur l’export.


Port. Blocage sur la partage

Syndicats et ministère bloquent sur le partage du patrimoine de l’actuel Odep. La réforme portuaire s’en trouve au point mort. Selon des sources fiables, les syndicats de l’Odep ont demandé que le transport Ro-Ro (transport maritime des remorques et semi remorques) soit attribué à la future Sodep (la société qui va remplacer l’Odep). Pour le ministère de l’Equipement, la Sodep devrait se contenter de tous les ports du pays et du quai à conteneurs de Casablanca. Le Ro-Ro serait une piste pour la concession au privé. Faute de trouver un accord sur ce point, Karim Ghellab a renvoyé tout le monde pour y réfléchir. Entre temps, il s’est attaque aux négociations avec les dockers de bord. Et ce n’est pas une mince affaire.


Réforme. Ce n’est pas encore ça

La Banque mondiale a invité les ténors de l’économie à un déjeuner très fermé à Casablanca. Les invités de l’institutions internationales n’étaient autres que les A.Akhnouch, patron d’Akwa, N. Omary, patron de la Banque populaire, Saâd Bendidi, le nouveau timonier de l’ONA, Khalid Ouadghiri, PDG du méga Attijariwaafabank…La banque cherchait à sonder ses mastodontes sur l’environnement d’affaires au Maroc. Et au passage, ses représentants ont laissé entendre qu’ils n’étaient pas satisfaits du niveau de réformes surtout dans les domaines de la justice, l’emploi et en ce qui concerne, la corruption. La banque n’a pas manqué de souligner qu’elle a conscience que le gouvernement n’a pas de marge de manœuvre sur le plan des finances publiques.



Khalid Tritki
Souveraineté

Le pire qui puisse arriver à une nation, est de se voir peupler d’îlots qui, à force de se renforcer, deviennent des états dans l’état. Ce dernier n’a aucune prise sur ces îlots, car ils développent leurs propres systèmes et leurs propres codes. Si par malheur, l’Etat souhaite retrouver sa souveraineté complète, les îlots d’influence et de jeux d‘intérêts le sabotent. Le secteur de la pêche est l’illustration typique de cette situation, où les rapports de force diminuent la souveraineté de l’état pour augmenter celle des lobbyistes. Entre nous,
qu’est ce que nous avons gagné après le départ des Espagnols ? Rien. Nous avons même perdu la maigre redevance qui tombait dans les caisses de l’état. Pour arriver où ? Nulle part justement. Plus de cinq ans après l’extinction de l’accord de pêche avec l’Espagne, le secteur de la pêche n’a connu que des problèmes. C’est la faute aux ministres (5 en 6 ans) disent les professionnels du secteur. C’est la faute aux armateurs, rétorquent les ministres. Finalement, on continue à se jeter la pierre tout en maintenant un secteur dans l’anarchie. L’état doit assumer sa responsabilité et exercer sa souveraineté. L’objectif est le développement d’un secteur qui peut mobiliser des milliards de dirhams et créer des centaines de milliers d’emplois. Mais il faut prendre le taureau par les cornes et penser au bien général et non pas à des intérêts particuliers.

 
 
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