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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes
Documentation : Youssef Aït Akdim

Merci à la fondation du roi Abdelaziz Al Saoud et à son directeur Mohamed Sghir Janjar, dont l'aide nous a été précieuse pour l'iconographie de ce dossier.

Histoire. Les grands libertins de l’islam

La belle buveuse, école Qâjdâr, fin
XVIIIème - début XIXème siècle,
in A.M. Kevorkian et J.P. Sicre,
Les jardins du désir ; sept siècles
de peinture persane,
Phébus, 1983
De 740 à 1200, de Bagdad à Cordoue, d’Abou Nawas à Ibn Rochd, un vent de liberté a soufflé sur le monde musulman. Les pouvoirs n’étaient pas plus libéraux qu’aujourd’hui, mais le foisonnement culturel et l’amour de la vie forçaient le destin.


Un million d’habitants, 70.000 juifs, des salons littéraires où l’on se déclare ouvertement impie, une vie nocturne mouvementée, des houris et éphèbes dans des maisons offertes à la luxure, des tavernes où le vin coule à flot… Où sommes-nous ? A Bagdad, à fin du VIIIème siècle (IIème de l’hégire). Treize
siècles plus tard, on en est vraiment loin. à l’époque, Bagdad, à peine récupérée par la dynastie des Abbassides, est en ébullition. Dans le métissage qu'offre la ville médiévale, de plus en plus de poètes et de philosophes, quoique musulmans dans l’âme, prônent le droit de "disposer librement de leur corps et de leur esprit". Une longue tradition de libertins est née. Une histoire tortueuse s’ensuit. La parenthèse ne sera refermée définitivement qu’au XIIIème siècle, à l’autre bout du monde musulman, à Cordoue précisément, sous l’impulsion de fuqaha orthodoxes, relayés par la bigoterie des Almohades à Marrakech. En tentant, sept siècles plus tard, de revisiter cette parenthèse de scepticisme et de liberté, le philosophe égyptien Abderrahmane Badaoui s’est voulu optimiste : "Les mouvements sunnites et salafistes prennent la religion au mot. Ils constituent des moments de crise dans la vie spirituelle des musulmans. Dès que la communauté s’en sera débarrassée, elle pourra reprendre son évolution normale". Ce n’est pas encore le cas. Mais rien ne nous empêche, comme lui, de revisiter cette période où des individus libres ont bravé les interdits, profité parfois d’îlots de tolérance ou subi les pires persécutions.
"Si tout cela a été possible à l’avénement des Abbassides, c’est parce qu’il y a eu d’un côté l'émergence d'un art d'écrire, voire de transgresser et, de l'autre, un laisser-faire des politiques qui ne cédaient pas toujours à la pression des fuqaha", estime l’écrivain Abdelfattah Kilito. Nous sommes, alors, à une époque où tout est encore possible. Les Omeyyades viennent d’être chassés du califat. L’alliance des mécontents fait arriver, pour la première fois des Perses aux postes de pouvoir. Il s’ensuit un métissage ethnique et intellectuel sans précédent. Bref, le cadre est adéquat pour la liberté de pensée. Libertin de la première heure, le poète Bachar Ibn Burd est l’exemple même du Perse pro-arabe. Il reçoit des femmes chez lui deux fois par semaine pour leur lire ses poèmes réputés sages et impudiques à la fois, évoquant leur intimité tout en flattant leurs sens. "à l’époque, même à Médine et à la Mecque, bastions de la vie religieuse, les odes à l'amour d’un Omar Ibn Abi Rabia, sont déclamées dans l’enceinte de la mosquée par un grand exégète du Coran", rapporte Driss Belmlih, spécialiste de la littérature abbasside. à Bassora, il y a alors un souk permanent où les plaisirs de la chair et du palais sont exposés au public. Les califes, des despotes éclairés, soufflent tout de même le chaud et le froid. Al Mahdi, par exemple, nomme un certain Abdeljabbar, vigile de l’orthodoxie religieuse contre les hérétiques. Il mène la vie dure aux écrivains qui se déclarent ouvertement immoraux. Son successeur Al Amine, en revanche, reçoit dans sa cour le plus subversif des poètes, Abou Nawas. Celui-ci y loue "la luxure comme mode de vie festif auquel tout le monde a accès". Le vin, l’éloge de l’homosexualité, tout y passe dans un langage plaisant. Mais tous les sérails n’ont pas la même tolérance à l’égard des écrivains à la moralité ou à la croyance douteuses. Ainsi en est-il d’Ibn Al Mouqaffaa, mazdéen converti à l’islam malgré lui. Même s’il juge dans ses écrits l’autorité religieuse arbitraire, il met ses opinions en sourdine. Son problème était de sortir indemne de la compagnie du prince.
Nous sommes au milieu du IXème siècle. Un foisonnement culturel est initié à Bagdad par le calife Al Mamoun. En créant Dar Al Hikma (Maison de la sagesse, composée d'une bibliothèque et d'un centre de traduction), il permet un accès plus facile aux cultures persane et grecque. La porte est grande ouverte pour des débats sans fin sur l’unicité de Dieu, la genèse du monde et bien d’autres problématiques de haute volée. Mais face aux politiques qui ouvraient les portes de la culture, les oulémas veillaient au grain. "Même si les écrivains les plus athées voulaient braver les interdits, ils cherchaient souvent le meilleur moyen de s'en sortir sains et saufs", explique l’orientaliste Léo Strauss. Prenons le cas du philosophe muâtazilite Al Jahidh. Il écrivait toujours ses textes en forme de dialogues pour ne pas être pris au mot. Le philosophe Al Farabi, quoique rationaliste, ne disait-il pas que "la conformité avec les opinions de la communauté religieuse dans laquelle on a été élevé est une qualité indispensable pour la survie du futur philosophe ?" Mais tous les penseurs libres n’étaient pas aussi prudents. Ibn Riwandi, théologien et muâtazilite radical, pour ne citer que lui, n’y va pas par quatre chemins. Vers 860, il rejette ouvertement la révélation divine et refuse qu’un prophète, Mohamed en l’occurrence, veille par ses enseignements sur l’organisation de la société. Résultat, il est attaqué et persécuté par ses contemporains. Ses livres disparaissent subitement de la circulation. Trente ans plus tard, Sarkhassi, un élève du philosophe perse Al Kindi, est emprisonné puis tué en prison par le calife Moâtadid. Quel a été son tort ? Il faisait partie des épicuriens qui croyaient en Dieu et non en ses messagers. Pour lui, "Mohamed est un mythomane". Ces répressions n’ont pas empêché Mouhiedine Arrazi, penseur et médecin, de s’exprimer aussi ouvertement. Classé par Abderrahmane Badaoui parmi les athées de l’époque, il écrit, sans détours, que "la raison est l’unique lumière qui nous éclaire", que "Dieu n’est pas le seul éternel puisque la matière l’est aussi" et que "l’homme ne peut accepter de tutelle extérieure puisque sa réincarnation le renforce". Si Arrazi l'a échappé belle, Al Hallaj, lui, a subi la loi des gardiens de l’orthodoxie. Poète inclassable, il s’est placé hors de l’islam rituel et s'est positionné "new age" avant l'heure (pour lui Dieu est en chacun de nous et non dans les textes). Résultat ? Il a été décapité.
Au Xème siècle, cette fin tragique est une exception dans l’univers des poètes. Ces derniers, quoique traités de zanadiqa (hérétiques) semblent plutôt tolérés. Aboul’âlaa Al Maari a beau s’en prendre aux oulémas, faisant d’eux les responsables de l’ignorance et de la corruption, il s’en sort indemne. Un certain Ibn Ouqaïl a beau le taxer de poète "ouvertement athée et secrètement musulman", le stoïque de Maara continuera son petit bonhomme de chemin. "Si les auteurs passaient entre les mailles du filet, explique Kilito, c’est parce qu’ils avaient un art d’écrire, par allusion, par distorsion de style, en disant la chose et son contraire". Ceci est tout aussi vrai pour Ibn Hazm. Ce poète aristocrate, libre, qui vivait à Cordoue, parmi les femmes, chantant leur amour et la beauté de leurs atours, avait également l’art de ne pas dire ouvertement tout ce qu’il pense. Il a écrit, certes, un poème qui lui a valu une grande polémique. Il y dit : "jusqu’au ciel, me dit-on, crois-tu arriver ? / Oui, une échelle y monte et j’ai su la trouver". Mais notre homme a l’art de cacher sa liberté de pensée. Il distingue, selon André Miquel, trois catégories de sceptiques. "Ceux qui doutent et préservent le fait religieux. Ceux qui doutent de tout sauf du Créateur. Et ceux qui ménagent autant Dieu que le prophète". Omar Khayyam, lui, doute tout court. Il trouve son plaisir dans sa capacité à tordre le cou aux idées convenues : "S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert", écrit-il comme pour inverser les valeurs édictées par les dévots. L’astronome perse a traversé la vie en jouant à l’équilibriste entre croyance et jouissance. Il s’en sortira, à son tour, sans fracas. Cette licence faite aux poètes libertins, l’islamologue Dominique Urvoy lui trouve une explication plausible. "Contrairement à la prose, la poésie (vieille tradition arabe) appartient à la zandaqa, non à la pensée. Elle peut servir de support à des attaques nominales ou à l’expression d’exaspérations personnelles mais pas de base idéologique à un mode de réflexion".
Tel n’est pas le cas des philosophes, le soufi Hamed Al Ghazali et le rationaliste Ibn Rochd, qui ont vécu en Andalousie au moment de son déclin. Le premier, quoique modéré, a vu brûler son livre initiatique, Al Mounqid Min Addalal (voyage dans le doute vers le soufisme), par le sultan almoravide Youssef Ibn Tachfine. Le second a vu des copies de ses manuscrits également brûlées suite à un conflit avec Abou al Abbas Sebti. Nous sommes alors à la fin du XIIème siècle. La fin d’une ère de liberté fluctuante. Le bûcher est allumé partout. Même à Bagdad. Envahi par les Mongols, le berceau des libertins musulmans a vu tout son patrimoine littéraire et livresque consumé et jeté dans l’Euphrate. Il ne s’en est jamais remis.


Omar khayyam (1038 – 1124). L'icône universelle

"Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre"

"La vie passe, rapide caravane ! Arrête ta monture et cherche à être heureux". Des morceaux de sagesse de cette veine, les quatrains d’Omar Khayyam en regorgent. Né à Naishapur au Khorassan en Perse, il a été tisseur de tentes dans une première vie, d’où son nom, Khayyam. Quoique érudit en sciences religieuses, il préférait s’en remettre à son intuition. L’un de ses vers les plus illustres est sans équivoque : "referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre". Derrière cet appel à la méditation, se cache un astronome patenté. Il est nommé par Malik Shah pour réformer le calendrier de l’ère Jalali (version persane du calendrier grégorien). Mathématicien, Khayyam est aussi un jouisseur. "Bois du vin… C’est lui la vie éternelle", écrit-il. Les biographes et commentateurs oscillent à son sujet. Certains le voient comme un mystique qui prend plaisir à la vie. D’autres comme un croyant hédoniste. Au fond, Khayyam, bien que versé dans la religion, était un grand épicurien, sceptique. Mais au lieu de faire confiance à sa raison, il préférait constamment soulever des interrogations et vaquer aux plaisirs de la vie. Il n’hésitait pas à tordre le cou aux vérités coraniques. Meilleur exemple, il décrit de son vivant le lieu où il se voit enterré : "un lieu où le vend du Nord fera étaler des pétales de roses sur les tombes". Il n’avait pas tort. Devin, Khayyam ? Intuitif. Recevant mensuellement 1200 pièces d’or, grâce à la générosité de son ancien compère, Hassan Sabbah, il mena un train de vie confortable. Mais il a fallu qu’Edward Fitzgerald traduise ses Ruba’iates en 1856 pour qu’il devienne une figure universellement connue et qu’Ahmed Rami fasse de même vers l’arabe pour que Oum Keltoum le consacre dans le panthéon arabe.



Abou Nawas (747 – 815). L’égérie des homosexuels

"j'ai quitté les filles pour les garçons et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire"

Si vous entrez le nom d’Abou Nawas dans un moteur de recherche, vous tomberez inévitablement sur un site d’homosexuels. Paradoxe, si vous consultez un livre d’érudit arabe sur la poésie abbasside, vous ne trouverez pas les vers attestant de son homophilie "vu leur caractère immoral". Le plus libertin des poètes arabes n’y allait pas par quatre chemins. Voici un extrait de son recueil, Le vent, le vin, la vie : "J’ai quitté les filles pour les garçons / et pour le vin vieux, j’ai laissé l’eau claire. / Loin du droit chemin, j’ai pris sans façon / celui du péché, car je le préfère". L’auteur de ces vers, classé parmi les zanadiqa (hérétiques) –groupe stigmatisé comme tel-, est né à Bassora où il a fait ses classes en sciences du Coran et du Hadith. Sur le volet religieux, il se démarquera très tôt, déclamant "Ni le destin, ni la contrainte ne m’obligent / de la religion, seuls la mort et la tombe me retiennent". Devenu orphelin à un très jeune âge, il s’illustre par sa maîtrise exceptionnelle de la langue arabe, mais devient la cible des orthodoxes en se rapprochant de Waliba ibn Al Habbab, poète de la cour exclu pour son homosexualité. Parti à Koufa en Syrie, il a une vie d’homme volage, de chasseur le jour et de noceur infatigable. Composant des poèmes quotidiennement, 40 ans durant, il chante dans ses vers le désir furtif, la luxure comme mode de vie festif et décrit le vin dans un langage accessible.



Al Hallaj (857 – 922). L’homme-Dieu

"L'attachement à dieu devrait effacer l'image de la kaâba de nos esprits"

"Je suis la vérité ; je suis la vérité créatrice ; je suis Dieu". S’il y a un penseur qui a été à ce point identifié à des dires qui lui ont coûté la vie, c’est bel et bien Al Hallaj. Né à Tur en Iran, il apprend le Coran par cœur à 12 ans et s’installe avec sa famille à Bassora, où il affûte ses armes d’écrivain et d’ascète. Marié, père plus tard de trois enfants, il n’est d’abord qu’un soufi excessif. Plus tard, il sera catalogué comme sympathisant des Qaramita, d’anciens esclaves qui militaient contre les Abbassides au pouvoir. Mystique avant tout, il porte le noir pour symboliser le dépouillement et reste sur le parvis de la Mecque pendant toute une année pour protester contre la dévotion superficielle de ses coreligionnaires. Au bout de trois pèlerinages, de longues années de mysticisme qui l’ont mené jusqu’en Inde, chez les bouddhistes, il devient humaniste. Il décide de transcender les formes matérielles et rituelles de la religion. "L’attachement à Dieu devrait effacer l’image de la Kaaba de nos esprits", écrit-il. Il en construit une en miniature dans sa maison et se déclare "impie, non concerné par la charia musulmane et prêt à mourir au nom de l’humanité, crucifié". Amoureux de Dieu, avant tout, il estime que "l’essence divine est voilée par les anges dans le ciel et le prophète Mohammed ici bas". Une série de procès s’ensuit contre lui à Bagdad. Il est poursuivi, comme Jeanne d’Arc après lui, pour l’amour de Dieu. Il sera finalement décapité au bout de 820 jours de démêlés politico-judiciaires.



Aboul'âlaa Al Maari (973 – 1057). Le pessimiste sceptique

"Le Coran, la torah, les évangiles... à chaque génération ses mensonges"

"Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés ! Vos religions sont subterfuges des anciens". Aboul'âlaa Al Maari distille sa liberté de pensée sous couvert de sagesse. Né à Maarat Al Nu’man en Syrie, il devient aveugle à 4 ans suite à une épidémie de variole. Il enchaîne les études, de religion, de linguistique et de littérature, se rend à Alep pour perfectionner ses acquis et rencontre les grands lettrés de son temps à Bagdad, à l’âge de 35 ans. Son pessimisme prend déjà forme. Il refuse de se marier "pour ne pas perpétuer l’humanité". Quoique fortuné et entouré de serviteurs, il mène une vie d’ascète. Certains le disent anti-religieux. Au fond, Al Maari est un sceptique né. Dans un de ses fameux poèmes, il se dit ballotté entre "les cloches de l’église et la voix du muezzin". Cherchait-il sa voie ? Pour lui, la vérité est au-delà des chapelles. "Coran, Torah, évangiles… à chaque génération ses mensonges / que l’on s’empresse de croire et de consigner", écrit-il. Aussi doué en vers qu’en prose, il consigne dans Luzumiat (Obligations) son sentiment que tout est mensonge. "Si vos bouches louent Dieu, vos âmes et vos cœurs sont dans l’allégresse sans raisons". Dans sa fameuse épître du pardon (Rissalat Al Ghofran) – souvent comparée à la Divine Comédie de Dante – il prend, sans en avoir l’air, la défense d’auteurs anti-conformistes. Il estime que, dans le lot de leur littérature, "un vers pudique suffit pour les absoudre". Quant à lui, il en a produit plusieurs pour noyer le poisson.



Ibn Rochd (1126 – 1198). La raison d’abord

"L’essence de Dieu n’est pas en contradiction avec la science rationnelle"

Abu Al-Walid Mohammed Ibn Rochd est un homme aux multiples talents. Né à Cordoue, où il fréquente les meilleures écoles, il suit une formation encyclopédique et en sort meilleur médecin de sa génération. Alem comme son grand père, il devient aussi le premier philosophe arabe à accéder aux textes d’Aristote dans leur version originale et à en devenir le commentateur attitré. Musulman, connaissant les ficelles de la charia, et aristotélicien abreuvé de la raison grecque, il considère qu’il n’y a pas de contradiction entre le sens profond (batin) de la loi divine et l’esprit rationnel. Mais de peur de s'aliéner les musulmans qui s’en tiennent au sens extérieur du texte coranique (zahir), il estime, comme Platon, que "la philosophie devrait rester l’apanage de l’élite". à l’âge de 40 ans, un autre membre de l’élite, Ibn Toufaïl, le présente à l’émir Abou Yacoub Youssef qui le fait cadi à Séville puis le nomme son médecin personnel à Marrakech, en remplacement de son ami Ibn Toufaïl. A Marrakech, il répond en 1189 à un autre penseur, plus traditionnaliste, Abou Hamid Al Ghazali, dans son fameux livre Tahafut al-Tahafut (L’Ecroulement de l’écroulement) pour montrer que "l’essence éternelle" de Dieu n’est pas en contradiction avec "la science rationnelle" de ses créatures. Lorsqu’il tente d’expliquer le monde par des lois mathématiques, le nouveau calife Yacoub Al Mansour l’exile à Fès comme hérétique. Condamné plus tard par le concile de Paris, il sera gracié, reviendra à Marrakech et y mourra.

 
 
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