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N° 175
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Abdeslam Ahizoune (DR)
Sanction. Au tour de Maroc Telecom

La Haute autorité de la Communication audiovisuelle (HACA) vient, début mai, d’interdire la diffusion d’un spot publicitaire de Maroc Telecom dénommée "Jawal Jeune". Le spot télévisé, où apparaît Jamal Debbouze, est tourné dans une région montagneuse pour mettre en valeur la qualité du réseau de l’opérateur historique. Ce passage porte, selon la Haca, préjudice au deuxième opérateur de téléphonie mobile. Les trois messages du spot ("la couverture la plus large et la meilleure qualité de réseau, c’est chez Maroc Telecom et nulle
part ailleurs", "les promotions les plus généreuses, c’est chez Maroc Telecom et nulle part ailleurs" et "les bonus les plus avantageux, c’est toujours chez Maroc Telecom et nulle part ailleurs") véhiculent des qualités que seule une comparaison entre les deux opérateurs peut prouver. Une telle démarche prendrait beaucoup de temps et d’argent. Faute de quoi, aucun opérateur ne peut exploiter ce type de message. Une leçon que les concepteurs de spots de publicité doivent retenir. La décision du régulateur vient à la suite d'un recours introduit par Méditelecom fin avril. Le deuxième opérateur mobile a été le premier à subir les foudres des sages, la Haca ayant interdit des séquences de la campagne "tapis rouge" pour dénigrement des services clientèles de l’opérateur historique. Rappelons que dans le cas de Méditelecom, la Haca s’était autosaisie alors que pour Maroc Telecom, la haute autorité a attendu la plainte de Méditelecom pour agir.


Compensation. Le déficit se creuse

La caisse de compensation voit rouge. Le prix du pétrole plombe ses prévisions. Le Brent et le brut léger du Texas passent, en moyenne, de 40 à 53 dollars le baril. La loi de Finances 2005 ayant retenu une hypothèse d’un prix moyen de 35 dollars le baril (une prévision en hausse de 10 dollars par rapport aux budgets antérieurs), l’état supporte actuellement un différentiel moyen de 11 dollars par baril. Les statistiques de l’Office des changes sont sans appel. Les importations des produits énergétiques ont totalisé à fin mars 6,94 milliards de DH contre 5,14 milliards en 2004, soit 34,9% de plus. Sur le premier trimestre 2005, les importations du brut ont augmenté de 51% par rapport au premier trimestre 2004, passant de 2,68 milliards de DH à 4,04 milliards pour 1,51 milliard de tonnes importées, un volume en hausse de 15,4%. La situation est intenable et la répercussion sur les prix à la pompe serait inévitable.


Aménagement. La CDG déboute l’Intérieur

La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a finalement mis la main sur la Sonadac, société chargée du projet de l’avenue royale à Casablanca. La caisse, qui a dégagé en 2004 un bénéfice net de 1,17 milliard de DH, avait fait des pieds et des mains pour subtiliser le grand projet casablancais au ministère de l’Intérieur. L’objectif : augmenter sa participation au capital de la Sonadac, en récupérant 43% détenus par la direction des collectivités locales. Cette transaction réalisée, l’Avenue royale connaîtra un nouveau départ. Il n’en demeure pas moins que, pour des observateurs, la manœuvre de la CDG reste peu orthodoxe. La Caisse a usé de sa proximité du Palais pour bloquer les projets de la Sonadac. Il en a résulté la paralysie d’un projet de plus de 600 millions de dirhams pour le développement de la corniche de Casablanca.



Les off

La dévaluation du dirham fait peur. Plusieurs secteurs, dont le pharmaceutique, le plastique, l’immobilier, craignent que le gouvernement passe à l’acte. Des opérateurs ont déjà des commandes et crédits auprès des banques et des fournisseurs qui peuvent être majorés en cas de dévaluation. Si la dévaluation est inévitable, ils espèrent des mesures d’accompagnement.

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Le fonds de garantie pour la mise à niveau de la flotte côtière est fin prêt. Son lancement attend l’annonce en grande pompe par le Premier ministre. Et contrairement à la tendance des autres fonds de garantie pour l’industrie, celui de la pêche se fera en amont, avant l’intervention des banques. Un appel d’offres sera bientôt lancé pour le choix de la société qui conseillera l’ONP sur les procédures à mettre en place.


Gaz. Akhennouch le boulimique

Le groupe Akwa, présidé par Aziz Akhennouch, vient de s’adjuger Primagaz Holding et sa filiale Sodipit, société spécialisée dans la fabrication de bouteilles de gaz. Après cette opération, Afriquia Gaz, filiale d’Akwa groupe, détient désormais 50% de Tissir Primagaz (TPZ), 8% de Somas et 100% de Sodipit. En bref, après s’être propulsé en première position dans la distribution du carburant via l’acquisition du pôle énergie de Oismine (groupe Amhal), Akhennouch se taille la part du lion dans le gaz par cette opération de croissance externe. La boucle est désormais complète pour le secteur de l’énergie. Dans l’immobilier, les travaux de la marina d’Agadir tournent à plein régime. Les appartements sont commercialisés à partir de 12 à 13.000 dirhams le mètre carré.


Immobilier. Les crédits flambent

Les crédits à l’équipement sont en progression. Ils se sont établis, à fin mars 2005, à environ 47,1 milliards de dirhams. Ils enregistrent ainsi une hausse de 10,63% depuis le début de l’année. Comparés à leur niveau en mars 2004, ils progressent de 8,46%. Par segments de crédit, la promotion immobilière totalise 3 milliards de dirhams, en progression de 20,37% par rapport au 31 décembre 2004. Les crédits immobiliers pour les particuliers ont atteint 46,84 milliards de DH, soit 5,4% de plus qu'au début de l’année. Par rapport à mars 2004, leur croissance s’affiche à 17,9%. En revanche, le taux des créances en souffrance du système bancaire s’établit à 21,74%, soit en baisse de 4,32% par rapport à fin décembre 2004 et de 6,54% par rapport à mars 2004.


Commerce. Méga surface à Rabat

Le Mega Mall, c’est son nom, a été inauguré à Rabat vendredi 29 avril. C’est un centre commercial, le plus grand du pays s’étendant sur une superficie de 5.920 m2. Le centre accueille plus de 80 enseignes. Pour réaliser ce monstre de la distribution commerciale, il a fallu mobiliser pas moins de 220 millions de dirhams. Le centre est doté d’une superficie couverte de 26.367 m2 et générera près de 1.200 emplois directs et indirects. Ce complexe est doté d’une patinoire permanente sur glace de 1.828 m2, d'une grande surface de restauration rapide, d'un bowling de 12 pistes et d'un espace multifonctionnel (distraction, jeux pour enfants…). Ces activités sont nécessaires pour animer un créneau qui peine à percer au Maroc.



Khalid Tritki
Dirham

Dévaluer ou ne pas dévaluer ? C’est la question qui empoisonne les milieux économiques. La dévaluation est une opération technique qui baisse la valeur de change de la monnaie nationale. La conséquence peut être négative ou positive, selon les lectures et les intérêts en jeu. Pour un exportateur, un dirham moins fort augmente les recettes en devises en majorant les prix par l’effet de change. Le même effet augmente les prix des produits importés. Les entreprises achètent plus cher qu’avant la dévaluation.
Les théories économiques ne manquent pas pour défendre l’option d’une monnaie forte ou celle de la dévaluation.
Les pressions non plus. Et attention, il serait abusif de croire que la dévaluation se ferait rien que pour les beaux yeux des textiliens. Depuis presque quatre ans, touts les rapports des instances internationales, Fonds monétaire international, Banque mondiale et sociétés de rating pointent du doigt la politique du dirham fort. Ces instances dénoncent surtout la présence d’une politique monétaire faite sur mesure pour minimiser la compensation des produits énergétiques et garder la dette extérieure en contraction. La théorie de la monnaie au service de l’économique et de l’échange marchand est bien loin. Et notre doctrine monétaire s’est arrêtée à Keynes. Le flou qui plane sur nous et sur notre capacité à marchander résulte justement de cette stagnation qui nous a mené à l’impasse actuelle.

 
 
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