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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Algérie. Belkhadem s'en va

Abdelaziz Belkhadem (AFP)
Le gouvernement algérien a été partiellement remanié dimanche dernier, mais reste présidé par Ahmed Ouyahia. Le remaniement concerne les ministres des Finances, du Commerce et surtout des Affaires étrangères. Le départ de Abdelaziz Belkhadem marque un recentrage salutaire de la diplomatie algérienne. Cet apparatchik est arrivé inopinément, à la tête des Affaires étrangères, à la faveur de sautes d’humeur du président algérien, déçu par sa visite d’état à Paris, en juin 2000. Dernier président de l’Assemblée nationale du FLN, dissoute en 1992, Abdelaziz Belkhadem est le porte-drapeau des "barbéfélènes", les conservateurs du régime proches des islamistes.
Hostile à l’occidentalisation de la société, le militant de la réhabilitation du FIS s’est révélé être un piètre diplomate. Récemment, au sommet arabe d’Alger de février, il a tenté d’éclipser le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Belkhadem voulait démissionner pour se consacrer au FLN. Bouteflika a exaucé son vœu. Avant de signer un traité d’amitié avec la France, le président a préféré se délester d’un poids encombrant. En désignant Mohamed Bedjaoui pour lui succéder, Abdelaziz Bouteflika a été mieux inspiré. éminent juriste, auteur de plusieurs publications en droit international, cet ex-président du Conseil constitutionnel, a occupé plusieurs postes aux Nations unies, et présidé la Cour internationale de justice de La Haye de 1994 à 1997. Belkhadem, lui, reste ministre d’état et devient représentant personnel du chef de l’état.


Iran/UE. Le nucléaire, enjeu crucial

À la conférence sur le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), lundi à New York, les négociations entre les Européens et l’Iran se sont crispées. Kofi Annan a répété que le TNP ne sera pas crédible "si davantage d’états se dotent de la technologie de produire une arme en peu de temps". Allusion faite à l’Iran. Un pays qui refuse d’abandonner l’enrichissement de l’uranium. "Nous ne renoncerons jamais à cette capacité, c’est une question de fierté et de souveraineté nationale", souligne un diplomate. "L’Iran est déterminé à poursuivre ses activités dans tous les domaines légaux de la technologie nucléaire, y compris l’enrichissement, exclusivement à des fins pacifiques", a ajouté le chef de la diplomatie, Kamal Kharazi. Son homologue allemand Joschka Fischer, a averti qu’une reprise des activités signifierait "l’effondrement" des négociations Iran-UE. La crise semble proche.


Procès. Elle s'amusait à Abou Ghraïb

Lundi s’est ouvert le procès de Lynndie England, cette réserviste accusée d’avoir infligé des sévices aux détenus d’Abou Ghraïb. Lundi, la tortionnaire a plaidé coupable, en échange d’une remise de peine. Elle a accepté sept des neuf chefs d’inculpation pesant contre elle.
Coup de théâtre mercredi. La juge militaire a annulé la procédure en cours et a refusé que l’accusée plaide coupable. Lynndie England avait assuré qu’elle avait "comploté" avec son amant, le caporal Charles Graner dans le but d’amuser les autres soldats. Mais Graner a dit avoir ordonné de tenir en laisse les détenus "pour entraîner les autres gardiens aux techniques d’interrogatoire". La juge a donc estimé que les deux témoignages étaient "incompatibles", obligeant à l’ouverture d’un nouveau procès devant un grand jury militaire, dans le cadre d’un nouveau procès.



Vite !

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a annoncé mercredi, que le retrait israélien de la bande de Gaza aurait plusieurs semaines de retard et serait prévu pour le 15 août. Lundi, un autre ministre, Nathan Chtacharansky, chargé des relations avec la diaspora et très proche du Likoud, a démissionné pour protester contre ce même plan.

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Mercredi dernier, Islamabad a annoncé l’arrestation du numéro trois d’Al-Qaïda, le Lybien Abou Faraj Al-Libi. Le pays avait offert une prime de 285 000 euros pour sa capture. Washington avait promis 5 millions de dollars. "Cette arresration nous fournit de nombreux tuyaux", a déclaré Cheikh Rachid Ahmed, le ministre pakistanais de l'Information.


France. Hommage à Brahim Bouarram

C'était il y a dix ans. Le 1er mai 1995, des militants d’extrême-droite jetaient un jeune Marocain dans la Seine, en marge du défilé traditionnel du Front National. Le seul tort du jeune Marocain était d’être étranger. Comme chaque année depuis le meurtre, des dizaines de personnes se sont rassemblées dimanche, sur le lieu du drame, en hommage à Brahim Bouarram, pour dénoncer le racisme. Bertrand Delanoë, le maire de Paris, a déposé une gerbe de fleurs devant la plaque inaugurée il y a deux ans pour commémorer la mort de celui-ci. Au même moment, les partisans du FN continuaient de défiler dans les rues de Paris en scandant leurs habituels cris de guerre xénophobes ainsi que des slogans contre la Constitution européenne.

Paris, I.B.A



Liban. Aoun, le De Gaulle libanais

Secrètement, il rêve d’un destin à la De Gaulle. Après 15 ans d’exil en France, le général Michel Aoun, ex-Premier ministre chrétien qui a mené la "guerre de libération" contre la Syrie, revient ce samedi au pays, en se présentant comme le sauveur. "La résistance à l’occupation est terminée. Les Libanais doivent apprendre à décider de leurs choix, sans tutelle", a-t-il affirmé. "Mon ambition est de réaliser une grande chose et non des joutes politiciennes".
Depuis deux mois, le général septuagénaire multiplie les interviews, reçoit les adversaires d’hier, comme le chef druze, Walid Joumblatt, et les émissaires du pouvoir libanais. Il rentre pourtant mécontent au Liban. Selon lui, les élections législatives du 29 mai sont établies à partir d’une loi électorale fort défavorable à la minorité chrétienne. Il a réclamé un "audit international sur l’effondrement de l’économie libanaise dont la dette publique est de 34 milliards de dollars".


Monde. Journalistes en péril

C'est en présence de la mère de Florence Aubenas, journaliste française disparue depuis le 5 janvier en Irak, que Reporters Sans Frontières a présenté son rapport annuel sur la liberté de la presse dans le monde. C’est l’une des années les plus noires pour la presse, depuis 1995 : 68 journalistes ont été tués, 114 emprisonnés et 622 médias censurés. Le Maghreb et le Moyen-Orient figurent, sans surprise, parmi les zones les plus dangereuses du globe. 19 journalistes ont ainsi été tués en Irak, pour la seule année 2004 et la majorité des régimes de la région restent des dictatures qui étouffent la presse : c’est le cas en Tunisie, en Syrie, en Arabie saoudite et en Iran. Ce dernier, est même qualifié de "plus grand cachot pour les journalistes du Moyen-Orient". RSF, qui fête ses vingt ans cette année, a également rendu publiques deux listes : la première, "La liste noire", recense des individus reconnus coupables de crimes contre des journalistes ou des médias ; la deuxième, la liste des "prédateurs de la presse" dénonce notamment le Chinois Hu Jintao, l’organisation séparatiste basque, l’ETA ainsi que notre ami Ben Ali. Le tout est à consulter sur www.rsf.org

Paris, I.B.A




Lu pour vous.
Blair III, hélas !
(RFI, le 5 mai 2005)

Richard Labévière

Sauf coup de théâtre, Tony Blair devrait être le premier dirigeant du Labour à effectuer un troisième mandat consécutif. Les Britanniques se soucient avant tout de leurs problèmes domestiques… sur lesquels le bilan de huit ans de pouvoir est plutôt positif : croissance forte, moins de 5% de chômage, fiscalité stable doublée d’une redistribution sociale. De bons résultats qui marquent paradoxalement les limites du blairisme. Un recul du parti travailliste, une poussée du parti libéral-démocrate traduisent un malaise politique lié, notamment, à l’alignement de Tony blair sur la politique étrangère américaine.
Après la mort d’un 87e soldat britannique, l’Irak a resurgi dans le débat politique. Personne ne s’est privé de rappeler les affirmations va-t-en guerre que proférait le Premier ministre le 24 septembre 2002. Et les éditorialistes anglais se sont gaussés du "grand écart de Tony", grand écart entre un alignement inconditionnel sur Washington et un engagement européen, élaboré comme stratégie de sauvetage de la grandeur britannique (…) C’est ce que Tony Blair conçoit comme "la stratégie du pont" : être un pont entre l’Europe et l’Amérique, arguant que le Royaume-Uni est le plus fidèle allié de l’hyper puissance tout en affirmant pouvoir influencer, sinon peser sur l’unilatéralisme de Washington. Sur le plan militaire, cela signifie participer, sinon initier, une politique européenne de défense tout en jouant les supplétifs de Washington. Bref être Eden tout en restant Churchill.

 
 
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