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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

2 Festivals. Jazz à tous les étages

Benjamin Hermann (DR)
En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fait que ça play… du jazz. Beaucoup même, avec deux évènements majeurs de la vie culturelle marocaine qui, hélas cette année, se chevauchent. À savoir le Tanjazz du 24 au 30 mai et le Festival Jazz aux Oudayas du 27 au 31 mai. La cuvée 2005 de Tanjazz prendra pour sa 6ème édition les accents de 11 pays. Cubano avec Omar Sosa, japonais avec le Yukata Shiina Trio, la pointe bulgare du Stefka Miteva Quartet, les mélopées tunisiennes et jazzy du Wajdi Cherif Oriental Group, les sonorités Ahouach, Soussies, Ahidous , andalouses , Gnawa du Tawfik Ouldammar Quartet, sans oublier les "melting potes" d’Ayoka. Avec une
telle tour de Babel sur scène, le jazz s’impose de plus en plus comme une musique universelle. Même si hélas(encore une fois) une partie de la programmation de Tanjazz a perdu de son côté populaire et concert de rue pour migrer vers des lieux payants. On pourra se rattraper pour les fauchés avec les concerts de Darga, Hoba Hoba Spirit ou H.Kayne, même si ce n’est pas du jazz. Presque au même moment, aux Oudayas, une autre tour de Babel se bâtira, entre autres, aux sons de la fusion jazz gnaouie de Nguyen Lé et du mââlem Merchane. Le Teuton Uwe Kropinski rencontrera le jazz marocain du trio Babarti. C’est le principe de "jazz aux Oudayas" : fusionner et voir ce qu’il en ressortira. Tous les concerts du festival de Jazz de Rabat se dérouleront sur l’esplanade des Oudayas. 30 dirhams pour les adultes, 10 dirhams pour les autres. Vive le jazz pas cher !


Peinture. Abdelhaï Diouri à Bab Rouah

Enfin, le peintre Abdelhaï Diouri aura accès à la salle Bab Rouah. Entier dans sa démarche esthétique, il y donnera à voir le résultat de deux années de labeur continu. Au menu, des fresques, des tableaux en série, permettant d’apprécier l’étendue du travail de mémoire qu’il effectue sur son objet de création, la médina de Fès ou ce qu’il en garde. N’étant plus retourné dans les ruelles de sa ville natale depuis plus de 15 ans, pour ne pas perdre la distance qui maintient en éveil son inspiration, Diouri a l’art de multiplier les pistes l’aidant à reconstituer un détail, à restituer la confusion qu’il ressent, à superposer des espaces, à faire ressortir la marque du temps, à pister les parcours initiatiques, etc. Le tout avec un langage plastique diversifié, allant de la simple trace à la reconstitution, en passant par des ébauches qui prennent autant une valeur abstraite qu’une force représentative.
Galerie Bab Rouah (Rabat) du 24 mai au 18 juin.


Rap. De A… Azed

Azed, rappeur zmagri de France est de retour au pays. Installé à Mohammedia, il sort son deuxième album, street album, en avant-première au Maroc le 15 juin. Sur son dernier opus, plusieurs feats dont le freestyle "Maroc all star" avec Colonel, Jo, Mafia C, K-Libre, Talos etc. Un album arabe-français produit en home studio. Qui plus est, Azed lance son label Choc Records et espère produire d’autres rappeurs du bled. Des extraits de son album et son clip seront disponibles début juin sur www.chocrecords.com. Les fans du genre pourront également l’écouter en live au prochain boulevard des jeunes musiciens lors de la journée spécial rap.


Mawazine. Cultures au coeur

L'Association Maroc-cultures lance la 4ème édition du festival international "Mawazine-Rythmes du Monde", qui aura lieu du 18 au 25 mai à Rabat. Les danses indonésiennes des Palais de Solo, en ouverture de ce festival, donneront le la de cette programmation qui promet d’être aussi diversifiée qu’inattendue comme à l’accoutumée. Les rythmes chauds de l’Afrique, portés par la béninoise Angélique Kidjo et la jeune Capverdienne Lura se mêleront aux musiques entraînantes d’Amérique Latine avec le maître de la salsa, Oscar D’Léron. Au menu, également, des sonorités inédites venues d’Inde, de Guadeloupe, de Mongolie, de Russie et d’Allemagne. Des spectacles rares, illustrés par les Peuls Wodaabe du Niger, les marionnettes du Mali et de Birmanie, les Géants de Wallonie ne manqueront pas d’enchanter le public. Un bon cru en perspective !


Projection. Honneur aux dames

"Le Maroc des femmes" vu par une femme du Maroc, c’est le monde que nous fait découvrir Dalila Ennadre à travers ce triptyque de films dédié au beau sexe. Entre regard pudique et engagement universel, la réalisatrice met en lumière et en mouvement les véritables actrices du pays. Femmes de la médina casablancaise traversant les évènements majeurs des dernières années ; Fama l’éternelle, redécouverte au fil d’un voyage dans les lieux emblématiques de son combat ; les femmes du peuple prises dans le tourbillon d’une Moudawana réformée, porteuse de nombreux défis. Au théâtre 121 de l’IF de Casa : El Batalett, femmes de la médina, mardi 17 mai à 20h. Fama, une héroïne sans gloire, mardi 17 mai à 21h15.
Dieu, la loi et les femmes, mercredi 18 mai à 20h30.


Expo - Films. Folie cervantesque

Don Quichotte a 400 ans. Plus de 2000 manifestations à travers le monde lui sont consacrées ! C’est l’un des plus grands best-sellers de l’histoire du livre et aujourd’hui l’un des plus traduits, après la Bible et les oeuvres de Lénine. En 2004, il est encore n°1 des ventes en Espagne. L’Espagne consacre des dizaines de millions d’euros à l’événement et a même créé un tracé touristique de 2500 km, entre caves à vin et moulins à vent. Au Maroc, on fête aussi l’anniversaire du fou de la Mancha à l’ Institut Cervantes de Casa : Du 17 au 28 mai, expo "Image de Quichotte. Illustrations pour l’édition de la Royale Académie Espagnole de 170" Le 26 mai à 19H30, Théâtre de l’Institut , 2 films : "Don Quijote de la Mancha" et "El caballero Don Quijote" de Manuel Gutiérrez Aragon.


Zakoura. Théâtre pour toutes

La fondation Zakoura fait monter sur les planches les femmes. En l’occurrence, les bénéficiaires de microcrédits de la fondation qui étaient appelées à traiter de thèmes comme l’éthique, la lutte contre la corruption, la solidarité, la tolérance, le respect d’autrui, l’amour et l’affection. Sur les 56 pièces de théâtre présentées, 15 ont été sélectionnées et participeront à la grande finale programmée durant la première semaine de juillet à Casablanca. Le concours avait été lancé pour développer la pratique théâtrale chez des populations qui n’avaient jamais pris la parole sur scène. C’est désormais chose faite. En arabe dialectal, en tachelhite, entarifite et en arabe hassani, les femmes ont joué avec naturel et spontanéité leur quotidien.


Récit. Le mâle m’a violée

J'ai mal en moi (Eddif), le dernier récit-monologue de Souad el Alaoui Ben Hachem, retrace l’itinéraire d’une femme blessée, mémoire d’un enfant mille fois violé. Le texte est structuré autour de mots-clés, sources de marques indélébiles, mais aussi autour d’âges précoces, repères d’expériences pesantes. écrivant tantôt en style théâtral, par bribes de phrases qui s’entrechoquent, tantôt en style purement narratif, l’auteur est à mi-chemin entre l’observation du chroniqueur et l’introspection de l’humain. Décrit en mots crus, au ras du sexe, le viol est lié tour à tour à l’oncle, au fqih, à l’ami du père… et beaucoup plus tard au mari. Légitime.


Concert. La Tropa même troppo

Le pétillant trio de violonistes est de retour à Casablanca, après une visite mémorable à l’IF Casa en octobre denier. Sous leurs cordes, un univers de poésie féminine raffinée et électrique qui laisse désormais s’exprimer le texte, porté par les coups de griffes de velours des instruments et par une présence scénique envoûtante. Une jolie découverte du Printemps de Bourges 2003, dont le premier album, très vite remarqué, visite tous azimuts le jazz, le rock, la musique pop ou encore la ballade douce amère de jeunes femmes au romantisme lucide. A découvrir avec délice au Théâtre 121 de Casa, le Vendredi 20 mai à 20h30.


Concert. La Tropa même troppo

Le pétillant trio de violonistes est de retour à Casablanca, après une visite mémorable à l’IF Casa en octobre denier. Sous leurs cordes, un univers de poésie féminine raffinée et électrique qui laisse désormais s’exprimer le texte, porté par les coups de griffes de velours des instruments et par une présence scénique envoûtante. Une jolie découverte du Printemps de Bourges 2003, dont le premier album, très vite remarqué, visite tous azimuts le jazz, le rock, la musique pop ou encore la ballade douce amère de jeunes femmes au romantisme lucide. A découvrir avec délice au Théâtre 121 de Casa, le Vendredi 20 mai à 20h30.


Cinéma

Marock, le film de Laïla Marrakchi, sera en lice au Festival de Cannes pour le prix "Un Certain regard" dédié aux jeunes cinéastes. Née à Casa, cette réalisatrice de 30 ans, diplômée en cinéma à Paris III, a signé un court métrage en 2000 et plusieurs documentaires, dont "Derrière les portes du hammam".


Jeux de mots, jeux de vilains

La dernière édition du dictionnaire américain Webster’s suscite la colère de l’ISESCO et de l’Association internationale des traducteurs arabes. Pourquoi ? On y définit un anti-israélien comme un antisémite et l’islam comme "une religion raciste". Il y a de quoi être furieux.


Expo

Sous la houlette du graphiste et photographe allemands Uwe Loesch et Michael Danner, des étudiants d’Art’Com et des artistes marocains ont réalisé des affiches et des photographies sur le thème de l’opposition à la violence du 16 mai. "Art contre la violence” est visible sur la place Mohammed V, à Casablanca (entrée du CRI) du 16 au 20 mai.



Humeur : Quart d’heure de célébrité (par Hassan Hamdani)

Minuit, soirée VIP Absolut Vodka. Un tapis rouge framboise moelleux sous vos pieds, vous flottez dans un monde ouaté. Tout est sucré, les gens "bigger than life", l’alcool aisé. Claude Challes est aux platines, Naomi Campbell est annoncée, Marrakech illuminée, c’est comme dans Gala mais en 3D. Sauf que Naomi ne vint jamais. Faute de grives, Pascal Gregory fut le merle de la soirée pour les 2 paparazzis égarés. Acteur du film Raja de Jacques Doillon, il revenait vivre la nuit étoilée de Marrakech. Après quelques verres du sponsor de la soirée, le tapis moelleux se prend sous les pieds. Mais même la chute est douce à vivre, il suffit de conserver son air de dandy loser blasé à la Pascal Gregory. Et de se réveiller le lendemain comme si de rien n’était. Le cinéma pouvait continuer. Il suffisait juste de fermer les yeux sur Raja engluée dans sa réalité. Najat Bensalem, héroïne principale du film, ne donne plus la réplique à Pascal. Elle vend désormais des Marquises au détail dans les rues de Marrakech. Elle avait goûté aux soirées VIP où les photographes vous attendaient. Un tout petit quart d’heure, on lui avait déroulé le tapis rouge avant de le lui tirer sous les pieds. Rien pour amortir sa chute. Poussière d’étoile, elle bouffait la terre soulevée par un vent mauvais. Inconnue au milieu d’une populace qui ignorait son visage. On n'est jamais physionomiste face à un vendeur de "détails".



Le livre

Abdeslam Cheddadi a une double casquette, de traducteur et d’historien, avec une forte assise de philosophe. Au bout de plusieurs années de travail discret et profond, principalement sur Ibn khaldoun, son auteur fétiche, il publie un essai fondamental, fruit de longues années de recoupement et d’études comparées, sur le rapport des Arabes avec l’histoire. Comment la sira du prophète a été rapportée, en quoi le tarikh médiéval est une suite de biographies et non une histoire fiable, comment l’a priori religieux et moral oriente le récit historique, quelles zones d’ombre les nouveaux historiens arabes, aidés par les orientalistes, parviennent à éclairer. Sur toutes ces questions essentielles, ce livre d’érudit est incontournable.

Abdeslam Cheddadi. Les Arabes et l’appropriation de l’histoire ; Actes Sud (336 dh)




Agenda

2ème festival international de la BD de Tétouan à l’Institut National des Beaux Arts de la ville, du 19 au 21 mai 2005. Au programme, une expo de créateurs internationaux et nationaux, des ateliers et de tables rondes. Avec en prime, les travaux des étudiants marocains.

Exposition "6 regards croisés" du 15 mai au 15 juin à la galerie MemoArts, avec des toiles de Nezha Amjahdi, Mustapha Belkadi, M’barek Bouhchichi, Ahmed El Hayani, Abderrahmane Latrache et Mohamed Sanoussi.

Projection du film L’esquive, grand gagnant (avec quatre statuettes) de la dernière éditions des Césars, à l’IF Rabat. Mercredi 18 et 25 mai à 19h.

Le quatuor japonais Aska Kaneko Unit donnera un concert de jazz, dimanche 15 mai à 20h, au complexe culturel Mohamed Zefzaf du Maârif.

Dar Cherifa, le café littéraire marrakchi, accueille une exposition de photographies et calligraphies de Nour Eddine Tilsaghani et Mohamed Abaoubida, jusqu’au 31 mai. Les artistes animeront des ateliers photo et calligraphie. Inscriptions: 044 42 64 63.

Projection de l’enfant qui voulait être un loup samedi 14 mai à l’IF de Casablanca à 10h30 et 15h.

Journée de clôture du festival âbidat Rma à Khouribga le 14 mai.

Pour les amateurs de Ridley Scott, son dernier film Kingdom of Heaven, retraçant l’épopée des croisades du XIIème siècle, est actuellement au Megarama.

 
 
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