|
Par Khalid Tritki
Pêche. On se maquille pour linspection
Une commission officielle faisait le tour du port dAgadir la semaine dernière. Lobjectif était de sensibiliser tous les opérateurs de la pêche sur la prochaine visite (prévue pour la dernière semaine de juin) des inspecteurs de la commission européenne. Linspection, que certains assimilent à une pression politique sur le Maroc, évaluera la conformité des produits de pêches aux normes européennes. Elle intervient deux ans après la remise dun rapport sur les défaillances du système local. Les Européens pointent entre autres, le manque |
|
| dhygiène dans les ports et létat de délabrement de la flotte de pêche. Les recommandations de lUE insistent entre autres, sur labandon des caisses en bois et la mise à niveau des pêcheries. Deux ans après ce rapport, létat des lieux est loin dêtre réjouissant. Ce qui explique que tous les ports de pêche subiront des liftings, des maquillages en fait, pour faire bonne figure au moment de la visite. à noter que la pêche hauturière tirera son épingle du jeu. Et pour cause. Le secteur est autorisé à prendre la mer à partir du 12 juin prochain. La fin de la période du repos biologique tombe pile avant la visite des inspecteurs. Vraisemblablement, donc, cest la pêche côtière qui fera pâle figure. |
Agriculture. Un autre revers pour le budget
Après la flambée des prix du pétrole, cest au tour de lagriculture de jouer un mauvais tour au gouvernement. La campagne céréalière sera moins bonne que prévue. Alors que les prévisions qui ont servi de cadre à la loi des finances 2005, tablaient sur une récolte de 60 millions de quintaux, la campagne 2005 napportera que 45 millions. Leffet de la sécheresse sétend également aux cultures irriguées. Faute de réserve en eau, la priorité sera donnée à lapprovisionnement en eau potable et à larboriculture. Bonjour les dégâts pour le reste. Une commission ministérielle devait présenter au gouvernement un plan daction jeudi dernier. Le centre de ce plan se focalisera sur le traitement de lendettement des agriculteurs et les mesures daide destinées aux ouvriers agricoles. Létat mettra sans doute la main à la poche. |
Télécoms. Lillimité limité
L'offre sur les numéros illimités à vie, lancée en grande pompe par Maroc Telecom, tourne court. Selon les opératrices du call center de lopérateur, loffre nest plus valable, car le quota prévu au départ a été atteint. Vérification faite, les téléopératrices précisent que loffre était limitée à 5000 abonnés au réseau de Maroc Telecom. Certains analystes expliquent que "lessentiel pour lopérateur était de gêner son concurrent qui a été le premier à lancer cette opération. Maroc Telecom a joué au trouble-fête pour gâcher leffet dannonce de Méditelecom". Oui, mais après ? Le hic est que les affiches continuent à véhiculer loffre illimitée. La publicité, dans ce cas, ne serait-elle pas mensongère ? |
 |
Les off
Les textiliens nont pas apprécié les chiffres sur les pertes demploi communiqués par le Haut commissariat au plan. D'autant que les pertes dans le secteur informel ont été rattachées à celles des branches structurées du textile. Des observateurs continuent à soutenir que cette démarche sinscrit toujours dans la guerre que se livrent Jettou et Lahlimi.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La CDG se prépare à la régionalisation. Une stratégie a été mise en place pour la création de délégations régionales. La première concrétisation de cette stratégie commencera par la ville de Fès. A linstar de Casablanca, Rabat et Tanger qui ont de grands projets (Corniche, Bouregreg et Tanger Med), Fès se prépare à accueillir deux méga projets dinvestissement pilotés par la CDG. Rien ne filtre sur la teneur de ces projets, à part le fait quils seront structurants. |
|
Transport. Arrêt de la grève
Ouf ! Les transporteurs ont mis fin à leur grève. Larrêt des routiers est lourd de conséquences. Le moment a été malicieusement bien choisi. Le mouvement de contestation des transporteurs coïncide avec la saison dapprovisionnement en céréales importées dEurope dans le cadre des quotas établis par laccord dassociation entre lUnion Européenne et le Maroc. La grève a duré 9 jours, laissant des secteurs stratégiques dans lexpectative. Les transporteurs bloquent lactivité économique à cause de la loi sur le tonnage et la responsabilité des transporteurs. Mise en uvre suite à la réforme du secteur du transport des marchandises, cette loi fixe de manière drastique les tonnages réglementaires, ne laissant aucune marge de tolérance pour un secteur habitué à ne se plier quà sa propre loi. |
Mine. Du diamant au Maroc ?
Le spécialiste du diamant, Metalex, une société canadienne, a obtenu une licence dexploration sur une superficie de 11.294 kilomètres au sud du Maroc. Le deal porte sur une zone où lOffice des hydrocarbures et des mines était déjà très actif. Les indices quil a recueillis sont jugés très intéressants. Le permis dexploration nexclut pas lOffice qui demeure partie prenante dans la recherche du diamant en partenariat avec le canadien. Des sources bien informées indiquent que le canadien est déjà opérationnel en Mauritanie. Sa zone dexploitation chez notre voisin du sud se prolonge vers le nord au delà des frontières marocaines. Les Canadiens pistent ainsi le filon et cela pourrait rapporter gros. |
Importations. L'invasion chinoise
Le ministre du Commerce extérieur est clair : le rythme de pénétration des Chinois au Maroc fait peur. Lors des questions orales à la chambre des conseillers, Mustpaha Machahouri a révélé des chiffres qui font froid dans le dos. En trois mois, les Chinois ont atteint 1,2 milliard de dirhams dimportations. 2005 sannonce bien. Si ce rythme est maintenu, lannée sera bouclée avec plus de 5 milliards de dirhams dimportations. Cela représente autant de pertes pour lindustrie locale. Des mesures de sauvegarde sont sérieusement envisagées au niveau international. Le Maroc passera également par là. à moins que ces dirigeants ne laissent faire par manque de bon sens, pour ne pas dire autre chose. |
 |
Justice
Laissez-moi vous raconter une histoire de justice bien marocaine. Une société tangéroise a fourni sa marchandise à un gros bonnet de Casablanca. Le monsieur en question, portant -il faut le souligner au passage- létiquette dun grand parti aux commandes actuellement, a présenté des chèques sans provision de lordre de 5,6 millions de dirhams. La suite est plus grave. La société tangéroise a tenté de régler le problème à lamiable. Cela na pas abouti. Laffaire a été portée devant les tribunaux. Au lieu de procéder par |
|
| contrainte corporelle, comme le stipule la loi et comme le subissent bien des citoyens dans ce pays heureux, la justice na pas bougé le petit doigt. Le monsieur se balade à Casablanca sans être inquiété. De deux choses lune : soit la justice se couche devant les appuis, soit il ny a pas de justice du tout. Dans ce cas, il faut juste le dire, pour que chacun se fasse justice lui-même ou, dans le meilleur des cas, se trouve un appui encore plus fort que celui de son adversaire. Aujourdhui, alors que les tribunaux peinent à être indépendants, le ministère de la Justice signe un accord avec les Américains pour améliorer la législation commerciale. Messieurs, sagit-il vraiment dune question de législation ? Arrêtez de prendre les Marocains pour des dupes et les bailleurs de fonds pour des imbéciles. La réforme est une affaire dhommes, de principes et de convictions. Malheureusement, nous en manquons. Et je défie quiconque de prouver le contraire. |
|
|