Peine de mort. Demain, l'abolition ?
Justice. Pour une poignée de mouflons...
Chronique. Taxi !
Affaire. Mort suspecte aux Emirats
Festival. Jésus Superstar (à Marrakech)
N° 176
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Pêche. On se maquille pour l’inspection

Une commission officielle faisait le tour du port d’Agadir la semaine dernière. L’objectif était de sensibiliser tous les opérateurs de la pêche sur la prochaine visite (prévue pour la dernière semaine de juin) des inspecteurs de la commission européenne. L’inspection, que certains assimilent à une pression politique sur le Maroc, évaluera la conformité des produits de pêches aux normes européennes. Elle intervient deux ans après la remise d’un rapport sur les défaillances du système local. Les Européens pointent entre autres, le manque
d’hygiène dans les ports et l’état de délabrement de la flotte de pêche. Les recommandations de l’UE insistent entre autres, sur l’abandon des caisses en bois et la mise à niveau des pêcheries. Deux ans après ce rapport, l’état des lieux est loin d’être réjouissant. Ce qui explique que tous les ports de pêche subiront des liftings, des maquillages en fait, pour faire bonne figure au moment de la visite. à noter que la pêche hauturière tirera son épingle du jeu. Et pour cause. Le secteur est autorisé à prendre la mer à partir du 12 juin prochain. La fin de la période du repos biologique tombe pile avant la visite des inspecteurs. Vraisemblablement, donc, c’est la pêche côtière qui fera pâle figure.


Agriculture. Un autre revers pour le budget

Après la flambée des prix du pétrole, c’est au tour de l’agriculture de jouer un mauvais tour au gouvernement. La campagne céréalière sera moins bonne que prévue. Alors que les prévisions qui ont servi de cadre à la loi des finances 2005, tablaient sur une récolte de 60 millions de quintaux, la campagne 2005 n’apportera que 45 millions. L’effet de la sécheresse s’étend également aux cultures irriguées. Faute de réserve en eau, la priorité sera donnée à l’approvisionnement en eau potable et à l’arboriculture. Bonjour les dégâts pour le reste. Une commission ministérielle devait présenter au gouvernement un plan d’action jeudi dernier. Le centre de ce plan se focalisera sur le traitement de l’endettement des agriculteurs et les mesures d’aide destinées aux ouvriers agricoles. L’état mettra sans doute la main à la poche.


Télécoms. L’illimité limité

L'offre sur les numéros illimités à vie, lancée en grande pompe par Maroc Telecom, tourne court. Selon les opératrices du call center de l’opérateur, l’offre n’est plus valable, car le quota prévu au départ a été atteint. Vérification faite, les téléopératrices précisent que l’offre était limitée à 5000 abonnés au réseau de Maroc Telecom. Certains analystes expliquent que "l’essentiel pour l’opérateur était de gêner son concurrent qui a été le premier à lancer cette opération. Maroc Telecom a joué au trouble-fête pour gâcher l’effet d’annonce de Méditelecom". Oui, mais après ? Le hic est que les affiches continuent à véhiculer l’offre illimitée. La publicité, dans ce cas, ne serait-elle pas mensongère ?



Les off

Les textiliens n’ont pas apprécié les chiffres sur les pertes d’emploi communiqués par le Haut commissariat au plan. D'autant que les pertes dans le secteur informel ont été rattachées à celles des branches structurées du textile. Des observateurs continuent à soutenir que cette démarche s’inscrit toujours dans la guerre que se livrent Jettou et Lahlimi.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La CDG se prépare à la régionalisation. Une stratégie a été mise en place pour la création de délégations régionales. La première concrétisation de cette stratégie commencera par la ville de Fès. A l’instar de Casablanca, Rabat et Tanger qui ont de grands projets (Corniche, Bouregreg et Tanger Med), Fès se prépare à accueillir deux méga projets d’investissement pilotés par la CDG. Rien ne filtre sur la teneur de ces projets, à part le fait qu’ils seront structurants.


Transport. Arrêt de la grève

Ouf ! Les transporteurs ont mis fin à leur grève. L’arrêt des routiers est lourd de conséquences. Le moment a été malicieusement bien choisi. Le mouvement de contestation des transporteurs coïncide avec la saison d’approvisionnement en céréales importées d’Europe dans le cadre des quotas établis par l’accord d’association entre l’Union Européenne et le Maroc. La grève a duré 9 jours, laissant des secteurs stratégiques dans l’expectative. Les transporteurs bloquent l’activité économique à cause de la loi sur le tonnage et la responsabilité des transporteurs. Mise en œuvre suite à la réforme du secteur du transport des marchandises, cette loi fixe de manière drastique les tonnages réglementaires, ne laissant aucune marge de tolérance pour un secteur habitué à ne se plier qu’à sa propre loi.


Mine. Du diamant au Maroc ?

Le spécialiste du diamant, Metalex, une société canadienne, a obtenu une licence d’exploration sur une superficie de 11.294 kilomètres au sud du Maroc. Le deal porte sur une zone où l’Office des hydrocarbures et des mines était déjà très actif. Les indices qu’il a recueillis sont jugés très intéressants. Le permis d’exploration n’exclut pas l’Office qui demeure partie prenante dans la recherche du diamant en partenariat avec le canadien. Des sources bien informées indiquent que le canadien est déjà opérationnel en Mauritanie. Sa zone d’exploitation chez notre voisin du sud se prolonge vers le nord au delà des frontières marocaines. Les Canadiens pistent ainsi le filon et cela pourrait rapporter gros.


Importations. L'invasion chinoise

Le ministre du Commerce extérieur est clair : le rythme de pénétration des Chinois au Maroc fait peur. Lors des questions orales à la chambre des conseillers, Mustpaha Machahouri a révélé des chiffres qui font froid dans le dos. En trois mois, les Chinois ont atteint 1,2 milliard de dirhams d’importations. 2005 s’annonce bien. Si ce rythme est maintenu, l’année sera bouclée avec plus de 5 milliards de dirhams d’importations. Cela représente autant de pertes pour l’industrie locale. Des mesures de sauvegarde sont sérieusement envisagées au niveau international. Le Maroc passera également par là. à moins que ces dirigeants ne laissent faire par manque de bon sens, pour ne pas dire autre chose.



Khalid Tritki
Justice

Laissez-moi vous raconter une histoire de justice bien marocaine. Une société tangéroise a fourni sa marchandise à un gros bonnet de Casablanca. Le monsieur en question, portant -il faut le souligner au passage- l’étiquette d’un grand parti aux commandes actuellement, a présenté des chèques sans provision de l’ordre de 5,6 millions de dirhams. La suite est plus grave. La société tangéroise a tenté de régler le problème à l’amiable. Cela n’a pas abouti. L’affaire a été portée devant les tribunaux. Au lieu de procéder par
contrainte corporelle, comme le stipule la loi et comme le subissent bien des citoyens dans ce pays heureux, la justice n’a pas bougé le petit doigt. Le monsieur se balade à Casablanca sans être inquiété. De deux choses l’une : soit la justice se couche devant les appuis, soit il n’y a pas de justice du tout. Dans ce cas, il faut juste le dire, pour que chacun se fasse justice lui-même ou, dans le meilleur des cas, se trouve un appui encore plus fort que celui de son adversaire. Aujourd’hui, alors que les tribunaux peinent à être indépendants, le ministère de la Justice signe un accord avec les Américains pour améliorer la législation commerciale. Messieurs, s’agit-il vraiment d’une question de législation ? Arrêtez de prendre les Marocains pour des dupes et les bailleurs de fonds pour des imbéciles. La réforme est une affaire d’hommes, de principes et de convictions. Malheureusement, nous en manquons. Et je défie quiconque de prouver le contraire.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés