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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Je suis un bédouin indépendant"

Antécédents
Ali Anouzla, Directeur de la
publication de Al Jarida Al Oukhra
1963. Naissance à Agadir
1978. Mort de son père
1984. Intègre l’école de journalisme à Rabat
1988. Intègre Asharq Al Awssat dont il deviendra chef de bureau
2005. Lance Al Jarida Al Oukhra et provoque la colère du protocole royal, suite à un dossier sur la vie privée de Lalla Salma
Smyet bak ?
Ibrahim Ould Mohamed.

Smyet mok ?
Fatma Ment Bahia.

Nimirou d’la carte ?
GA 129. Court, facile à retenir. Généralement, on ne me croit pas quand je le donne.

Pourquoi, on vous le demande souvent ?
Dans les grandes surfaces, par exemple…

Vous êtes Sahraoui, journaliste indépendant et portez un prénom subversif, vous ne devez pas en être à votre premier interrogatoire, quand même ?
Non et je ne veux être que moi-même. Je suis un Sahraoui par l’ethnie et non par la géographie. Je suis un bédouin qui aime vivre dans les espaces ouverts et être indépendant.

Que faites-vous à Rabat, dans ce cas ?
J’ai ouvert les yeux, pour la première fois, au Sahara, puis je suis directement arrivé de Guelmim à Rabat. Au Sahara, c’est vrai qu’il y a une routine peu supportable, mais à Rabat, j’ai découvert une ville déprimante, surtout les dimanches après-midi. Alors que cette notion de temps n’existe tout simplement pas au Sahara.

Au point de vous faire rater une rentrée scolaire…
Oui, c’était en été et je suis parti chez la famille de ma grand-mère qui est toujours nomade. La coutume veut que les jeunes célibataires sortent nomadiser avec les chameaux. Cela peut prendre entre 3 et 6 mois. Je me suis oublié avec mes cousins et j’ai raté deux mois de scolarité.

Après votre départ d'Asharq Al Awssat, vous lancez votre propre hebdo. Pas très original, comme démarche…
Dites-moi ce que j’aurais pu faire d’autre… J’avais l’alternative de partir à l’étranger. Je viens de recevoir une proposition il y a tout juste deux jours aux émirats, que j’ai déclinée. La vie est une aventure. Ma relation avec le journalisme relève de la passion, peut-être de la fatalité.

Votre neuvième numéro a fait sortir le chargé du protocole royal de ses gonds. Que pouvait-il vous arriver de mieux ?
Rien, je remercie M. Lemrini pour son excès de zèle. C’est tout. Ce qui m’a étonné, c’est que sa réponse se limite à 5 paragraphes tout secs. Je me demande si un homme à un pareil poste de responsabilité n'aurait pas pu répondre plus élégamment.

Après tout ce temps, vous venez nous dire que le bon vieux Lemrini est incompétent ?
Je ne dis pas ça. Je dis qu’il exécute les instructions avec un zèle qu’on retrouve chez de nombreux responsables dans ce pays.

Votre tour de table est constitué de gens “riches, honnêtes et indépendants”. Ça existe ?
Ils ne sont pas si riches que ça. Beaucoup nous ont laissés tomber et d'autres nous ont soutenus.

Lors de votre séjour en Libye, vous avez tenu un carnet de notes que vous avez appelé “le colonel isolé”. Vous ne seriez pas en train de plancher sur un “monarque isolé” ?
Beaucoup de journalistes tiennent des carnets de notes. C'est ce que j'ai fait en Lybie. Le roi du Maroc n’est pas isolé, mais il est mal entouré.

Vous en voulez toujours à Benaïssa de vous avoir fait virer d'Asharq Al Awssat ?
Je n’ai jamais dit ça. Je note cependant, que durant cette semaine, le syndicat de la presse britannique a défendu les journalistes licenciés par le quotidien alors que chez nous, le syndicat de la presse était trop occupé à défendre Tayssir Allouni pour s’occuper de notre cas.

 
 
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