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Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

France. De Villepin contre l’immigration clandestine

Dominique De Villepin (AFP)
Mercredi, le ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, a sorti l’artillerie lourde en présentant son plan de lutte contre l’immigration clandestine, "une réalité en France" qu’il estime "entre 200 000 et 400 000 personnes". Le ministre veut lutter contre tous les artifices : visas de court séjour qui se prolongent, mariages blancs, fraudes à l’identité…
Question moyens, un comité interministériel sera mis en place pour améliorer la coordination des services concernés. Une "police de l’immigration", dotée de 600 agents supplémentaires pour la PAF, sera créée. 100 millions d’euros seront consacrés à l’éloignement des étrangers. Un visa de séjour biométrique,
avec photo et empreinte digitale, qui permettra de retrouver l’origine des ressortissants sera mis en place. Enfin, le Code civil serait modifié pour que la transcription des mariages étrangers "cesse d’être de droit".
Le ministre veut parvenir au chiffre de 20 000 conduites à la frontière en 2005 (contre 15 000 en 2004). "Face à l’immigration massive, la règle, c’est la fermeté", a-t-il dit. Il a indiqué qu’il était "hors de question" d’imiter l’Espagne ou l’Italie en envisageant une régularisation des étrangers sans titre de séjour en règle. Selon lui, les deux vagues de régularisation de 1981 et 1997 n’ont fait que "créer un appel d’air et produire de nouvelles arrivées". La Ligue des Droits de l’Homme a condamné ces mesures "qui ne résoudront rien".


Bréseil. Les Arabes et les Sud-Américains

C'est une première. Brasilia a accueilli mardi et mercredi le premier sommet des pays d’Amérique du Sud et des pays arabes. Les présidents de l'Irak, de l'Algérie et de Djibouti, Mahmoud Abbas, le Premier ministre du Liban, de Syrie… ont rencontré huit chefs d’état ou de gouvernements sud-américains. L’objectif de ce sommet original est de contrecarrer l’hégémonie américaine et de favoriser les échanges commerciaux entre les deux mondes.
Les 34 participants ont reconnu dans leur déclaration finale "le droit des peuples à résister à l’occupation étrangère" et réaffirmé "l’établissement d’un état palestinien". Ces formules ont suscité l’inquiétude des états-Unis et d’Israël. Petit accroc : Mahmoud Abbas a qualifié "d’anti-démocratique" la suggestion de Sylvan Shalom d’annuler le retrait de la bande de Gaza en cas de victoire du Hamas.


Caucase. Bush triomphe en Géorgie

Carton plein pour George W. Bush. Sa croisade caucasienne a été un triomphe. Lors des cérémonies du 60e anniversaire sur la victoire du nazisme à Moscou, le président américain a donné des leçons de démocratie à Poutine. Bush a multiplié les interventions dans les zones d’influence. En visite en Géorgie, il a vanté les mérites de la révolution qui a porté Mikhaïl Saakachvili au pouvoir fin 2003. Bush, s’est dit "certain que la Russie reconnaîtra le bénéfice qu’il y a à avoir des démocraties à ses frontières". Il est allé jusqu’à proposer son aide à Tbilissi pour résoudre les tensions en Abkhazie et en Ossétie du Nord, territoires dominés par la Russie. "Nous voulons vous aider à réaliser votre objectif" d’adhérer à l’Otan. Seul bémol : une grenade non armée a été trouvée près de la tribune du président.



Vite !

Nouvelle fausse alerte ! Ne répondant pas aux appels de sécurité, un petit avion a créé un tohu-bohu, mercredi à
Washington. La Maison Blanche et le Congrès ont été évacués. Des chasseurs F-16 et un hélico Black Hawk ont décollé et forcé l’avion à atterrir. Apparemment, les pilotes étaient en règle. Bush ? il faisait du vélo au moment de l’alerte…

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L'UOIF se radicalise. Fouad Alaoui, son secrétaire général, a claqué la porte du Conseil Français du Culte Musulman, suite à la nomination de Hassan Alaoui Talibi au poste d’aumônier général des prisons. L’UOIF était contre. Elle cherche à se réconcilier avec sa base qui la trouvait trop docile avec les pouvoirs publics, à l’approche des élections capitales du renouvellement de l’instance du 19 juin.


Iran. Rafsandjani candidat

C'est désormais officiel. Mardi, Akbar Hachémi Rafsandjani est officiellement candidat à l’élection présidentielle du 17 juin prochain. Prétendant à la succession du réformateur Khatami, Rafsandjani a décidé de fonder sa campagne sur la libéralisation économique et la détente avec les états-Unis. Président de 1989 à 1997, il occupe depuis la direction du puissant Conseil de discernement, une instance d’arbitrage du régime. Il se présente comme un pragmatique modéré et semble avoir toutes ses chances. Mais il n’a pas toutes les cartes en main. à l’heure où le nucléaire iranien est en ligne de mire, il lui sera difficile de montrer patte blanche. à Téhéran, c’est l’ayatollah Ali Khamenei qu’on écoute sur les questions de politique intérieure et extérieure fondamentales.


Afghanistan. Karzaï appelle à l’aide

Le président afghan Hamid Karzaï a plaidé mercredi à Bruxelles pour le maintien de l’Otan en Afghanistan, le temps de consolider la démocratie et la sécurité de son pays. Karzaï a souligné que les événements de Jalalabad où quatre personnes ont été tuées lors d’une manifestation apportaient la démonstration que les institutions afghanes n’étaient pas encore mûres. Le président afghan a spécifiquement appelé l’Otan et la communauté internationale à rester dans son pays, y compris après les élections législatives du 18 septembre. La tenue de ces élections marquera la fin du "processus de Bonn", du nom des accords conclus après le renversement du régime des talibans. Mais "il va falloir encore de nombreuses années avant que le pays soit capable de marcher sur ses deux pieds, en termes d’institutions démocratiques et de sécurité", a-t-il indiqué. "Si vous partez, vous laisserez le travail inachevé".


Boutef. Les Français ont été des nazis

Bouteflika attend le pardon de la France. à l’occasion du 60ème anniversaire des massacres de Sétif du 8 mai 1945, Abdelaziz Bouteflika, a fait lire par son ministre des Anciens combattants, Mohammed Chérif Abbas, un long texte passionné. "Qui ne se souvient pas des fours de la honte installés par l’occupant dans la région de Guelma (…). Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis", a affirmé le président.
Le président ajoutait : "Nous ne pouvons oublier les centaines de massacres commis auparavant et les nombreux fours installés". Dans le même message, Bouteflika a évoqué les "enfumades de Dahra" au XIXème siècle, "œuvre des bourreaux Bugeaud et Pelissier", dans l’ouest algérien. Bouteflika a demandé à la France un "geste plus probant qui libérerait sa conscience". Le ministre des Affaires étrangères français a vite tempéré en appelant mercredi au "respect mutuel".



Lu pour vous.
Saad Hariri veut réussir
(The Daily Star (Liban), 11 mai 2005)

Éditorial

Si Rafik Hariri était le martyr auquel on s’attendait le moins, son fils, Saad Hariri, est le politicien auquel on pense le moins. Tout au long de sa vie, le jeune Hariri s’est éloigné de la vie politique pour se concentrer sur le monde des affaires. Saad fit même pression sur son père pour abandonner la politique après que Rafik Hariri fut mis sous l’éteignoir par le Président Emile Lahoud.
Aujourd’hui, Saad est rattrapé par cette responsabilité, un fardeau peu enviable malgré le prestige dont il a hérité depuis la mort de son père. Saad se sent obligé maintenant de participer à la scène politique glissante.
Saad ne porte pas le fardeau de son père sur les épaules. Le nouveau-venu, vierge de tout soupçon, peut apporter des idées fraîches au paysage politique. Son inexpérience dans les chemins tortueux de la scène politique jouera en sa faveur. Jamais confronté à la réalité corruptrice, il peut résister aux aspects négatifs de gouvernance qui prévalent ici. Peu de Libanais sont qualifiés pour en faire autant. Il peut fédérer les masses au delà de leurs différences confessionnelles.
En plus de sa naïveté politique, il peut aussi tirer profit du legs de son père. Le bien le plus précieux de Rafik Hariri était son esprit d'initiative. Il avait réussi à dépoussiérer le monde politique et le look d’après-guerre du pays. Les Libanais en étaient fiers. La scène politique mérite le même traitement. À Saad de jouer.

 
 
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