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Par Karim Boukhari
Enquête. Pornographie et abus de confiance
À Agadir, un touriste européen fait circuler des photos porno sans lautorisation des figurantes. Plus de 80 femmes, toutes marocaines, seraient concernées. 7 sont déjà en prison, et le touriste a disparu. Enquête sur un scandale en passe de devenir national.
"Tout est parti de la plainte déposée par Samira*. Sil ny avait pas eu de plainte, il ny aurait pas eu daffaire, ni de personnes jetées en prison" (ndlr : un homme, sept femmes dont la plaignante !). Cest une source très proche du dossier qui nous |
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fait cette surprenante déclaration. Le 22 avril, Samira, une institutrice de 42 ans, célibataire, résidant au quartier populaire de Sidi Youssef à Agadir, apprend, par lune de ses amies, quun CD comprenant des photos pornographiques, dont les siennes, est mis en circulation, au prix de 25 dh. Samira se rend chez un certain Hassan, censé graver et revendre le fameux CD. Elle ne trouve pas le CD, mais on lui indique une adresse internet à partir de laquelle toutes les photos ont été prises. Pas de chance, le site en question, www.marocsluts.tk ("sluts" veut dire "putes" en anglais) est désormais fermé et Samira finit quand même par se procurer une copie du CD de lune de ses proches. Le prix est déjà descendu à 10 DH, tout le quartier ne parle plus que du CD, et Samira choisit alors de prendre les devants, en adressant une plainte au parquet dAgadir, au sujet "de photos pornographiques la concernant, prises et commercialisées sans son consentement". Le procureur saisit immédiatement la police judiciaire dAgadir qui convoque la fille et investit le local du revendeur.
Le 28 avril, déjà, laffaire prend un tour nouveau. Samira change son témoignage : "Oui, ces photos ne sont pas truquées, elles ont été prises avec mon consentement par un touriste belge de 36 ans, qui s'est présenté sous le nom de Philippe Sarfati, et se disait journaliste au quotidien "Le Soir" (
) Jai connu Philippe en janvier 2001, via un banal Chat internet. Il ma promis le mariage et sest déplacé jusquà Agadir, quelques semaines plus tard pour y passer son congé. Nous sommes beaucoup sortis, nous faisions lamour librement, je me pliais à toutes ses demandes". Un an plus tard, Philippe revient à Agadir, revoit Samira et lui demande, cette fois, de poser pour lui, dans des positions clairement pornographiques. "Jai accepté, raconte Samira, parce quil ma convaincu que ces photos étaient destinées à lui exclusivement, pour se rappeler de moi quand il serait en Belgique
". Lhistoire damour, et de sexe, sétale ainsi sur deux années, pendant lesquelles Philippe effectue plusieurs allers-retours à Agadir. "Même quand il était chez lui, dans son pays, il menvoyait des mails pour entretenir notre histoire et je mouvrais à mon tour à lui pour lui raconter tous mes secrets. Je ne me suis jamais doutée de rien et, pour me prouver sa bonne foi, il est allé jusquà menvoyer, une fois, lune des photos quil avait prises de moi. Je lai cru jusquau jour où jai découvert, presque par hasard, grâce à lun de ses SMS téléphoniques, quil était de nouveau à Agadir".
Le récit de Samira ouvre le bal pour les enquêteurs qui découvrent, pour commencer, un CD compilant pas moins de 193 photos. Samira passe rapidement en jugement et écope dune année de prison (pour "débauche et conception dimages pornographiques par lexposition des organes et lexercice dactivités sexuelles") assortie de 3000 dh damende. Le revendeur et son frère héritent, chacun, dune amende de 5000 dh. Mais laffaire ne fait que commencer. Une équipe de sept policiers de la PJ dAgadir décortique les photos, ratisse le terrain et multiplie convocations et interrogatoires. "Daprès nos premiers éléments, admet cette source policière, laffaire concerne au bas mot 80 filles, dâges et de conditions sociales très différents. Plusieurs appartements, villas ou chambres dhôtels semblent avoir été utilisés". Les policiers font appel à leurs informateurs habituels pour déterminer les identités des unes et des autres. Ils multiplient les convocations ou font du porte-à-porte, montant parfois la garde autour des lieux de passage habituels des filles identifiées. Les premières filles repérées habitent presque toutes aux quartiers de Sidi Youssef, Al-Massira, ou Sidi Bouknadel, tous assez pauvres. En dix jours, onze filles sont identifiées dont sept sont jugées en un temps record, les quatre autres ayant pris la fuite sans laisser de traces. Deux cas retiennent particulièrement lattention. Celui de Manal, pour commencer. 24 ans, ouvrière dans lune des conserveries de poisson de la ville, Manal est draguée un jour, dans la rue, par un touriste du nom de Philippe. "Il ma dit quil était européen, quil aimait le Maroc, et quil voulait mépouser pour memmener plus tard en Belgique". La rencontre a eu lieu en 2004. Comme les autres filles, Manal est parfaitement consentante. Philippe lui fait lamour dabord "classiquement" avant de passer aux prises photo et aux fantasmes les plus excentriques. "Un jour, Philippe ma demandé avec insistance de me présenter à lui, vêtue à la traditionnelle, avec jellaba et foulard. Je suis allée chercher tous ces vêtements chez moi". Cest pratiquement en "voilée", la tête basse, que Manal subit les assauts de Philippe, debout, en plein exercice déjaculation faciale. Quelques plans plus tard, la même Manal, cette fois sans jellaba ni voile, mais avec une laisse autour du cou, des pinces sur les mamelons, et un crachoir au niveau du bas-ventre, subit de plein fouet un jet durine de Philippe
"Les filles nous ont expliqué quelles étaient en confiance, analyse cette source impliquée dans lenquête. Elles ont accepté sans hésitation dexécuter des fantasmes et de prendre des risques (celui de se laisser prendre en photo) quelles refusent habituellement à leurs partenaires marocains. Comme un boxeur en face dun adversaire qui ne lui ferait aucun mal, elles ont baissé la garde". Manal, pourtant aux revenus très modestes, na jamais demandé dargent à son partenaire de quelques semaines. "Pour moi, comme pour lui dailleurs, il na jamais été question dargent. Je lui ai offert mon corps, jai exécuté toutes ses volontés, jai accepté quil prenne des photos de moi, jai tout fait parce quil ma rapidement convaincue quil maimait, quil comptait se marier avec moi et memmener, un jour ou lautre, en Belgique, le pays où il disait résider". Manal révèle au passage ce que tout Agadir, et quelques initiés à travers tout le Maroc et peut-être aussi ailleurs, savaient déjà : les photos sont en circulation sur Internet depuis trois mois, déjà. "Oui, avoue-t-elle aux enquêteurs, on ma dit que ces photos existaient depuis trois mois, mais je ne pensais pas y figurer, je laurais su plus tôt si un membre de mon entourage, ou quelquun qui me connaît, était tombé dessus".
Le cas d'Amina est encore plus stupéfiant. Cette jeune fille qui se trémousse fiévreusement autour de Philippe est âgée de 17 ans à peine. Une mineure. Elle est, en plus, mariée depuis 2001, soit depuis ses 14 ans ! La jeune femme est passée, mardi, en jugement devant le tribunal pour mineurs dAgadir. La séance était à huis clos, mais des échos ont filtré au-delà de lenceinte du tribunal. "Jai eu des problèmes dans mon couple, ma belle-famille ma chassé de la maison et mon mari multipliait les séjours à lhôpital psychiatrique. Javais besoin dargent pour survivre, Philippe men donnait
". Amina, qui vend occasionnellement son corps, avait entamé une procédure de divorce qui allait aboutir à la date du 2 juin 2005. Elle a été arrêtée quelques semaines avant.
Une autre fille risque de rater un rendez-vous important à cause du scandale dAgadir : Hafida, la trentaine, dont le mariage, après une longue préparation, était prévu en juin 2005. Hafida, une enseignante parfaitement bien dans sa peau, sest littéralement évaporée dans la nature depuis deux semaines. Elle ne supportait plus les remarques, les chuchotements de ses collègues, de ses élèves, de sa direction, etc. Le plus dramatique, cest que Hafida napparaît que dans deux photos "normales", seule, habillée, en pleine rue, sans aucune connotation sexuelle. Sa présence sur le site, et sur le CD, nest peut-être que le résultat dune affreuse plaisanterie
Fatéma est encore un cas particulier. 23 ans, sans profession, issue dun milieu modeste, cest une fille "qui sort" selon la formule consacrée. "Un jour, je me baladais avec ma copine Bahija dans le centre-ville quand un touriste européen sest présenté à nous. Cétait un journaliste belge. Il nous a draguées avant de nous donner rendez-vous plus tard, pour laccompagner dans un studio quil louait au centre-ville. Nous y sommes allés tous les trois, il nous a prises toutes les deux en photo, nous a donné plusieurs cadeaux dont une chemise de nuit et a choisi de faire lamour avec mon amie, pendant que je les attendais au salon. Les photos étaient juste des souvenirs personnels dont il disait avoir besoin pour son album-souvenirs
". Fatéma a écopé, vendredi dernier, de quatre mois de prison ferme, assortis dune amende de 3000 dh. Sa copine Bahija est en fuite.
Habiba, 25 ans, divorcée, ne se rappelle pas exactement des circonstances dans lesquelles elle a connu Philippe. "Jai connu beaucoup de touristes. Depuis mon divorce, jai atterri à Agadir et, faute de travail, je sors avec les hommes, surtout les étrangers de passage dans la ville". Habiba a eu besoin de voir ses photos sur le fameux CD pour rattraper un vague souvenir de ce qui sest passé. "Je me rappelle de la résidence où ces photos ont été prises. Il (le touriste) disait que cétait pour lui, comme un souvenir. Mais je ne me souviens pas de lui, cétait un étranger, cest tout
".
Bien que le coup de filet de la police nait touché que sept filles sur "plus de 80", les grandes lignes de lenquête se dessinent déjà. Toutes les filles ne sont pas des prostituées, loin de là. Sur les sept déjà en prison, seule une semble exercer ouvertement le plus vieux métier du monde. Tous les âges sont représentés, de 17 à 45 ans. "Nous avons limpression, révèle cet enquêteur, davoir affaire à quelquun qui a soigneusement étudié la rue marocaine, pour fantasmer sur toutes les possibilités quelle offre, sans exception". Doù, probablement, la présence de la jeune, de la "mûre", la blonde, la brune ou la noire, la grosse, la fine, la belle, la quelconque, la grande, la petite, la voilée, la délurée, lécolière, lenseignante, linstruite, lanalphabète, la divorcée, la mariée... Sans doute le fait du hasard, celui du Chat sur Internet, ou de la rue, qui peut vous faire rencontrer une large mosaïque de la gent féminine au Maroc.
Les "prises de vue" de Philipe sont étalées sur trois ans au moins, entre 2001 et 2004. Ce qui suppose que lhomme a eu le temps de trier les résultats de son "travail", et de garder peut-être quelques clichés sous le coude. Les enquêteurs nécartent pas non plus lhypothèse dun film tourné avec les mêmes filles, ou avec dautres. Mais rien natteste, pour le moment, lexistence dun éventuel réseau, ni même dintermédiaire. Philippe, daprès les sept filles déjà arrêtées, prenait lui-même ses photos à laide dun petit appareil numérique, parfois dun portable. "Même si le cadrage des photos peut paraître très bon, nous explique-t-on, cela veut simplement dire que Philippe a gardé les meilleures photos et rejeté celles qui étaient mal cadrées". Plausible. Mais il est clair que cest le même Philippe qui sest amusé à créer un site Internet pour héberger ses photos, dans lesquelles les traits de son visage sont systématiquement gommés. Il gomme aussi les yeux, parfois le visage de certaines partenaires, ou simplement de femmes prises en photo. Parmi elles, lune semble être connue à Agadir pour ses activités dentremetteuse
Autre détail : la présence, sur certains plans, dun partenaire de couleur, en pleine activité sexuelle avec les conquêtes de Philippe. "Il sagit dun sub-saharien", sentend-on répondre ici et là. Mais rien nest moins sûr, lhomme est noir et il pourrait tout aussi bien être Arabe, Européen ou Américain. Aucune des filles arrêtées ne la reconnu
et aucune question le concernant na encore été posée par les enquêteurs.
Reste le contenu des photos, qui promet de constituer, dans les jours qui viennent, un véritable casse-tête pour les enquêteurs. "Même dans le genre hard, cest très poussé, commente presque malgré elle cette source proche de lenquête. Philippe use et abuse des rapports de domination et de lavilissement de ses partenaires, a priori toutes consentantes. Les éjaculations faciales deviennent systématiquement des maculations faciales, même lurine est de la partie dans des mises en scène très élaborées. Sans parler de lutilisation excessive du voile et des prises à quatre pattes dont certaines évoquent vaguement des positions de prière". Troublant, en effet. Cest cet aspect des fantasmes mémorisés par le touriste à la gâchette facile qui préoccupe le plus la police à Agadir, et probablement encore à Rabat. Rabat, justement, qui a donné des consignes strictes pour que lenquête avance vite et que "les filles en action" soient rapidement traduites en justice. Au rythme où vont les choses, onze condamnations dont huit à des peines privatives de liberté, le tout en deux semaines à peine, les consignes sont exécutées avec encore plus de célérité que prévu.
* Tous les prénoms figurant dans cet article ont été changés pour protéger les intéressées
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Philippe Sarfati. Le mystérieux touriste belge
Philippe Sarfati ne sappelle peut-être pas Philippe Sarfati. Et il ne travaille probablement pas au quotidien belge "Le Soir". Les filles qui lont connu se souviennent presque toutes dun "Philippe Sarfati, belge, journaliste au Soir". Impossible, pour le moment, de recouper linformation. Au quotidien "Le Soir", ce nom névoque rien à priori. Le seul Philippe Sarfati existant, dans labsolu, est un directeur local dune vague association pro-israélienne. Et il est Français ! Mais le plus étonnant, cest que lenquête de la police na, pour le moment, pas creusé la piste du touriste européen. Elle semble même soigneusement léviter. "Nous avançons pas à pas, mais on finira par déterminer lidentité du touriste", assurent les enquêteurs. Rien nest moins sûr. Sur les PV des interrogatoires, aucune question sur le descriptif du personnage, notamment les traits de son visage, si soigneusement cachés dans les photos, nest soulevée. Aucun portrait-robot na été dressé alors que la police semble en avoir largement les moyens. Aucun recoupement, non plus, na encore été effectué auprès des hôteliers dAgadir, de la police des frontières et de lambassade de Belgique. Le meilleur témoin, le concierge qui sous-louait lun des appartements qui ont servi à "Philippe", est en prison, déjà jugé et condamné à quatre mois de prison ferme (et une amende de 5000 dh). "Il sappelait Philippe, et la sous-location se fait généralement en absence dune pièce didentité", sest-il contenté de répondre aux enquêteurs qui nont pas cherché, eux non plus, à aller plus loin
"Philippe Sarfati" a la quarantaine. Il est Belge ou Français. Brun, il porte un signe distinctif au bas du dos et au niveau de la jambe droite, et il a effectué plusieurs séjours au Maroc, depuis janvier 2001 ou même avant. Dans labsolu, il est même possible quil se trouve au Maroc, même si lune des victimes a affirmé au cours de lenquête : "Philippe ma contactée il y a quelques jours, pour me dire quil était en Belgique, et quil est au courant de la tournure prise par les événements
Il ma dit quil était désolé et il ma promis de maider, me proposant même un mariage en Iran quand tout rentrera dans lordre". En Iran ?! |
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Rumeurs. Peur sur la ville
Agadir ne parle que de ça, évidemment. Il nest pas rare de sentendre dire, ici et là, "Oui, oui, il y en a une de mon quartier sur le CD". Tout le monde parle du CD, acheté, selon le niveau social des quartiers, à 10 ou 25 dh. Mais rares sont ceux qui reconnaissent se lêtre passé ou repassé en entier. Même les premières concernées. "En principe, avertit cette source policière, toute personne possédant le CD est passible, au moins, dêtre entendue par la police judiciaire". La condamnation à 4 mois de prison des frères H., qui auraient gravé et commercialisé le premier lot des CD coupables a agi comme un avertissement général. Curieusement, même les mosquées locales, pourtant promptes à rebondir sur ce genre daffaire, semblent observer le même mutisme. "Il ny a pas que la peur de la police, observe ce notable de la ville, les gens estiment que le CD nest que la partie visible de liceberg, que des films ont peut-être été tournés, que de nouvelles filles, de nouvelles familles pourraient être éclaboussées". A Agadir, personne na oublié ce premier montage photographique, probablement réalisé en 2003, diffusé sous la table, montrant "un couple arabe" en pleins ébats sexuels. Personne na oublié, non plus, ce film X amateur "avec des Arabes en action", et dont la diffusion, heureusement, na jamais atterri sur le réseau Internet. Pour le reste, les commentaires et les rumeurs les plus malveillants alimentent la chronique quotidienne. Sur les appartements et les hôtels qui semblent figurer sur les photos, sur les filles ("Je savais qu'unetelle était une kamikaze du sexe"), sur ce quon pourrait découvrir demain. Déjà, les premiers concernés, hommes et femmes, ont choisi, pour ceux qui peuvent se le permettre, de signer des congés maladie prolongés. Dautres ont quitté précipitamment la ville. Ceux qui restent ont du mal à répondre aux saluts et aux regards inquisiteurs, aux nouvelles blagues qui font le tour de la ville. Exemple de cette boutade lancée à un Gadiri par ses amis dun soir : "Hé, il te suffit de prendre lune de ces photos et de la commercialiser pour nous offrir une tournée générale au bar de lhôtel le plus cher !". |
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Dernier mot. Hypocrisie (par Karim Boukhari)
Le scandale dAgadir en un mot : désolant. Comment peut-il en être autrement ? Début 2005, quelquun met en ligne une série de photos pornographiques que dautres ont gravées et diffusées. Le site aurait été fermé en avril, mais les images ont fait le tour dAgadir, et bien au-delà. Et il a fallu que lune des victimes porte plainte pour quelle soit elle-même arrêtée, entraînant dans sa chute une dizaine de personnes pour le moment, sans parler de ces dizaines dautres, dont la liberté et lhonneur restent en suspens
Et voilà comment la vie intime des gens, parfaitement assumée même quand elle déborde des standards de la "normalité", devient une (mauvaise) affaire publique quand des mains et des regards indiscrets sen mêlent. Voilà aussi comment des victimes (les filles) qui ont cru aux mirages du mariage ou de lémigration se retrouvent derrière les barreaux.
Philippe Sarfati na pas mis le doigt que sur lintimité de certaines Gadiries, mais aussi sur un système judiciaire totalement hypocrite. Ce ne sont pas les actes (une sexualité exubérante, à lexpression par moments étrange) qui ont fait condamner les filles, mais lexistence et la diffusion des photos les mettant en scène. Plus inquiétant encore est le peu dempressement dont la police, et la justice, font preuve dans la quête de lidentité véritable de Philippe Sarfati. Qui peut croire que le Maroc est incapable de déterminer, quatre ans après les faits, lidentité de ce visiteur, ses traces dans les divers établissements hôteliers, ses nombreux passages par les aéroports du royaume, etc ? Cette affaire n'est pas finie. Espérons-le, en tous cas. |
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