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N° 177
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Expos. Plus jamais ça !

L'art contre la violence (DR)
Deux ans après le 16 mai 2003, il y a profusion d’évènements artistiques sur le thème du "plus-jamais-ça". Avec plus ou moins de bonheur. Casablanca et Rabat accueillent actuellement deux expositions d’images. La première, " Terrorisme & Liberté ", annoncée avec forces encarts publicitaires, promet une centaine de photographies d’actualité. On se demande pourtant ce que veut montrer la succession laborieuse d’images d’archives. La sélection est plus qu’arbitraire et le tout dénote d’une maladresse évidente. à l’arrivée, un amas informe d’une cinquantaine de photos, et surtout l’impression de s’être fait abuser par la pub. Pourquoi
une "exposition photographique internationale" pour un résultat aussi médiocre ? Le ministère de la Communication, parrain de l’expo, a certainement de l’argent à revendre. Le Goethe-institut et Art’com, eux, se sont entourés de professionnels, pour "l’art contre la violence". ça donne une vingtaine de réalisations qui dénotent d’une recherche conceptuelle et technique aboutie. Ces étudiants en art sont prometteurs. Sur la place Mohammed V à Casa, les affiches, agrandies au format billboard, ne laissent pas indifférent, c’est qu’elles rendent compte d’un réel désir d’expression. L’enthousiasme des jeunes sauvera l’art au Maroc. Ou pas.

"Terrorisme & Liberté" du 23 au 27 mai à Casablanca Centre Culturel Sidi Belyout.
"L’art contre la violence" jusqu’au 10 juin au Goethe Institut Casa.



Boulevard des jeunes musiciens. Les nouveautés 2005

C'est un nouveau bond qualitatif pour le Boulevard des jeunes musiciens. Après l’emblématique édition 2003 qui, pour la première fois, sortait des couloirs de la FOL pour s’installer, au vert, entre les gradins du stade COC, le festival s’offre une seconde scène. Le Racing universitaire casablancais (RUC) accueillera les tremplins de l’après-midi avant que le public ne converge vers le COC pour les soirées 100% têtes d’affiche. Fort du souvenir des 30 000 spectateurs amassés pour Gnawa Diffusion, l’équipe a préféré anticiper sur ce 7ème BJM. Autre nouveauté : le "Soukasso" dans lequel les associations phares du pays ALCS, LDDF, AMDH, Fnuap…installeront leurs stands. Cerise sur le gâteau, les Boulevard 2005, c’est un jour de plus : histoire de laisser s’exprimer une tendance électro à qui poussent des ailes. PS : avec une explosion des dossiers de candidature reçus( plus de 80), le hip hop affiche lui aussi une grande forme.


Tournage. Tabite est monté

Nabyl Lahlou apporte les dernières retouches (doublages, montage de la dernière bobine) à son 8ème long métrage, Tabite or not Tabite. Il en est aujourd’hui satisfait au point de le considérer comme sa "première carte de visite". Aidé de près par sa compagne dans l’art et la vie, Sophia Hadi, il lui a fallu dix mois de travail pour achever ce film qui s’annonce onirique de bout en bout. Le commissaire Tabit, campé par Nabyl lui-même, est pris dans un tourbillon d’abus de pouvoir (phallique), de châtiment humain et d’impasse politique. Un film très parlant, comme d’habitude. Nuance, cette fois-ci, le créateur veille à soigner sa copie.


Sortie. Lila dit ça

Réalisé par Ziad Doueni, ancien caméraman de Quentin Tarantino, sur une B.O. du groupe Air, "Lila dit ça" raconte l’histoire d’amour platonique d’un jeune beur follement amoureux d’une ado blonde comme les blés. Faussement provocatrice, Lila (Vahina Giaconte), est en réalité vierge. Influencé par l’overdose de sexe dans la presse jeune, elle s’imagine que le vocabulaire porno et les attitudes suggestives sont l’unique façon de dire "je t’aime" de nos jours. Chrimo, campé par Mohamed Kouhas, un acteur débutant d’origine marocaine, saura lire entre les lignes le manque d’amour de Lila. Par contre, ce langage ne sera pas compris par les lascars du quartier qui la puniront cruellement de tant de "liberté virtuelle". Le film baigne dans une ambiance tantôt onirique, tantôt réaliste, sous la lumière aveuglante de Marseille. A l’affiche au cinéma Lynx de Casablanca.


Cannes. Potins de la Croisette

Le patron du groupe Maroc Soir, Othman El Oumeïr, est un fidèle des festivités cannoises depuis 20 ans. Cette année encore, il a répondu présent à l’appel…du haut de son yacht privé baptisé Ammoun.
Cannes a renforcé les cordons de sécurité, au lendemain de la projection du film de Lars Von Trier "Manderlay". Le film, qui est une critique violente de la société américaine, a encore une fois soulevé la polémique, laquelle a été accentuée par la déclaration du réalisateur qui a traité Georges Bush de "con".
Le directeur du Festival du film de Berlin Dieter Kosslick a été interdit d’accès à la soirée allemande organisée lundi dernier à la Villa Babylone. Et pour cause, il avait égaré son carton d’invitation. Célébrité ou pas, les Allemands sont à cheval sur le règlement.


Concert. Lara, je t’aiiiime !

Entre un concert au Portugal et un autre en Russie, Lara s’arrête à Casa pour chanter "en toute intimité", son dernier album. Johnny Hallyday a dit d’elle "c’est moi en nana !". Tous les amoureux de Johnny pourront donc aller au Megarama, le 26 mai à 21h, voir le rocker en jupe. La chanteuse belge (non, toutes les chanteuses hurleuses ne sont pas canadiennes !) chantera à guichet fermé, les 800 places étant déjà vendues. Lara pèse lourd : 700.000 DH, c’est le coût du concert au Megarama (le cachet de la star en dévorant l’essentiel), 2 albums "Carpe diem" et "Pure" vendus à plus de 3 millions d’exemplaires dans la francophonie, plus de 6 millions de CD vendus en France et des concerts à gogo.l
Infos line 022 36 73 33.


Peinture. Fanida a du goût

L'artiste peintre Fanida Mkinsi expose jusqu’au 31 mai au centre culturel de l’Agdal. L’exposition intitulée "Lumière" est une sélection de toiles réalisées entre 2000 et 2005. Si les thèmes, qu’elle a choisis peuvent sembler classiques, elle fait montre d’une maîtrise technique parfaite. L’artiste a choisi le figuratif, elle a été classée impressionniste par la critique dès le début des années 90. C’est dans cette voie qu’elle persévère et innove à la fois. Ses thèmes de prédilection sont les paysages naturels et les monuments (Oudayas, Menara) et on perçoit, chez elle, une sensibilité qui transparaît dans la justesse de ses paysages de couchers du soleil. Espérons que l’on aura l’heur de voir ses tableaux dans d’autres villes, bientôt.


Bibliothèque. Le geste princier

La fondation du roi Abdelaziz a vingt ans. à l’occasion, le prince Abdallah a décidé d’élargir le bâtiment de la bibliothèque. En plus de l’enceinte actuelle, qui accueille 400 lecteurs, les appartements attenants seront réaménagés en salles de lecture et rayons d'archivage des acquisitions. Le parking situé derrière la mosquée a été rachetée et accueillera dorénavant un troisième bâtiment. Le complexe à venir permettra à la fondation d’accueillir 850 lecteurs. Quant à la capacité de stockage, elle passera de 500 000 à 1 million de documents. Voilà qui conforte cette institution dans ses orientations libérales, favorisant le savoir et le débat public et réjouira étudiants et chercheurs.


Cinéma. Le retour du court ?

Une bonne nouvelle pour les amoureux de cinéma : le 31 mai prochain seront présentés, en avant-première au Mégarama, trois courts-métrages du réalisateur casablancais Kamal Belghmi. Ces opus, tournés en 35 mm et dans les trois langues parlées au Maroc (berbère, darija et français) seront par la suite projetés, à tour de rôle durant tout le mois de juin, avant le film principal de chaque séance. L’auteur a choisi, pour thèmes principaux de ses histoires, la jeunesse et la culture marocaines. Alors que des salles de cinéma ferment chaque semaine, voilà une initiative bienvenue et salutaire pour le cinéma marocain. Le court-métrage est un galop d'essai pour tout réalisateur, avant de passer au long.


Rencontre

Salim Jay présente son Dictionnaire des écrivains marocains (Eddif) le mardi 24 mai à 19h à la médiathèque de l’IF Casa. L’occasion de débattre avec lui de ses choix très personnels et d’engager la discussion sur ces coups de foudre et de gueule, mais aussi pour partager des fous rires avec un amoureux du livre.


Battle Maroc-Algérie

Hicham Abkari, président de la Fédération de l’Underground, prépare la première battle entre hip-hopeurs des quartiers périphériques de Casablanca et d’Alger.
Ce combat amical devrait avoir lieu l’année prochaine dans le cadre de la manifestation Street Culture de Roubaix en France.


Dayzine en Studio

Le groupe casablancais Dayzine enregistre à l’heure actuelle son premier album. Les 8 morceaux fusionneront le reggae, la musique gnaouie, hassanie et le âanyati, la particularité de Dayzine étant d’explorer toutes les musiques traditionnelles marocaines. Sortie prévue à la fin de l’année.



Humeur : Bête Seller (par Hassan Hamdani)

Mohcine Ennaoui, 31 ans, Tétouanais, auteur de "Les femmes sont les suppôts de Satan". Le titre est trop long et Mohcine pose en couverture. Un taliban dissimulé en comptable imberbe le jour de son mariage. Question look et marketing, c’était mal parti pour Mohcine dans la carrière d’écrivain barbu sans barbe. Même Studio 2M ne pouvait rien pour lui. C’était sans compter sur un promeneur désoeuvré. Il flânait quand il tomba sur la photo de mariage du jeune Mohcine. Ce flâneur était professeur émérite dans un truc super pointu autour de l’islam. C’était dimanche, il n’avait pas école. Pour s’occuper, ce professeur mit un coup de projecteur sur le mollah Mohcine en costume trois pièces. Chacun avait son Coran illustré, Mohcine et lui allaient pouvoir comparer leurs archives à la une d’un quotidien. Le professeur émérite en appelait aux démocrates de tous bords. Il fallait interdire les éculubrations de Mohcine, au nom de l’islam. Et Mohcine, qui n’en demandait pas tant, était tout heureux d’étaler sa prose jihadiste au nom de l’islam. Mohcine ou une certaine idée du beau sexe : "Même les filles voilées, leur hijab attire les regards et découvre les parties les plus suggestives de leur corps". Mohcine confond le paréo et le voile. La masturbation intensive ne l’a pas rendu sourd, mais myope. Au lieu de donner des cours de masjid à Mohcine, il faudrait lui acheter des lunettes. Et le laisser se masturber dans sa ville de garnison. Au lieu de nous faire profiter de chacune de ses éclaboussures.



Le livre

Omar Akalay est un humaniste. En 1999, le père Jacques Levrat l’a invité à des assises de débat interreligieux au Vatican. Il y a pris part en tant que "musulman et sans-grade". Aujourd’hui, il relate dans un livre-compte rendu, les débats, les intentions de l’église catholique, le discours conciliant qu’elle tient à l’égard des musulmans, et bien d’autres amabilités. Dans le souci objectif de permettre au lecteur de juger par lui-même, l’auteur, engagé sur plusieurs fronts, culturel, financier et intellectuel, publie in extenso les communications de prêtres engagés dans ce débat. Et ceux qui y sont récalcitrants ? Akalay préfère, comme Ho Chi Minh, "tourner le mal en bien", et ignorer ceux qui "prêchent le bien contre le mal".

Omar Akalay. Assise 1999 (Ed. Al asas)




Agenda

Radio Tarifa se produira à Casablanca à l’Institut Cervantes le 25 mai à 20h. Ce groupe métisse le raï, la musique indienne et le Flamenco dans un mélange joyeux qui fait danser l’Espagne.

Magyd Chorfi, ex-Zebda, en tournée au Maroc. Mardi 24 mai à 19h30, Collège La Fontaine, Fès. Mercredi 25 mai, 19h30, IF, Meknès. Jeudi 26 mai, 20h30, complexe culturel Mohamed Zaf Zaf, Casa. Vendredi 28 mai, 20h30, IF, Marrakech.

2ème festival de la poésie amazighe de Nador du 27 au 29 mai.

Exposition franco-chilienne "Jeux de grains, tas de sable et graines d’avalanches" à la Faculté des Sciences de Rabat jusqu’au 12 juin.

"Le souvenir des deux guerres mondiales au Maroc" à l’espace Balzac de Kénitra jusqu’au 30 juin. L’expo retrace l’engagement des troupes marocaines aux côtés de la France et des Alliés durant les deux conflits mondiaux.

Gerardo Nunez Trio jouera au festival des Oudayas le 31 mai à 20h sur l’esplanade du Chellah. Gerardo Nunez est l’un des plus grands guitaristes de Jazz et de Flamenco européen.

H-Kayne, Dj Key, Mot de Passe, K-Libre, Mor’Moves et Sha Stimuli enfin réunis à Meknès le 27 mai à 20h30 aux jardins des Habous, dans le cadre de "I love Hip Hop", le premier festival consacré au rap.

"Un Songe, une Nuit d'Eté" pièce de théâtre mise en scène par Pauline Bureau d'après William Shakespeare. Dimanche 22 et lundi 23 mai, 19h00, Lycée Paul Valery, Meknès. Jeudi 25, vendredi 26 et 27 mai, 19h00, Musée Batha, Fès.

 
 
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