Stratégie. Bush drague nos islamistes
Analyse. La Constitution européenne et nous
Pélerinage. Un écrivain à la Mecque
France. Que veulent les "Indigènes" ?
Tendance. Piercing !
Festival de Cannes. Les Marocains font de la figuration
N° 177
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Fathallah Oualalou (AFP)
Croissance. 1,6 au lieu de 3%

Le gouvernement baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2005. Le coup est dur pour l’équipe Jettou. Les prévisions tablaient sur une croissance de 3% alors que la dernière note du gouvernement affiche péniblement 1,6%, soit la moitié de ce que l’économie devait réaliser, et par ricochet, la moitié de ce que Fathallah Oualalou avait promis. Ce recul est justifié, entre autres, par la mauvaise année agricole. La récolte de céréales ne sera que de 34 millions de quintaux. Mais son impact sur la croissance ne devrait pas être aussi néfaste. Selon
le ministre de l’économie et des Finances, la croissance du PIB est de plus en plus indépendante de l’agriculture. La réalité a démenti cette théorie. Les taux de croissance affichés de 3% en moyenne annuelle, ne sont pas que le fait de l’industrie. L’agriculture y est pour beaucoup.
La baisse des prévisions de croissance est due, en outre, à la contre-performance des exportations. La chute des livraisons dans le domaine de l' habillement et de l'agroalimentaire en est la cause directe. Mais elle est due également à la baisse de régime de l’économie. La hausse du prix du carburant n’arrangera pas les choses. Les mois à venir suivront la même tendance. L’effet sur les esprits jouera également un rôle.


Agriculture. Un autre revers pour le budget

Après la flambée des prix du pétrole, c’est au tour de l’agriculture de jouer un mauvais tour au gouvernement. La campagne céréalière sera moins bonne que prévue. Alors que les prévisions qui ont servi de cadre à la loi des finances 2005, tablaient sur une récolte de 60 millions de quintaux, la campagne 2005 n’apportera que 45 millions. L’effet de la sécheresse s’étend également aux cultures irriguées. Faute de réserve en eau, la priorité sera donnée à l’approvisionnement en eau potable et à l’arboriculture. Bonjour les dégâts pour le reste. Une commission ministérielle devait présenter au gouvernement un plan d’action jeudi dernier. Le centre de ce plan se focalisera sur le traitement de l’endettement des agriculteurs et les mesures d’aide destinées aux ouvriers agricoles. L’état mettra sans doute la main à la poche.


Rabat. Les émiratis injectent des milliards

Dubaï Holding (DH) et la CDG ont signé un protocole d’accord sur la réalisation de la première tranche du projet d’aménagement de la vallée du Bouregreg à Rabat. Le coût du projet est de 17 milliards de dirhams. Et ce n’est que le commencement.
La partie marocaine apportera une contribution " mutualisée ". La CDG a planifié un investissement de 5 milliards de dirhams. L’état décaissera 1,25 milliard de dirhams, la direction des Collectivités locales du ministère de l’Intérieur, 1 milliard de dirhams et le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, également 1 milliard de dirhams.
Le projet est considéré comme étant structurant. Son apport à la capitale est indéniable, surtout sur le plan touristique et urbanistique.



Les off

La CDG a renforcé sa participation dans le capital de Méditelecom. Elle a désormais 17% du capital après l’acquisition d’une partie des parts de Akwa, le holding des Akhennouch et Wakrim. Ces derniers confirment de plus en plus leur désengagement des métiers non stratégiques. Le tour de la presse viendra-t-il ?

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le ministre de l’Industrie procède discrètement à une étude sur l’évaluation des politiques de mise à niveau. Un cabinet externe collecte les avis des milieux d’affaires. Les mécanismes de financement en place seront analysés par rapport aux résultats obtenus. En attendant, tout le monde attend les mesures d’appui à la stratégie Mckinsey.


Téléphonie. Pertes limitées

Méditelecom n’a perdu que 177 millions de DH en 2004. C’est une très bonne nouvelle pour l’entreprise. L’annonce a été faite lors de la présentation du bilan économique et social de l’opérateur. Miguel Menchen, son directeur général, n’a pas raté l’occasion pour rappeler une réalité amère : Méditelecom aurait fait mieux s’il n’y avait pas une concurrence déloyale. "Nous aurions pu afficher en réalité un bénéfice, si ce n’est les importantes provisions sur pertes de change que nous avions constituées", a expliqué Miguel Menchen. Le chiffre d’affaires, lui a atteint 3,59 milliards en 2004, contre un parc de clientèle de 2,93 millions d’utilisateurs. Pour les années à venir, l’opérateur change de signature publicitaire et promet une stratégie marketing plus agressive.


Carburant. Hausse des prix

Les dernières hausses du carburant ont provoqué la colère des transporteurs. Prenant la défense de ces derniers, la Fédération du transport affiliée à la CGEM a adressé une correspondance le 17 mai 2005 au ministre de l’équipement et des Transports. Les routiers se plaignent notamment de ne pas pouvoir répercuter la hausse du prix du gasoil sur leurs prestations, puisque la législation ne le permet pas.
D’après la Fédération, cette situation encourage plutôt le marché du transport des marchandises, à fonctionner dans une opacité totale et dans l’informel.


Call Centers. IAM anticipe

Maroc Telecom a promis une baisse des tarifs des liaisons louées internationales à partir du 1er juin de 13%. L’opérateur historique tente ainsi de couper l’herbe sous le pieds des prétendants à la deuxième licence de téléphonie fixe. Les deux grands marchés auxquels s’attaquera tout entrant seront le segment entreprise et les lignes massives communiquant vers l’étranger. Les opérateurs reprochaient souvent aux détenteurs du monopole le coût élevé de ces liaisons. Et pour éviter que les nouveaux concurrents n’en tirent profit, Maroc Telecom concède une baisse qui vise essentiellement les centres d’appel. La délocalisation vers le Maroc met ce segment en tête des cibles de tous les opérateurs télécoms.



Khalid Tritki
L’agriculture, notre tare

Le résident général Lyautey avait prédit un avenir agricole pour le Maroc. Mais il n’a pas tenu compte des paramètres (ou bêtises) politiques. L’époque du protectorat est révolue depuis presque un demi siècle. Mais l’agriculture reste aussi sous-développée qu’au début du protectorat. Nous avons entrepris une politique des barrages pendant 40 ans, mais le résultat n’est pas reluisant. Comparativement avec l’endettement que nous avons cumulé depuis le lancement de cette politique, le bilan est médiocre. ça, c’est le passé. En
2005, nous avons notre satellite d’espionnage, des méga ateliers pour réparer les avions, des cinq étoiles à couper le souffle, des autoroutes… mais toujours pas d’agriculture. Les aléas climatiques sévissent toujours et la terre produit peu. Le régime juridique du foncier agricole complique davantage la situation. Demain, personne ne sait ce qui se passera. Les Américains n’attendront pas éternellement la mise à niveau agricole. L’industrie mourra en attendant que l’amont agricole soit sécurisé. Bref, il n’y a rien à espérer de ce secteur. à moins que Mohand Laenser, perdant la tête, ne prenne son courage à deux mains pour s’attaquer aux terres Habous et Guich. Pour cela, il lui faudra oublier le parapluie politique qui n’aura servi, finalement, qu’à soudoyer la paysannerie pour soutenir un régime chancelant.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés