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N° 177
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"La politique au Maroc, c'est mal parti !"

Antécédents
Mohcine Ayouch, Directeur délégué d’association professionnelle
1955. Naissance à Casablanca
1973. Rencontre sa femme
1975. Arrêté pour atteinte à la sûreté de l’état,ransite par Derb Moulay Cherif puis relâché pour non- lieu
1980. Naissance de sa fille
1981. Vice président de l’UNEM
1983. Arrêté pour "trouble à l’ordre public"
1986. Naissance de son fils
1981. Membre démissionnaire de la GSU, directeur délégué de la CGEM

Smyet bak ?

Ahmed ben Thami.

Smyet mok ?
Fatma bent Mehdi Kabbaj.

Nimirou d’la carte ?
A 200 254.

Qu’est ce qu’on doit mettre comme profession ?
Directeur délégué d’association professionnelle.

Cela dérange le gauchiste que vous êtes qu’on mette CGEM ?
Pas du tout. Il y a une très bonne complémentarité entre les deux. Je suis militant par conviction, et manager de par ma formation. L’un n’empêche pas l’autre. Disons qu’on fait attention à deux phénomènes assez pernicieux : l’identification et la distanciation. Je ne m’identifie pas au discours libéral, mais je fais mon travail en mon âme et conscience. Et puis il y a une obligation de réserve qui fait que je suis un simple salarié de la CGEM et non un élu.

Si vous êtes là, c’est parce que vous n’avez trouvé aucune autre organisation qui épouse vos idées de gauche et qui vous paie autant ?
Du tout, ce n’est pas ça. Vous oubliez qu’avant la CGEM, j’étais secrétaire général de la fédération du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) entre 1982 et 1988, avec un intermède en prison. Après mon incarcération, j’ai retrouvé le même poste. J’ai appris à faire la part des choses et ça ne gêne personne.

Vos patrons ne sont pas gênés d’apprendre que, dans les années 70, vos amis écrivaient "à bas le roi" sur les murs de Casablanca ?
Je ne sais pas si ça les gêne. Moi en tous cas, je n’ai rien écrit.

Avec le recul, vous ne vous dites pas que c’est peut être une folie de jeunesse ?
C’est vous qui le dites. N’ayant rien écrit, je ne crois pas que ce soit une folie de jeunesse.

Vous avez de la chance que les anciennes méthodes soient révolues…
Ça aussi, c’est vous qui le dites.

Je vois que Monsieur est bien inspiré … Vous avez quitté la politique pour vous lancer dans la fiction et la littérature. Ça ne vous change pas tant que ça, j’imagine …
J’ai quitté le parti, pas la politique. J’ai une activité culturelle intense. Je suis en train de suer sur un roman. J’ai déjà écrit un scénario de court métrage. Je fignole un long métrage. J'ai fait une formation de coaching. Je m’intéresse au soufisme, à la poésie, au théâtre, à la musique. L’engagement politique est total dans notre génération. Nous nous intéressons à tous les phénomènes de la vie, à la culture et au travail sur soi.

Les nouveaux politiciens vous font rire ?
Beaucoup. Cette appellation de politicien me fait déjà, à elle seule, sourire. Le mot juste est militant. Puis il y a tout le carriérisme qui motive beaucoup d’entre-eux. Quand je vois tout ça, je me dis que le Maroc est mal parti.

Concevoir un gosse en prison, c’est contre l’ennui ?
C’est pour la vie, c’est détruire toutes les barrières et démontrer la bêtise de l’emprisonnement.

Vous envisagez un monde sans prisons ?
Seulement pour les criminels, les vrais.

Qu’est ce que vous avez envie de répondre à Karim Tazi, lorsqu’il parle de Smig régional et de réduction des salaires ?
Karim est un ami.
Mais ce n’est pas ma question…
C’est ma réponse.

 
 
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