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N° 177
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Etats-Unis. La gaffe de Newsweek

(AFP)
Newsweek dans le pétrin. Une info bien torchée, ironiseront certains. Sous les fortes pressions du gouvernement américain, l’hebdomadaire s’est rétracté lundi en désavouant son article sur le Coran jeté dans les toilettes par des gardiens de la base américaine de Guantanamo Bay (Cuba). L’information a été publiée le 9 mai et a provoqué une vague de manifestations anti américaines dans le monde musulman et en Afghanistan où quinze protestataires ont été tués par les forces de l’ordre.
Les autorités américaines ont vivement critiqué l’hebdomadaire. La secrétaire d’état, Condoleeza Rice, a jugé cet article "consternant", ajoutant qu’il "a causé beaucoup de tort" et "un
très grave problème" pour les relations de Washington avec le monde musulman. Dare-dare, Mark Whitaker, le rédacteur en chef, a fait marche arrière : "Sur la base de ce que nous savons, nous nous rétractons suite à notre article selon lequel une enquête militaire interne a mis au jour une profanation du Coran à Guantanamo". Le journal a admis que certaines de ses informations étaient non étayées et que le scoop venait d’une source qui n’était plus certaine de ses dires. Le Pentagone continue d’enquêter.
Le Pakistan demande qu’une enquête complète soit conduite. Kurshhed Kasuri, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que l’image des états-Unis, déjà détériorée par les mauvais traitements dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb, a encore pâti des "fausses" allégations de Newsweek.


Liban. Victoire prématurée

Les élections législatives du 29 mai à Beyrouth sont quasi pliées. Les listes présentées par le Courant du futur, le parti de Rafic Hariri (l’ex-Premier ministre libanais assassiné), ont déjà remporté 9 des 19 sièges dévolus à la capitale. Ces victoires ont été possibles grâce à la toute récente alliance entre ce mouvement et la formation dissoute des Forces libanaises (FL). Même chose entre le parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt et les FL. Ces alliances contre nature ont été rendues possibles par les retombées de l’assassinat de Rafic Hariri. Toutes ces formations s’étaient retrouvées dans le même camp, opposées à la Syrie et au pouvoir libanais qui lui est proche. La gestation des coalitions s’est faite dans la douleur. Parmi les heureux élus, Solange Gemayel, veuve de Bachir Gemayel, qui faute de concurrent, a déjà un siège.


Libye. Kadhafi dénoue la crise du Darfour

Kadhafi a troqué son habit de révolutionnaire pour celui de faiseur de paix régionale. Et ça marche. Le mini sommet des dirigeants africains qui s’est tenu à Tripoli a été un succès pour le guide libyen. Le Soudan et l’Erythrée sont d’accord pour reprendre, fin mai, les négociations sur le Darfour, où la guerre civile a tué plus de 180 000 personnes et en a fait fuir plus de 2 millions. "Nous avons instauré une feuille de route plus claire pour parvenir à une paix globale", a déclaré le ministre soudanais des affaires étrangères.
Kadhafi parviendra-t-il à consolider une solution africaine à un conflit a priori insoluble depuis son déclenchement au début 2003, lorsque les rebelles se sont soulevés contre le gouvernement central soudanais, l’accusant de discrimination ? Sur le fond, rien n’est réglé.



Vite !

Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, s’est engagé à donner 450 millions de dollars à la recherche médicale pour financer des vaccins contre des maladies comme la tuberculose et la malaria.
"Le monde doit diriger la recherche scientifique vers les maladies qui frappent de façon disproportionnée le monde en développement", a-t-il déclaré.

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L'UOIF se radicalise. Fouad Alaoui, son secrétaire général, a claqué la porte du Conseil Français du Culte Musulman, suite à la nomination de Hassan Alaoui Talibi au poste d’aumônier général des prisons. L’UOIF était contre. Elle cherche à se réconcilier avec sa base qui la trouvait trop docile avec les pouvoirs publics, à l’approche des élections capitales du renouvellement de l’instance du 19 juin.


Palestine. Situation sensible

Les relations entre Israéliens et Palestiniens sont tellement sensibles en ce moment que la moindre provocation peut déclencher un embrasement, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à l’agence Chine nouvelle. "Actuellement, la situation est plutôt sensible. Le calme temporaire est très fragile, une toute petite étincelle peut provoquer une confrontation violente à grande échelle", a déclaré M. Abbas en visite en Chine.
Face au regain de violence, les Nations Unies s’inquiètent de la détérioration de la confiance entre les deux pays. Israël continue d’accuser Abbas de ne rien faire pour désarmer les milices. Ce à quoi Abbas a rétorqué sur CNN : "toutes ces organisations qui ont accepté une trêve sont d’accord pour restaurer le calme".


Koweït. Les femmes peuvent voter

Victoire ! Les Koweïtiennes pourront désormais voter et se faire élire. La loi électorale a été amendée par le Parlement de l’émirat lundi dernier. Les députés islamiques ont cependant réussi à introduire une clause stipulant que les femmes doivent se conformer aux "normes islamiques".
L’amendement a été voté par 35 voix pour, dont 14 ministres, 23 contre et une abstention. Jusqu’alors, les femmes ne pouvaient voter que dans trois des six monarchies du Golfe : Bahreïn, Qatar et Oman. L’Arabie Saoudite a organisé en 2005 des élections régionales, mais les femmes en ont été exclues. Et Les Emirats Arabes Unis n’ont jamais tenu d’élections. "Je félicite la femme koweïtienne pour avoir obtenu ses droits politiques", a déclaré le Premier ministre, Sabah Al-Ahmad Al-sabah, qui prévoit de "nommer une femme au gouvernement". Le département d’état américain a salué "un pas en avant important pour l’émirat".


Jordanie. Les Nobels au chevet du monde

Drôle de rencontre que celle présidée par le roi Abdallah II de Jordanie mercredi, à Pétra. Le souverain et Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, ont organisé une conférence de lauréats du Nobel pour se pencher sur les grands dossiers mondiaux (terrorisme, Proche-Orient etc.).
"Il n’a jamais été plus crucial de se rapprocher", a dit Adallah II devant un parterre de 36 personnalités dont 29 prix Nobel, de toutes disciplines. "La guerre va-t-elle persister ? Le désarmement est-il une utopie ?", a demandé Wiesel. Les participants se sont répartis en quatre groupes de travail. Parmi les invités, le Dalaï Lama, Bill Clinton, Trimble, Shimon Peres… et Richard Gere ! L’acteur, disciple du bouddhisme, y est même allé de son couplet pacifique en qualifiant Mahmoud Abbas "d’homme fort engagé à qui il faut donner sa chance". Cette "maison de sagesse" a remis un rapport de recommandations. Le monde peut dormir tranquille.



Lu pour vous.
Bruxelles et le jeu chinois
(Le Figaro du 18 mai)

Nicolas Barré

Après les états-Unis, l’Europe met en œuvre une stratégie de riposte face à la déferlante de produits textiles chinois. La procédure est la même que celle engagée par l’administration Bush. Elle respecte les règles de l’OMC, l’arbitrage des échanges mondiaux.
Depuis la fin des quotas textiles, le 1er janvier, 16 000 emplois ont été perdus dans la filière outre-atlantique. Les ventes de certains produits chinois comme les sous-vêtements ont bondi de… 1 500 %. L’Europe est frappée avec une multiplication par trois, quatre, cinq ou plus des exportations de tee-shirts, pantalons, chaussettes, etc. Européens et Américains ont donc décidé de plafonner à 7,5 % la hausse des ventes de quelques produits "made in China". L’OMC l’autorise. Cela s’appelle des mesures de sauvegarde.
Pékin a réagi. La Chine s’est insurgée contre une "trahison de l’esprit du libre-échange", un comble pour un pays qui, depuis son adhésion à l’OMC, en 2001, semble considérer les règles du commerce mondial comme une atteinte intolérable à sa souveraineté (…)
Le régime de Pékin est paradoxal. L’une des contreparties à la fin des quotas textiles était que la Chine cesse d’être le royaume du pillage de la propriété intellectuelle. Non seulement l’engagement de Pékin n’a pas été tenu, mais la contrefaçon, du luxe aux logiciels ou aux pièces détachées d’avion, prospère (…) L’état chinois n’a aucune intention d’évoluer. Surtout pas sous la pression.

 
 
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