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N° 178
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Saleh Kamel, président
de Dallah Al Baraka. (AFP)
Affaire. Palais des roses vs. Justice

Les roses ont des épines. Et la justice risque de s’y piquer. L’affaire Palais des roses prend une tournure dramatique. D’une simple affaire commerciale, elle devient un procès fait à la justice. Plusieurs plaintes sont déposées par le groupe Lakhouaja auprès du ministre de la Justice afin d’ordonner une mission d’enquête à propos des jugements rendus dans l’affaire Palais des Roses. Ces plaintes concernent les jugements rendus par le tribunal de commerce d’Agadir en général et ceux rendus par le juge Aderdour en particulier. Ce dernier a ordonné, le 11
mai 2005, l’éviction de la société Helios, locataire de l’hôtel Palais des Roses, pour non paiement du loyer. Selon la thèse de la défense, ce même juge avait auparavant ordonné une expertise financière dans le redressement de la société et il sait pertinemment que Helios a honoré le paiement de tous ses loyers. Le groupe Lakhouaja a fait appel pour bloquer cette procédure. Last but not least, l’augmentation de capital, effectuée par Dallah Al Baraka pour contrôler la société Palais des Roses International est attaquée par le groupe Lakhouaja pour faux et usage de faux et déposée sur le registre de commerce de la société. Et ce n’est pas fini, une action au pénal pourrait être introduite contre l’expert désigné par le juge pour le redressement de la société. Et pour cause, ce dernier aurait entériné l’augmentation de capital alors que les fonds de Dallah Al Baraka sont saisis.


Plastique. Jettou veut voir de près

Le Premier ministre a des doutes sur la situation de la plasturgie. L’industrie du plastique ne vit pas une crise chronique. Mais elle fonce vers elle tête baissée. À moins que le gouvernement ne réagisse. Surtout deux branches à grande valeur ajoutée sont touchées. L’industrie des chaussures est de moins en moins compétitive. C’est l’une des secteurs qui ont, en outre souffert de la sous facturation. De même, le créneau des formulateurs, réputés à très grande valeur ajoutée, ne dispose pas de mécanisme d’aide à l’investissement. Les formulateurs fournissent les industries automobiles et électroniques en plastique sophistiqué, mais ne bénéficient pas des mêmes avantages que leurs clients. Ces derniers sont inclus dans les aides du fonds Hassan II, alors leurs fournisseurs en sont exclus.


Casablanca. La CDG voit grand

C'est désormais officiel. La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) a repris le projet de la Marina. Comme nous l’avons écrit auparavant, le deal a mobilisé 350 millions de dirhams pour faire évacuer le Groupe Der Kerkorian. Selon Mustapha Bakkouri, directeur général de la caisse, la marina ouvrira ses portes dans un an. Dans la foulée, c’est toute la médina proche de la corniche qui sera revalorisée.
En outre, la CDG s’engage à mener parallèlement le projet de la corniche de la capitale économique. La Sonadac qui était le maître d’œuvre de ce projet est passé également sous le giron de la caisse. Dans la foulée, le fameux projet de l’avenue Royale sera relancé. Les trois projets sont structurants pour la ville, mais aussi promettent à la caisse une belle plus-value.



Les off

La haute autorité de l’audiovisuel aurait été saisie par un producteur d’huile de table au sujet d’une publicité comparative. Cette dernière démontre que l’huile Savola est mieux distillée que la marque concurrente. La Haca n’a pas encore ordonné l’arrêt de la publicité. La seule explication à ce silence serait la pertinence de la publicité. à moins que la Haca n'y réfléchisse encore. Attendons pour voir.

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Maroc Telecom lancera bientôt une promotion sur la connexion Internet. Un accord passé avec des revendeurs d’ordinateurs et Microsoft permettra à tout acquéreur de matériel de disposer d’une connexion internet. Microsoft abandonnerait jusqu’à 50% du prix de ses licences et Maroc Telecom offrirait les cinq premiers mois de la connexion. Les prix des revendeurs seront bientôt connus. Promotion astucieuse, mais danger d'entente sur les prix…


RAM. Les voyagistes négocient

La fédération des voyagistes s’oppose à la disparition des commissions sur la billetterie. La RAM envisage de passer au modèle des frais de dossiers. Exemple : pour les ventes sur le net, la RAM propose 300 dirhams par billet quelle que soit la destination. La commission de 7% était bien plus intéressante sur les longues distances. Le nouveau modèle de la RAM a été appliqué aux Etats-Unis, suite à la crise de l’après 11 septembre. Les voyagistes l’ont accepté car ils disposent de packs générant des marges confortables. Ce n’est pas le cas pour les voyagistes nationaux dont le gros du chiffre d’affaires reste lié à la billetterie. Face au niet de la présidence de la RAM, les voyagistes frapperont bientôt aux portes des ministres siégeant au conseil d’administration de la compagnie.


NTI. L’Apebi renforce ses rangs

L'association des professionnels des technologies de l’information (Apebi) lance une opération de séduction pour attirer les start-up. L’association, très sélecte, a baissé le montant de la cotisation à 1500 dirhams pour les très petites entreprises. La réduction est de taille, sachant que les membres de l’Apebi paient de 5.000 à 20.000 en fonction de leur chiffre d’affaires. L’action de l’association vient à point nommé. Le secteur va bientôt entamer des discussions pour la relance du fameux contrat-progrès, présenté sous le gouvernement Youssoufi et qui n’a jamais abouti. Une étude a été lancée pour quantifier les maigres réalisations du contrat-progrès. Les résultats prévus pour fin juin donneront lieu à une relecture du contrat et à sa relance. Les NTI auront ainsi un nouveau départ.


Pêche. Un accord en route

Bruxelles et Rabat vont négocier un nouvel accord de pêche. Des consultations européennes sont en cours pour arrêter un canevas pour négocier avec le Maroc. L’Espagne est le pays qui a le plus d’intérêt à la conclusion d’un nouvel accord. Selon des sources fiables, la plupart de la flotte espagnole a subi une restructuration financée par l’Union Européenne. Ce qui a réduit drastiquement le nombre la flotte ibérique. Le nouvel accord concernera surtout la flotte andalouse et celle des îles Canaries. Côté marocain, des opérateurs du secteur savent qu’ils ne peuvent s’opposer à un tel accord, mais souhaitent que le Maroc négocie des clauses à son avantage, comme l’obligation du débarquement dans les ports nationaux ou encore imposer un quota de marins marocains.



Khalid Tritki
Industrie

Mezouar, le jeune ministre de l’Industrie, s’est finalement décidé à communiquer sur sa stratégie. Les chiffres présentés sont alarmistes quant à la position du Maroc et rassurants quant aux chances d’une relance dynamique. L'axe de cette stratégie de la dernière chance réside dans la volonté de l’état. Mezouar a martelé ce mot une centaine de fois, lors de sa rencontre avec la presse. À chaque tournant, il précise qu’il faut une action volontariste. Le jeune ministre semble douter de la capacité de ses collègues
à faire preuve d’une forte implication. À sa place, j’aurais la même appréhension. Et pour cause. Qui peut garantir l’implication de Leanser sur le volet agricole ? La faute n'incombe pas à l'homme, mais aux pressions auxquelles il doit faire face. Qui peut garantir l’implication de Bouzoubaâ sur le chapitre justice (Dieu sait combien il est déterminant pour la stratégie) ? Qui peut garantir l’implication de Oualalou pour mobiliser les fonds nécessaires ? Le pari est dangereux pour Mezouar. À sa place, je préparerais ma démission pour qu' au premier faux pas, je puisse plier bagage. Mais auparavant, je mènerais une guerre sans merci aux bras cassés. Aura-t-il le courage de le faire ? Il a à choisir entre une réussite historique et une démarche de carriériste. Plusieurs anciens ministres ont choisi la dernière option. Ils sont certes propulsés dans des postes à forte rémunération. Ils n’ont rien à leur palmarès mais des comptes bien fournis.

 
 
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