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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Les Marocains sont devenus susceptibles"

Antécédents
Hassan El Fad
Humoriste
1962. Naissance à Casablanca
1988. Premiers pas dans le circuit professionnel
2000. Prix de l’interprétation masculine pour Fabula de Omar Chraïbi
2001. Prix du meilleur second rôle dans Ali, Rabia et les autres de A. Boulane
2003. Présente Q’hiwa mâa Hassan sur TVM
2005. Présentation de son one-man-show Dr. Ghlala
Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi vous me convoquez encore une fois ?
Calmez-vous Si Hassan, on voulait juste prendre de vos nouvelles …
Convoqué pour la troisième fois, ça commence à me faire peur. Ça me rappelle les pointages au commissariat pendant les années de plomb.

Non rassurez-vous. Comme Mohammed VI est à Casa aujourd’hui et que la circulation a été bloquée, on voulait savoir si vous alliez encore porter plainte, comme vous l'avez déjà fait ?
Non, non, je me suis beaucoup calmé depuis la dernière fois. Maintenant, je prends les sens interdits. Je le dis en toute honnêteté et je ne suis pas le seul. Mais attention, je n’en veux pas à Sa Majesté. Je n’en veux à personne d’ailleurs. Ça fait plaisir de recevoir le sultan à Casablanca mais je déplore la gestion de la ville en ces circonstances.

C’est que vous n’avez pas beaucoup changé. Smyet bak ?
Mohamed ben Mohamed. C’est standard.

Smyet mok ?
Jamila bent Brahim.

Nimirou d’la carte ?
Vous l’avez. DJ 11 054.

Ça vous fait quoi d’être le Debbouze de Méditel ?
Je ne suis pas le comique de service, mais un partenaire à part entière. Je suis écouté et c’est toute la différence. Je travaille à plein temps, je ne bricole pas, je ne fais pas que vendre mon image, je participe à une réflexion de longue haleine.

Vous ne manquez décidément pas de culot. Dites que vous êtes mieux que Debbouze, hadchi lli bqa !
Je ne manque pas de culot, mais je n’apprécie pas le jeu des superlatifs. à chacun son public. Vous trouvez normal qu’un partenaire de Méditel utilise un numéro de chez Maroc Telecom ? Ça, c’est mon numéro avant l’avènement de la lumière et du son.

Arrêtez de faire de la pub et répondez-moi !
Mashi shoughli. Ce n’est pas de la pub, c’est un point de vue de client. D’ailleurs, je me demande pourquoi Maroc Telecom me souhaite Aïd Mabrouk. Je n'aime pas cette familiarité.

Vous tenez apparemment à votre contrat publicitaire, je change de sujet…
Ce n’est pas de la pub, je peux vous donner des preuves scientifiques.

Non, merci et dites-moi plutôt, vous êtes toujours aussi frustrés de ne pas avoir réussi à monter un Robin des bois au Maroc ?
Il y a un brin de cela dans mon dernier show à travers le personnage de Tarik Ibnou Zyad. J’ai fini par prendre ma revanche sur ce genre d’humour. J’avais préparé une émission télé dans le même concept et ça n’a pas marché.

En parlant de télé, je sais que vous planchez sur un projet pour le ramadan. Vous n’allez donc pas arrêter de faire dans l’humour alimentaire ?
Il ne faut pas se tromper, à la télé, c’est un humour officiel ou familial. Notre expression, ce qu’on ressent ou ce qu’on a envie de dire passe au second plan. On suit la ligne éditoriale de la chaîne ou le désir du producteur. La scène, au contraire, me permet de m’adresser à un public avec lequel je partage un référentiel socio-culturel.

Qu’est ce qui vous oblige à travailler sur un humour qui ne vous inspire pas ?
Dans une carrière, il faut savoir durer. Au Maroc, le choix humoristique n’est pas assez florissant pour permettre de trouver rapidement des genres nouveaux. Personne n’est pressé. Ni les humoristes, ni l’audiovisuel ni le public. Nous faisons avancer les choses dans la mesure de notre intelligence et des opportunités offertes. Vous savez, la société marocaine est devenue trop susceptible. Il y a de l’électricité dans l’air. Les humoristes ne peuvent plus parler pour ne rien dire. On cherche à étiqueter les gens. Alors que je veux simplement faire rire.

 
 
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