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N° 179
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Droit dans les yeux

Bravo, Ahmed R. Benchemsi, vous avez osé le dire dans votre éditorial du n° 177. C'est vrai et personne n'avait osé l'écrire… (ou le penser ?) avant vous : les discours du roi sont souvent ennuyeux. Et c'est dommage, parce qu'ils véhiculent des messages forts, peu communs dans le monde musulman. Mais il semble qu'ils soient lus sans conviction. Les phrases sont longues, trop longues. Elles sont dites d'une voix monocorde et empesée. Les mots utilisés sont bien souvent étrangers au quidam du douar. Tous les chefs d'état ont un conseiller en communication. Sur les conseils du sien, Mitterrand s'était même fait limer une dent pour paraître moins agressif. Chirac a pour conseiller sa propre fille. En Europe, la plupart des hommes politiques suivent des cours de gestuelle et de diction pour mieux affronter leur public. Mais nous imaginons aisément qu'au Palais, les conseillers de Sa Majesté n'osent le reprendre quand cela s'impose, bien que ses discours soient enregistrés longtemps à l'avance. N'y a-t-il personne pour lui recommander l'achat d'un prompteur (cet appareil qui permet au journaliste de télévision le plus inexpérimenté de lire son journal en donnant l'impression qu'il improvise alors qu'il lit tout simplement un texte défilant devant l'objectif de la caméra) ? Ah, si Sa Majesté pouvait nous regarder dans les yeux quand il nous expose la politique de notre royaume, son message serait plus fort ! Puisse votre édito être pris en considération en haut lieu.
Ce jour-là, beaucoup de Marocains aimeront davantage leur souverain…les yeux dans les yeux.

Abdel Mansour



Voyage au cœur de l'Istiqlal

Bravo pour votre voyage à l'intérieur de l'Istiqlal (TelQuel n°178). Le système oligarchique de ce parti et son omniprésence dans les rouages de la société marocaine rappellent à s'y méprendre ce qu'on trouve dans les autres pays arabes. En effet, il n'est pas de structure ou d'institution (les forces de l'ordre et la Défense y compris) où les affidés de ce parti ne soient infiltrés, afin de veiller au grain. Sa direction, recrutée prioritairement dans les hautes sphères de la bourgeoisie chérifienne et andalouse de préférence, a été un allié constant du Makhzen, dans le but de préserver ses intérêts. C'est aussi dans le sillage de l'Istiqlal que d'autres formations politiques ont affleuré. Certaines sont restées dans sa mouvance tel le défunt FDIC ou s'en sont écartées avec pertes et fracas comme l'UNFP du regretté Mehdi Ben Barka. De par son organisation et son fonctionnement interne, son action souterraine et son réseau d'influence, on peut aisément assimiler l'Istiqlal à une secte ou à une loge maçonnique. En effet, il est utile de rappeler qu'aucune décision ne peut être prise sans l'aval des "5 vénérables" qui constituent le consistoire et devant lesquels prosternation et baisemain sont de rigueur.
On peut se demander si la stratégie et les buts poursuivis par ce parti ne sont pas désormais obsolètes et générateurs aujourd'hui d'injustice, de discriminations et d'instabilité politique et sociale.

Brahim Roudami



Grandeur et décrépitude

J'ai étudié pendant 7 ans à Settat dans une grande école. Des années qui m'ont permis de mesurer la dégradation de cette ville, si tant est qu'on puisse encore l'appeler ainsi.
Settat est représentative de la déchéance de tout un axe qui s'étend de la sortie de Casablanca à l'entrée de Marrakech. Cette ville inspirerait volontiers un peintre dont la toile décrirait un paysage de désolation, de pauvreté et d'inertie. J'en suis d'autant plus catastrophé qu'à proximité se trouve une zone industrielle particulièrement riche. Settat et ses habitants sont plongés dans un coma profond depuis des années et ont fini par se résigner à cet état de fait. Ironie de l'histoire, Settat compte un golf, un hôtel 5 étoiles et un magnifique cheval qui trône au beau milieu de la seule avenue potable.

Dounia Hamdi

 
 
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