Administration. À l'heuredu non stop
Monde. La France europhobe ?
Fès. Musiques sacrées et pensées profondes
Rabat / Tanger. Ça jazze !Rabat / Tanger. Ça jazze !
N° 179
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Adil Douiri (AIC Press)
Touristes. Hausse de 15% à fin avril

Les performances du tourisme se confirment de plus en plus. à la fin avril, les nuitées ont progressées de 15% pour atteindre 4,6 millions. L'affluence des touristes avoisine les 1,5 millions, soit une hausse de 5% par rapport à l'année dernière. L'embelli a touché presque toutes les villes touristiques du pays. Marrakech occupe toujours la première place en enregistrant une augmentation de 30%. Des villes telles que Rabat, Fès, Meknès et Tétouan ont affiché des chiffres en hausse, respectivement de 20, 15, 17 et 10%. En revanche, des villes
comme Oujda et Essaouira ont régressé de 3 et 7%. Tanger et Ouarzazate, quand à elles, ont quasiment stagné. En terme de marché émetteur, la France demeure en tête du peloton. Toutefois, des avancées remarquables ont été constatées pour les marchés belge avec une hausse de 33%, britannique avec 27% de plus et l'Allemagne qui grimpe de 10%. La reprise tombe à point nommée. Adil Douiri, ministre du Tourisme, vient de lancer un appel à manifestation d'intérêt pour la station balnéaire de Taghazout à Agadir. Cette baie est considérée comme le fer de lance de la stratégie 2010 devant drainer pas moins de 10 millions de touristes. Des indiscrétions parlent déjà d'une option ferme de financiers arabes. La Caisse de Dépôt et de Gestion n'est pas loin. Des observateurs lui donnent de forte chance de se positionner sur ce marché, surtout avec l'appui de capitaux arabes.


Commerce. Le déficit s'aggrave

Le déficit commercial du pays se creuse davantage. à fin avril 2005, le taux de couverture des importations par les exportations a été de 50,9%. Dans la foulée, les ventes de vêtements confectionnés et des articles de bonneterie perdent du terrain. La baisse enregistrée sur ce créneau a atteint 21% pour les derniers. En revanche, l'exportation de phosphates se comporte bien. Le secteur affiche une progression de 15% (produits dérivés compris), d'une valeur de 5 milliards de dirhams. Paradoxalement, les avoirs en devises continuent de progresser. à fin avril, la réserve de la banque centrale à atteint 140,4 milliards de dirhams, ce qui représente 11,5 mois d'importation de marchandises. Pour sa part, la facture pétrolière s'alourdit. Elle a atteint à fin avril 6,5 milliards de dirhams, soit une augmentation de 77%.


Ports. Une signature amputée

Le ministère de l'équipement et du Transport a signé une convention avec les grandes centrales syndicales. Elle porte sur le projet de réforme de la gestion portuaire. L'UGTM, L'UNTM ainsi que la CDT et l'UMT ont donné ainsi leur aval à la fragmentation de l'ODEP. Reste cependant la résistance qu'affiche le syndicat des cadres de l'Odep. Jusqu'à présent, la ténacité de Karim Ghellab, ministre n'a pas encore abouti. Les cadres de l'office s'accroche toujours à une répartition du patrimoine de la future Sodep lui garantissant le même chiffre d'affaires que celui réalisé par l'actuel Odep (1,3 milliard de dirhams). Chose difficile à réaliser puisque la redevance pour l'utilisation des infrastructures portuaires échappera à la future société pour financer l'instance de régulation.



Les off

Le ministère des Affaires islamiques fait de la séduction financière auprès des banques pour l'instauration d'un fonds éthique, autrement dit d'argent "islamiquement propre". Les intérêts bancaires et l'argent provenant de ventes de produits ou d'activité prohibées par la religion n'y figureront pas. Un système de traçabilité sera la garantie de la propreté des fonds : un bon gage pour les investisseurs arabes.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Un Marocain résident à l'étranger qui a développé le concept de Villas of Morocco invite les grands opérateurs du tourisme de luxe à une messe à Marrakech. Son but est de développer la location de villas haut de gamme au Maroc par une campagne au niveau des marchés émetteurs. La presse internationale est conviée à cet événement. Pour l'heure, la stratégie de déploiement de l'opérateur n'est pas encore connue. Il la dévoilera lors de la rencontre de Marrakech. Bon vent.


Plan. Jettou riposte

Le Premier ministre sort des chiffres en complète contradiction avec ceux avancés par le Haut commissariat au Plan. S'attaquant d'emblée au plan quinquennal, Jettou a déclaré devant le Parlement que l'évaluation de l'exécution du plan conçu à l'époque Youssoufi n'est pas pertinente. Selon le Premier ministre, l'évaluation ne prend pas compte de nouveaux paramètres. Le plan ne comprend pas ainsi des projets structurant comme le port de Tanger Med et la redéfinition de la stratégie de l'habitat. Ces deux éléments ne sont pas prévus par le plan, alors qu'ils ont eu une incidence sur le budget et donc sur l'action du gouvernement. à cela s'ajoute la guerre des chiffres. Le Premier ministre note que les statistiques sur les pertes d'emplois et la pauvreté sont exagérées.


Agriculture. Laenser lance son étude

Une étude sur le secteur des céréales sera lancée avec l'appui de la Banque Mondiale. C'est ce qu'a annoncé le ministre de tutelle devant les conseillers de la nation. L'étude portera sur le système de subvention de la farine. Son objectif est de trouver un mécanisme qui recevra l'aval de tous les intervenants. à l'époque du G14 (groupe de conseillers spéciaux de Hasan II), la libéralisation des prix des céréales avait été évoquée. Une solution avait été avancée. Selon celle-ci la subvention qui revenait aux minotiers (ils la reçoivent toujours) devrait revenir aux agriculteurs à l'image des subventions accordées par les Etats-Unis ou le Canada. Pour des raisons politiques, cette solution n'a jamais été appliquée.


Pêche. Doukali a ses assises

La Fédération des Industries de la Mer affiliée à la CGEM et présidée par Khadija Doukali prépare ses assises de la pêche. La rencontre qui se tiendra à Casablanca le 14 juin prochain, promet des rebondissements. Le programme prévoit l'intervention d'experts européens en la matière, surtout sur le volet de l'élaboration des plans d'aménagement des pêcheries. Le timing n'est pas fortuit puisque le ministère prépare (indéfiniment) un plan d'aménagement pour la pêche pélagique (sardine, maquereau, anchois…). Pour être fédérateur, les organisateurs ont invité presque tout le gratin du secteur, sauf, et l'exception est de taille, le syndicat des marins et officiers de la pêche hauturière. Est-ce un oubli ou une volonté d'écarter un vrai débat sur le secteur ? Nul ne le sait.



Khalid Tritki
Privatisation

Le département de Oualalou, ministre de l'économie et des Finances, prépare une étude sur les privatisations. Il s'agit de faire le bilan de toute l'opération depuis son lancement au début des années 90 jusqu'à nos jours. L'étude qui sera prête fin juin risque d'apporter des surprises. Loin des projecteurs et du sourire narquois de notre argentier quand il touche des chèques bien garnis, le cycle des privatisations a connu des aberrations scandaleuses. Une fouille minutieuse des transactions et des passations de
contrôles sur les entreprises de l'état risque de déboucher sur des cadavres. Des transferts sans le sou, des projets de développement quasi absents, et surtout un état vendeur irresponsable. Nous ne parlons pas de Maroc Telecom ou de la Régie des Tabacs, deux opérations purement financières, et encore moins de la CTM, qui reste une exception. Nous visons des entreprises industrielles qui ont été quasiment offertes, condamnées ainsi à une dérive certaines. Celui qui n'investit pas dans son entreprise, ne peut prendre à cœur son développement, ni sa réussite. Il la suce comme un vampire et claque la porte quand il ne lui reste plus rien à en tirer. Et au passage, il laisse des ardoises sociales lourdes que le gouvernement se trouve obligé d'éponger. Les conclusions de l'étude seront une leçon amère qui ébranlera la grandeur de l'état. Cela l'incitera-t-il à revoir son mode de gouvernance ? Il faut l'espérer.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés