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Par Driss Bennani
"L'arabe est une formidable langue de bois"
| Antécédents |
Hicham Abqari,
Chargé de l'animation
culturelle de Casablanca
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| 1966. |
Naissance à Casablanca |
| 1989. |
Major de promotion en littérature française (Aïn Chok) |
| 1992. |
Directeur-adjoint du complexe culturel Sidi Belyout |
| 2000. |
Fonde l'association "À cur joie lyrique" |
| 2003. |
Crée la "Moroccan Underground Federation" |
| 2004. |
Chargé du service animation culturelle de la ville de Casablanca et membre du comité d'organisation du festival de Casablanca |
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Smyet Bak ?
Abdelaziz Abqari Amrani.
Smyet Mok ?
Rkia Abiri.
Nimirou d'la carte ?
BE 4 594.
Vous êtes président de la Moroccan Underground Federation. Fédération et underground ? Le paradoxe, c'est pour vous donner un genre ?
Un genre de quoi ? Je n'aime pas être prisonnier d'un genre. Faire se télescoper des termes antinomiques permet de revisiter certains termes connotés trop sérieux. Il existe même un hip hop congress aux états-Unis.
Et votre look de fonctionnaire de mouqataâ, ce n'est pas un genre administratif en soi ?
Mon gilet est militaire, ma cravate desserrée, ma chemise déboutonnée. Mon style n'est donc ni le cliché jeune négligé, ni le cliché fonctionnaire coincé. C'est juste pour donner le tournis à ceux qui aiment classer les gens.
Désolé d'insister, mais vous maîtrisez l'arabe administratif à merveille
Je l'ai appris au sein d'une association culturelle qui me reprochait de m'exprimer en français. Parler en français dans ce genre d'association équivalait pour eux à être un indic ou un fils à papa. Alors j'ai appris l'arabe pour pouvoir comprendre l'autre.
Vous n'en avez gardé aucune séquelle mentale ?
Non, pas à ma connaissance. Par contre, j'ai acquis la capacité de jongler avec les mots. L'arabe est une formidable langue de bois, parler pour ne rien dire pendant une heure est un sport à part entière.
J'en conclus que vous parlez pour ne rien dire lors des réunions de travail de la ville de Casablanca
Dans l'administration, on ne parle pas, on écrit beaucoup de paperasses. Mais ça c'est un autre sport. Pour le linguiste que je suis, c'est un véritable plaisir.
Un syndicat d'artistes organise un sit-in mardi prochain devant la wilaya pour protester contre leur non participation au festival de Casablanca. Vous boycottez les artistes maintenant ?
Non, pas du tout. Ils veulent être programmés de force. Certains d'entre eux nous ont même reproché de ne pas penser aux artistes sans public. Il faudrait faire quoi pour faire plaisir à un artiste sans public? Organiser un festival dans une téléboutique ? D'ailleurs je me demande ce qu'ils vont faire pendant ce sit-in. En arabe, sit-in se dit waaqfa ihtijajiya. La moitié va rester debout et l'autre moitié, va savoir
Avouez, vous avez invité Elissa et pas Belkhayat car elle, au moins, est sexy
Je suis mal placé pour vous répondre. Je ne suis pas une femme pour juger du sex-appeal de Belkhayat.
Vous l'écoutez au moins ?
Je fais partie d'une génération qui connaît les chansons de Belkhayat sans jamais avoir acheté un seul de ses disques.
Comment alors, par le gavage TVM, comme une oie ?
Oui, et malgré tout ça, mon foie se porte très bien.
Vous désirez organiser une rencontre entre hip hopeurs marocains et algériens. C'est quoi ça ? De la diplomatie à la petite semaine ?
Non, annuelle. J'ai eu l'idée de ce battle après avoir rencontré les jeunes des quartiers de Bab El Oued (Alger) à Roubaix. Ils veulent se confronter pacifiquement aux jeunes des quartiers populaires casablancais. Après tout, on nous a dit que les frontières entre les deux pays devaient être réouvertes bientôt.
En ce cas, à quand un battle entre jeunes du Polisario et jeunes Marocains ?
Le Hip Hop nécessite des surfaces planes, c'est une activité urbaine. Dans le désert, il n'y a que du sable.
Donc, on se bat depuis des années uniquement pour du sable ?
ça, je ne sais pas. L'image du désert que j'ai, c'est celle que nous renvoient les cartes postales de Merzouga et d'Erfoud. |
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