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N° 179
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Etats-unis. L'homme qui a fait tombé Nixon

Mark Felt (DR)
C'est la fin de l'un des plus grands mystères du journalisme américain, vieux de trente ans. On sait depuis mardi qui est "Gorge profonde", la source-clé du Washington Post qui a permis au journal de dénoncer le scandale du Watergate. C'était finalement le numéro deux du FBI, W. Mark Felt, aujourd'hui âgé de 91 ans. La confirmation du Washington Post est intervenue peu après que le magazine Vanity Fair eut devancé le journal en annonçant un article à paraître dans sa livraison de juillet, à propos de Mark Felt, intitulé : "Je suis le type qu'ils appellent Deep Throat".
C'est Deep Throat en effet qui avait révélé à Carl Bernstein et
Bob Woodward, les deux journalistes du Washington Post, que Richard Nixon avait procédé à des écoutes téléphoniques illégales au siège du Parti démocrate durant la campagne électorale de 1972. Le scandale avait entraîné la démission de président républicain en 1974.
Les deux reporters et leur rédacteur en chef Ben Bradlee -seuls à être dans la confidence- avaient annoncé qu'ils révéleraient son nom après sa mort. Pris de court par l'annonce de Vanity Fair, ils ont changé d'avis dare-dare, après la confirmation officielle de la famille et la brève apparition de Mark Felt devant les caméras.
Selon Vanity Fair, Felt aurait décidé de dire la vérité "parce qu'il approchait de la fin de sa vie". Il a confié à son petit-fils qu'il n'était "pas particulièrement fier" de son rôle et qu'il avait peur d'être "mal compris".


Irak. Saddam Hussein jugé cet été

Le procès de Saddam Hussein devrait avoir lieu "d'ici à deux mois", a affirmé mardi le président irakien Jalal Talabani, dans un entretien avec CNN. "La justice irakienne décidera de son avenir. Le gouvernement déploie des efforts pour préparer le terrain à un tribunal pour le juger". L'ancien dictateur, détenu dans une prison de haute sécurité près de l'aéroport de Bagdad, a comparu en juillet 2004 pour des audiences préliminaires.
Le tribunal spécial irakien, qui a été établi par la coalition dirigée par les Etats-Unis, devrait le juger. Sept chefs d'accusation sont retenus contre lui, dont le gazage de la ville kurde de Halabja, l'invasion du Koweït en 1990, l'écrasement de la rébellion chiite en 1991, les massacres des Kurdes, et les nombreux meurtres de chefs politiques et religieux.
En Irak, le procès de Saddam demeure un sujet sensible. Au vu des dernières photos humiliantes parues dans un tabloïd londonien, représentant Saddam quasi nu dans sa cellule, l’administration Bush a mesuré à quel point la rue irakienne n’était pas indifférente à l’égard de son ex-dictateur.


Palestine. 400 détenus libérés

Près de 400 détenus palestiniens ont été libérés jeudi par Israël et ont regagné leur foyer en Cisjordanie. Il s'agit du second contingent de prisonniers libéré par Israël depuis le sommet de Charm El-Cheikh, le 8 février, lors duquel Ariel Sharon s'était engagé à relâcher 900 prisonniers palestiniens, sur un total de 8000. Le premier contingent de 500 détenus avait été relâché le 21 février.
Les détenus se sont rendus à la Mouqataâ, où ils se sont recueillis sur la tombe de Yasser Arafat. Ariel Sharon a justifié ces libérations par la nécessité de "renforcer le leader de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas". La radio palestinienne a présenté ces libérations comme un geste "destiné à faire plaisir aux Américains" qui pressent Israël de soutenir ce dernier.



Vite !

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, 70 ans, a subi des examens médicaux à Amman : il est en bonne santé. "Il a subi un check-up complet routinier, et tous les résultats ont été normaux", a déclaré le Dr Al-Bashir. Le dirigeant palestinien a subi des examens sanguins, subi des radios et un cathétérisme cardiaque.

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Le journaliste libanais Samir Kassir a été assassiné jeudi dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier chrétien de Beyrouth. Ce dernier s'en était pris au “régime libanais policier” soutenu par la Syrie. Saâd Hariri a déclaré : “Les meurtriers de Samir Kassir sont ceux qui ont assassiné mon père”.


Algerie. ça chauffe dans les campus

Les conservateurs multiplient depuis dix jours grèves contre la suppression, dès 2006, de la filière "charia". Les étudiants de l'université Abdelkader de Constantine multiplient les sit-in et les boycotts. Ceux d'Oran et d'Alger ont lancé une pétition. Ils demandent l'arbitrage du président Bouteflika. Une commission de réforme de l'école avait dénoncé l'enseignement de la religion par des personnes non qualifiées et préconisé la suppression de cette filière au baccalauréat. Les matières d'éveil (musique, dessin…) sont, elles, de nouveau enseignées.
Depuis mardi, la police quadrille les universités. Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, soutient son ministre de l'Education, mis à mal par les députés islamistes : "C'est une décision irréversible de l'état". Quant au FLN et son nouveau chef Abdelaziz Belkhadem, acquis à la politique présidentielle, tout porte à croire qu'il se pliera à la décision.


Pays-Bas. Après le non, le nee

Après la France, les Pays-Bas ont infligé un nouvel affront à la Constitution européenne. Le nee l'a largement emporté mercredi avec 61,6 % des voix. "C'est un signal clair et que nous ne pouvons pas nier", a dit le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende. Le taux de participation aatteint 62,8 %. Les Hollandais ont dit nee parce que le pays connaît un malaise identitaire. Ils regrettent un élargissement trop rapide à l'Est, s'inquiètent de l'adhésion de la Turquie et critiquent une monnaie unique trop forte. Les uns, minoritaires, veulent une Europe plus sociale, plus fédérale ; les autres, majoritaires, souhaitent une zone de collaboration sans intégration renforcée. Mais les Bataves ne souhaitent pas que le nee fasse tomber leur gouvernement, à la différence de ce qui s'est passé en France. Ce deuxième revers pousse plusieurs leaders européens à repenser la suite de la construction européenne.



Lu pour vous.
Onde de choc à Perpignan
(La Vanguardia (Espagne) du 1er juin)

Éditorial

Abasourdie, Perpignan a vécu un éclatement de violence interethnique, suite aux assassinats de deux habitants d'origine maghrébine, par des Gitans. La capitale du Roussillon, est plongée dans la perplexité et la peur.
Depuis des années, un respect mutuel existait entre les communautés gitane, installée depuis six siècles à Perpignan, et musulmane, provenant de l'émigration algérienne des années soixante. Mais l'arrivée récente de Gitans venus de l'Est et d'un groupe de Marocains semble avoir rompu ce fragile équilibre. Une des causes de cette rupture est la crise agricole qui a fait grimper le taux de chômage à 25 % pour les jeunes. Chômage, avec son corollaire d'inactivité sociale, vente de drogue et petits larcins.
La méfiance de deux communautés, attisée par l'extrême droite, a ravivé une fausse concurrence entre égaux. La mort d'un Maghrébin, le 22 mai, battu par plusieurs Gitans, a mis le feu aux poudres. Les nuits dernières, des Maghrébins ont provoqué de violents incidents, jusqu'à ce que le patriarche gitan et le leader maghrébin fassent un appel commun à la réconciliation. Pourtant, un nouveau crime, sans que l'on en découvre les auteurs, a relancé les violences et la haine.
La France tremble au sommet, après le non massif au traité constitutionnel, mais elle tremble aussi à la base, victime de la crise économique, tiraillée par la peur d'un éclatement social. Une crise profonde qui pousse à réfléchir.

 
 
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