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Par Karim Boukhari
Législatives 2007. LUSFP est prêt (à tout)
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Bras levé, Mohamed Elyazghi (DR)
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Le congrès, du 10 au 12 juin, devrait asseoir la légitimité du Premier secrétaire Mohamed Elyazghi et préparer les élections de 2007. Manuvres douteuses, top départ !
Mohamed Elyazghi a longtemps attendu ce moment. Installé aux commandes du parti après le départ volontaire de Abderrahmane Youssoufi, en fin 2003, lactuel Premier secrétaire de lUSFP espère franchir, la semaine prochaine, le dernier palier qui manque à sa lente ascension : le plébiscite populaire. Ou la légitimité démocratique. "Ce 7ème congrès sera le sien, dit de lui |
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lun de ses adversaires politiques. Il est devenu numéro un par défaut ,après avoir longtemps été le numéro deux. Sil passe le cap, il pourra enfin accéder au statut de Abderrahim Bouabid et Abderrahmane Youssoufi, ses deux prédécesseurs à la tête du parti". Contrairement à ces deux illustres personnages, Elyazghi hérite aujourdhui dun parti sérieusement remodelé. Depuis le 6ème congrès, tenu en 2001, lUSFP a "déposé" son aile syndicale incarnée par Noubir Amaoui, ses jeunes intellectuels conduits par Mohamed Sassi et Najib Akesbi, et la chabiba frondeuse de Mohamed Hafid. Tous ces départs nont pas été compensés, même si Taïeb Mounchid a créé la FDT (fédération démocratique du travail) pour remplacer la CDT de Amaoui, et Hassan Tarek, après bien des péripéties, a pris la relève à la tête de la chabiba. Dans lentourage dElyazghi, ces changements équivalent à une purge salvatrice, rien de moins. La deuxième dans lhistoire du parti, après la mise à lécart des Abderrahmane Benameur et Ahmed Benjelloun partis fonder, en 1991, le parti de lAvant-garde, ou PADS. "LUSFP a effectué une mue par nécessité, confie un proche dElyazghi. Le parti ressemble bien à une démocratie : tout le monde ne peut pas être au pouvoir au même moment, les perdants nont dautre choix que de se conformer à la ligne choisie par la majorité ou à aller se refaire une santé ailleurs". Le parti dElyazghi a perdu, en outre, quelques uns parmi ses "historiques". Cest le cas de Mustapha El Karchaoui, décédé il y a quelques semaines, ou encore dun Mohamed Lahbabi, ancien proche de Abderrahim Bouabid, dont la mise en veilleuse coïncide avec larrivée dElyazghi au pouvoir. Lahbabi, dailleurs, incarne aujourdhui une sorte dopposition, la dernière peut-être, à la confirmation dElyazghi au leadership de lUSFP. "Lahbabi ne représente que lui-même, dit-on de lui dans lentourage dElyazghi. Il sest lui-même fourvoyé en menant un combat darrière-garde, battant campagne contre la personne dElyazghi et lançant au passage des idées saugrenues, comme lorganisation dune rencontre entre lUSFP et Al-Adl Wal Ihsane". En face, Mohamed Lahbabi nen démord pas. Pour lui, lUSFP de Bouabid et de Youssoufi est en péril, et le parti doit cela à Elyazghi avant même son arrivée au pouvoir. "Cet homme, explique Lahbabi, sest toujours attelé à contrôler lappareil du parti, avec le rêve de le diriger un jour. Il a joué aux fossoyeurs dans le but de faire le vide autour de lui. Il y est presque parvenu
". Le vieux militant compte profiter du 7ème congrès pour lancer une nouvelle idée : proposer que lUSFP ne soit plus dirigée par un seul homme, mais par une direction collégiale. "Ce serait plus sage, lUSFP reviendrait à un fonctionnement qui rappelle la naissance de son ancêtre, lUNFP". Lahbabi, qui na pas sa langue dans sa poche, rappelle, pour étayer sa thèse, que "Elyazghi na été classé que 10ème lors du dernier vote des congressistes en 2001, cela veut dire que sa cote de popularité nest pas si forte, sa confirmation au poste de Premier secrétaire risquant dès lors de déstabiliser le parti". La proposition de Lahbabi, à laquelle pourraient adhérer dautres mécontents, a-t-elle une chance daboutir ? Peu probable, tant les candidats potentiels à la succession du "frère" Elyazghi semblent timides. Abdelouahed Radi, le numéro 2, est de laveu même de ses amis "content dêtre là où il est (ndlr : il vient dêtre porté, pour la deuxième fois, à la tête du Parlement). Même si son nom a été évoqué après la démission de Youssoufi, Radi na jamais eu lambition, ni lassise populaire nécessaire, pour diriger le parti". La faiblesse de lassise populaire semble être le principal obstacle qui se dresse sur la route dautres candidats potentiels. Exemple de Habib Malki, qui ne sest jamais remis de son passage au CNJA et de limage floue (proximité avec le ministère de lIntérieur) quil a gagnée auprès de la base du parti. Les autres candidats sont encore plus à la peine : Mohamed Achaâri, qui a cessé d'être un proche dElyazghi, est trop content dêtre là où il est, à la tête du ministère de la Culture, pour prétendre à autre chose. Nezha Chekrouni est, dixit cette source, "trop tendre en politique pour prétendre à devenir la première femme à la tête de lUSFP". Khalid Alioua, après avoir un moment caressé le rêve de diriger un jour lUSFP, est devenu un membre fantôme depuis quil a été nommé à la tête de lancienne banque détat, le CIH. Que reste-t-il alors ? En dehors dElyazghi lui-même, les hommes de son clan. Deux, principalement : Abdelhadi Khaïrat et Driss Lachgar. Ces deux membres du bureau politique dont la reconduction ne fait aucun doute constituent pratiquement la garde rapprochée dElyazghi à lintérieur du parti. Leur fidélité nest pas près dêtre remise en cause. Cest dautant plus vrai que les deux hommes, Lachgar notamment, nont pas renoncé au rêve de devenir, un jour, ministres. Et pour être ministre USFP, il faut passer, forcément, par le Premier secrétaire du parti
Cela montre bien, dans tous les cas, que, bien au-delà des petits calculs internes, Mohamed Elyazghi et les siens se projettent déjà à la perspective 2007, date des prochaines élections législatives. Les dirigeants socialistes veulent donner le change au PJD, à lIstiqlal et au nouveau pôle haraki, les principaux concurrents de lUSFP pour les consultations de 2007. Comment ? "En déclinant, note cet observateur proche du parti, limage dune USFP sereine, unie, aussi consensuelle que possible". Les dernières cooptations opérées par le parti (lire encadré) semblent, malgré leur caractère parfois contestable, sinscrire parfaitement dans ce cadre. |
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Cooptation. Le PSD lâche le PPS
L'USFP a coopté, coup sur coup, un groupe de cadres issus du PSD (parti socialiste démocratique) et un notable du Sahara, Hassan Derham, ancien haraki très connu dans les milieux de la pêche. La nouvelle, annoncée à quelques jours du 7ème congrès, pourrait marquer un tournant dans lhistoire du parti. Cette nette ouverture à droite ne semble pas indisposer le clan Elyazghi, qui rappelle que cest tout le PSD de Aïssa Ouardighi qui sapprête à rejoindre bientôt lUSFP, "donnant ainsi un signal fort à toutes les forces socialistes appelées à unifier leurs rangs dans la perspective 2007". La nouvelle na pas manqué de déplaire à lune de ces forces socialistes, et non des moindres : le PPS. Le parti dIsmaïl Alaoui formait une alliance socialiste au Parlement avec le PSD. Ce dernier a décidé de se fondre dans les structures de lUSFP sans prévenir ses alliés du PPS. "Je regrette limpatience de nos amis du PSD", commente le SG du PPS, Ismaïl Alaoui, qui rappelle par ailleurs que "lalliance socialiste (entre le PPS et le PSD) continuera de fonctionner, au Parlement, jusquaux élections de 2007". Récapitulons : le PSD rejoint lUSFP, alors que ses élus resteront dans le giron du PPS. étonnant ! |
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