Scandale porno d'Agadir. Sur la piste du coupable
Environnement. Tchernobyl à Zagora
Chronique. Un Marocain à Singapour
Jacques Attali. "Etre riche n'est pas un péché pour les juifs"
N° 180
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

(DR)
Pêche. Alerte dans les ports

Le 20 juin, les inspecteurs de l’UE passeront en revue les installations et les conditions de pêche dans le port d’Agadir. Cette visite, dont les officiels ont été informés de longue date, n’est pas la première et tombe à un moment crucial. Pour cause, des négociations d’un accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne sont en vue. Un rapport négatif sur les conditions de pêche mettra le Maroc dans une situation de faiblesse. Rappelons qu’à l’issue de la visite des inspecteurs effectuée en 2001, un rapport accablant a été rédigé. Les
bateaux de la pêche côtière avaient été mis à l’index et des unités de traitement à terre ont récolté les fruits de leur négligence : des agréments d’exportation vers l’Europe ont été retirés. Or, le risque de la prochaine visite réside dans le prolongement de la période du repos biologique. Dans le rapport de 2001, les rédacteurs soulignent que l’inspection n’avait pas touché la flotte hauturière car elle était en mer. Ce n’est plus le cas actuellement. Le ministère de la Pêche, suite aux recommandations de l’Institut national de la recherche halieutique, a prolongé le repos biologique alors que les bateaux devaient prendre la mer le 12 juin courant. Certains armateurs affichent clairement leur angoisse en soulignant au ministre, lors d’une réunion à huis clos à Rabat, que l’interdiction de sortie pourrait conduire à des conditions fâcheuses. À titre d’exemple, la très récente visite de l’inspection de l’UE au Sénégal a fait des victimes. Une centaine d’agréments ont été retirés pour non-conformité aux normes d’hygiène.


Tanger-Med. Apport massif du Fonds Hassan II

La restructuration de l’assise financière de Tanger Med S.A. (TMSA) était en vue. C’est chose faite actuellement. Le Fonds Hassan II vient d’injecter 1,4 milliard de dirhams pour renflouer le capital de l’agence spéciale. La convention de participation a été signée vendredi 3 juin à Tanger. L’accord porte sur un apport en numéraire de 750 millions de dirhams, complété par un apport de financement sous forme d’avances en compte courant d’actionnaires de 650 millions de dirhams. à noter que l’agence spéciale avait, jusqu’à l’augmentation du capital par l’intervention du Fonds Hassan II, un capital social de 1 million de dirhams. C’est peu pour une entité qui gère un mastodonte de plus de 20 milliards de dirhams (construction du port et aménagement des zones attenantes).


PME. La fédération s’externalise

Les premières conséquences de l’adoption des nouveaux statuts de la CGEM commencent à émerger. Le bureau de la fédération de la PME vient d’adopter la résolution de sortir de la structure de la CGEM. Ce n’est pas une fronde (pas encore en tout cas), mais une manœuvre pour échapper aux conditions imposées par les nouveaux statuts. L’externalisation, une option prévue par les statuts de la confédération patronale, permettra ainsi à la FPME de faire cavalier seul en adoptant ses propres cotisations. Hemmad Kessal, le président de la fédération, y trouvera ainsi le moyen de faire campagne afin d’élargir l’assise de sa structure. La taille critique lui permettra d’avoir un poids au moment des négociations et, pourquoi pas, pourrait lui donner le goût de la fronde : un divorce radical avec la CGEM ne serait pas exclu.



Les off

Le nouveau projet de couverture pour la mise à niveau, présentée au Premier ministre mardi dernier, a été rejeté par ce dernier. Selon des sources proches du dossier, le Premier ministre voulait des fonds pour des injections d’argent frais et non pas des mécanismes de garantie. C’était prévisible, puisque l’expérience des fonds de garantie avait démontré sa stérilité.

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Les industriels de la région du nord crient au scandale. Une société d’aluminium vient de s’installer dans la région d’Asilah, dans une zone non industrielle. D’un capital mixte (espagnol et marocain), la société avait présenté son dossier à une commission au sein de l’agence urbaine de Tanger, laquelle avait donné un avis défavorable, la nature de l'activité étant polluante. Le promoteur a néanmoins entamé son chantier. Construit-il sans autorisation ou la commune d’Asilah lui en aurait-elle délivrée une ?


Statistiques. Lahlimi répond

Ahmed Lahlimi, patron du Haut commissariat au Plan, ne baisse pas les bras. Lundi 6 juin, Lahlimi a invité tout le gratin casablancais au Club de la Banque Populaire pour le sensibiliser sur la qualité des statistiques que son organisme produit. Le haut commissaire a mis l’accent sur la conformité aux normes internationales (FMI). Quelques jours auparavant, il a déclaré à un quotidien de la place que la question ne résidait pas dans les méthodes, mais dans les moyens. Selon lui, son département ne cesse de demander des fonds au gouvernement pour améliorer le travail du Haut commissariat. C’est une pique adressée au Premier ministre. Driss Jettou a en effet remis en cause les chiffres du HCP lors de sa présentation du bilan d’étape du gouvernement.


Automobile. La Logan sauvera le secteur

Tec Auto a ouvert ses portes le 8 juin sur un fonds d’optimisme. Le secteur de l’automobile a en effet deux événements majeurs à fêter. Le contrat-programme est sur la bonne voie. Le rapport sur les métiers internationaux du Maroc lui donne une importance dans l’émergence d’un pôle industriel à forte valeur ajoutée. Le deuxième événement a trait au lancement de la nouvelle voiture économique. La Logan, dévoilée pour la première fois lors du salon de Casablanca, a séduit les visiteurs. Le véhicule promet une percée commerciale en reposant sur son rapport qualité prix. Promise à partir de 75.000 DH, la Logan profitera d’une politique de financement concoctée par le constructeur en partenariat avec Wafasalaf. L’objectif est d'écouler quelques 4000 unités avant la fin de l’année.


Télécoms. IAM augmente sa capacité

La rupture de la connexion ADSL constatée en milieu de semaine n’était pas due à une panne quelconque. L’opérateur historique a été victime de son succès. Le lancement des packs ADSL a accéléré la demande sur l’Internet, alors parent pauvre des produits télécoms au Maroc. La capacité prévue par Maroc Telecom a atteint ses limites. Ce qui le mettait devant l’obligation d’ouvrir davantage les vanne de la bande passante. Les travaux ont été lancés en milieu de semaine, ce qui a causé une rupture générale des connexions. De sources proches du dossier affirment que l’opérateur annoncera une nouvelle gamme pour l’Internet avant l’été prochain. Ce qui coïncidera avec l’octroi des nouvelles licences fixes prévues par l’agence de réglementation des télécommunications.



Khalid Tritki
Optimiste et attentisme

Driss Jettou a présenté son bilan au Parlement le mois dernier. Le ton était rassurant et les chiffres laissent entendre une maîtrise de la situation économique et financière du pays. L’impact sur les milieux d’affaires a été palpable. Les discussions de salon ont laissé de côté les spéculations sur le changement de gouvernement ou encore sur l’éventualité (hasardeuse) d’une crise politique. Un air frais semble calmer les esprits. Sauf que, si l’optimisme est de retour, l’attentisme est toujours dominant. Qu’attend-t-on
au juste ? Les milieux d’affaires espèrent que le Premier ministre ne sera pas en décalage avec l’action de ses ministres. Driss Jettou a le génie pour sortir indemne des crises et contredire les critiques. Rappelez-vous l’épisode Daewoo, le méga investissement dont il avait la charge en tant que ministre de l’Industrie et qui n’a jamais abouti. Cet échec ne l’a pas ébranlé, du moins en apparence. Mais cette baraka n’est pas éternelle. Sur le fonds, le Premier ministre a eu, du moins jusqu’à présent, du mal à transposer son optimisme dans des actions concrètes. La mise à niveau, les mesures de relance des secteurs à forte main d’œuvre, la libéralisation de certains secteurs comme l’électricité ou encore le transport des voyageurs… tant de dossiers sur lesquels il est attendu. Cela dure depuis sa nomination en 2002.
Et à force d’attendre, le capital confiance, retrouvé après sa fameuse sortie au Parlement, sera réduit à néant.

 
 
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