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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Trafic d'enfants. Washington épingle Ryad

(AFP)
Les états-Unis ont accusé l'Arabie Saoudite de laxisme face au trafic d'être humains, notamment pour l'utilisation d'enfants enlevés comme jockeys et destinés aux courses de chameaux. Ces critiques sont formulées dans le rapport annuel, publié le 3 juin, du département d'état sur le trafic d'êtres humains dans le monde. Selon ce document, 12,3 millions de personnes sont victimes de ce fléau, contraintes à la mendicité, à la prostitution ou au travail forcé, voire réduites en esclavage. Les pays sont classés dans trois catégories selon leur degré d'efforts. Quatorze sont placés dans la "catégorie 3", la plus dangereuse pour Washington.
Pour la première fois, l'Arabie Saoudite, le Koweit, les émirats Arabe Unis et le Qatar -alliés de Washington dans le monde arabe-, ont été rétrogradés dans cette catégorie.
Avec ce tour de vis, Washington répond aux critiques fréquentes selon lesquelles ce type de rapport permet de mettre la pression sur ses adversaires, tout en épargnant ses amis.
L'Arabie Saoudite est épinglée pour sa négligence envers le trafic d'hommes et de femmes envoyés dans le royaume pour travailler, et la mendicité forcée des enfants. Les trois autres pétromonarchies sont pointées du doigt pour le trafic d'enfants utilisés comme jockeys de courses de chameaux. Mais ce rapport, qui examine le cas de 150 pays ne traite pas des états-Unis. C. Rice reconnaît que Washington doit aussi "traiter son propre problème de trafic de personnes.


Suisse. À l'heure du Pacs et de Schengen

Alors qu'ils ont voté en 2001 contre l'adhésion à l'Union européenne, les Suisses ont largement accepté lundi leur insertion dans l'espace Schengen-Dublin. 54,6% des électeurs ont validé ces accords bilatéraux négociés par le Conseil fédéral. Malgré la campagne de la droite populiste contre les atteintes "à la souveraineté nationale", l'opinion publique a donc été convaincue par les avantages de l'espace Schengen. Mais ce oui masque un clivage entre les cantons francophones pro européens et les cantons alémaniques, ruraux où le non est arrivé en tête.
Quant au Pacs suisse, il a été approuvé par 58 % des voix. Une première en Europe et une victoire des progressistes helvétiques contre les groupes conservateurs qui ont obtenu les 50 000 signatures nécessaires pour que ce sujet soit soumis à référendum.


OSCE. L'Europe contre les antisémites

Soixante ans après la libération des camps nazis, les 55 pays membres de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) étaient réunis mercredi et jeudi dans la ville-symbole de Cordoue, pour définir un plan de lutte contre l'antisémitisme et l'intolérance. "Cette ville de la fraternité nous rappelle qu'être différent ne signifie pas nécessairement être ennemi", a déclaré l'ancienne ministre française, Simone Veil. Tous les ministres présents ont décidé que l'intolérance, développée ces dernières années, doit être combattue par une action coordonnée. Pour Simone Veil, l'antisémitisme qui se développe en France et en Europe "est une intolérance fondamentale à l'égard de tout ce qui n'est pas soi". Elle a affirmé que "la haine vient de l'ignorance" et appelé les pays de l'OSCE à développer "la connaissance".



Vite !

La cour d'appel de Santiago du Chili a levé hier l'immunité de l'ancien dictateur Augusto Pinochet dans l'affaire de sa fortune cachée qui s'élèverait à plus de 17 millions de dollars. Le feu vert a ainsi été donné au juge Sergio Munoz pour poursuivre son enquête, notamment sur l'évasion fiscale entre 1980 et 2004 et l'origine de l'argent.

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Le dirigeant d'un des grands partis de la coalition gouvernementale brésilienne a affirmé que le Parti des Travailleurs de Lula était corrompu. Roberto Jefferson a accusé le PT d'avoir payé des dessous de table mensuels de 30 000 reals (10000 euros), entre 2003 et 2005, pour acheter le soutien d'élus au Parlement. Le PT a accepté une commission d'enquête sur cette affaire.


Grèce. Des fonds européens mal gérés

La Grèce doit rendre à l'Union européenne 518 millions d'euros de fonds communautaires accordés pour des ouvrages publics entre 2000 et 2004, pour cause de mauvaise gestion. Athènes a quatre ans pour s'acquitter de ce remboursement. "Nous sommes soulagés de nous en être sortis comme ça", a déclaré le secrétaire d'état grec à l'économie, Christos Follias. Au départ, la Commission réclamait un retour de 1,2 milliard d'euros, menaçant de geler les paiements en cours. Bruxelles a imposé ce redressement au vu des nombreuses violations de règles communautaires. "Tout le système était pourri, a-t-il affirmé, citant "des irrégularités sur les appels d'offres, des études mal menées, des budgets dépassés et des changements de d'objet des travaux".


Turquie. Erdogan se rabiboche avec Washington

Le premier ministre turc Erdogan était mercredi à Washington. La rencontre avait pour but de dissiper la brouille installée entre les deux pays depuis le refus turc, d'autoriser, en mars 2003, l'accès de son territoire aux soldats américains en route pour l'Irak.
Depuis, les relations entre Ankara et Washington n'ont cessé de se détériorer. Erdogan a qualifié l'exécution du chef du Hamas par Israël de "terrorisme d'état" et a critiqué l'armée américaine en Irak. De son côté, l'ambassadeur américain à Ankara a dû jeter l'éponge suite à une cabale journalistique. Ankara reproche surtout aux états-Unis le laxisme dont fait preuve l'armée américaine pour déloger les combattants kurdes du nord de l'Irak. Depuis peu, les gestes d'apaisement se multiplient. Washington a redoublé d'efforts en vue d'un règlement de la question chypriote et Ankara a autorisé l'utilisation de sa base aérienne d'Incirlik.


Qatar. Une monarchie constitutionnelle

Qatar est devenu officiellement jeudi une monarchie constitutionnelle, avec l'entrée en vigueur de sa première Constitution depuis l'indépendance du pays, en 1971. "La Constitution place Qatar au cœur de la modernité et de la démocratie", estime Youssef Abidan, un constituant. Pour les universitaires, c'est un jour "historique".
La Constitution stipule la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Mais elle maintient le pouvoir exécutif entre les mains de l'émir. Elle ébauche la mise en place d'une vie parlementaire, avec l'élection au suffrage universel direct des deux tiers des 45 membres du Majlis Al-Choura.
Depuis l'accession de l' émir Cheikh Hamad en 1995, le pays avance à pas de géant. L'émir a accordé le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Le pays veut devenir le premier exportateur de gaz mondial et a ouvert son marché financier aux investisseurs étrangers.



Lu pour vous.
Nous faisons naufrage
(La prensa (Bolivie), le 8 juin)

Walker San Miguel

Déjà privée de mer, voilà que la Bolivie a aussi perdu le nord. Sans cap ni boussole, le naufrage est sûr. Sauve qui peut !
Le président Carlos Mesa a démissionné, après trois semaines de crise et de grèves. Le pays entier est paralysé, La Paz n'en peut plus. Les mouvements sociaux et politiques réclament des élections. Ils demandent la nationalisation des ressources de gaz naturel, aux mains des compagnies étrangères. D'accord, la vie politique de la Bolivie s'est toujours déroulée entre urnes et fusils. Mais jamais l'abîme n'a paru aussi proche.
L'Argentine, le Brésil, le Pérou, la Colombie, l'équateur, tous nos pays voisins ont connu des crises gravissimes : guérillas, coups d'état, dictatures militaires... Mais aucun d'eux ne court le risque de notre pays d'être divisé en deux, trois ou quatre. Au contraire, ces pays ont résolu leurs conflits grâce à des processus démocratiques, certes imparfaits, mais qui garantissent la liberté d'expression et de circulation. Ces pays ont bien avancé. La Bolivie, elle, est bonne dernière. C'est l'état le plus pauvre du continent.
La Bolivie marche à rebours de son histoire. Ses dirigeants ont successivement échoué. Notre pays s'enfonce comme un navire sans capitaine, au cœur d'une tourmente qui l'empêche d'accoster. Ses passagers ne savent pas s'ils en sortiront sains et saufs. Dans cette obscurité, on n'écoute ni la prière, ni le gémissement de ce pays, si seul dans son agonie...

 
 
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