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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Congrès de l'USFP. La transparence attendra

(AIC PRESS)
Le 7ème congrès de l’USFP qui s'est tenu le week end dernier, aura été celui des coups bas. Premier coup de théâtre : la liste noire. Concoctée la veille dans la villa de l’un des ténors du parti et transmise aux congressistes en 3000 exemplaires, elle comportait une dizaine de noms à bannir du vote. Mohamed El Gahs, Khalid Alioua et Mohamed Bouzoubaâ y étaient particulièrement visés, sous prétexte que le premier secrétaire, Mohamed Elyazghi les considérait indésirables. Ce dernier a dû intervenir publiquement pour se laver de tout soupçon. Et les noms décriés ont finalement été élus avec éclat. Mais personne ne le saura. Comment ? Deuxième coup de théâtre. Au bout de
24h de comptage et de délibérations, il a été décidé "pour des raisons politiques" de présenter les membres du bureau national élus selon leur ordre de candidature et non selon le nombre de voix obtenues. Résultat, personne ne saura officiellement qu’El yazghi et son dauphin Driss Lachgar ont été très mal classés ni qu’un nouveau venu comme Saïd Chbaatou a été parmi les premiers du lot. Aucun document officiel ni procès verbal ne fera savoir aux congressistes que les mieux classés sont des ministres, ex-ministres et autres figures publiques dotés d’un bon réseau local. Ils apprendront, par contre, qu’il ne suffit pas d’être proche d’Elyazghi pour recevoir assez de voix. Et si quelqu’un doutait des paroles de ses frères d’armes ? Même le disque dur emmagasinant les résultats aurait été détruit. Très moderne, l’USFP !


Révélation. Un charnier à Casa

C'est une première. Le forum vérité et justice organise le 19 juin un sit-in devant l’arrondissement 46 de Sidi Bernoussi à Casablanca. Pourquoi une telle précision ? Le forum s’est assuré, suite à une série de témoignages de familles de disparus, qu’un charnier aurait été creusé in situ, au lendemain des émeutes de 1981 et que 47 personnes y auraient été enterrées. De cette manière, l’association ouvre un gros chantier. "Nous nous attendions à ce que l’IER le fasse, affirme Mohamed Sebbar, mais puisqu’on a vu qu’elle ne s’y est pas aventurée, on a fait le premier pas". En fera-t-il d’autres ? "Ce n’est pas exclu, si nous avons des indications précises sur des lieux présumés".


Police. On cuisine bien les journalistes

Le journaliste Mustapha Antara, d'Al-Moustaqil n’est pas près d’oublier son long interrogatoire (quatre heures), par les enquêteurs de la BNPJ, le samedi dernier à Casablanca. La convocation du journaliste faisait suite au recueil, par ce dernier, d’une nouvelle déclaration de Nadia Yassine où elle confirmait ses propos tenus à Al-Ousbouiya Al-Jadida. "Quelle est ta position par rapport à la monarchie ? Pourquoi tu n’as pas dénoncé les propos de la fille Yassine ? Que connais-tu de l’islamisme ? du malékisme ? As-tu étudié les théories de John Waterbury ? etc". Heureusement que le cours de culture générale de la police n’a pas débouché sur une traduction en justice pour le journaliste !


Ben Barka. Le temps des commissions

Le dossier Mehdi Ben Barka semble avancer lentement mais sûrement. Des sources fiables révèlent que le nouveau juge chargé de l’instruction du dossier en France devra se déplacer au Maroc, probablement début juillet. Il pourrait être accompagné par Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka. Les deux hommes se rendront dans le royaume pour superviser les nouvelles commissions rogatoires (interrogatoires) transmises au Maroc concernant, respectivement, les Miloud Tounzi, Abdelkader Saka et El Hassouni, mais aussi le sort des quatre truands français disparus au Maroc. Les interrogatoires seront effectués par un nouveau juge d’instruction marocain, en remplacement de Abdelkader Chennouf, sur le départ.


Grèves. Ça va puer

La grève des employés des collectivités locales les 29 et 30 juin risque de faire des villes du Maroc, une vaste poubelle à l’air libre. La Fédération nationale des agents et fonctionnaires des collectivités locales, affiliée à l'UMT, a en effet décidé d'observer une grève générale, à l’échelon national, de 48 heures dans toutes les communes et régions du Maroc. Les grévistes exigent, entre autres, la réintégration de plusieurs employés renvoyés pour leurs positions syndicales, le rétablissement de l'indemnité spéciale de 270 DH qui avait auparavant été supprimée, etc. Alors si rien n’est réglé d’ici le 29 juin...


Télévision. La fausse alerte de Laâraïchi

Tout est parti d’une conférence donnée par Fayçal Laraichi à l’Institut de journalisme de Rabat (ISIC). Le patron de la toute nouvelle SNRT venait expliquer aux étudiants les changements au sein de la télévision qu’il dirige. Des journalistes se sont invités et ont été priés de "respecter le cadre strictement académique de la conférence". Immédiatement, la remarque a été prise pour une "interdiction de couvrir une manifestation publique" et l’incident a été gonflé. Il n’en est rien, précise une source à l’ISIC, "cette conférence entre dans le cadre d’une communication de recrutement, strictement réservée aux étudiants en journaliste". Une fausse alerte, en somme.


Sahara. Menace d'Al Qaïda ?

Le département d’état américain prend très au sérieux les menaces que font peser les groupuscules maghrébins affiliés à Al Qaïda sur les territoires sahariens. La preuve, il a chargé le Pentagone d’activer la nouvelle "Trans Sahara Counterterrorism Initiative" (TSCI ou initiative trans-saharienne de lutte contre le terrorisme). Cette actualité est évidemment liée à l’attaque, le 6 juin dernier, d’une base militaire mauritanienne par le GSPC, une organisation clandestine algérienne, réputée proche du réseau Al-Qaïda, et qui tente depuis 2003 de s'implanter dans les vastes régions désertiques du continent africain entre Maghreb et Afrique noire. L'armée algérienne participe ainsi, et jusqu'au 26 juin, à des exercices baptisés "Flintlock 2005", dirigés par le commandement des forces américaines basé en Europe, le tout dans le cadre du TSCI. Le Maroc sera lui aussi le théâtre d'autres opérations combinées. Quelque 300 militaires américains participent à ces exercices que chacune des armées des pays du Sahel organise sur son territoire.


Sélection nationale. Zaki contre Naybet

Deux jours après le match Maroc-Malawi, et à quelques encablures du capital Kenya-Maroc, le coach Baddou Zaki en serait venu aux mains avec son capitaine Noureddine Naybet, dans un grand hôtel de la capitale. Ce dernier ayant pris la défense de Amine Erbati, joueur du Raja de Casablanca qui aurait reçu une prime inférieure aux autres. Il a fallu l’intervention de la sécurité de l’hôtel pour calmer les esprits. Heureusement… Selon un dirigeant de la FRMF, "il n y a aucune différence dans le traitement des professionnels et des joueurs locaux. Cependant, notre charte stipule que seuls les 18 joueurs inscrits sur la feuille de match touchent la même somme, les autres devant se contenter de la moitié" Ceci explique-t-il cela ?


Image. Cheikh Yassine se met au vert

Cheikh Yassine est bien portant. Pour couper court aux rumeurs concernant son état se santé qui serait déplorable, le chef d’Al Adl Wal Ihsane a tenu à faire un pique-nique familial dans la forêt de la Maâmora, la semaine dernière. Le site web de la mouvance a mis en ligne un enregistrement vidéo complet de cette sortie, qui date du 6 juin. On y voit notamment le cheikh en train de s’amuser avec ses petits fils, entouré de Nadia et de ses autres enfants. Cet enregistrement intervient au lendemain de l’annonce de la traduction de la fille du cheikh en justice. Réponse du berger à la bergère ?


Politique. Un parti berbère en projet

Ce sera le premier parti berbère du Maroc. En préparation du congrès constitutif prévu le 15 novembre prochain, des militants de la cause berbère au Maroc ont officiellement déposé une demande d'autorisation de création du Parti Démocratique Amazigh (PDA). Dans ses statuts, le PDA se dit ouvert à tous les Marocains, arabophones et amazighophones. La nouvelle formation politique se fixe, en outre, parmi ses premiers objectifs, de défendre "le fédéralisme, la promotion de la diversité culturelle, linguistique et religieuse, la laïcité, etc". Un vaste programme. À signaler que le principal promoteur du projet, et probablement futur président du parti, Ahmed Adghirni, ne fait pas l’unanimité dans les rangs des amazighs.


Droits de l'homme. L'OMDH s'inquiète

L'Organisation marocaine des droits de l’homme se fait des soucis. Une année après la restructuration du conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) et plus de trois ans après la création de Diwan al Madhalim, l’association, d’habitude modérée, s’en prend à l’état pour toutes les formes de lenteur enregistrées. Concernant le CCDH, il est noté que la promotion de la culture des "droits de l’homme", à l’école et dans les médias, prévue en 2004, n’a pas eu lieu. Il note, par ailleurs, que le diwan tarde à respecter ses engagements, à savoir présenter au Premier ministre des suggestions de procédures, soumettre au CCDH un rapport thématique et au roi un rapport annuel. Rien de tout cela ne tient. à croire que les droits de l’homme gérés par le Palais titubent.


Nationalité. Marocains pour toujours

Rita Verdonk, ministre néerlandaise de l’immigration, en visite officielle au Maroc, a défendu le projet des Pays-Bas visant à supprimer la double nationalité pour les immigrants marocains de la 3 éme génération. Ces derniers doivent choisir : être Marocains ou Néerlandais, une idée largement défendue aux Pays-Bas et justifiée par la question de l’intégration. Les officiels marocains ont insisté sur le fait que la nationalité marocaine ne se perd jamais. C’est une question de souveraineté…et sans doute aussi de sécurité, les Marocains tenant à récupérer tous leurs ressortissants plus ou moins accusés de terrorisme.


IRCAM. Le clavier tifinagh

La graphie tifinaghe est enfin adaptée aux techniques nouvelles. Au bout de huit mois de travail continu, l’IRCAM a réussi à transposer cet alphabet sur clavier. En adoptant une police de caractères dorénavant labellisée "tifinagh-ircam" et téléchargeable sur le site de l’institut (www.ircam.ma), il a démenti les défaillances pressenties par les défenseurs du latin et de l’arabe. Tant mieux. La technique finit par suivre.


Musique. Mahmoud Saâdi meurt anonyme

Mahmoud Saâdi, un des fondateurs des légendaires Nass El Ghiwane et Jil Jilala, est décédé lundi à Casablanca à l’âge de 63 ans, des suites d’une maladie des reins. Mahmoud Saâdi s’était plaint de douleurs le week-end précèdent sa mort, il avait d’ailleurs consulté un médecin qui lui a prescrit des calmants. Le corps du défunt a été découvert par ses voisins alarmés par l’odeur. Mahmoud Saâdi vivait seul depuis des années, en retrait de la vie artistique. Son enterrement, presque anonyme, n’a été suivi que par quelques rares amis, dont Omar Sayyed et Mohamed Darham. Il méritait mieux...


3 questions à Mostafa Meftah (Dirigeant de la GSU)

Où en est votre projet de fusionner, enfin, avec le courant Fidélité à la démocratie ?
Ce projet respecte le calendrier préétabli. La fusion doit s’opérer à l’occasion de notre prochain congrès, en juillet prochain. Il n’y a aucun retard. Nous sommes prêts. Même s’il nous reste sans doute des détails de fonctionnement pratique à roder.

Comment comptez-vous vous présenter, concrètement, aux élections de 2007 ?
Comme un parti ouvert, j’espère. D’où l’idée, d’ailleurs d’organiser un cycle de débats amicaux, auxquels nous convions des personnalités en dehors du
parti, notamment des intellectuels et des relais des médias. On a tendance à l’oublier, mais un parti, ça appartient aussi aux autres, c’est presque du domaine public, il n’y a pas de raison qu’il reste recroquevillé sur lui-même. Pour 2007, notre devise est double : nous rapprocher davantage du citoyen, ce que nous ne faisons pas assez (nous comme d’autres partis d’ailleurs), et militer pour un changement institutionnel.

Quel changement institutionnel ?
Une transition vers la monarchie parlementaire. Je crois que le Maroc ne peut pas éviter ce choix-là. Les gens qui gèrent la chose publique doivent être comptables devant le public, justement. Ce n’est pas une fantaisie que de le dire mais, au contraire, un acte citoyen et parfaitement responsable.



Billet : Surenchère patriotique (par Driss ksikes)

Il arrive que des Marocains jouent "au plus Marocain". Le spectacle livré en prélude au festival de Casablanca est édifiant. Des artistes cravatés et syndiqués, comme il se doit, jugent d’autres artistes, moins coincés et plus mondialisés, de "non Marocains". Que reprochent-ils à ces jeunes, férus de mélanges acoustiques, qui les ignorent royalement ? Ils leur en veulent de ne pas programmer "la chanson moderne authentiquement marocaine". Entendez, celle où un chanteur propre sur lui est en avant-scène avec une brochette d’hommes cravatés derrière, en guise d’orchestre ! Parce que ce genre suranné n’est pas de leur goût, les jeunes artistes en charge de ce festival new look sont traités d’acculturés, de "fils de Lyautey". Surprise, Ramid fait des émules même dans l’art. Et pourquoi un tel acharnement ? Le fric. Ils en veulent à ces jeunes, trop ouverts sur le monde, d’être prêts à débourser des sommes colossales pour des artistes de niveau mondial, plutôt qu’à soutenir leurs pitoyables compatriotes. Ces derniers demandent leur part du gâteau, mais sont prêts, pour masquer leurs desseins, à scander une exception culturelle au rabais. Au fond, ces chanteurs locaux à la cause perdue sentent que le nouveau mode de promotion artistique leur échappe. La "sahra fanniya", leur regrettée vache à lait, est passée de mode. Les festivals en vogue tournent le dos à leur classicisme d’un autre âge. Le croisement des cultures favorise la réémergence de chikhates et autres chanteurs du terroir, longtemps catalogués impropres à la consommation. Quant à leur modèle de chanson, figée et romantique, il est en perte de vitesse et demande un relifting inventif. Mais ont-ils de l’imagination requise ? Pas sûr. Ils ont à peine la force de nuisance nécessaire pour faire de la surenchère patriotique.



Billet : Intellectuels pour personne (par Karim Boukhari)

On raconte que, pour les élections de 1977, l’intellectuel Abdellah Laroui s’est présenté aux élections contre un vendeur de beignets (oui, oui). Devinez qui a gagné ? On raconte même que l’heureux élu, tout analphabète qu’il est, se baladait dans les rues pour narguer l’intellectuel : "Regardez bien l’objet inutile qui peut surgir de l’esprit d’un athée", disait-il aux électeurs, en brandissant un livre de Laroui ("Les Origines sociales et culturelles du nationalisme marocain", la bible d’une génération de chercheurs marocains), avant de le jeter par terre, en levant le V de la victoire, sous les youyous des femmes et les cris de joie des enfants. Le malheureux Laroui, tout intellectuel éminent (pour l’histoire de ce pays et du monde arabe) qu’il est, a été couvert de ridicule, battu à la régulière par le premier blaireau qui a osé le défier. Il a renoncé, depuis, à la politique pour se consacrer à ce qu’il sait faire le mieux : parler aux élites.
L’anecdote de Laroui est peut-être exagérée, mais l’image est forte. Et sans doute pérenne. D’autres Laroui ont été humiliés, et le seront demain encore, par des marchands de fruits et légumes, des indics, des fqihs, des dealers à la petite semaine et d’autres herbes sauvages de la société marocaine. C’est la règle du jeu, même si le Maroc n’a jamais été un exemple de démocratie. En 2007, date des prochaines consultations électorales, d’innombrables champignons sauvages vont pousser des terres poussiéreuses du royaume pour avaler des intellectuels trop tendres pour comprendre les règles de la rue. Ou de la politique. Et si la question "quel est le rôle et le poids de l’intellectuel dans un pays comme le Maroc ?" nous fait tant bâiller, c’est qu’on connaît depuis longtemps la réponse...



Vite !

Le cabinet royal devrait connaître un mouvement de restructuration avant la fête du trône, en juillet prochain. Au menu, des départs à la pelle pour les anciens collaborateurs de Hassan II qui n’arrivent pas à s’adapter au nouveau style du souverain, et un partage des tâches, plus clair, avec de nouvelles têtes qui vont regagner le cabinet royal.

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Tarik Essaadi a reçu, le 15 juin, le prix du meilleur blog africain pour la liberté d’expression décerné par Reporters sans Frontière. RSF avait sélectionné 60 blogs de par le monde avant de les soumettre au vote des internautes. Tarik Essaadi, webmaster du portail emarrakech.info, est le créateur de blog.ma la première plateforme de blogs marocains.

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Al Ousboue a publié une nouvelle "liste des fonctionnaires fantômes" (accusés de percevoir des salaires sans travailler) émanant, a dit l’hebdomadaire, des services de Omar Hilale, le nouveau secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Sur les 40 personnes citées figure, ainsi, un certain Abdelhadi Boucetta. Information utile pour M. Hilale : c'est l’ambassadeur de Sa Majesté au Chili !

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La nomination des walis et des gouverneurs, initialement prévue le 8 juin dernier, a été reportée à cause des évènements de Laâyoune et des dérapages estudiantins qui ont suivi à l’université de Rabat. Ce qui laisse présager un réajustement au niveau des walis et gouverneurs des provinces du sud. Avec de nouvelles listes pour remplacer les anciennes.

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Al Ahdath Al Maghribia change de look, de format et de couleur. Dorénavant, le quotidien dirigé par Mohamed Brini est en quadrichromie, avec du rouge pour égayer sa Une, une photo pour l'aérer et un format différent pour rendre le journal plus agréable à feuilleter. Avec une nouvelle rubrique d’opinions, même le fond est légèrement retouché. Bravo et bonne chance.

 
 
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