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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

France. Soulagement après la libération des otages

(AFP)
Ils ont passé plus de cinq mois de cauchemar. Enlevés le 5 janvier à Bagdad, Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun al Saadi ont été libérés le 11 juin. A peine arrivée en France, la journaliste du quotidien Libération a raconté avec beaucoup d'humour et de pudeur les conditions pourtant extrêmement dures de leur détention : une douche par mois, 24 pas par jour – pour aller aux toilettes – et deux repas quotidiens (un sandwich et un œuf dur le matin, du riz le midi). Tout cela en ayant constamment les mains et les pieds liés et les yeux bandés au fond d'une cave où la température atteignait souvent les 50 degrés. "C'était assez encadré,
comme stage", a-t-elle lancé avec malice. Pendant plusieurs semaines, elle n'avait pas pu se rendre compte que l'homme qui partageait sa "cellule" était Hussein. Les ravisseurs, eux, lui ont demandé l'adresse e-mail de Jacques Chirac pour le contacter directement…
Si la libération s'est bien passée, plusieurs points restent dans l'ombre. Alors que les otages roumains libérés le 22 mai affirment avoir été maintenus dans la même cellule que Florence et Hussein, la journaliste, elle, ne veut ni confirmer ni démentir. "Chacun a compris que la situation est délicate. J'ai été détenue avec Hussein", répète-t-elle. "Je ne suis pas là en train de défendre l'agence 007. ça ne m'amuse pas de faire ça". Quant à savoir si une rançon a été payée, le gouvernement le dément.
Le débat se concentre désormais sur une question : faut-il continuer à envoyer des journalistes en Irak, alors que la situation y est explosive ?- I.B.


Iran. L'autre face de Rafsandjani

À l’heure où les Iraniens doivent élire leur président, dans une compétition féroce, où les voix des jeunes sont courtisées, le candidat favori de la présidentielle Hachémi Rafsandjani, a carrément appelé à de nouvelles relations avec les USA. Il a déclaré à CNN mardi, être " favorable à une politique de détente. S’ils sont sincères dans leur volonté de coopérer avec l’Iran, alors le moment sera venu d’ouvrir une nouveau chapitre dans les relations avec les états-Unis". Saluant la nouvelle approche américaine, Hachémi Rafsandjani, souhaite que les USA "fassent plus", faisant référence à la décision américaine de ne plus bloquer la candidature iranienne à l’OMC, ni la vente de pièces détachées d’avions à l’Iran. Condition sine qua non : il a demandé que les USA débloquent les avoirs iraniens gelés par les Américains au lendemain de la révolution islamique de 1979.


États-Unis. Michael Jackson blanchi

Acquitté sur toute la ligne. Le verdict de Michael Jackson, rendu lundi, a provoqué une explosion de joie chez ses fans, parqués devant le tribunal de Santa Maria, dans l’ouest de la Californie. Le " roi de la pop" a été acquitté des dix chefs d’accusation retenus contre lui. C’est une victoire du clan Jackson qui présentait le chanteur comme la proie d’escrocs et du procureur Tom Sneddon, son ennemi intime.
À 46 ans, Jackson était accusé d’ avoir abusé d’un mineur et de lui avoir fait boire du vin. Il risquait plus de 18 ans de prison s’il était reconnu coupable de ces chefs d’inculpation. Les avocats du chanteur ont convaincu le jury populaire. Ils ont dépeint la famille de la victime comme contradictoire et motivée par l’appât du gain. Libre mais brisé, Jackson risque de peiner à redémarrer une carrière mal en point.



Vite !

L'otage australien Douglas Wood, 63 ans, enlevé depuis un mois et demi a été retrouvé par hasard par l’armée irakienne, alors qu’elle menait une banale opération de routine dans un quartier à l’ouest de Bagdad. Quant à Hussein Hanoun, l’interprète de Florence Aubenas, il a décidé d’abandonner son métier et l’Irak. Il était attendu à Paris jeudi.

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Les autorités espagnoles ont arrêté seize islamistes radicaux, dont 11 liés au groupe Ansar Al Islam de Zarqaoui et cinq autres aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Parmi ces seize radicaux, sept sont Marocains originaires de Tanger. Plus de 500 policiers ont été mobilisés pour cette double opération, qui s’est passée dans les régions de Madrid, Barcelone, Valence, Cadix et Ceuta.


Guantanamo. Passé au crible par le sénat

La Grèce doit rendre à l'Union européenne 518 millions d'euros de fonds communautaires accordés pour des ouvrages publics entre 2000 et 2004, pour cause de mauvaise gestion. Athènes a quatre ans pour s'acquitter de ce remboursement. "Nous sommes soulagés de nous en être sortis comme ça", a déclaré le secrétaire d'état grec à l'économie, Christos Follias. Au départ, la Commission réclamait un retour de 1,2 milliard d'euros, menaçant de geler les paiements en cours. Bruxelles a imposé ce redressement au vu des nombreuses violations de règles communautaires. "Tout le système était pourri, a-t-il affirmé, citant "des irrégularités sur les appels d'offres, des études mal menées, des budgets dépassés et des changements de d'objet des travaux".


Europe. L’impasse des Vingt-Cinq

L'Europe traversait une nouvelle crise au sommet de Bruxelles de jeudi et dont le président en exercice de l’UE, Jean-Claude Juncker avait brutalement dramatisé l’enjeu en s’affirmant "presque sûr d’un échec". Deux questions étaient au menu : le prochain budget communautaire 2007-2013 et l’avenir de l’UE, après le non asséné par les Français et les Néerlandais à la Constitution.
Tony Blair espère bien tirer profit de l’affaiblissement du noyau des fondateurs (Chirac et Schröder), pour marquer l’Europe de son empreinte. Sur l’avenir de l’UE, les pays, s’ils sont d’accord, accepteront une pause dans le chemin des ratifications. En revanche, sur la question budgétaire, un échec est sérieusement envisagé. La France réclame l’abandon du rabais budgétaire britannique, qui favoriserait Londres. Blair, furieux, a conditionné le sujet à une révision de la politique agricole commune, que Chirac exclut catégoriquement.


Pretoria. Evincé pour corruption

Au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid, en 1994, l’ANC affronte une très grave crise. Mardi, le chef de l’état, Thabo Mbeki, a "relevé de ses fonctions " son vice-président, Jacob Zuma, pressenti pour lui succéder en 2009. Cette mise à l’écart fait suite à la condamnation, la semaine dernière, du conseiller financier de Jacob Zuma à quinze ans de prison ferme. Schabier Shaik est accusé d’avoir versé 160 000 euros au numéro 2 du régime pour décrocher plusieurs contrats et négocié un pot-de-vin entre Zuma et un fabriquant d’armes, Thint, filiale sud-africaine de Thomson CSF.
Devant le Parlement réuni au Cap, Thabo Mbeki a expliqué prendre cette décision "dans l’intérêt de Jacob Zuma et de (leur) jeune démocratie". Zuma était très populaire au sein de l’ANC et du syndicat Cosatu. Mais Mbeki a fait de la lutte contre la corruption, son cheval de bataille et ne voulait pas reculer.



Lu pour vous.
Le sang et l’encre
(La revue du Liban du 15 juin)

Melhem Karam

Un autre symbole de la pensée et de la culture a été tué par la main de la félonie de Beyrouth. Samir Kassir, ce radical brillant, passionné pour la démocratie, est tombé.
Même absentes, les forces syriennes font sentir leur présence. Depuis 1976, Damas considère que son rôle régional est lié à son influence libanaise.
Sans de nouvelles institutions sécuritaires sûres, l’impasse restera totale au Liban. Pourquoi cela s’est-il produit ? Silence. L’opposition rejette la responsabilité sur le président Lahoud.
Ces élections ne présagent rien de bon. Le passage national à l’étape post tutelle est au point mort. C’est le confessionnalisme qui domine jusqu’à présent.
Au fond, toutes les nations ont connu des moments douloureux. Les états-Unis ont été frappés dans leur orgueil après le séisme du 11 septembre 2001. La France a perdu la fleur de sa jeunesse dans les guerres du continent. Mais ces pays ont pansé leurs plaies et se sont reconstruits.
La pensée libanaise a payé le tribut de la liberté. C’est que l’encrier où elle trempe sa plume est toujours celui du sang. Et la plume qui force l’obscurité et l’injustice, paraît parfois comme une lame qui se retourne contre son propriétaire. La victime est plus intrépide que le bourreau. Le général De Gaulle disait : "les fortunes ne proviennent pas des caisses de banque, mais des silos de blé quand ils sont vides". Notre rôle est de les remplir de blé et de vérités.

 
 
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