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Par Hassan Hamdani
Musique. Coulisses de concerts
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Lara Fabian à Casablanca (DR)
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Après un passage à vide de deux ans, les grands concerts payants reprennent au Maroc, avec coup sur coup Lara Fabian, Gilbert Montagné et Patricia Kaas. Les organisateurs de spectacle ne crient cependant pas encore victoire.
D'entrée, out les has been ! Les artistes programmés au Maroc doivent être dans lactualité, faute de quoi, cest léchec assuré : "On ma dailleurs déjà proposé Sheila, mais à part les fans de disco, qui se souvient delle ?", sinterroge Carlos Peirats de One way concept, organisateur du concert dEnrico Macias |
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lannée dernière et de Lara Fabian en mai. "Lartiste qui peut rapporter de largent à un organisateur de concert au Maroc, cest celui dont on chante les chansons de 7 à 77 ans" rajoute Carlos Peirats. Exception faite des grands- mères, Lara Fabian, lors de son concert au Mégarama, a effectivement attiré des mères et leurs filles hurlant en choeur "je taiiiiiiiiiime". Même son de cloche chez Hakim Lahlou dHilart, organisateur du concert de Patricia Kaas. Lartiste à la voix éraillée tourne depuis un an et demi avec son nouvel album et offre donc quasiment des garanties de succès : "je dois miser sur un artiste au public le plus large possible pour diminuer les risques", explique dailleurs ce dernier. Faute davoir appliqué la recette du plus grand dénominateur commun, Vegas Entertainement a bu la tasse avec le concert dAmal Bent au Rialto, avant de se rattraper avec Gilbert Montagné. Amal Bent était certes numéro un des ventes en France avec son single "Ma philosophie", mais elle nétait célèbre quauprès des jeunes qui la suivaient dans lémission de M6 "à la recherche de la nouvelle star". Mésaventure encore plus terrible pour Mouss Diouf qui na réussi à vendre que 23 billets pour son one man show prévu au Mégarama. Les organisateurs ont dû annuler sa prestation en catastrophe, Mouss Diouf était connu mais dans un périmètre restreint : lhexagone français et la petite lucarne télé.
Lartiste doit donc avoir une assise populaire, mais également être capable de concurrencer les autres sur un marché marocain encore embryonnaire. Ceci, dautant plus que tous les concerts se télescopent entre fin octobre et mi mars, puis mi avril et fin juin, du fait dun calendrier marocain truffé de fêtes religieuses peu propices à la programmation musicale. Cest ainsi, quen moins de 3 mois se sont succédé, Amal Bent, Lara Fabian, Gilbert Montagné, Patricia Kaas. Dans le lot, Amal Bent a fait les frais de cet embouteillage artistique, victime de la proximité du concert de Lara Fabian : "les deux concerts étaient trop proches, jai préféré réserver mon argent de poche pour Lara Fabian", explique une jeune fan venue assister au concert de lartiste belge, accompagnée de ses deux surs. Organiser un concert au Maroc reste donc un pari à haut risque. "Les sponsors majeurs capables de débourser 600.000 DH ne sintéressent pas aux concerts payants. Laudience est trop limitée, ils préfèrent investir sur les concerts gratuits qui drainent un public important", explique à ce propos Hakim Lahlou. Ce fut le cas pour Coca Cola et Meditel, sponsors de Nancy Ajram à Marrakech. Ce sera le cas pour Pepsi, sponsor dElissa au prochain festival de Casablanca. Faute de pouvoir compter sur cette manne financière, les organisateurs se rabattent sur des sponsors mineurs qui déboursent entre 50.000 et 150.000 dirhams pour avoir leur nom sur laffiche. Les organisateurs misent donc davantage sur la billetterie pour rentabiliser les sommes investies. 1 million de dirhams dans le cas de Patricia Kaas, dévoré pour moitié par le cachet de lartiste. 700.000 dirhams pour Lara Fabian avec un cachet compris entre 30.000 et 50.000 euros. Linvestissement est certes lourd, mais un organisateur de concert peut dégager une marge bénéficiaire conséquente : entre 100.000 et 300.000 DH pour le concert de Lara Fabian. Il faut cependant avoir un fond de roulement important, "Les cachets des artistes sont versés pour 50% à la signature du contrat, le reliquat à un mois du concert ou le jour même en fonction du degré de confiance de lartiste" explique Hakim Lahlou. Qui plus est, même en cas dannulation du concert, lartiste garde ses émoluments. "Nous avions programmé Billy Crawford au festival des nuits magiques. Le sponsor nous a fait faux bond, le festival a donc été annulé, mais lartiste a tout de même gardé les 50% de son cachet que nous avions versés davance" se souvient Carlos Peirats.
Attirer le public à un concert est un véritable casse-tête pour un organisateur, compte tenu du fait que ce public nest pas extensible à linfini. Ce sont toujours les mêmes clients : des francisants capables de débourser 250 DH minimum pour un billet. Une cible limitée comme la appris à ses dépens Hakim Lahlou: "à une époque nous avons vu grand en programmant 8 a 9 concerts par an. Le public na pas suivi. Nous avons ainsi perdu 2 millions de DH en trois mois en misant pourtant sur de grandes pointures comme Charles Aznavour, Ray Charles ou Julio Iglesias". Ce dernier sest même retrouvé concurrencé par une fête de mariage. Une grande partie du public chamali, vivant à Casa et fan de lhidalgo bronzé, était invitée à un grand mariage tétouanais. Le sponsor inclus, en la personne du DG dEqdom, originaire lui-même de Tetouan. Que lon puisse préférer un mariage à un concert nétonne pas tant que ça quand on connaît le comportement dachat du public marocain : "Au Maroc, les gens vont au concert comme ils vont au restaurant ou en boîte de nuit. Ce spectateur potentiel peut tout annuler à la dernière minute sil sent quil naura pas les conditions de confort adéquates, une place de parking ou si une autre sortie se présente à limproviste" explique Hakim Lahlou. Le Megarama, où se déroule la très grande majorité des concerts payants, est le seul lieu réunissant ces conditions. Les organisateurs de concert préfèrent dailleurs louer cette salle privée, entre 50.000 et 100.000 dirhams, plutôt quorganiser leur concert dans une salle publique. La capacité daccueil y est certes supérieure, mais ne permet ni une garantie de confort ni un contrôle total sur la billetterie. à limage de la mésaventure de Hakim Lahlou, lors du concert de Khaled au complexe Mohammed V. Le spectacle fut un succès populaire mais le nombre de resquilleurs était en proportion : "2500 places payantes, les autres spectateurs sont entrés en payant les flics à lentrée" se plaint Hakim Lahlou. Pour éviter la resquille, le producteur de Adil Imam, en tournée au Maroc depuis le 17 juin a dailleurs fait venir les responsables de la sécurité de France et fait imprimer des billets infalsifiables en égypte. On demande à voir... |
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Sélection. Caprices de stars
Le pompon revient à Charles Aznavour. Ce dernier a réclamé 6 grands crus classés à plus de 2.000 DH la bouteille. Il ny a pas touché, mais les a embarqués avec lui à Genève où lartiste possède une cave à vins. Il lalimente ainsi depuis toujours, cest de notoriété publique. Aznavour avait également réclamé 2 billets de première classe pour son épouse et la femme de son manager. Arrivé à Casablanca, il a demandé à Hilart de lui rembourser ces billets supplémentaires quil navait finalement pas utilisés. Julio Iglesias est arrivé avec son jet privé, mais avec une smala de 35 personnes à prendre en charge. Soucieux de la qualité du son, il a même réclamé que lon prenne en charge toute sa sono quil transbahute avec lui de concert en concert. Le même matériel existait au Maroc pourtant. Au final, le son du concert fut dégueulasse et Julio a viré son ingénieur du son. Ray Charles, un peu craintif de nature, comme tout américain débarquant dans un pays arabe, a réclamé quHilart lui prenne une assurance vie, en plus de la sienne propre. Quant à Lara Fabian, aucune exigence spéciale, à lexception dune corbeille de kiwis et de fraises dans sa loge. Gentille fille... |
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