Sujet
Actu Économie
Procès Yassine - Koukass. L'Etat fait la promo d'Al Adl
Chronique. Le Maroc, malade du Sahara
Lionceaux de l'Atlas. Ah, les bons petits !
Culture. Patrimoine en danger
Essaouira. Le festival, côté VIP
Portrait. Jilala for ever
Cri ! Nous sommes tous des Chinois
N° 183
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Electro. Cheb I…s Back

Cheb I Sabbah (YAA / Telquel)
De retour à Essaouira, après un passage il y a quarante ans, le DJ Cheb I Sabbah s’est très vite remis dans le bain à l’occasion du festival gnaoua. Invité d’honneur de la première scène électro, il devait animer la scène de la plage. Il était accompagné par Bnet Marrakech, coup de cœur de son dernier album La Kahena. DJ U-Cef essayait de se dépêtrer du trip autiste dans lequel il s’était enfermé. "Cheb I", lui, pour le public disparate du festival (jeunettes, mémés en haïk, "facanciers", tous debout sur le sable), a donné une démonstration de sa connaissance parfaite de la musique indienne et paki. Tout en restant attentif à y ajouter des petites touches de musique locale. Séduits, les organisateurs l’ont
invité à donner un concert supplémentaire sur la place Moulay Hassan. Pour une authentique scène fusion, qui s’est prolongée jusqu’à 2h du matin. La discussion avec "Cheb I" sur sa musique dévie facilement sur les souvenirs. Serge El Baz, c’est son vrai nom, est d’origine juive algérienne. En 1960, il quitte Constantine pour ne plus revenir en Algérie. Dans le Paris des mid-sixties, il enchaîne les petits boulots, avant que les musiques d’ailleurs, les situationnistes, ne lui fassent abandonner la coiffure. Il entreprend de longs voyages qui orienteront ses influences musicales. En revisitant l’héritage des femmes du Maghreb, il désire redonner aux jeunes gavés de musiques modernes le goût de la tradition. Aujourd’hui, il habite et produit sa musique à San Francisco. Même si, un retour aux sources le tente bien. Saha Serge.


Concert. Maroc’n’roll en feu

L'idée du festival Maroc’n’roll a germé dans la tête de Pierre Reynaud et Mohamed Beyoud (IF de Meknes) à l’occasion de la sortie du dernier album de Dionysos "Monsters in love." Hoba Hoba Spirit a donné son OK, puis Kaolin. Le festival proposait les trois groupes pour 10 DH, d’où affluence des grands jours. Le public, très jeune – très féminin aussi – a été mis en jambes par une première partie très enlevée de Kaolin. Avant que Dionysos ne sorte le grand jeu. Le groupe de Valence, déjà sur scène à Meknès en 2004, a présenté mardi son dernier album en avant-première mondiale, dans le théâtre même où ils l’ont composé en partie. Très à l’aise, Mathias et ses potes ont régalé l’assistance, alternant les morceaux acoustiques et très rock. Ils ont tenu leur réputation de bêtes de scène, bien servis par les jeux de lumières. Bien que chahutés par les fans de Hoba Hoba, leur reprise de Song for jedi a été tout simplement extatique. Reda Allali et les siens pouvaient clore en beauté la soirée.


Rap. Bigg devient grand

Comme promis, Bigg, prolifique rappeur du groupe casablancais Mafia C, s’apprête à sortir un premier album solo riche de 24 titres et d’une kyrielle de featurings du genre représentant les grandes villes du rap maghribi – K-libre de Meknès, Fnaïre de Marrakech, Muslim de Tanger – et conçu en collaboration avec un coproducteur français et DJ Van de Fnaïre. Magharba ‘tal mout a même séduit un label hip hop français, Phobos, avec qui Bigg est sur le point de signer pour diffuser sa prose rap à l’américaine de l’autre côté de la Méditerranée. Bigg, qui a décidément le vent en poupe, fera aussi partie, via le titre phare de son album, d’une compil entre rappeurs marocains et français en kiosque Fnac dès la fin 2005. Cours, Bigg, cours !


Sortie. Bientôt, Bled Schizo !

Encore un peu de patience, Hoba Hoba Spirit revient bientôt dynamiter votre discothèque. Après avoir passé le mois de mars en studio, les cinq Casablancais fous s’apprêtent à envoyer le fruit de leur imagination dans l’Hexagone pour un mastering en bonne et due forme. Si tout va bien, Bled Schizo, second opus au son soigné, très rock et 100% darija, sera disponible fin juillet-début août. Un album d’une petite dizaine de titres énergiques et, une fois encore, autoproduit de A à Z, "c'est-à-dire sans maison de disque ni distributeur qui t’avancent de l’argent", explique le groupe. Bled Schizo, c’est le fils des cachets de concerts, de la débrouille et de contacts précieux. En attendant, Hoba sera en concert le 9 juillet à Chefchaouen et ouvrira en (haïha) musique le premier festival de Casablanca. Yallah !


Festival. Rawafid, sixième !

Le ministère de la Culture célèbre, en musique (21h, place Mohammed V) et en images (17h, complexe Sidi Belyout) la 6ème édition du festival Rawafid. Petit guide pour s’y retrouver : Vendredi 1er juillet : soirée maghrébine avec Chaba Fadela, Ouled Jouini et Rabii Youmni. Samedi 2 : le groupe Bouhala et Mory Kanté mettent le feu à la soirée africaine ; au cinéma, Le Regard de Noureddine Lakhmari. Dimanche 3 : soirée maroco-hollandaise avec Kasbah & Friends ; au cinéma, Shouf Shouf habibi de Albert Ter Heert. Lundi 4 : soirée casablancaise avec Mystik Moods et Nouri ; au cinéma, Le blues des Shikhates et Ouarzazate Movies de Ali Essafi. Mardi 5 : Abdelli et Jebara animent la soirée de clôture amazighe et fusion. Du 1er au 5 juillet.


VCD. Legalize it !

Sochepress distribue depuis 2 mois des VCD et DVD à 20 dirhams produits par la société Inès. Cette entreprise a obtenu l’aval du CCM désireux de concurrencer le piratage. Pour ce faire, les promoteurs de l’opération commerciale jouent sur la qualité de l’image, meilleure que celle des VCD vendus à Derb Ghallef. Cependant, le catalogue des films proposés n’est pas encore aussi exhaustif qu’au Derb. Il ne comprend pour l’heure que des films égyptiens, des documentaires, des films pour enfants et des productions en amazigh. La société Inès est en pourparler avec plusieurs réalisateurs marocains ( Abderrahman Tazi, Saïd Naciri, etc) afin d’étoffer son offre.


Théâtre. Miftah El Kheïr à la Adel Imam ?

Le trublion Abdessamad Miftah El Kheir veut se consacrer au théâtre. Propulsé au devant de la scène par les séries télé et le cinéma (À Casablanca les anges ne volent pas), il veut revenir à ses vieilles amours. Au programme, un one man show quasiment finalisé et, tenez-vous bien, une comédie de la veine de Madrassat El Mouchaghibine qui avait fait la notoriété de la star égyptienne Adil Imam à ses débuts humoristiques. Miftah El kheïr s’était déjà illustré aux côtés de Samia Akariou, dans des pièces comme Kid R’jal (La ruse des hommes). à l’époque, le public avait apprécié son côté joueur et espiègle. Dorénavant, il exploitera le filon de l’humour jusqu’au bout. Et ce n’est pas fait pour nous déplaire, non plus.


Littérature. Deux hispanisants primés

Deux professeurs d’espagnol marocains, Yassir Hamout et Abdelkader Ben Abdellatif, ont été choisis pour recevoir respectivement les prix "Rafael Alberti" de poésie et "Eduardo Mendoza" de la Nouvelle. Organisés annuellement par le département de l’éducation de l’ambassade d’Espagne à Rabat, les prix leur ont été remis mardi 28 juin, à l’école espagnole de Rabat. Yassir Hamout, professeur d’espagnol à Jerada, auteur de Los poemas del silencio, et le professeur Abdelkader Ben Abdellatif de l’université Abdelmalek Es-Saadi de Tétouan pour Said el pescador ont été choisis à l’unanimité. Comme quoi, l’enseignement mène à tout. à condition d’en sortir.


Import Export. Générations musiques

"Générations Musiques" s’occupe d'organiser la venue d'artistes de "musiques actuelles" français ou résidant en France dans une vingtaine de villes du bassin méditerranéen. Au Maroc, ce programme de l’Association Française d’Action Artistique, a déjà connu de jolis succès : Emilie Simon en 2003, la résidence d’artiste de Dionysos à Meknès en 2004, la tournée de Rachid Taha, Dionysos et Kaolin pour Maroc’n’roll, Gnawa Diffusion au festival Timitar. À l’avenir, "Générations musiques" prévoit d’inviter des formations locales lors d’évènements en France et dans la région. Bientôt la nouvelle scène musicale marocaine au festival de Bourges ?


Le CCM sur le net

Le Centre Cinématographique Marocain a relooké son site Internet. La grande nouveauté réside dans le répertoire où l’on retrouve un dictionnaire des cinéastes marocains, les données sur les sociétés prestataires de service dans le cinéma et les coordonnées des chambres professionnelles. www.ccm.ma.


Grand prix du Maroc en cours...

Le ministère de la Culture est décidé à relifter le Grand prix du Maroc (du livre). Nouvelle formule, meilleure rémunération (probablement), dissociation des genres, programmation au moment du Salon international de l’édition et du livre et mise en place d’un jury plus performant et plus professionnel. Good news !


Nancy 2, le retour

Nancy Ajram avait été déclarée persona non grata à Marrakech par l’ancien wali Hassad. L’ouragan au rire enfantin devrait pourtant revenir dans la ville ocre pour 2 concerts au Palais des Congres de Marrakech à des dates non encore fixées. Rien encore d’officiel, les négociations sont toujours en cours.



Humeur : Volare cacare (par Hassan Hamdani)

Les cancres de Studio 2M ont aussi droit à leur minute de gloire. La chaîne de Aïn Sebaâ diffuse tous les déchets organiques de ses sélections avec un goût pour le scato qu’on ne lui connaissait pas. Entre 2 pubs pour nettoyants WC, on peut y admirer des jeunes filles rêvant d’une carrière à la Céline Dion, des jeunes hommes qui s’étaient jurés d’être les Doukkalis de demain. Devant leur acharnement à sortir une note juste, le téléspectateur reste sans voix. Eux aussi d’ailleurs. Que d’espoir placé par une jeune fille dans ce si bémol qui se transforme en bruit de toilettes occupées ! Dans son trou paumé, on l’imagine faire des vocalises devant sa glace, les poings serrés sur sa poitrine, soutenue par quelques amies complaisantes invitées à voir Mademoiselle déféquer. Et accessoirement, casser les oreilles à toute sa famille. Et le reste à son petit ami. Chapeau bas au monteur du programme, il sélectionne tout seul comme un nouveau Pygmalion ces petits rêves brisés en direct et différés ad vitam aeternam. Devant ces moments de diarrhées chronométrées, le téléspectateur ne sait plus quoi faire. Rire ? Pleurer ? Jeter des tomates sur sa télé ? Mais jamais il ne zappe, tant ce cacaoké est cruel et tragicomique. Et donc mille fois plus émouvant qu’une Joudia parfaite dans sa reprise de "It’s raining men", mais insupportable avec sa tête de première de la classe constipée. Joudia, fais caca de temps en temps, on ne t’en aimera que plus.



Le livre

Mohamed Talbi fait partie de ces rares savants, croyants et rationnels. à 84 ans, son dernier essai, Réflexion d’un musulman contemporain, est aussi limpide que profond. Il y distingue entre la foi religieuse, devant provenir du libre arbitre, et l’appartenance communautaire qui ne peut être réduite à un assujettissement forcé. Il explique que la vérité n’est qu’intuitive et que l’ijtihad ne peut être restreint au nom d’une vérité scellée. Et démontre que la sécularisation, jamais amorcée dans l’histoire des pays musulmans, est bloquée par le totalitarisme théologique. De bout en bout, ce fin réformiste tunisien ouvre des voies de réflexion inédites ou à creuser.

M. Talbi : Réflexion d’un musulman contemporain ; Ed. Le Fennec (10 dh)




Agenda

Le festival Timitar d’Agadir propose une programmation variée. Ambitieux aussi, puisqu’il s’étale du 2 au 9 juillet. Moments forts : Ismaël Lo samedi 2, Mohamed et Mahwash (Afghanistan) lundi 4. Grosse soirée mardi 5 avec Raul Paz, Lotfi Bouchnak, Amarg fusion, Fnaire, le peuple de l’herbe. Le lendemain 6 : Ahwash et Tambours de Brazza. Jeudi 7, Alpha Blondy suivi de Tachinouite et Gnawa Diffusion. Faudel et Noujoum Aït Baâmrane le 8. Iness Mezel et Marcia Short (Brésil) pour finir, samedi 9. Ouf.

Chefchaouen accueille du 7 au 9 juillet la deuxième édition du festival Alegria Achamalia. Mélange d’arts populaires et de musiques du monde, avec Jose Fernandez, Rif Gnawa, Majda Yahyaoui… Expos d’arts avec Ilias Selfati, ou théâtre avec "Bnat Lalla Mennana"

L’expo "Œuvres politiques, politiques de l’œuvre" se poursuit jusqu’au 23 juillet à l’IF de Casa, et tout l’été à la Galerie Delacroix de Tanger.

Le 40ème Festival des arts populaires de Marrakech (du 2 au 9 juillet) est une vitrine de luxe pour les formations traditionnelles de danse. Aux côtés des Aabidat R'ma, Ahidous, Ahwash d'Imintanout, Ahwash Taourirt et Gnawa, l’occasion de découvrir Aglagal, Guedra de Goulimine, Hait de Tissa, Hassada d'Oujda, Mizane Houara, Rokba de Zagora, Taskiwine de Chichaoua.

Concert de clôture du Concours National de Musique du Maroc, dimanche 3 juillet à 16h, au théâtre national Mohammed V de Rabat. Le jury, présidé par Abdel Rahman El Bacha, remettra leurs prix aux lauréats.

Adil Imam sera à la salle Moulay Abdallah de Rabat, pour trois représentations de Bodyguard, du 8 au 10 juillet.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés