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Par Khalid Tritki
INDH. Létat met la main à la poche
Le financement de lInitiative Nationale pour le Développement Humain sera assuré par létat (budget général et collectivités). Personne ne sait comment la loi des finances 2006 dégagera les montants prévus. Mais elle le fera, avec ou sans contraintes.
C'est fait, lInitiative Nationale pour le Développement Humain a trouvé son financement. Cétait la zone dombre majeure qui planait sur lInitiative, pilotée par le roi lui-même (via son conseiller Abdelaziz Meziane Belafqih). Un plan de financement a été établi et cest le budget de létat qui en assumera lessentiel. Lundi 27 juin, une convention de financement a été |
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signée à Agadir en grande pompe. Cinq semaines seulement après le discours surprise du roi, un projet de décret est établi et un compte daffectation spéciale (fonds de soutien à lINDH) est sur le point dêtre institué. Il servira à centraliser les budgets additionnels qui serviront au financement de lInitiative. Par additionnels, il faut entendre hors budget des ministères, dont laction est concomitante à celle de lINDH. Le fonds mobilisera plus de 10 milliards de dirhams, dédiés aux besoins prioritaires pour la période allant de 2006 à 2010. 60% de cette manne financière sera prélevé sur le budget général de létat. Les collectivités locales contribueront, pour leur part, à raison de 20%. Quant à la coopération internationale, elle y participera à raison de 20%. Mais il ne faut pas attendre 2006 pour entamer le travail. Le roi avait fixé juillet 2005 pour lancer le processus. Ainsi, 250 millions de dirhams sont réservés, à cet effet, au deuxième semestre de lannée en cours. Sur ces 250 millions, le budget de létat en avancera 50 alors que les collectivités locales et le Fonds Hassan II participeront respectivement avec 100 millions de dirhams. La faiblesse du montant alloué par le budget ne doit pas induire en erreur. Cest voulu, car les finances de létat ne peuvent faire mieux, surtout avec la conjoncture difficile que vit le pays (flambée des cours du pétrole, baisse des exportations
). En revanche, dès lannée prochaine, le budget devra verser au fonds de soutien à lINDH une dotation annuelle de 1,5 milliard de dirhams pour atteindre, en fin de la présente décennie, 2,5 milliards de dirhams. Du côté institutionnel, Driss Jettou na pas eu un moment de répit. Son dernier conseil de gouvernement, tenu mercredi 29 juin, a accouché de deux projets de décret. Le premier définit la structure légale pour la création du fonds daffectation spécial. Le second porte sur les procédures d'exécution des dépenses programmées dans le cadre du fonds.
Là aussi, il faut relever la nuance. "Ce projet de décret prévoit la mise en uvre de l'Initiative Nationale à travers des procédures qui garantissent l'efficacité et la rapidité dans l'exécution. Il réunit les mécanismes de contrôle à priori relatifs aux engagements des dépenses", explique-t-on auprès du ministère des Finances. En clair : le roi ne veut pas être bloqué par un quelconque ordonnateur ou comptable national. Les mécanismes de contrôle seront les mêmes que dans le cadre de nimporte quelle dépense, mais nauront pas la même philosophie. Le fonds sera placé auprès du Premier ministre et aura au moins deux avantages : il est hors de question que son argent serve à autre chose qu'à lINDH et à tout moment, il sera possible de débloquer largent rapidement. La question de la procédure étant réglée, il reste à savoir doù viendra largent, surtout la partie allouée par létat.
"Plusieurs possibilités existent, dont notamment laffectation au fonds de largent qui devait servir à la réalisation des actions ministérielles sinscrivant dans la lignée de lINDH. Dans ce cas, lesdites actions seront du ressort du fonds spécial", explique un cadre du ministère des Finances. Mais malgré cette petite acrobatie, largentier du pays doit trouver de largent frais. "Cest clair et inévitable", affirme la même source. En principe, tous les programmes de tous les ministères correspondant à lesprit de lINDH seront comptabilisés comme tels. Il en va ainsi du méga projet de lutte contre lhabitat insalubre, de lopération "vacances pour tous", de la généralisation de lassurance maladie pour toucher les personnes sans revenus
Toutefois, sur certains chapitres, laction de lINDH nest pas totalement cernée. Le ministère de lIntérieur devait établir un audit des besoins urgents (personne au ministère nétait disponible pour nous éclairer à ce sujet). Et tant que cet audit nest pas prêt, il sera difficile dannoncer une évaluation précise des besoins en financement. Ce qui laisse croire que les montants qui seront inscrits au fonds spécial sont approximatifs. Cela laisse planer un flou sur les finances publiques. |
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Urgence. Les mesures prévues
Les actions du gouvernement qui seront rattachées à lInitative Nationale pour le Développement Humain sont déjà connues. Léquipe Jettou a prévu dinscrire certains projets de son programme dans cette opération, notamment les programmes de lhabitat social (923 millions de dirhams), lopération vacances pour tous en faveur de 200.000 jeunes, lappui aux associations uvrant dans le domaine social (350 millions de dirhams, la généralisation de lenseignement, le développement de lInternet et de léducation non formelle, les soin de santé (580 millions de dirhams). à cela sajoutent des programmes qui ont déjà démarré, comme lassainissement, le programme de développement intégré en milieu rural et le programme national de laménagement du littoral (rocade, agence de développement du Nord, celle du Sud et lagence de développement social
).
Le volet "urgence" concernera 360 communes rurales et 250 quartiers pauvres. Là, les choses se corsent. Il sagit surtout de créer des activités génératrices de revenus, inscription emploi-jeunes, des actions de proximité et des programmes sectoriels. De même, le gouvernement adaptera son programme pour prendre en charge des actions pour soutenir 50.000 personnes qui vivent dans la précarité extrême. |
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