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N° 183
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Guy Canavy (DR)
Finance. Lydec en bourse

La société de gestion de la distribution d’eau et d’électricité et de l’assainissement du grand Casablanca, s’ouvre au public. La Lydec a annoncé, mardi 28 juin, son introduction en bourse. C’est une première au Maroc. Des deux compagnies déjà opérationnelles sur ce segment, notamment à Rabat, Tanger et Casablanca, seule la filiale de Suez franchit le pas. La société cédera 14% de son capital. Le paquet d’actions offert provient de participations de la maison mère (Suez 4,75%), Elyo (3,25%) et de la RMA Watanya (6%). Le prix de l’action sera
fixé le 13 juillet, date de la clôture de l’OPV. Mais d’ores et déjà, les financiers en charge de l’opération ont prévu une fourchette allant de 210 à 240 dirhams. En gros, l’introduction en bourse drainera vers la société 268,8 millions de dirhams au maximum. La cagnotte n’est donc pas spectaculaire, en comparaison des besoins de financement et d’investissement de l’entreprise. Ce qui fait dire à des financiers que l’introduction en bourse de la Lydec est plutôt une opération de charme et d’ancrage dans le capitalisme marocain. Les salariés ne sont pas en reste. Une partie de l’offre leur est exclusivement dédiée avec une décote de 10%. Signalons au passage que les cadres de la Lydec avaient déjà la possibilité de souscrire au plan d’épargne action de la maison mère. à retenir également que le capital de la Lydec est détenu actuellement par Suez Environnement (concurrent de Vivendi) à hauteur de 35%, Elyo (24%) , Fipar Holding (filiale de la CDG) à hauteur de 20% et par la RMA Watanya à raison de 21%.


Energie. Les politiciens sont dos au mur

Lundi 27 juin, le baril de pétrole s’affichait à 60,40 dollars. Les jours qui ont suivi ont enregistré des fluctuations, mais la tendance reste la même. Le budget de l’état est en alerte. La caisse de compensation ne peut tenir le coup dans de telles conditions et une répercussion sur les prix au public est une solution douloureuse certes, mais elle reste la plus logique. Sauf que, personne ne veut s’avancer sur ce sentier. Les ministres ayant une couleur politique fuient les déclarations et préfèrent le mutisme en attendant un climat meilleur. Surtout que depuis le 16 mai 2005, le prix à la pompe a été augmenté de 50 centimes. Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement est devant un dilemme. S’il augmente les prix, le choc sera pénible pour l’économie. Et in fine, cela se répercutera sur la croissance.


Investissement. Le ciment bétonne

Le Premier ministre vient de signer trois conventions d’investissement de 5,8 milliards de dirhams avec Lafarge Ciments, Holcim Maroc et Ciments du Maroc. Selon leur business plan, cet investissement devrait créer 270 emplois directs. La convention signée avec Holcim Maroc porte sur la construction d’une nouvelle cimenterie à Settat, et l’extension des activités à Nador, Oujda et Fès, pour une enveloppe budgétaire de 2,8 milliards de dirhams. Ciments du Maroc compte installer une nouvelle ligne de cuisson à Agadir, moderniser ses unités d’Agadir, de Marrakech et de Safi, pour un investissement d’1,6 milliard de dirhams. Lafarge Ciments, enfin, qui a signé pour un montant de 1,47 milliard de dirhams, renforcera ses unités de Bouskoura, de Tanger et de Meknès.



Les off

La restructuration du patrimoine de la famille royale se poursuit. Le roi a quitté Siemens S.A. D’après des sources proches de la firme, une cession de 49% des parts de la famille royale a été réalisée courant 2005. Siemens S.A., qui a des atouts certes, perd ainsi une carte maîtresse qui lui a ouvert des portes, et valu l’obtention de marchés comme celui de la centrale électrique de Tahadart.

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Le départ volontaire des employés de Attijariwafa Bank tourne à la mascarade. Au lieu de se voir offrir trois ans de salaire brut comme promis au départ, certains volontaires ont découvert que le montant de l’indemnité était inférieur au barème convenu. D’autres reçoivent en plus du barème, des primes de gratification dont la prime du Hajj.


Sous-traitance. Cap Midest

Les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques visent le Midest 2005, le salon international dédié à la sous-traitance (du 15 au 18 novembre à Paris). Le Salon devrait attirer quelque 3.000 exposants de 40 pays, et touche directement ou indirectement 75 marchés industriels dans le monde. Ce qui explique que la fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électriques (FIMME) et la Bourse nationale de sous-traitance et de partenariat ( BNSTP) s’activent pour saisir les opportunités de cet évènement. Notons que la sous-traitance industrielle regroupe plus de 1.500 entreprises spécialisées, participe pour 17,55% à la production industrielle nationale et compte plus de 70.000 emplois dans plus de 38 métiers différents. Son chiffre d’affaires dépasse 30 milliards de dirhams.


Télécoms. Elecam accroche Alcatel

La société Elecam, spécialisée dans les services d’ingénierie et les réseaux de communication d’entreprise, a signé le 24 juin une convention de partenariat avec Alcatel. L’opérateur français se repositionne ainsi sur le marché marocain, surtout pour la téléphonie fixe. Ce partenariat repose sur le développement du réseau des distributeurs. L’alliance permettra à Elecam, filiale d’Amec Spie au Maroc, de commercialiser désormais l’ensemble de la gamme de solutions voix et données d’Alcatel, en particulier dans les technologies de convergence IP. Cet accord révèle un mouvement d’anticipation sur le développement de la téléphonie fixe suite à la fin du monopole.


Finance. Le bilan de la CCG

La Caisse Centrale de Garantie (CCG) a tenu son conseil d’administration mercredi 29 juin à Rabat. Selon le bilan présenté par la Caisse, 337 demandes de garantie de crédits d'investissement ont été agréées en 2004, dont 87% ont été initiés par des PME. La Caisse a également agréé 34 dossiers de cofinancement des programmes de mise à niveau et 10.565 demandes de garantie au titre du financement du logement social. Les chiffres de la Caisse confirment l’échec du programme de mise à niveau. Le nombre des sociétés ayant postulé à ce programme est très faible. En revanche, le volet cofinancement des fonds sociaux affiche un score honorable avec 1,60 milliards de dirhams, enregistrant ainsi une augmentation significative par rapport à l'exercice précèdent.



Khalid Tritki
Quand le roi veut…

Aux environs de septembre, chaque année, le débat bat son plein au sujet de la loi des finances. À chaque fois, on martèle que la structure du budget n’a pas changé depuis des années. Pour un citoyen lambda, tout cela, c’est du chinois. Pour illustrer ce propos, revenons à une petite histoire de l’époque Youssoufi. Le gouvernement d’alors était ambitieux. Des programmes, des plans, des lois… Finalement, des projections sans lendemain. Une fois, un ex-ministre avait expliqué cet échec par la résistance
des finances. Oualalou, pourtant un socialiste, comme il se qualifie lui-même, ne pouvait déranger l’ordre des rubriques et des affectations déjà établi par ses collaborateurs à la Direction du budget. "Il était impuissant", conclut l’ex compagnon du socialiste. Mais quand le roi ordonne, les mains tremblent, les méninges se creusent, des solutions émergent et de l’argent apparaît. Excusez-moi, Je ne peux le dire autrement qu’en arabe : nous avons un génie "kamouni". Il faut nous terroriser pour travailler. Et il a fallu l’attentat du 16 mai pour faire prendre conscience de l’ampleur de la pauvreté, de l’efficacité des méthodes des islamistes et surtout de la carence des gouvernants. Puis le roi a voulu, la société civile a émergé, le gouvernement a réagi… Dieu, que nous sommes mineurs !

 
 
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