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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Le chaâbi est l’essence de Tamaghrabit"

Antécédents
Abdelaziz Arbaoui, dit Stati
Chanteur
1961. Naissance à El Aounat, près d’El Jadida
1973. "Monte" à Casa travailler pour acheter sa première Kamanja
1980. Intègre son premier groupe à El Aounat
1984. Crée son propre groupe - il produira 42 albums et 236 chansons
2004. Poursuivi puis blanchi dans une affaire de consommation de cocaïne
2005. Prépare la première chanson patriotique en chaâbi
Smyet Bak ?
Larbi Ben Rahal.

Smyet mok ?
Heddou Bent Mansour.

Nimirou d’la carte ?
Je ne m’en souviens pas. Je ne mémorise pas les chiffres.

Vous êtes tellement connu, vous avez raison...
Ce n’est pas ça. J’ai toujours ma carte nationale sur moi.

En juin de l’année dernière, vous avez été poursuivi pour consommation de cocaïne. La justice vous a blanchi, mais vous ne l’avez jamais annoncé. Vous avez encore des choses à vous reprocher ?
Non, mais toute cette affaire m’a mis dans un état de stupéfaction qui dure encore. Je ne comprends toujours pas ce qui est arrivé, ni pourquoi j’ai été embarqué dans cette histoire. Pendant que les flics me transportaient de Casablanca à Marrakech, je leur ai demandé si c’était une farce de la caméra cachée tellement ça me semblait surréaliste.

N’empêche, vous vous en êtes pas mal sorti. Il paraît que vous n’avez jamais travaillé autant que durant l’été dernier...
C’est vrai. Le public a été solidaire avec moi, j’ai vu des gens pleurer pour ce qui m’arrivait. Les propositions de soirées n’arrêtaient pas alors que l’affaire était en cours. Vous me disiez tout à l’heure que je n’ai pas parlé après l’affaire, ce n’est pas tout à fait vrai, puisque j’ai sorti un album qui s’appelle "Al Batel Saîb" (l’injustice est cruelle). C’est une chanson sincère qui a ému beaucoup de mes fans.

Personne n’est intervenu pour la pop star que vous êtes ?
Du moins, pas à ma connaissance. Il y a quelques semsara qui sont venus demander de l’argent à mon frère, j’ai refusé. Sinon, personne ne m’a soutenu. Ni syndicat, ni artistes.

C’est peut-être parce que vous ne faites que du chaâbi, finalement ?
Et alors, le chaâbi est l’essence même de Tamaghrabit (la marocanité). C’est ce qui parle aux foules, c’est la joie du petit peuple, la fête du Marocain. Allez jouer de l’électrique dans les quatre coins du pays et voyez si le public vous suivra autant que si vous grattiez sur des cordes authentiques d’une kamanja marocaine.

Revenons à votre affaire. Vous avez finalement été condamné à payer une amende de 2000 DH, pourquoi ?
C’est une autre histoire, aussi surréaliste que la première. J’ai avoué, lors des interrogatoires, qu’il m’arrivait de fumer du canabis, mais que j’ai arrêté il y a 16 ans de cela. Ils n’ont retenu que la première partie et m’ont collé l’amende.

Vous êtes déjà rentré au Palais ?
Non, jamais. J’ai joué lors de la cérémonie de mariage du roi, c’est tout. Ceci dit, répondre à une invitation de ce genre m’honorerait.

Vous avez des idoles ?
Bien sûr. Tous les musiciens qui dégagent une émotion. Le maréchal Kibbo, Naima Samih, Abdelhadi Belkhayat, Farid El Atrach, Brahim El Alami et d’autres.

Aâroubi, c’est une insulte?
Au contraire, c’est un honneur.

Vous préparez la première chanson patriotique en chaâbi. Vous avez donc des avis sur ce qui se passe au Maroc ?
Comme chaque citoyen. La chanson parle du Sahara, du roi, de l’éducation. J’aime mon pays, vous savez.

Intéressant, dites-moi ce que pensez-vous du problème du Sahara, par exemple ?
Ce conflit nous a coûté beaucoup d’argent, le Maroc a beaucoup investi dans le Sahara, beaucoup de gens ont péri pour cette terre. Ce n’est que justice qu’elle revienne au Maroc.

Qui vous invite jouer, au Maroc ?
Je ne vais pas chez n’importe qui parmi les particuliers. J’ai par exemple été privé des fêtes dans les quartiers populaires à cause du manque d’organisation. Quand je joue à Moulay Abdellah (Le moussem du chaâbi), il faut des cordons de militaires, de policiers et de gendarmes pour contenir la foule.

Que serait le chaâbi sans le Moghrabi ?
Les deux font partie de la réalité marocaine, ce sont des piliers de la fête populaire.

 
 
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