Essaouira. Le festival, côté VIP
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André Azoulay, le VIP number
one du festival (DR)
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Les plus célèbres invités d'Essaouira font la fête à lécart des autres festivaliers, dans des soirées sponsorisées. Les gens de pouvoir y côtoient quelques happy few et
beaucoup dinconnus, VIPs dun soir.
Cette nuit, la BMCE accueille la jet-set souirie pour sa désormais traditionnelle soirée au Taros, un paquebot pour croisière immobile. La terrasse fait office de pont, au soleil, on y bronze, on y danse, on y boit en payant cash. Ce soir par contre, le Taros embarque gratis les passagers munis dune invitation. Le |
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contrôle à lentrée est encore plus draconien cette année, suite à la disparition de quelques précieux sésames dans les chambres dinvités au Sofitel. Craignant quils aient été scannés et reproduits, chaque invitation est palpée par les responsables du service communication de la BMCE à lentrée. André Azoulay débarque avec une trentaine de ses invités. On nattendait plus que lui, les portes du Taros se referment juste après son arrivée. Là haut sur le pont, la fête bat déjà son plein. André Azoulay a rejoint lavant du bateau. Surplombant le spectacle, il fait admirer Essaouira à ses hôtes. La rambarde de la terrasse du Taros masque la foule des touristes, englués dans les embouteillages humains (450.000 festivaliers cette année). Elle écrème ainsi furtivement, avec tact, les autres. Et livre aux happy few un best of du festival sur écran géant et vivant : des vagues de cheveux sagitant de concert. Un serveur se fraye un chemin vers le coin VIP, avec quelques coupes de champagne. André Azoulay a tombé la chemise... de banquier anglais. En gabardine de marin, casquette de pêcheur sur la tête, il est redevenu Souiri. Hassad limite à la perfection en couvre chef exotique et écharpe sombre. Qui dit Hassad, dit Doumou, le président de la région de Marrakech Haouz. Inséparables quand il sagit de protocole, ils se sont bien exercés au people marrakchi. Ainsi, Doumou shabille en fonction des circonstances. En costume et cravate noire, chemise blanche et lunettes de soleil, à un concert rock. En ensemble beige sport et mocassins, à la soirée du Taros, prêt à embarquer dans un yacht. Gentleman, il propose un siège libre à Asmaa Chaabi, maire dEssaouira. Elle lui rend la politesse. Il nen fait rien. Elle cède. Et sassied. Asmaa Chaabi est fringuée comme à son habitude, entre la star de disco et la chanteuse de Gospel. à des années lumière de son père entrepreneur, bâtisseur de logements sociaux, dhôtels et de supermarchés sans alcool. Une amie dAsmaa lui demande où se trouve cette charmante ville dAsilah : "Près de Tétouan ?" "Oui, cest ça" lui répond très approximative Asmaa. Hassad est assis en face du port de pêche, bercé par la musique de la Place Moulay Hassan, sans le bruit de la cohue, entouré de femmes élégantes. Et malgré tout ça, il garde sa mine sombre: "On lui remonte le moral, il naime pas lidée daller à Tanger", raconte une membre du fan club. Un monsieur se tient assis seul dans son coin, comme un gamin puni pour avoir volé un pot de confiture. Son costume est passé de mode, il a lair triste, regarde par la rambarde du Taros sans rien voir. "Vous êtes qui ?" lui demande un type intrigué. "Je suis Abdellah Chakroun
". Il nattendait que cette question. Cest lancien directeur de la TVM, il a un CV très long et ne demande quà en discourir. "L'haj noud, on sen va" linterrompt Amina Rachid, son épouse, venue le chercher. Lactrice est une habituée des soirées de la BMCE. Lannée dernière, elle était venue en caftan et regardait offusquée une jeune femme dansant, les pieds nus et sales. Cette dernière est présente cette année aussi. Et a ôté ses sandales lavion à peine posé à Essaouira. Elle danse comme lannée dernière, les pieds nus et sales. Amina Rachid ne sen choque pas cette fois, assise dans langle mort, elle a dautres chats à fouetter : son mari ne veut pas partir, il na pas fini son histoire. Debout sur le pont avant, une fille seule, le regard dans le vague, boit un jus de fruit en attendant un mec parti se chercher à boire au bar. "Vous dégagez une aura incroyable", lui dit un grand type à catogan. La fille se met à sourire. Il lui raconte un joli conte de fées : son mariage à Moulay Abdeslam, la montagne éclairée aux bougies, le rituel répété à chaque anniversaire de mariage. Il lui présente même sa femme, Kenza Melihi, la styliste. La fille sourit encore plus, elle aime bien les belles histoires damour. Son cavalier nest toujours pas revenu. Il sest fait alpaguer par un journaliste arabophone, snooké dans lescalier et mourant denvie de parler à quelquun. Saoul depuis le déjeuner offert par Castel, le journaliste a décidé de le faire profiter dun éclair de lucidité : "Tes là ce soir. Et lundi, tes à Casa dans le bus pour aller au boulot". Le journaliste la dégrisé, le mec décide de refaire un tour au bar avant de rejoindre la fille à laura. Une femme enfant déambule, son string en partie visible, elle ne prend plus la peine de remonter son jean taille basse : "On est à Essaouira, pas à Rabat" "Salut !" sexclame-t-elle en revoyant un ami croisé à la soirée de lhôtel Sofitel.
La veille, la femme enfant sétait réfugiée comme quelques autres invités dans le hall de lhôtel. "Au bord de la piscine, cest à vomir. Ils amoncellent des montagnes de bouffe dans leurs assiettes" se plaignait une directrice dagence de communication. Hassad et Doumou avaient également battu retraite loin de la piscine. Lincontournable duo, assis sur les fauteuils moelleux du Sofitel, semblait attendre un groom pour porter leurs bagages. Pendant ce temps, au bord de la piscine, un type bronzé à la crinière blanche se préparait un coktail explosif : des oursins, des huîtres et du gâteau au chocolat arrosé au champagne. Toutes les tables étaient jonchées dassiettes, restes dun dîner de famille. Une petite fille égarée dans la cour des grands réclamait au barman deux coupes de champagne pour ses parents. Le barman était overbooké et il navait plus aucun verre propre : "Il reste du vin rouge ?" lui demanda un invité. "Anta maghribi ? Iwa sauvé rassek, ramène moi un verre et je te sers tout ce que tu veux", plaisante avec lui le barman.
Lambiance est moins pique assiette au Taros. Quelques uns ont allumé des cigares, des invités sembrassent, contents de se revoir pour la première fois depuis la soirée Caftan à Marrakech. André Azoulay, debout dans lescalier jouxtant la scène, regarde Bakbou jouer, une femme du groupe entrer en transe, et les gens danser autour delle. "Il sourit beaucoup cette année, il est content là, la soirée est une réussite" explique une habituée des lieux. Dans le coin VIP, Amina Rachid narrive toujours pas à faire décoller son mari. Il est à nouveau seul, son interlocuteur a filé à langlaise. Près du bar, la comtesse aux pieds nus et sales discute avec la fille à laura, "là ce quil me faudrait, cest un mec avec un léger strabisme de lil gauche". Un type rivé à son tabouret depuis le début de la soirée louche subitement. Elles éclatent de rire toutes les deux. Ce ne sera pas lui. La soirée touche à sa fin, le bar est redevenu payant. Le cash rétabli, beaucoup migrent vers dautres soirées privées. Un cinquantenaire le déclarait la veille, allongé au soleil sur les banquettes colorées du Taros : "Cest toujours meilleur quand cest gratuit". |