Cri ! Nous sommes tous des Chinois
En Chine, la corruption est traitée comme un crime contre la société. Quon sen inspire au moins pour redresser la barre économique. Que nos juges initient une vraie opération "mains propres contre argent sale".
"Les années de plomb" sont certes un terme générique, mais qui a le mérite daller droit au but. Car si lextraordinaire entreprise de réconciliation des Marocains ne peut effacer ce qui a été, nous pouvons néanmoins dire quune certaine forme de justice est en marche et nous savons bien ce quil lui en coûte. |
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En conséquence de quoi, limpunité dont bénéficient les criminels en col blanc qui ont, au bas mot, fait perdre au pays 20 ans de développement nen est que plus choquante.
En Chine, le sort de ceux dont le crime économique est avéré, quils soient douaniers à la frontière coréenne, gouverneurs dune province du nord ou capitaines dindustrie bien en cour, est réglé dune balle dans la nuque. Si ailleurs un assassin et un corrompu ont droit au même traitement, cest que lon considère que lun comme lautre causent de graves troubles à la société. Bien sûr, le Maroc nest pas la Chine, mais à voir la morgue affichée par certains voleurs, -comment les appeler autrement- on se dit quil serait bon dêtre Chinois. Relents fascistes qui se nichent dans les tréfonds de notre inconscient
Notre pays a été consciencieusement pillé par nombre de ceux qui de près ou de loin ont eu une quelconque responsabilité. Lindustriel qui a fait fi de toutes les lois pour satisfaire son désir daccumulation de richesses est-il moins coupable que le fonctionnaire qui puisait directement dans les caisses publiques ? Lun navait que sa conscience pour garde-fou et lautre profitait dune absence totale ou partielle de contrôle. Résultat, nous sommes tous les jours littéralement assaillis par les survivances ô combien vigoureuses de ce système permissif que la corruption maintient sous perfusion.
Largent qui en découle est là, visible, palpable, aisément identifiable en raison des comportements outranciers de nos fieffés corrompus. Le Maroc est jeune, les fortunes douteuses ou non le sont tout autant et elles deviennent "la valeur suprême" quand rien dans notre petite histoire nest assez glorieux. En effet, très rares sont ceux qui pourraient se prévaloir dune bourgeoisie véritable et séculaire pour justifier la démesure dun patrimoine. Point chez nous de dynastie Wendel à la française ou Carnegie à la mode américaine, notre histoire tourmentée nayant malheureusement guère permis de révolution industrielle.
Doù lincompréhension des citoyens devant linaction des services concernés et en premier lieu de nos magistrats qui seraient mieux inspirés en menant le combat de la restitution des biens et deniers de létat plutôt quen se positionnant en victimes outragées de lirrespect des médias (en passant). La difficulté réelle dune telle entreprise ne doit pas être prétexte à son abandon pur et simple. Certes, le principe du "tous pourris" est culturellement ancré chez nous, mais la réalité des faits est forcément en deçà de notre imaginaire. En ce sens, laffaire Slimani et Laâfora nest là que pour faire uvre utile et occulter un peu plus les dysfonctionnements dun appareil détat qui continue à tolérer et à protéger un aréopage de corrompus en tout genre. La solidarité de classe doit avoir des limites.
Et enfin, que de chemin parcouru pour notre édile casablancais, depuis le modeste deux pièces du receveur des postes de Rabat aux penthouses luxueux de Copley Place. Quelle ascension par la grâce dun seul homme, ou devrions-nous plutôt dire dune seule femme ? Si le miracle marocain existe cest bel et bien là quil se niche.
Demander des comptes à tous les indélicats -faisons dans la mesure- nest pas de la démagogie, mais bien le préalable à toute entreprise dassainissement véritable des murs politiques et économiques de notre pays. Et ce ne sont pas les Chinois qui diront le contraire. |