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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Festival. L’art de Timitar

(DR)
La valeur n’attend pas le nombre des années… ni des jours. Timitar, le festival gadiri des signes et de la culture est, à l’heure où nous mettons sous presse, encore suspendu en plein vol de sa seconde édition : une semaine, ni plus ni moins, d’ouverture du monde sur la musique amazighe et du peuple amazigh sur les musiciens du monde. Loin de son étiquette Clud Med, la capitale du Souss s’est à nouveau muée, depuis samedi 2 juillet, en carrefour spatio-temporel de ces rencontres multiples. Pari (bien) relevé, donc, pour l’équipe Timitar, un an après la surprise de l’édition "pilote". Relevé, également, l’éclectique cocktail de têtes d’affiches - de Raïss Mohand à Ismaël Lô, en passant par le Peuple de l’Herbe, Medicine
show-Jazz, Weshm et Marcia Short - repérés avec flair ces derniers mois par le directeur artistique Brahim Mazned. Le tout, dans un métissage équilibré de professionnalisme presque trop parfait et de spontanéité populaire bouillonnante et pacifique. Face à une organisation sans faux pli et friande d’un carré VIP extra large coupant net le public de la scène (principale) Al Amal, c’est en effet bien cette foule chaleureuse, fidèle et démocratique qui confère à ce festival son caractère et sa résonance. Un auditoire de tous sexes et de tous âges, de familles et d’amis, grouillant le long des boulevards reliant les trois scènes nocturnes, visiblement assoiffé d’ambiance, mais aussi d’une certaine réappropriation d’un espace, leur fief, tant voué à faire la cour aux touristes en short et casquette...


Concert. King George à Casa

George Benson donne un concert unique au Maroc. L’artiste est un des jazzmen les plus brillants de sa génération. Une véritable légende vivante de la musique. Guitariste doué, c’est un musicien précoce (il a commencé à chanter à huit ans dans des clubs), qui a gagné la célébrité grâce à sa voix chaude et coulante. Sa découverte de Wes Montgomery et de Charlie Parker détermine son choix pour le jazz. Plus tard, il participe à Mile’s in the sky de Miles Davis. En 1976, il signe son premier album pour Warner Bros, Breezin', qui le propulse au sommet des charts. Le succès du très vocal "This Masquerade" le pousse à réléguer au second plan son art de la guitare. Mais à partir des années 1980, il réussit, encore, à surprendre ses fans par des incursions audacieuses dans la pop. Inclassable en concert, il donne toute la mesure de son talent de swinger. Dimanche 17, au Megarama à Casablanca dans le cadre de la tournée de son dernier album, Irreplaceable sorti en 2004.


Rock. Du live à Rabat

Un concert de Métal est organisé ce samedi à Rabat, à Dar Chabbab Al Amal, avec entre autres les groupes Red Tears et Paranoïa. C’est l’un des premiers concerts "indépendants" organisés après le fiasco du Festival initié par l’association Nextrock. Depuis, une fronde anti-Nextrock secoue la scène rbatie sur fond de discorde financière. En effet, après 7 concerts organisés à Rabat cette année par Nextrock, aucun des groupes montés sur scène n’a été payé ! Plusieurs groupes se sentent escroqués. Normal, lorsqu’on sait qu’ils ont eux-mêmes donné de l’argent à l’association pour pouvoir en être membres et jouer sur scène.


Danse. Anania partageuse

La troupe de danse marrakchie Anania a donné, à Séville mercredi 6 juillet, une représentation de sa dernière composition chorégraphique Cœur sans corps, dans le cadre du festival international de danse Italica. La formation dirigée par Taoufiq Izeddiou était invitée par la Fondation Trois Cultures, active dans le domaine des échanges culturels entre les deux rives de la Méditerranée. La création est issue d’une résidence d’artistes, consécutive à l’expérience "Al Mokhtabar" où la troupe a dispensé une formation gratuite en danse contemporaine à des jeunes. Parmi eux, sept interprètes ont été choisis pour rejoindre la troupe Anania. Taoufiq Izzediou animera également une table ronde sur le thème "corps et engagement : l'autre comme miroir".


Région. Trans-Atlantique ambitieux

Le premier festival régional Trans-Atlantique se tiendra à Safi et El Jadida du 13 au 17 juillet. La programmation, volontairement éclectique, n’offre pas un plateau de stars, mais un mélange de genres musicaux plutôt prometteur : musiques traditionnelles, chansons berbères, malhoun, hmadcha, raï et musique andalouse côtoieront rythmes africains, reggae, blues ou folk. Reprenant la veine – très à la mode – de la fusion, les organisateurs souhaitent faire de ce rendez-vous régional un espace populaire autant qu’un lieu de rencontre (sur scène et en dehors) entre musiciens d’horizons divers. Tout ceci devrait déboucher sur une compilation. Par ailleurs, le programme off devrait s’enrichir d’expositions d’arts plastiques, conférences et autres tables rondes.


Cinéma. Cruise en guerre

Après avoir travaillé ensemble sur Minority Report, Steven Spielberg et Tom Cruise nous reviennent cette année avec La Guerre des Mondes. Ce film est adapté du célèbre roman de science-fiction de H.G Wells, considéré comme le premier livre à avoir abordé le thème des invasions extra-terrestres. Tom Cruise incarne Ray Ferrier, un homme divorcé, père de deux enfants avec qui il entretient des relations très distantes. Ce n’est que lorsque le pays est attaqué par des aliens qu’il réalise qu’il tient à eux et qu’il se doit de les sauver. Pas de Pentagone en feu et encore moins de Manhattan attaqué, seulement les péripéties d’une famille essayant coûte que coûte de survivre. Une nouvelle conception des rencontres du 3ème type, à voir absolument.


Prod. Du nouveau chez Platinium

Platinium a organisé une conférence de presse suivie d’une soirée, jeudi 6 à l’hôtel Amphitrite de Skhirat. Le rendez-vous qui intervient après un an d’exercice de la maison a été l’occasion d’annoncer les artistes que la boîte casablancaise produira dans les mois à venir. Après le coffret de Nass El Ghiwane, le public découvrira donc bientôt le troisième album – très attendu – des rappeurs meknassis "H-Kayne 1426", ainsi que le premier opus d’une jeune chanteuse nommée Nabila. Les responsables du label ont aussi annoncé qu’une licence a été signée avec EMI Production, qui dispose d’un catalogue complémentaire de celui d’Universal Music. Pas de grosses surprises, mais une soirée people plutôt réussie. Le panel d’artistes présents était pour le moins hétéroclite avec H-Kayne, Malek, ou Najat Aâtabou.


Salon. La Palestine au cœur

La culture palestinienne était l’invitée d’honneur du 8ème Salon euro-arabe du livre qui s’est tenu du 25 au 30 juin à l’Institut du monde arabe, à Paris. Au-delà du geste politique de soutien à une société et une culture assiégées, le salon a été l’occasion pour la vingtaine d’éditeurs palestiniens présents de rencontrer leurs collègues arabes et/ou européens. La poésie était bien sûr au rendez-vous avec un récital de Samih Al Qassim, mais aussi la nouvelle offerte au visiteur sous la forme d’un recueil, édité pour l’occasion et distribué gratuitement aux visiteurs. Grand moment d’émotion, l’hommage rendu à Samir Kassi, journaliste libanais fauché par un attentat.


Théâtre. Ils y sont allés !

L'opération "Allons au théâtre" organisée par la Fondation des Arts Vivants, prévue du 9 juin au 2 juillet, a connu un happy end. Grâce au concours du Réseau des associations de quartier (Resaq), 300 enfants, de Sidi Moumen, Sidi Bernoussi et Mohammedia ont pu apprécier au théâtre du Complexe culturel d’Anfa (site de la manifestation) la pièce Al kanz Wal Halwa. Tout au long des quatre semaines, la salle n’a pas désempli, atteignant des pics avec Les Filles de Lalla Mennana, Tartouf et Al Moudakirat Achaytania. Les organisateurs comptent rééditer la manifestation à la rentrée. En tout cas, le public adhère et les pièces valent le détour.


Transe berbère

Prévu initialement à Tafedna – 60 km au sud d’Essaouira – le festival Rythms of peace pourrait se déplacer plus au sud pour des raisons de sécurité, les autorités locales n’ayant pas validé le site. Au programme, des performances électro live, de DJ et de musique d’ambiance, du 25 au 30 août. Info : www.rhythmsofpeace.net


Zakoura organise son festival

Les acteurs principaux sont des bénéficiaires de la Fondation Zakoura, pour la plupart des femmes analphabètes qui ont bénéficié de formations assurées par des professionnels du théâtre. 31 pièces, aux thèmes variés ont été retenues pour la sélection. Du 11 au 14 juillet au CC Moulay Rachid et Mohammed Zefzaf.


Hammoudi nominé

L’anthropologue Abdellah Hammoudi vient d’être nominé pour l’édition 2005 du prestigieux Prix Ulysse dédié à l’art du reportage. L’écrivain marocain voit ainsi son dernier ouvrage, Une saison à la Mecque, concourir aux côtés de 17 autres, toutes nationalités confondues. Un jury polyglotte rendra son verdict le 15 octobre à Berlin.



Humeur : Viva la revolucion !e (par Hassan Hamdani)

Le festival de Casablanca n’en finit pas d’être critiqué. Après les artistes syndicalistes marocains, c’est au tour de notre gauche caviar de se mêler de programmation musicale. Au dernier conseil de la ville de Casablanca, une élue de l’USFP s’est levée pour se plaindre de l’absence de chanteurs politiques dans la programmation. Révolutionnaire dans l’âme, cette dame a exprimé son idée de l’engagement : "Pourquoi ne programmez-vous pas des artistes comme cette fille-là qui chante Hasta Siempre Che Guevara ?" Primo, la fille a un prénom et un nom : Natalie Cardone. Secundo : à part mettre d’humeur guillerette son banquier avec ce tube planétaire, Natalie Cardone n’a pas beaucoup fait avancer la cause prolétarienne. Nous pensions que le Che ne faisait plus fantasmer que les adolescentes en mal de romantisme. Eh bien non, même leurs mères, apparemment. Il existe bel et bien une dame de gauche qui s’enthousiasme pour le beau barbu asthmatique. Le Che doit lui rappeler des souvenirs attendrissants, ces fameuses réunions enfumées où elle refaisait le monde. Cette dame semble ignorer que le Che n’est plus révolutionnaire depuis longtemps. Il n’est plus qu’une illustration pour marchands du temple : fabricants de posters et de tee-shirts. Voilà la nouvelle Internationale, Madame !l



Le livre

Zakya Daoud a l’art de tout transformer en livre. Casablanca en mouvement, dont le concept a été dupliqué pour plusieurs villes du monde, est une série de 25 portraits d’hommes et femmes, artistes, journalistes, militants, qui, chacun par sa touche, donne vie à cette métropole de plus en plus moderne et anarchique, polluée et vivante. Grâce à l’apport esthétique remarquable de la photographe Souad Guennoun et aux questions méticuleuses de l’auteur-journaliste, le livre devient, beaucoup plus qu’un catalogue, une déambulation dans les univers et parcours intimes et professionnels des uns et des autres. Et Casablanca dans tout cela ? Un centre où le mouvement naît, où l’élan est pris et l’innovation diffusée.

Zakya Daoud : Casablanca en mouvement : Ed. Autrement




Agenda

L’institut Goethe de Rabat expose jusqu’au 26 juillet "Images d’Allemagne". Comment les caricaturistes étrangers voient l'Allemagne, les allemands et leur réunification ?

L’exposition photo "Un œil dans la médina" de David Clavé s’installe à l’espace Akwass d'Azemmour. Vernissage samedi 9 juillet à 17h30.

Les œuvres du peintre californien Norton Wisdom seront exposées à partir du 1er juillet à la galerie casablancaise "Au 9". L’occasion de découvrir cet artiste connu pour ses séances de peinture improvisées avec des groupes comme les Red Hot Chili Peppers ou Jane’s Addiction.

La Galerie Taghart à Marrakech présente une sélection de livres d’art de collection, avec des peintures originales et gravures de Kacimi, Azzouzi, Belkahia, Mahi Binebine ou encore Koraichi.

Sophia Charai expose à la galerie Bassamat jusqu’au 15 juillet une sélection de compositions de manteaux. Un défilé des nouveaux modèles sera organisé lundi 11 juillet de 15h à 19h. Tél : 061 13 50 38.

Rabéa Boujibar animera une conférence sur l’enseignement des Arts Plastiques au Maroc. à la Villa des Arts, le 12 juillet à 19h.

Ceux qui ont manqué Winnie l’ourson et l’éléphant, peuvent encore se rattraper. Une heure et 6 min de ravissement Disney, au Megarama. Séances à 14h15, 16h15 et 18h15.

La deuxième édition de Tiwan, le Festival de la poésie et de la chanson Amazigh se tiendra du 15 au 17 juillet à Midelt.

Notez sur vos agendas : le Festival de Casablanca du 16 au 23 juillet.

 
 
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