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Akram Belkaïd. "Les Algériens ignorent le Polisario"
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Histoire. Les huiles malsaines de Meknès
Diaspora. Ces écrivains marocains qu'on connaît mal
Cinéma. Cinéma. Tu seras vidéaste, mon fils
N° 184
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Abdellatif Jouahri (DR)
Bank Al Maghrib. Peut mieux faire

L'institution d’émission a remis au roi, mercredi 6 juillet, son rapport annuel sur la situation économique du pays. Dans l’ensemble, l’année 2004 a été bonne, en chiffres bien sûr. La croissance a été soutenue par la demande intérieure en consommation et en investissement. Le produit intérieur brut a connu une croissance de 4,2%, décomposée en progression de 1,9% de la valeur ajoutée des activités primaires et, surtout, en expansion de 4,7% des autres secteurs. L’embellie ne s’arrête pas là. Fait étonnant, le taux de chômage a baissé à 10,8% à
l’échelle nationale. L’inflation est, quant à elle, demeurée à un niveau acceptable, soit à un taux de 1,5%. Jusque-là, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, a respecté la lecture des chiffres. Mais il ne s'est pas privé d’émettre quelques remarques désobligeantes à l'adresse du gouvernement. Il a ainsi estimé que la croissance n’est pas suffisante et que la mise à niveau a pris du retard. Rien de nouveau. Sauf que, émanant de l’institution d’émission, cette pique a son poids. Visant toujours le gouvernement, Bank Al Maghrib a mis le doigt dans la plaie. Le déficit budgétaire a atteint 3,2% du PIB, légèrement plus que les 3% programmés par la loi de finances. BAM explique ce dépassement par l’alourdissement des dépenses, dû aux charges exceptionnelles. Il s’agit surtout de l’accroissement des charges de fonctionnement et de compensation et dans une moindre mesure de celles de l’équipement. Malgré le fait que le service des intérêts de la dette soit resté quasiment inchangé, la hausse des impôts n’a pas eu d'impact sur le déficit. Ce qui témoigne de l’ampleur des charges de l’état.


Tourisme. Le record de 2001 est battu

Le Maroc a vraiment la cote. C’est ce que confirment les chiffres pour mai 2005. En comparaison avec le même mois, l’année dernière, la hausse enregistrée en terme de nuitées a atteint les 26%. Et le cumul, depuis le début de l’année, affiche une progression de 17%. Ce qui fait figure de record. La dernière bonne performance (l’année de référence) a en effet été enregistrée en 2001, avec 5,78 millions de nuitées. Une performance actuellement dépassée de 4%. La performance du mois de mai est imputable au marché français, qui a généré 164.000 nuitées additionnelles en comparaison à mai 2004. Selon les chiffres du ministère du Tourisme, le nombre de nuitées enregistrées par les Britanniques a augmenté de 71%. Les Espagnols viennent ensuite avec 52%, les Hollandais, 46% et les Belges, 38%.



Les off

Le Maroc est sorti de la liste des pays ayant le droit de subventionner leurs exportations. L’OMC tolère les subventions à l’export pour les pays dont le PIB par habitant ne dépasse pas 1000 dollars. Le Maroc ayant dépassé cette barre depuis trois ans, ne peut donc plus jouer cette carte. Exonérations fiscales ou autres, le temps des faveurs est résolu.

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La fédération des PME a présenté jeudi une liste de 16 propositions transvervrsales au Premier ministre, pour le soutien des PME. La fédération a même suggéré qu’un haut fonctionnaire passe une journée dans une PME pour en vivre les contraintes en temps réel. Gageons qu’aucun fonctionnaire ne se portera volontaire!


Assurance. L’AMO dans la poche

Le conseil des ministres a enfin adopté, mercredi 6 juillet, un décret portant sur la mise en oeuvre du code de couverture médicale et du régime d’assurance-maladie obligatoire (AMO). Il était temps. Après moult tergiversations et reports, les entreprises du secteur privé seront dans l’obligation d’assurer leurs employés pour la couverture des pathologies lourdes. L’entreprise a toute la latitude de compléter la couverture par un contrat de groupe portant sur les maladies non couvertes par l’AMO. La CNSS a déjà commencé à adresser des formulaires aux sociétés pour qu’elles souscrivent à l’AMO ou renseignent sur la nature de la couverture déjà établie dans l’entreprise. Ce pas étant franchi, il reste à savoir si elle pourra assurer sa pérennité. C'est d’autant plus improbable que beaucoup d'employeurs ne déclarent pas leurs salariés à la caisse de retraite.


Social. Grogne chez les blouses blanches

Le syndicat national de la Santé publique (CDT) annonce une grève les 12, 13, 27 et 28 juillet. Entre temps, il organisera un sit-in le 13 juillet devant le ministère de la Santé. Le communiqué très officiel de la centrale indique que le bureau national du syndicat, lors d'une réunion tenue le 5 juillet à Rabat, a été convaincu du désengagement du gouvernement face aux revendications du personnel de la santé. Parmi ces dernières, figurent l'indemnisation sur la garde obligatoire, la révision du statut des médecins, des pharmaciens et du personnel des centres hospitaliers universitaires (CHU) et de l'Institut Pasteur, ainsi que l'amélioration de la situation du personnel administratif, technique et des agents et la titularisation des agents temporaires.



Khalid Tritki
Du mondial au local

L'Organisation Mondiale du Commerce nous livre un exemple très éloquent sur la participation de la base à la prise de décision. Quatre pays africains, d’une taille insignifiante et d’un poids économique très faible, font actuellement front au sein de l’OMC. Ils insistent pour qu’un accord soit d’abord négocié avant de passer aux négociations sur l’agriculture. Cela a fait l’effet d’une bombe au sein de l’organisation. Moralité, tout le monde a son mot à dire dès qu’il s’agit d’intérêts commerciaux. Oublions maintenant le
cadre, mais gardons présente à l’esprit cette petite révolution. Essayons de transposer cette moralité dans l’entreprise. Comme l'OMC a des membre, celle-ci a des actionnaires. Qu’ils soient grands ou petits, ils ont les mêmes droits fondamentaux. Certains ont des privilèges par la force de leur participation au capital, d’autres ont des droits prévus par la loi. La bonne gouvernance se mesure non seulement en fonction du degré de respect de la loi, mais surtout en fonction du degré d’anticipation sur les préoccupations de tous les actionnaires et des parties prenantes dans la structure. La transparence, le dialogue, l’information, la participation… ce sont les ingrédients qui démontrent la bonne santé d’une structure. Que cette dernière soit mondiale ou juste locale, l’enjeu est le même : la pérennité par la pertinence et la justesse des règles et des comportements.

 
 
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