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Diaspora. Ces écrivains marocains qu'on connaît mal
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N° 184
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Bilan. Les maires au Pouvoir
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Par Mehdi Sekkouri Alaoui

Politique. Le PJD fait du marketing

L'intervention de Saâd Eddine
Othmani lui a valu la colère des
intervenants et la désapprobation
de ses cadres (PJD)
À sa demande, le PJD s'est laissé critiquer pendant toute une soirée. La communication semble devenir un passage obligé pour les islamistes.


Le PJD se démarque à nouveau. Et donne l'exemple par la même occasion. L'initiative de ce vendredi 1er juillet est saluée à l'unanimité. "Inviter des personnalités d'autres bords, pas très en amour avec vous pour vous évaluer n'est pas une mince affaire", reconnaît cet observateur. Pourquoi aujourd'hui ? D'après Khalid Benaboud, monsieur information et communication du parti islamiste, "Le PJD est un parti à propos
duquel on fait beaucoup d'amalgames, beaucoup de confusions, de diabolisations. Cela est dû en partie à un manque de communication de notre part. Donc il fallait y remédier". Et c'est ainsi qu'est venu l'idée de cette rencontre.
Cette opération de relations publiques est également "le fruit de la fronde d'une frange du parti qui désire rompre avec l'inexistence d'autocritique et le refus de toute critique externe", avoue ce dirigeant du parti avant d'ajouter qu'il "était temps de voir comment les autres nous percevaient dans la perspective de nous corriger". Les "donneurs de leçons" de la soirée sont Ahmed Herzenni de la GSU, le journaliste Khalid Jamai, et Abdessamad Belkebir du PSD. Première constatation : aucune femme n'est de la partie. Omission volontaire ? On nous assure, sans convaincre, que "c'est juste un oubli involontaire".
L'assistance est loin de ce qui est prévu. Conviés, les patrons des formations politiques, le corps diplomatique, les artistes (Omar Sayed, Abdelhadi Belkhayat, Touria Jabrane entre autres)…n'ont pas répondu à l'appel. Ce militant déçu s'emporte: "Voici une occasion en or pour ceux qui nous critiquent régulièrement et qui disent que nous sommes fermés sur nous-mêmes. Où sont ils aujourd'hui ?" . Les dés sont lancés. Après avoir reconnu avec courtoisie la pertinence de l'événement ainsi que le dynamisme du parti ôte, Herzenni attire l'attention sur le rôle important que pourrait jouer un parti islamiste prônant la démocratie au Maroc : "Il peut apporter beaucoup de choses dans la paix civile et la transition démocratique", mais aussi à l'étranger : "Vous pouvez apporter un plus concernant l'image de l'islam dans le monde, prouvant qu'islam et démocratie peuvent très bien cohabiter". Après les courtoisies, on passe à la critique. Herzenni reproche au PJD de s'enfermer dans les questions religieuses. "Cela ne devrait pas être votre spécialité en temps que parti politique, occupez vous plutôt de l'intérêt général". Ajoutant au passage "qu'un parti qui a un journal qui prône l'interdiction de l'alcool devrait revoir ses priorités". Il blâme le parti pour son manque d'ouverture. "Dans votre discours, vous séparez les Marocains en deux, ce qui prouve votre manque de tolérance". Herzenni ne manque pas de reprocher au PJD le fait d'utiliser l'islam comme levier idéologique. "C'est une arme à double tranchant. Si demain le paradis que vous promettez ne se réalise pas, comment vont réagir les croyants déçus par la religion".
Arrive le tour de Khalid Jamai, salué chaleureusement par l'assistance. Lui qui est apprécié pour son franc parler et ses interventions théâtrales. "Enfin il y en a un qui parle notre langage" commente ce membre du public. Après avoir précisé qu'il n'était pas là en temps que journaliste ni analyste politique, Jamai souligne qu'il est venu en temps que citoyen qui désire comprendre. "En tant que citoyen, je considère que vous vous contredisez à longueur de journée", faisant référence à la position du PJD sur la question de la Moudawana, la loi sur le terrorisme, ou actuellement au sujet de Nadia Yassine. Il insiste sur les élections de 2002, reprochant au PJD de s'être "assis" avec Fouad Ali Himma au lieu de négocier directement avec le Palais ou le chef du gouvernement. "Sommes-nous dans un pays de droit ou de Makhzen ?". Il souligne que les observateurs ne comprennent pas toutes ces contradictions. "Dans ce cas de figure, vous avez signifié que c'était exceptionnel et que c'était pour le bien du pays, alors à chaque fois, vous allez nous sortir des événements exceptionnels". Khalid Jamai invite les dirigeants du PJD à se poser des questions pour que "la concession ne devienne pas de la compromission". D'après lui, "il est temps que le parti se penche là dessus pour le bien de la démocratie". Ce qui n'est pas pour déplaire à un groupe de jeunes du public qui affichent des sourires et des hochements d'approbation. On l'aura compris, pour Jamaï, le PJD est le parti des contradictions.
Quand à Abdessamad Belkebir qui trouve que le parti a quand même apporté beaucoup de choses, il souligne le manque de clarté dans ce qu'il appelle les 4 fondements de la présence et de la réussite d'un parti : l'idéologie, la stratégie, le programme, et l'organisation du parti. "Les gens sentent que le parti n'a pas de stratégie précise et unique et que vous ne savez pas vers quelle direction vous diriger". à son tour, faisant référence au élections de 2002, il trouve que dans leurs négociations avec l'état, les manœuvres politiciennes ont pris le dessus sur la priorité que doit être la démocratie. "Le citoyen a l'impression que si vous avez accepté ça, vous pourriez encore accepter d'autres choses".
Les intervenants ayant rempli leur rôle, les organisateurs sont aux anges. C'est palpable. Leur opération séduction est une réussite. On aurait pu en rester là si ce n'était la bourde du patron. Saad Eddine El Othmani himself. Le but de la rencontre étant d'écouter l'autre seulement, Othmani modifie le scénario. à la surprise générale, il répond aux critiques. Les 3 invités n'apprécient pas cette intervention qui n'apporte rien de nouveau au discours initial du PJD. Pour eux, il n'était pas question qu'Othmani réplique. Herzenni crie ouvertement à la prétention. Quand à Khalid Jamaï, il est outré. "Monsieur Othmani, si je savais que vous alliez intervenir et nous dire que tout allait bien au sein de votre parti, j'aurai eu un discours beaucoup plus critique et virulent". Au sein du parti, "les dirigeants son unanimes, El Othmani n'avait pas à répliquer. C'est une erreur", nous avoue une source proche du parti. Ceci dit, malgré cet accroc, le PJD a encore une fois pris de l'avance sur les autres. Et le fossé risque de se creuser davantage si les critiques de ce soir sont prises au sérieux. Sacré PJD !

 
 
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